‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 65 sur 425 · SOL DAN ET SAHARA · texte numérisé non relu

SOL DAN ET SAHARA

33 Le Çerre. Grammaire do la langue Pongouée. Parti, 1873, gr. iD-lQ, iv-227 pages.

23^. R. B. N. Walker. Lclter on a journey up the Oçowé river, wcst Africà. Proceed. oftheMy. Geogr. Soc^ vol. XVIl, n*5, . 1873, p. 354-55.

233. Vice-amiral Fleuriotde Lanole. Croisières à la côte d'Afrique. Le Tour du monde, n^^ 674 à 676, p. 553-400 (suite).

Les premiers chapitres de ces récits aussi intéressants qu'instructifs de rémiDeot officier général de notre marine, sont au tome XXIÏI du Tour du monde ^ 1872:

234. Qç^te occ)d. d'Afrique. Gabon (u° 3070J. i'ublic.du ]Pépô^ de la Mjuriné,*1873. i feuille. 2 fr.

{XÇÂDITIONS VERS L'AFI^IQUE CENTRALE. 203

V^. ff 9' ^ACBTiOAL^s Reise n^h dem Bahr el Ghasal, Kancm, Boijslé ând Bo'rkù, 1871. MiUheilungen' de Velerm^nn,

936« "Die Expédition von Gerhard RonLFS in die Libv^^che Wiiste. ■^Wd., n« g, p. 3n, et U, p. 432.

3S7* I^ttnis Qt oomiQqnicayons diverses sur rcxpédition allemande, sur rOgovaî et lé Gdbop, sur le D' Nachtigal et sur l'expédition dé Gèrh.'ftohlfs.'

$ !•*• Expédition allemande ponr l'exploration de l'Afrique éiiuatorialc.

Le P' Bastiao.

L'^UemfigQe du Nord, qui depuis vingt-cinq ans a pris aoQ part si con^tidérable au mouvement actuel des grandes ^zploratioqç, qe pouvait rester en dehors de celles qui s'accentuent clvaque jour de plus en ])lus ])our la com- •plète reconnaissance de TAfriquc int«'riouro. L'impulsion 08t partie dç U Société géographiquo de Berlin, où vit encore l'iqflvience scientifique de Cari Ritter. Les souscriptions ne se sont pas fait attendre, et le gouvernement lui-ipème y a pris une part importante. Une note publiée par les journaux d'Allemagne dit que le but génénd de Tentreprise est l'exploration n'-gulièrc de l'Afrique équatoriale, sur laquelle on n*a jusqu'à présont , en définitive, que des vues partiolles. Trois voyageurs ont dû partir d'abord, ayant ])our mission préj)aratoirc de frayer les voies. Cette première expédition est dirigée ])ar un astronome de Berlin, le D*" tiùssfeld; le D' Bastian, qui a déjà visité ^e Congo avant ses voyages en Asie, s'est joint à la mission. Ils débarqueront à la cote do Loango, d'où ils essayeront de pousser dans l'intérieur, ajirès avoir choisi une station littorale propre à servir de dépôt. l'no persoiine sûre sera laissée à poste fixe, afin de maintenir, ratant que possible, les communications entre Tf^iirope et les voyageurs. Ces mesures sont bien entendues; il est fort à désirer que rien d'imprévu ne les vienne déranger.

Un fâcheux accident, cependant, a marqué le début du voyage. Le steamer Nigritia, qui portait l'expédition, a touché en sortant de la rivière de Sierra Leone, et les membres de la mission scientifique, aussi bien que l'équipage, ont été heureux de pouvoir regagner la terre. Les instruments scientifiques ont été perdus. C'est im retard fort regrettable.

Néanmoins une lettre tout récemment reçue du D'Bastian présente un grand intérêt; cette lettre est datée de Ponta Negra, côte de Loango, 25 juillet.

La proximité de la saison des pluies avait dans tous les cas, dit le docteur, fait ajourner jusqu'en mars ou en avril 1874 les opérations actives; mais d'ici là on pourra recueillir d'utiles informations sur l'intérieur. Jusqu'à présent, sauf l'accident réparable de Sierra Leone, tout se présente bien.

La côte des pays de Loango, de Mahango et d'Anga! est bordée d'une ceinture de forêts appelée Magombé ; au delà, on sait fort peu de chose du pays. En interrogeant les interprètes et les agents indigènes, ainsi que les esclaves récemment amenés à la côte, on a pu constater ce- . pendant (ce que l'on savait déjà d'ancienne date) que la zone de forêts se trouve au commencement d'une montée par laquelle on arrive à un pays élevé : ce haut pays est le grand plateau intérieure On rapporte qu'à la distance de deux ou trois semaines de la côte on arrive dans un pays ouvert, puis à des montagnes riches en métaux; Je peuple de ces contrées intérieures sait fabriquer la poudre de guerre (d'autres disent qu'il l'achète) ; il reçoit des marchands blancs qui viennent de l'est (des Arabes, évidemment), des armes et d'autres articles. Il est question aussi d'une grande rivière, que les uns appellent Gongo^ d'autres Banghé ou Lualali, de l'autre côté des lacs.

1. Les montagnes qui dominent la zone littorale sont la Chainede Cristal des anciennes cartes portugaises.

EXPLORATIONS PAR l'OGOVAÏ. 205

Les ▼oyageun ont acquis ici la confirmation de Texistenee, dans cas contrées, d'une race indigène de nains ; ils en ont vu sur différents points des échantillons. On leur a dit que ces nains appartiennent à une nation qui habite l'intérieur, où elle erre dans les forêts. On leur donne les noms de Babongo (Obongo, selon Du Ghaillu] et de Yambuta; mais eux-mêmes se nomment Bari ou Bail. Leur pays est à quinze journées de Fembouchure de la Lnema.

S s. mi* Mirche et de Compiègne. Tentatives d'exploration intérieure

par rogovaû

Certes, on peut regretter de voir la France rester, quant à présent, en dehors de ce remarquable mouvement des grandes explorations africaines; néanmoins, à côté des eoqpéditions organisées, chez nos voisins, sui* une large échelle et d'une manière en quelque sorte officielle, nous «vons à mentionner chez nous une entreprise qui, pour ^partenir à l'initiative privée, n'en promet pas moins de très-importants résultats. Nous voulons parler du voyage de MM. Marche et de Compiègne à l'Ogovaï,près denotit*. colonie équatoriale du Gabon, et de leur projet d'exploration des parties supérieures de ce grand bassin inconnu. Nons avons dit dans une occasion antérieure, ai nous pcrôstons à croire, que TOgovai a autant de droit que le Zaïre à servir d'écoulement à une partie des eaux qui sortent du massif inexploré de l'Afrique tropicale du sud, notamment de celles que Livingstone a reconnues partiellement à Fouost du Tanganlka ; et dans tous les cas le Imssin de TOgovai est une dos deux grandes lignes d'exploration qui de notre colonie du Gabon s'ouvrent vers rintérieur.

Tout ce que l'on sait jusqu'à présent du cours .de ce grand fleuve, on le doit aux nombreuses reconnaissancos

206 ÀFftiQûfe. (n*»' 231-237.)

dé fabs officiel dé 'marine et aux coUrses dé hbtre cômpâtKote DùChaillû*. Diverses causes ont jusqiiH prëlàent arrêté les reconnaissances à une distance relativement médiocre de la côte. Dans sa partie inférieure, la seule qui soit connue, le fleuve coule au milieu d'un vaste système de lacs ou de lagunes et de dérivatiorls, dont la carte peut seule donner une idée un peu nette; puis il forme iih delta dont les deux branches extrêmes laissent entre elles un intervalle de plus de cent vingt kilomètres, disposition d'ailleurs commune aux plus grands fleuves de l'Afrique, au Nil, au Kouara ou Niger, au Zambézi. D'après les indigènes, TOgovai vient de très-loin dans la direction du nord-est; il y a là, disent-ils, une grande mer intérieure où des blancs (des Arabes sans doute) ont un grand nombre d'embarcations. Cette indication, pour peu qu'elle soit exacte, nous porte nécessairement vers le graiid système lacustre de l'Afrique équatoriale.

MM. Marche et de Goinpiègne, dans un intérêt de découvertes non moins que de commerce, s'étaient depuis longtemps proposé de poursuivre les explorations de M. Du Chailla. Leur projet primitif était d'aller lentement et dé se familiariser avec les noirs.

Mais ils ont résolu, depuis lors, de hâter leur marche. Ayant appris pendant leurs explorations que les ôrdreî^ avaient été donnés à Une factorerie allemande du haut Ogovaî de faire tous les préparatifs nécessaires poui* une reconnaissance géographique, ils écrivaient au l" juin : « Du côté du Congo, l'expédition anglaise, dirigée pat MM. Grandy, a l'avance; sur l'Ogovaï, nous prenotis; dans la mesure de nos ressources personnelles, toutes led dispositions pour mettre les chances de succès de notre côté.

1. Voir, sur les voyages de Du Chaillu, le 1*^ volume de VAnnée géographiqikey p. 64, et le tome V, p. 302; et sur l'Oçovaï, à peu prè<% tous nos volumes, et en particulier le tome II, p. l29.

L'OGOVÂÏ. 207

« iSSùé iioDlë «ii^ûlàtioh, ajoutait M. Marché, hê prôfiteÀ ]^ â'e^émëht & la science géographique : elle peut donner à notre colonie africaine un développement ausîïi côhddérâble qu'ihatiéndu. L'Afrique équatbriale paraît hibitée par une popiilation très-douce et très-indùstriéuse ; elle èôl très-Hche et très-fertile. Malheureusement, ses eommunicatioûs avec les côtes ont été interceptées par oÀë sérié dé tnljus dégénérées qui ont tiré la plus grande pîrlié "deléùi-s proJGts de lia traite des noirs. Déjà, eu 1857, M. Aym^s, commandant le vapeur de guerre français le Pûwnter, recevait Taccueil le plus empressé des populations riveraines du grand lac lonanga. Ces pauvres gens se plaignaient de Toppression dans laquelle les tenaient les tribus de là côte, et s'écriaient avec Tacccnt de la dou- Ifuf : « H y a ici plus de caoutchouc, d'huile, do gomme « et dé cire qu'il ti'en faudrait pour remplir chaque an- « née lés maisons de nos villages jus([u'au faîte. Copen- « daiit, nous manquons du nécessaire au milieu de nos « richesses. Faute dé communications, personne no vient « i nous : il ne se présente i)as un acheteur pour enlever « nos produits. »

MM. Marche et de Gompiègne se sont donc mis eu routé sur le haut Ogovaï, jus([u'au point où ce fleuve cfiânge de nom pour prendre celui d'Okanda, par lequel on dëéighe la partie inexplorée de son cours. Lv. 9 juin, lés voyageurs étaient arrivés an village d'Adolina Longo, d'où ils ont expédié les dernières nouvelles (jui soient parvenues à la Société de Géographie. Ils ont luçulà une hospitalité fastueuse et cordiale du roi N'G()m])i (roi Soleil), et sont actuellement en négociations av«'c les chefs de tribus qui commandeiit les ])ass(;s de l'Okanda. Tous les noirs sont unanimes à désirer la venue des Européens. a Notre colonie du Gahun est restée stérile et malsaine Uni que ses établissements se sont accumulés sur les cOtès basses, dans l'estuaire du Gabon propri-ment dil.

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Les brillantes campagnes de nos officiers y ont tout récemment étendu notre souveraineté sur un territoire plus vaste et plus compacte que celui de la Sénégambie. Le drapeau français y protège une population qui s'élève aujourd'hui à plus de cent mille âmes.

ce Cette terre, qui va devenir célèbre dans les annales de la science, est une terre essentiellement française, car elle a été illustrée par les belles explorations des amiraux Bouet^WiUaumez, Daricaud, Delangle, des marins Pigeard, Braouézec, Serval, Albigot, Genoyer, GrifTon du Bellay, Aymes, GuisoUe, de MM. Gouin, Walker, enfin des voyageurs actuels MM. Marche et de Gompiègne. Nous comptons plusieurs factoreries françaises fondées par des maisons de Bordeaux, du Havre et de Marseille. L'une d'elles a établi ses comptoirs fort avant dans l'intérieur des terres, à l'est du grand lac lonanga, dont les riverains réclamaient si. instamment auprès de M. Aymes l'intervention des blancs. Un Allemand , M. Wolber, a seul poussé ses entreprises commerciales à quelque distance en arrière du point auquel sont actuellement parvenus MM. Walker, Marche et de Compiègne. »

Toutes ces considérations ont appelé d'une manière particulière l'attention de la Société de Géographie de Paris. Elle a décidé qu'elle s'inscrirait pour une somme de quinze cents francs en faveur de l'expédition de MM. Marche et de Gompiègne. La somme est peu importante ; mais à la suite des sacrifices considérables que la Société s'est imposés tout récemment pour d'autres entreprises scientifiques, elle atteste l'importance qu'elle attache à cette exploration. Cette somme se grossira sans doute de souscriptions spontanées et industrielles. La Société de Géographie a émis le vœu que les chambres et les grandes maisons de commerce prissent part à ce mouvement, et qu'elles contribuassent aux grandes entreprises scienti-

l'ogovaï. 209

fiqnesdins lesquelles se trouvent engagés non-seuloment llioiUMor, mais aussi la prospérité commerciale de la Pranee.

Une lettre adressée par M. Marche à la Société de Géojr^phie, en date du 11 juin 1873, donne des détails préâs Biir leur première tentative de navigation en amont le rOgoval : « Nous sommes arrivés, écrit-il, jusqu'aux premiers rapides de l'Ogovaï, à cinquante milles environ ^ns haut (direction est-nord-cst] que la pointe Delanglc. Hais les eaux de ce fleuve ont décru avec une extrême mpidité à l'approche de la saison sèche, et, en supposant [œ nous puissions passer les premiers rapides, qui ne Nmt que quelques rochers à fleur d'eau, il nous serait imjoesible de franchir les seconds, qui présentent des diffîidtés beaucoup plus sérieuses. De plus, nous attendons Mnir la fin de septembre les instruments nécessaires pour léterminer exactement les points de latitude et de Ionlitude. Enfin, il faut le dire, les esprits ne sont pas faorablement disposés en ce moment. Les chefs du Gamma t du cap Lopez, jaloux de voir les ])lancs afl'ranchis de ïor intermédiaire pour le commerce dut TOgovai, ont lenacé N'Gombi (le roi Soleil) et les chefs du confluent de rftler leurs villages, ou de les empoisonner, s'ils conduident encore un blanc au delà des rapides. Dans ces mditions, nous attendrons, avec la crue des eaux (vers le S octobre), l'apaisement des difficultés sur\enu('s avec les sns du Gamma et du cap Lopez. L'arrivée de nos inruments nous permettra de continuer avec fruit notre lyage ; notre quartier général est au confluent, chez le i N'Gombi. Notre séjour ici ne sera du reste pas inu- .e, car il nous permettra d'explorer le grand lac Onanivaî et les deux lacs adjacents (omis dans la carte du ipAt de la Marine faite en 1869), c'est-à-dire les lacs dngo, Evilé, etc., et aussi d'étudier les mœurs si peu nnucs des Gallois, des Sniugas et des Okandas. »

l'aMNËB OtOGR. xu. 14

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Au sujet de Tesclavage et du commerce dans cette partie de l'Afrique, voici ^es observations du voyageur :

que p

ci&ïes/ll est 'difficile de la réprimer, et Ton expose les agents des factorevies à de terribles représailles. Il faut donc patiQQter jusq\i*^ ce quQ les ét^bli^sçinents européens sç soient as.çç^z muHij^iés pour faire la loi. Il n'y aviii'a abrs que peu de

Sressipn à exercer, car les nègres préféreront les ressources e rindustrie et du commerce à leurs funestes guerres. Le pays est d'ailleurs bien changé, les blancs y ont pris racine, et chaque factorerie emploie une cinquantaipe de nègres qui se niontrent s^ssez laborieux ç( assez soumis. Ûjq les pourrit de manioc et do bananes; ils gagnent un traitement de six à dixpiastrès par mois, qu^on leur paye en nature, c''est-à-dire en ma?clianclisôs. Par un heureux concours de circonstances, les nègres eux-mêmes ont interdit aux blancs résidents d'acquérir et d'employer des esclayes.

le con^merce dar^s ces parages est très-lucratif. En échange du caoutchouc et dé l'ébène qui s'exportent en quantités considérables, on vend du tabac, des fusils, des pagriès, et surtout de Talougou ou eau-de-vie dite de traite. C'est la niiarchandise malheureusement la plus appréciée; à c^ç^que nouvel arrivage, l'ivresse est universelle dans les factoreries jusqu'^ c^ que la provision soit épuisée.

S 3. Le Gabon.

H n'est pas sans intérêt de signaler particulièrement les missionnaires qui peuvent concourir, soit par leur hospitalité, soit par leurs relations et leur connaissance (lu pays, aux explorations du Gabon et de TOgovai.

La mission du Gabon est la plus florissante de toutes celles que la France possède sur la côte occidentale de l'Afrique. Elle a élevé sur un plateau, dont elle a fait un véritable jardin, une belle église, un vaste bâtiment qui sert de résidence aux missionnaires et renferme une bi-

LE GAQQN. 211

^Q|h|g\4Ç, de ^ombreuses cpustruçtipu» où sont entretSnW ^9.^ ^l^y^^ p.{)9^ipi)QairQs (le sU h, quinze ans, des apgrçfitia ^di^^s et des catéclûstcs de tout âge et d( s ^eHf 4Ç^9%- ^h ^\ Vœuvre de Vêyêque actue^ du Gabon, Mgr Bessieux, qui l'a fondée en 1844, et a mis U main lui-même, pendant ti-ois ans, aux défrichements, pour donner aux noirs Texemple du travail manuel.

Voici quelques extraits d'une lettre do M. de Compiègne sur l'état ^ct^el de cette mission :

« L'établissement du (iabon est le seul où Ton trouve toutes les prpductious végétales des différentes parties du mçinde qui aient pu être acclimatées au Gabon. JlUe renferme^ plus de trois mille arbres à fruits eu plein rapport, d'espèces les plus diverses, en tète desquels il faut placer les cocotiers, les arbres à pain et les cliâtaigniers, les govavieç's, les pommiers à cannelle et acajou, les ananas, & vigne, les corossoliers, etc., etc.

« La mission est un des deux seuls établissements où l'on élève avec succès la plupart de nos animaux domestiques et comestibles, bœufs, porcs, lapins, canards, pigeons, etc., qui font absolument défaut ici.

<< L'industrie n'a pas été négligée ; on a pu établir des ateliers de cordonniers, de tailleurs, de charpentiers, de menuisiers, d'ébénistes, etc., dans lesquels on forme des ouvriers qui se répandent (îusuite dans les divers villages auxquels ils appartiennent.

a Nous devons au supérieur de la mission, le P. Le Berre, une grammaire, un petit dictionnaire et un catéchisme de la langue m'pongouée, ce qui a permis aux nçiissionnaîres d'apprendre le fran(;ais à tous leurs élèves. Ces élèves, tant internes qu'externes, sont aujourd'hui au nombre do deux cents, appartenant à toutes les races du littoral. L'immense majorité de ces élèves quitte la mission sachant non-seulement paris r fraïu'ais, mais encore sachet lire et écrire. U n'est pas jusqu'à la musique

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qu'on ne leur enseigne avec succès. Un établissement de sœurs rend les mêmes services aux jeunes filles. Les missionnaires ont essayé, mais jusqu'à présent sans succès, de fonder plusieurs établissements^ dans Tintérieui* de la colonie. »

S 4. Les popalfttions satives voisines de la colonie du Gabon.

Les notes suivantes communiquées à la Société de Géographie de Paris par M. Hedda, lieutenant de vaisseau de la [marine française, ont \m intérêt particulier, dans un moment où l'on étudie en Europe les routes les plus favorables pour pénétrer dans l'intérieur du continent africain. De même que l'Ogovaï, le Gabon est certainement le point de départ d'une de ces routes ; et les explorateurs français y dirigeront leurs efforts dans un temps plus ou moins rapproché.

On s^est plaint fort souvent de Timpuissance des explorateurs à aborder le centre de TAfrique équatoriale par son rivage occidental, et particulièrement par le bassin du Gabon. En dehors des difficultés naturelles telles que rapides, écueils, et quelquefois même disparition subite des cours d^eau sur lesquels on s'engage, il est un autre obstacle plus grave présenté par la diversité et la multiplicité des tribus sauvages qui habitent ces régions. Les tribus sont non-seulement hostiles aux étrangers, mais en guerre perpétuelle les unes avec les autres.

Chaque centre de population forme un Etat indépendant en lutte avec ses plus proches voisins. 11 n^y a aucune alliance, aucune protection qui puisse garantir la sécurité du voyageur [)endant une journée de marche au delà d'une certaine limite. Il se produit pourtant depuis quelques années à Textrémité des régions parcourues par les trafiquants une invasion considérable de peuples qui viennent de Tintérieur et qui appartiennent à une même race, celle des Pahouins ou Fân*. Mais si

1. V Année géographique, en plus d'une occasion, a fait ressortir l'importance des populations fân du fond du golfe de Bénin, dans

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