MISSION CAMERON
popiihlion urbaine est jalouse de celle des campagnes, et souvent les contestations qui s'élèvent dans leiirs rapports commerciaux se règlent par les armes.
De Melinde à Mozambique le pays et ses habitants sont très-différents. La côte est hérissée de récifs, et d'îles de coraux, qui en rendent la navigation dangereuse, excepté pour les Arabes qui la connaissent très-bien et trafiquent beaucoup avec les riverains. Ces parages sont sillonnés de leurs bateaux à voile latine.
Dans l'intérieur existent de hautes chaînes de montagnes couvertes de neiges, et l'on aperçoit au loin les pics célèbres de Kilimandjaro et de Kénia. Le climat de ces contrées est assez bon, mais l'eau est généralement malsaine pour les Européens.
L'expédition de sir Bartle Frère visita ensuite Madagascar, puis revint par les îles Gomores, qui offrent un Tsste champ aux études botaniques et zoologiques.
Si peu développé que soit cet aperçu, on serait heureux que le Périple de la mer Erythrée, qui pour la première fois a suivi cette côte, précisément dans les mêmes limites, vers la fin du premier siècle de l'ère chrétienne, nous eût laissé des détails analogues.
A Mombaz, sir Bartle Frère visita le Rev. Rebmann, qui depuis trente-trois ans est fixé dans cette localité où il eut autrefois M. Krapf pour compagnon de travaux. Les efforts de ce missionnaire pour convertir les infidèles ne paraissent pas avoir eu beaucoup de succès, remarque M. Frère ; mais, en revanche il s'est livré à des travaux philologiques d'autant plus estimables, que le nombre n'est pas grand des savants européens qui connaissent les langues et les dialectes de TAfrique orientale.
M. Bartle Frère entre ici dans quelques détails sur le Djob, principale rivière de cette région littorale entre Zanzibar et Magadoxo. Cette grande rivière, qui a son embouchure presque sous Téquateur, donne accès par le
IW AFRIQUE. (n«^ 227^30.)
sud aiix territoires inexplorés des Somâl et des Grallas. fille offrirait un champ propice tout à la fois aux reconnaissances géographiques et aux entreprises commerciales. Le blé peut y être recueilli en quantités inépuisables--rivoire s'y trouve en abondance, et le bétail est si nombreux qu'un Arabe disait que les bestiaux y fourmillent comme les grains de sable. Le commerce européen ignore à peu près l'existence de ce riche pays, ce qui tient peut-être à ce que le Djob débouche dans une baie exposée aux vents pendant toute Tannée, tandis que la barre, à son embouchure,, peut être considérée comme une deç plus dangereuses.
Mais à Kismayo, nommé à tort baie du Refuge sur les cartes anglaises, se trouve un port excellent, qui serait un marché d'exportation tout à fait sûr pour les produits du Djob. Ce port, qui est à une douzaine de milles de Tembouchu^xî de la rivière, est protégé par des îles et dos récifs, en sorte que les chargements et les déchargements peuvent se faire tous les jours, pendant la mousson nordest, sans qu*il soit nécessaire de prendre des précautions artificielles, et tous les jours, à eau basse, pendant la mousson sud-ouest, qui souffle huit mois durant. Kismayo, comme port, a de l'avenir, étant, à Texception de Durnford, le seul de la côte sur une étendue do IQO milles, et en même temps le plus septentrional.
A Kismayo, on trouve un petit fort arabe avoc une gar^ nison de cinquante soldats du sultan de Zanzibar. Ici comme ailleurs, la domination du sultan s'étend aussi loin que peuvent porter ses canons. A Kismayo, Ton ne rencontre que deux commerçants, sujets britanniques. Il serait à désirer que les sociétés géographiques d'Europe appelassent l'attention sur ce port, et sur le riche pays, si facilement accessible, qui l'entoure.
Le meurtre du voyageur allemand, baron H. von der Decke^, massacré à Berdcra en remontant le fleuve, doit
ItoRi ^QJf^fP^I|i>l69ient, attribué à v^ ipalç^itendu plutôt gil% ]|^ féroçit^ 4^ habitants '.
^Wt à la fQÎsfliion personnelle de sir Bartle Frère, on 9|it g|i'^)lQ fvait pour objet la conQ^usion d*un traité avec W *l4t<m dfi Zai»îb<ir pour assurer la suppression de Tes- (^^e i^^s les territoires souinis à la domination de ce piini^. Qq lui pjopo^ajt, en échange de son ficquicsco- Qiçnt, upe iu^Çii^nité pécuniaire destinée à compenser les i|IYepu§ qfie lu^ ferait perdre la cessation de U traite des |)|clfve(|. ce Le ^^ltl^n a repoussé ces ouvertures comme i!l<!PI|)P&^|<ls fivec les mcei^rs arabes (nous ci^ns ici les infpni^tioiis rapportées de ces parages p^r le vice-amiral Eleuriot de Langle), et sir Bartle Froro est revenu en Snrftpe. 4p?^s I^ départ ç^e réminent baronnet, le sultan, t\jf§ni de ^ ppéroil^tive souveraine, a repris avec le confol 4^4^Sl6^rre les négociations interrompues, et a fKi»|i9çnt avec cet agent, le 3 juin 1873, un t^-aité qui ré- ]M(P4 W piMTtie ^iix désirs de l'Angleterre. »
S 4. Mission de la côte occidentale.
Cette seconde mission envoyée d'Angleterre à la rencontre éventuelle de Livingstone, est placée sous la conduite du lieutenant Grand v, de la marine rovale. Partie le 30 novembre 1872 de Liverpool, olle arrivait le 15 décembre à Sierra-Leone, et le 20 janvier à Loanda. Le projet de cette expédition, en partant de Loanda et tra- Terisant San Salvador, est d'atteindre par terre le Zaïre au point le plus éloigné où le ca])itaine Tuckoy soit arrivé, dans son exploration de 1816, au-dessus dos cataractes; puis on remontera le fleuve avec un ou deux des gi-ands Bateaux en usaj2:e dans le pays.
1. Le mciirlre ti^ul rOcoiil 111111 otlii!!*»!- aii;;lais ciaiis CfiS jt.iiages q'X[g( gu^rç (Raccord avec cetlo a{jprcciali(iii «jp^iiuislc.
200 AFRIQUE. (n«' 227-230.)
Cette mission du lieutenant Grandy, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, est d'une importance capitale. Entre la côte du Congo et le grand lac central (le Tanganîka), il y a une zone de quatre à cinq cents lieues de large absolument en blanc sur nos cartes ; nul voyageur européen n'a pénétré dans cette direction. Si la mission anglaise peut effectuer, même partiellement, le plan qui lui est tracé, elle aura ouvert Taccès d'un des plus vastes champs d'exploration qui restent à sillonner sur le continent africain. Nous n'osons espérer que du premier coup elle en traverse toute l'étendue ; mais quelque portion qu'elle en reconnaisse, ce sera une conquête sur l'inconnu.
On lira avec intérêt les détails suivants qu'une lettre écrite du golfe de Guinée par M. Marche, im de nos compatriotes, donne sur le chef de la mission anglaise du Congo. Cl Nous vous avons parlé, dit cette lettre, — elle est datée du 7 janvier 1873, — de deux Anglais envoyés par la Société de Londres pour rechercher Livingstone et explorer l'Afrique occidentale, en partant de Saint-Paul de Loanda et en remontant le Congo. Nous nous sommes rencontrés à Sierra-Leone, car ils sont, comme nous, à bord de l'Africa^ en destination de Saint-Paul de Loanda. La Société de Géographie de Paris a sans doute entendu parler de cette expédition organisée à grands frais, et sur laquelle reposent de vives espérances; néanmoins, il sera peut-être intéressant pour elle d'avoir quelques renseignements sur sa ^marche et sur son organisation. Nous sommes très à même de connaître ces détails, car nous vivons ensemble dans les mcilleiu*s termes avec MM. Grandy, chefs de cette expédition. Ce sont deux frères iumeaux, officiers de la marine anglaise, et si semblables dans leur taille, leur figure et leurs vêtements, qu'il est réellement impossible de les reconnaître à première vue. Tous deux sont connus par leurs voyages et leurs chasses