‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 54 sur 425 · FOUILLES DE. M. SCHLIEMANN · texte numérisé non relu

FOUILLES DE. M. SCHLIEMANN

teille de NébO| «t^qnelques parties encore existantes du palais aud-orwntal.

Ce dernier est d\uie plus grande étendue et d^un caractère plus imposant qa^on ne le supposait. J'ai trouvé des cours apacienses et de belles chambres dont les parois sont ornées éb bandes en couleur unies. Sous le pavé d^une des cours, j'ai trouTé six figures d^argile représentant un corps humain avec tète de lion. Ces figures ont quatre ailes, et elles tiennent dans la main gauche la corbeille symbolique.

Une de mes dernières découvertes est celle d'un texte corn- (bêtement nouveau des annales de Téglat-Pileser (Teglat Phalassar, huitième siècle avant notre ère). Je fouille avec ardeur pour tâcher de retrouver les morceaux qui hnanquent à cette rBliq[ae importante. Mes travaux continuent activement.

S 9. If. Schliemann et ses fouilles dans la Troade.

Les lettres de M. Schliemann nous retiennent encore dans le domaine vchéologiquc ; mais oUcs nous ramènent an terrain plus familier.

Elles nous conduisent au milieu des champs troyens, sur ce théâtre immortalisé par les chants d'Homère.

M. Henri Schliemann ne nous est pas inconnu. Nous savons que pour lui Homère et ses deux poèmes ne sont pas seulement une passion, mais un culte. Une première relation, dont l'île d'Ithaque est le but principal (t. VIII de V Année géographique, p. 364), nous a mis en communication intime avec le voyageur. Après avoir étudié dans ses moindres détails Tilequi fut le royaume d'Ulysse, M. Schliemann traversa la (rrèce et fit une excursion jusqu'à la plaine de Troie. Une semaine fut consacrée à en visiter les sites principaux; l'impression que M, Schliemann en rapporta, c'est que la ville de Priam, la Troie homérique, a dû occuper le site appelé par les Turcs Hissarlik, <- les Châteaux, •> et qui représente la ville que les auteurs de répo([ue romaine ont tous connue sous le nom d!llium Novam, la Nouvelle Troi(î. Cette

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question de remplacement de Troie a été bien des fois débattue depuis quatre-vingts ans, par de savants critiques et par do clairvoyants obsci-vatcurs ; l'identification de la ville homérique avec Tllium Novum des anciens «t l'Hissarlik actuelle, opinion à laquelle M. Schliemann se rattache, n'est pas nouvelle. Mais il faut ajouter que les meilleurs critiques Tont tous rejetée sans exception, et que l'opinion de Le Chevalier, qui a retrouvé le site de Troie sur le plateau rocheux de Bounarbachi, garde toujours pour elle; les probabilités les plus puissantes. H y a en effet dans cctto question des conditions de topographie qui dominent les difficultés secondaires, et que nul autre emplacement, Hissarlik pas plus que les autres, ne réunit comme Bounarbachi. Les objections que reprend M. Schliemann ont été plus d'une fois examinées et réfutées d'une manière qu'il est permis de trouver pleinement satisfaisante. Il suffit de rappeler, à côté du nom de Le Chovalior, les noms bien connus de Leake^de Mauduit, de Forchhammer, de Nicolaïdès, et plus récemment le nom de M. Tozer.

Cependant M. Schliemann, dans son zèle, d'ailleurs très-méritoire, pour la complète élucidation d'un problème qui tient de si près à ses chères études, avait résolu d'entreprendre dos fouilles sur les deux sites qui se disputent l'honneur do représenter la vieille cité homérique. C'est ce projet qui l'a rartienô, en 1872, dans la plaine troyenne. Les fouilles ont été ])oussées avec une remarquable ])ersévéranco, ot ont donné des résultats qui resteront toujours considérai )les, alors même qu'ils n'auraient pas la signification quo leur attribue M. Schliemann. Lo voyageur voit un argument décisif contre le plateau do Bounarbachi, dans ce fait qu'on n'y trouve, dit-il, aucun vestige d'une ancienne villo. Mais, d'abord, los investigations antérieures y ont signalé des restes de fondations assise? sur le roc vif du côté où le plateau

dnÛM, ptr m Mourpement irte-rapide, la vallée inféiwwe ; et puû, oiibUe^l-o« que la destruction complète 4ê la ville de Priam remonte aujourd'hui à plus de trois wlle ans, et que dan« Tantiquité môme, sept cents ans ipiès la catastrophe, on parlait déjà de la vieille Ilion comme ayant disparu du sol? Sur l'autre sitt^, au contnire, autour du village d'Hissarlik, le sol, fouilb* à une gunde profoBdeuTi & livré à l'explorateur éLloui une «nUitude infinie de reliques de toute sorte. Mais là où M. SebUemanu trouve un argument victorieux, ne seraitil pu permis de voir plutôt l'indice d'une époque relati- I vment récente? Sans insister dès à ])réscut sur cette vue eantndictoire, faisons connaître les résultats mêmes des fouilles, tels que M. Schliemann les annonce.

Ces résultats, dont l'explorateur va faire l'objet d'une paUication fort importante, ont été communiqués avec as enthousiasme bien naturel, mais avec une sincérité qss nul ne peut mettre en doute, à dilïérents membres <b rAeadémie des inscriptions et à d'autres archéologues. Voiei le résumé que l'un de ceux-ci en a fait. M. Schlionaan, en premier lieu, a mis à jour une couche moderae contenant dés débris romains et des inscriptions d'un grand intérêt; cette première couche, qui recouvre la colline d'Hissarlik, atteint une profondeur de deux mètres. Outre les antiquités grecques antéiieures à l'époque romaine, on en a tiré divers objets en fer, des armes et des clous en bronze , rien en cuivre pur. Parmi les objets d'origine purement grecque et d'épo([ue historique, s'est trouvé une belle métope en marbre l)laiic, qui avait fut partie d'un temple de Minerve dont la partie inférieure a été déblayée. Cette métope est d'un style antérieur à Alexandre ; les chevaux sont de l'école du Parthénon.

Au-dessous de la couche hellénique, s'enfonce la couche pféhistorique, sur une profondeur qui atteint à 16 mètres.

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Dans cette accumulation de décombres, on ne rencontre ni bronze ni fer ; tous les objets de métal sont en cuivre pur, en argent, en or ou en électron, alliage très-beau d'or et d'argent. A la profondeur de 9 mètres, une mince couche de minerai de plomb et de cuivre s'étend presque par toute la colline. Celle-ci était fortifiée.

M. Schliemann a déblayé l'entrée principale, qui est pavée et flanquée de bâtiments solides ; à côté, le, mur n'a pas moins de 13 mètres d'épaisseur. Près de là, dans une situation dominante, sont les restes d'un grand bâtiment princier, à côté duquel s'est trouvé ce cjue M. Schliemann appelle « le trésor. » Les ruines de la ville laissent distinguer au moins trois couches ; celle du dessus, qui a environ 2 mètres d'épaisseur, permet de supposer que les maisons étaient en bois et ont été brûlées. Le second lit renferme beaucoup de murs de maisons, formés de pierres unies avec de la boue. Le troisième lit contient des maisons dont les murs étaient faits de briques crues, selon l'usage antique de l'Asie centrale. Toute cette partie porte les traces évidentes d'un violent incendie : les vases, les métaux y ont été calcinés ou soudés par la fusion; la surface des briques a été cuite par les flammes d'un vaste foyer. Ce troisième lit se trouve entre 7 et 10 mètres de profondeur.

Au-dessous de 10 mètres, et jusqu'à 15 ou 16, a existé ime ville plus ancienne, où l'on a trouvé dos murs composés d'énormes pierres du poids do phisiours milliers de livres. Elle a été la première fondée en ce lieu, car elle repose sur lo sol viorge qui est une roche calcaire.

Il faudrait un volume pour décrire les objets rapportés de la Troade par M. Schliemann ; le nombre en est de plus de quinze mille. Beaucoup d'entre eux sont dos vases de terre cuite, los uns faits au tour, les autres modelés à la main; tous sont dépourvus de pointures, mais la plupart représentent une femme ayant des seins et un nombril

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MiUants, une fignre de chouette, comme la Minerve d'Homère, et une aorte de casque à aigrette. Le culte de Minerve glau^lpis était Manifestement le culte principal du lieu; car on y a trouvé une multitude de petits palladiwïis en terre cuite, en pierre ou en os, représentant cette divinité, parfois d'une manière trèsHsuccincte. Les instruments de cuivre pur, avec les moules et les creusets servant à leur fidnication, les outils et armes de pierre dure, des restes de lyres à sept et à quatre cordes, plusieurs milliers dfr ces doubles cônes percés d'un trou et connus sous le nomdefusaïoles, des ornements de femme, des mortiers, des moulins, des poids en pierre, une foule d'objets d'un uage inconnu, forment un ensemble tel qu'aucun musée de l'Europe n'en renferme de semblable, et fourniront des njets inépuisables d'étude. C'est toute une civilisation qui ee révèle.

Les habitants du lieu étaient enfermés dans une citadelle; vingt puits creusés au dehors par M. Schliemann ent démontré qu'il n'y avait pas d'habitants hors des murs. CBtte population vivait sous rem])ire d'un chef ou prince dont la résidence a été rendue au jour. Là ont été trouvés, entre une foule d'objet» divers, des vases d'or pur, d'argent ou d'électron, des lingots d'argent, doux magnifiques pirnres de femme en or pur, composées d'une multitude de paillettes et de petites chaînes, d'un art primitif, mais déjà avancé, plusieurs milliers de porles d'or façonnées, ayant fait partie de colliers, huit bracelets, Ironte-six boudes d'oreilles en or. Il n'est pas douteux que ces richesses ont appartenu aux propriétaires du château, et que le maître a été en même temps le roi du pays.

M. Ravaisson," de l'Académie dos inscriptions, un de ceux à qui M. Schliemann a donné communication de ces curieuses découvertes, a voulu avoir l'opinion de M. Rangabé, le diplomate-archéologue, sur les objets provenant de ces fouilles. M. Rangabé, qui est correspondant de l'A-

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ctdeMie, a consigné ses obser^Hons dans une lettre dont voici la substance.

« La première impression qu'on' reçoit à la vue de la magnifique collection de M. Schliemann est Tétonnement. n est même bon de se mettre en garde contre un certain entraînement provoqué par la richesse de la matière, la variété des formes et Tétrangeté de cet art primitif. Il y a là des milliers d'objets dont la réunion serait capable do produire bien des illusions, si on no se souvenait pas que les fouilles les ont groupés, tandis que la chronologie et l'origine les séparent. »

M. Rangabé croit qu'il faut attendre la publication de M. Schliemann pour porter sur ses découvertes un jugement sérieux. Pour le moment, il y a lieu de distinguer entre les assertions et les conclusions du voyageur. Ses assertions paraissent exactes ; les conséquences qu'il en tire sont contestables. Toutefois, M. Rangabé serait porté à admettre ridcntification de l'emplacement de VIlium Novum (aujourd'hui Hissarlik) avec celui de la capitale de Priam.

M. Rangabé loue la persévérance et la libéralité avec lesquelles M. Schliemann a poursuivi ses recherches. Il a feUu obtenir un firman impérial avant de remuer une pelletée de terre ; il a fallu réunir un grand nombre d'ouvriers et dépenser des sommes considérables pour ouvrir deyis le sol de largcîs tranchées, qui n'ont donné de résultats importants qu'à une profondeur de 14 mètres au-dessous du niveau du sol actuel . En effet, c'est dans la couche située entre 14 et 16 mètres qu'on a retrouvé celte multitude d'objets, qui, au dire de M. Rangabé, ne présentent aucun trait permettant de les rattacher à l'antiquité hellénique, même la plus reculée.

« L'usage du plus grand nombre de ces objets est problématique; leur aspect reporte l'esprit à cette période, trcs-rapprochéc des temps préhistoriques et de l'âge de la

pierre polie, dorant laquelle le métal était une matière précieuse et employée seulement pour les personnages les plus considérables. Les poteries accusent une fabrication impar&ite où la main joue un rôle beaucoup plus actif que le tour. Il est bien difficile de dire si ces objets sont les épayes échappées à la destruction de la ville de Priam, ou s'ils proviennent des tribus miséi-ables qui s'établirent sur le0 mines de Troie. »

En ce qui toodie Fidentité du site d'Hissarlik, les membres les ptos avitoiiaés de l'académie n'ont accueilli qu'avec les réserves les plus expresses la conclusion que H. Schlieinann tire de ses fouilles, nous voulons dire l'idii&tifioatioii de VIlium Novum^ qui indubitablement ecmipa remplacement d'Hissarlik, avec la ville d'Homère. Nous croyons fermement, quant à nous, que l'on peut aller plus loin, et qu'il faut dès à présent repousser laas hésiter l'identification. Les conditions lopographiques qm désignent invinciblement le site de Bounarbachi subsistent, quoi qu'en dise M. Schliemann, après comme avmnt les fouilles. Que l'emplacement d'Hissarlik soit celui dWo ville antique, cela est indubitable; (jne cette ville soit rilion des Éoliens, celle de Xénophoii et d'Alexandre, de Sylla et de toute la période romaine, cela également est hors de doute : mais que VIlium Novwn et Tllion homérique soient une seule et même place* — car c'est à- cela ' qme la question se réduit, — c'est ce que, d'accord avec la très-grande majorité des critiques ([ui sont allés au fond de la question, il nous est impossible d'admettre. Pour nous la question est bien et depuis longtemps jugée.

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SYEU:

PALESTINfi.

189. Guill. Ret. Essai géographique sur le nord de la Syrie. Bulle ^ tin de la Soe.de Géogr., avr. 1873, p. 337-348.

Ce mçrceau est accompagné d'ane grande carte au 500000* (0*221 au degré) ; la notice a pour objet principal de rendre compte de la constrnction de la carte et d'en indiquer les sources ou les matériaux. Se rapportant à une contrée dont la cartographie est restée jusqu'à présent si incomplète, le mémoire de M. Rey présente un sérieux intérêt. Nous en donnerons tout à l'heure quelques extraits.

190. Capt. R. F. BuRTON. Notes on an Exploration of the Tulûl el (es-) Safifc, the volcanic région east of Damascus, and the Umm Niràn cave. Journal of the Roy. Geogr, Soc, vol. XLII, p. 49- 61. Map.

191 . Le même, et Ch. F. Tyrwbitt-Drakb. Notes of a reconnaissance of the Anti-Libanus. Ihid., p. 408-42S. Map.

Ces deux morceaux, en eux-mêmes d'un sérieux intérêt géographique et géologique, sont déjà connus, du moins en substance, de ceux qui ont eu sous les yeux l'importante relation publiée en 1872, avec une carte originale, par MM. Burton et Tyrwhitt, sous le titre de Vfiexplored Syria, 2 vol.

19*2. Palestine Exploration Fund. Quarterly statement, Lond,, the Society's office, 1873, 4 fascicules in-8.

Ces Exposés trimestriels de la Société pour l'exploration de la Pa« lestine rendent compte périodiquement du progrès des opérations, tant pour le levé de la carte que pour 1 archéologie. Voir ci-après.

193. Our Work in Palestine; being an account of the différent expéditions sent out to the Holy Land by the Committee of the Palestine Exploration Fund^ since the establishment of the fund in 1865. Lond. 1873, petit in-8, viii-344 pages, avec pi. et gra vures dans le texte (Bentley).

194. H. B. Tristram. The Land of Moab ; travels and discoveries on the east side of the Dead Sea and the Jordan. Lond. 1873, petit in-8, carte et pi.

Ce voyage à Test de la mer Morte se rattache aux explorations de la commission de l'Exploration Fund. Voici quelques indications générales qui ressortent de la relation :

Le pays et>l dans son ensemble un plateau élevé, qui, sur une lon- ^ueur d'une centaine de kilomètres, avec une largeur de 40 kilomè*

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