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COMMERCE DU JAPON

raison de sa position et de la commodité de son port, deviendra un des centres principaux d^activité commerciale de rOrient.

Les principaux articles d'exportation sont : pour Nangasaki, le tabac et le charbon fossile ; pour Fiogo et Osaka, le thé ; pour Yokohama, le thé, la soie, les oeufs de vers à soie; pour Hakodadi, les produits de pêche.

L'importation consiste principalement en tissus de coton et de laine, en riz et en sucre.

On compte à Yokohama 3000 Européens environ; à Fiogo, 291; à Osaka, 73 ; à Nangasaki, 193; à Hakodadi, 30 ; soit en tout, pour les cinq ports, 3587 Européens. On en compte en outre 41 à Yédo et à Nagata. ' Le gouvernement japonais a fait construire 1 6 phares qui facilitent l'entrée des différents ports du pays.

Le Japon prouve, par les travaux qu'il entreprend dans ses ports, qu'il veut devenir une puissance maritime. Déjà son école de marine compte 175 élèves de 13 à 23 ans. Les cours y sont faits en langue anglaise, et les jeunes gens qtd sortent de cette école doivent pendant deux ans servir dans les gardes de la marine.

Actuellement, la flotte japonaise se compose d'une frégate cuirassée, de 15 navires en bois, et d'une marine marchande qui compte 69 bâtiments à vapeur et 1 8 navires à voiles, soit en tout 103 navires. La frégate cuirassée se nomme Rindso; elle porte 10 canons rayés. Elle est armée, à la ligne de flottaison, d'une cuirasse de 0,12®'° centimètres d'épaisseur; la force de sa machine est de 250 chevaux. Deux corvettes, construites Tune en Hollande, l'autre en Angleterre, des canonnières et d'autres bâtiments dont le plus petit n'a pas une machine d'une force inférieure à 60 chevaux, forment le reste de la flotte.

La baie de lohosco, qui est située sur la côte occidentale du golfe de Yédo, à 12 milles dans le sud de Yokohama, a été choisie pour un établissement maritime qui

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ne présentera pas Pinconvénient de cehii de Nangasaki, à savoir, une distance trop considérable de la capitale.

Un autre établissement de moindre importance est situé à Piogo, dans la mer intérieure du Japon. Un certain nombre de navires à vapeur qui trafî(juent entre Osaka et Fiogo y ont été construits.

Les Japonais, industrieux et intelligents comme ils sont, se montrent impatients de se mettre en mesure de suivre leur propre initiative, et d'agir le plus tôt possible par eux-mêmes et sans mattres étrangers.

S 4. Études et reU^éa hydrographiques dans les mon du iapoB. Yéio.

Les besoins du commerce et la sécurité de la navigation, non moins que les intérêts de la science, commandent aux gouvernements européens Tétude de plus eu plus exacte des mers extrêmes de TAsie. L'hydrographie poursuit incessamment sa tâche, et ses investigations ouvrent la voie à des découvertes importantes. Le capitaine Blakiston, officier anglais à qui l'on doit déjà la recomuûssance du Yang-tse-kiang que nous avons plus d'une fois citée, vient de faire, au pourtour de Yézo, une excursion du plus grand intérêt (n" 142). dette grande île d'Yézo, la plus septentrionale du groupe japonais, marquait, il y a un siècle à peine, la limite extrême des connaissances de l'Europe sur ces plages orientales ; à demi enveloppée dans un nuage légendaire, elle était pour les géograj^es un thème à discussions et à hypothèses. Aujourd'hui elle est complétemmen,t entrée dans le cadre de la géographie positive et des spéculations du commerce. Hakodadi, un desports ouverts parles traités aux navires européens, est " situé à la pointe méridionale de l'île, sur le détroit de Sangar. On sait d'ailleurs que l'île d'Yézo est le centre principal de la race singulière des Aïnos, peuple à demi sauvage et dont le chiffre va rapidement décroissant; mais

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qui n*en apporte pas moins aux ethnologues un sujet d'études dont on commence seulement maintenant à apprécier toute rimportance.

Le capitaine Blakiston, dans le cours de son voyage, a recueilli de nombreuses informations au sujet des habitants; des productions et des ressources de Tîle. Une longue résidence à Hakodadi l'avait pr('])aré pour cette entreprise, et il a eu depuis l'avantage de voyager en quelque sorte officiellement au nom du gouvernement japonais. Il se rendit par mer à Hamanaka, sur la côte sud-est; et de là, accompagné de son domesti(jue, il se mit en route, le 7 octobre 1870, pour effectuer par terre le tour de Tîle, en longeant le nord et Touest, circuit de plus de 1400 kilomètres *, qu'il accomplit en sept semaines, jusqu'au 29 novembre. Durant ce parcours, le capitaine Blakiston trouva une hospitalité régulière dans les quaïchos ou stations japonaises de pèche et de commerce qui s'échelonnent dans toute l'étendue du littoral.

M. Blakiston apporte d'intéressants détails sur la race velue des Aïnos, dont on n'estime le nombre total qu'à 25 000, population bien faible pour une île plus grande que l'Irlande. D'un autre côté, on évahic à 120 000 le nombre des Japonais résidents. L'intérieur de l'île est on effet très-peu peuplé, et les Japonais cux-mômes connaissent fort mal ces contrées intérieures , pour lesquelles la carte reste à peu près vide. Le seul parti que les Japonais tirent de l'île quant à présent est ])our les pêcheries ; cependant les régions du sud et de l'ouest sont riches en productions minérales ; or, argent, plomb, fer, pétrole et charbon, ce qui laisse prévoir un avenir prospère pour ces territoires inexplorés.

Ajoutons que jusqu'à ces derniers temps les côtes de

1. L'itinéraire résumé, p. 13^, compte 895 milles de Hamanaka à Hakodadi en suivant les c6tes du nord cl de l'ouest^ ainsi quo le montre la carte, ce qui représente 1440 kilomètres.

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l'île d'Yézo n'avaient pas, à vrai dire, été levées régulièrement ; la forme et le gisement de Test et du nord étaient fort inexactement représenté3 sur nos cartes. Cette lacune a été comblée durant une campagne hydrographique exécutée, en 1871, par le navire Sylvia^ de la marine royale d'Angleterre , sous la direction du commander sir John. Le rapport du commandant de la Sylvia^ où se trouvent aussi des particularités intéressantes sur les habitants, les productions et le climat, est imprimé dans le journal de la Société de Géographie de Londres (ci-dessus à la bibliographie, n» 143). Dans le premier numéro du nouveau journal géographique italien le Cosmos (iftid., n** 144), M. Guido Gora, fondateur de ce nouvel organe de la science et des publications géographiques, a fait ressortir, par un bon tracé superposé, la différence considérable des nouveaux contours et de ceux que présentaient les cartes antérieures. La note de M. Gora, qui accompagne sa carte, donne un aperçu succinct de l'histoire géographique de l'île.

S 4. Travaux de la marine russe dans les eaux du Japon.

Le capitaine Staritzky.

Les Russes, de leur côté, travaillent activement à compléter l'hydrographie de ces mers orientales, où ils ont des intérêts plus directs qu'aucune autre puissance européenne. Le capitaine Staritzky, dans la séance du 3 mai 1872 de la Société de Géographie de Saint-Pétersbourg (dont nous avons reçu tardivement les procès-verbaux), a fait une importante communication sur l'état hydrographique actuel de la mer du Japon. Après avoir fait mention des travaux précédents, dont les lacunes ont nécessité en 1865 l'envoi d'une expédition pour déterminer, au moyen d'observations astronomiques, plusieurs points du littoral d'une manière plus précise, il a exposé systéma-

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