FERNANDO-PO
âne lettre eur la mission de M. Orady à la rencontre de lÂingstone, entoient quelques détails sur une des parties de cette zone presque entièrement inexplorée, sur le territoire du Yieux-Galabar, à Test du delta du Kouara, — très-improprement baptisé du nom de Niger. On lit ces détails a?ec intérêt ' (ci -dessus, à la bibliographie, n* 887), quoique ces localités, justement redoutées des marins à cause de leur insalubrité/ ne soient pas aussi complètement ignorées que MM. Marche et deGompiègne semblent le croire. Outre les reconnaissances du capitaine Girard dans les parties orientales du delta du Kouara [Bulletin de la Soc. de Géogr.^ juin 1867, p. 548), nous c?ons une note du capitaine Walker dans les Proceedings de k Société de Géographie de Londres, vol. XVI, 1872, p. 135, et nous pouvons renvoyer aussi à la partie africaine de VAUctë des Missions du docteur Grundemann, paUié à Gotha en 1867, carte •n'' 7. MM. Marche et de Gnmpiègne ont touché à Fernando-Po ; voici ce qu'ils disant de l'état actuel de cette île :
Cette tle superbe est aujourd'hui en pleine décadence. La flotte espagnole a Cait. place à une simple canonnière; les consulats étrangers, la douane, etc., n'existent plus ; les missionnaires établis depuis très-longtemps dans Tile, les seuls qui avaient su apprivoiser les Bonis, et dont les Anglais protestants eux-mêmes appréciaient les travaux apostoliques et scientiûqiues, ont été chassés par les Espagnols comme jésuites ; il ne reste donc plus quMn curé espagnol, deux missionnaires protestants et une douzaine de blancs qui ont trouvé à Fernando- Po une sorte d'entrepôt commercial où les droits n'existent pas. Les jardins, les plantations de café, de cacao et d'ananas, jadis si florissants, sont aujourd'hui en friche.
Cet abandon général est vraiment inexplicable*. Le gouvernement espagnol s'est pris, il y a quelques années, d'un grand engouement pour Fernando-Po, à la suite de la fortune considérable qu'y avait faite un aventurier. Cet homme, alors que
1. Il ne serait inexplicable que si l'Espagne était dans un autre état politique.
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nie avait été abandonnée depuîsf longtemps, obtint d^en prendre possession au nom de PBspagne ;'il a^t eh dictateur, leva des impôts sur les vaisseaux et gagna beaucoup d^argent. Expulsé à la suite çl'upe contestation ayec un amiral de passage, il vint étaler ^ Madère un luxe qui attifa Tattention. Ses concitoyens se figurèrent (}ue cette île était une nouvelle Californie, et y envoyèrent une foule de colons et de fonctionnaires. Ceux-ci trouvèrent un climat peu sain et l'argent impossible à gagner sans travail. La réaction succéda à Tengouement, et rile fut abandonnée. En soinme, c'e^t upe belle Ile, très-fertile, dont le climat n'est ni plus ni moins sain quQ tout le reste de la <iôte d'Afrique, et qui pourrait offrir çle grandes ressources à des colons intelligents et travailleurs.
S s. Le pay« doa Aobautis.
La guerre actuelle, que la marine anglaise s'est vue forcée de porter dans le pays des Achantis, a appelé l'attention sur cette partie de la côte de Guinée ; voici«quelques détails sommaires d'origine anglaise, qui ne seront pas inutiles à ceux qui voudront se rendre compte des conditions de cette expédition.
Le territoire directement ou indirectement soumis à PAngleterre, s'étend sur la côte de Guinée, du point d'intersection du 6« degré de latitude nord et du l^^ degré de longitude est au 3* degré de longitude ouest où il touche aux établissements français d'Assinie et du Grand-Bassam. Il forme, avec les stations de Sierra-Leone, de Lagoset de la Gambie, un gouvernement désigné sous le nom de West Africa SettlementSy et renferme 400 000 habitants environ, sur une surface de 14 000 milles carrés. L'autorité y est entre les mains d'un administrateur qui est assisté d'un conseil législatif et relève du gouverneur en chef des Settlements. Les principaux cours d'eau, à partir de l'ouest, sont l'Assinie, le Prah et le Volta : la profondeur des deux premiers n'est pas assez grande pour que des bateaux à vapeur puissent leà remonter. '
Il n'en est pas de môme du Volta, qui est navigable jusqu^à cent kilomètres environ de la côte, à la ville de Pong. A l'est et à peu de distance de l'embouchure du fleuve se trouve,
ÉTABUSSE|^:^;TS français. 3(^7
liBg det^rrOf le fort de Quitta; sur la partie supéliimip ^ c^ MQnVf^ (f eau est située la ville de Selga, qu'on dit euf^miir une très-grande population. Entre le Vol ta et le Prah torènepiitrent successivement sur la côte, Addah, Accra, Ana- Gape-Goast-Castle et Ëlmina. La tribu des Fantîs oole pays au nord de c^ deux derniers établissements, et ]i|t A^ibaQtis, 4$p^ 1a. capitale, Coomassie, est située assez près g^k Test des sources du Prah, sur le plateau qui règne à cinquante kilomètres de la côte et qui en est séparé par des marais couverts de manglîers, sont maîtres de tout le territoire foi fl^Aend au nord et à un degré environ de la côte, entre le Yolla et le Prab. A partir de cette rivière, à Tembouchure de laquelle e^t situé le fort de Chamab, jusqu'à celle de TAssinie, oif rencontre sur la route Secondie, Tacorady, Dixcove, Axim, et le fort abandonné d'Appollonia. Ce district est celui des Ahantas, qui ont pris dernièrement fait et cause à Chamah pour lee Aobaotîs, quand les équipages anglais ont voulu rempiler le Prah, e^ leur ont fait subir des pertes sensibles.
Lq but de Texpédition qui s^organise en ce moment est d^atteindre Coomassie, la capitale des Achantis, avant la saison des jjkûeB qui commence en mars, et de s*en emparer. C'est une eotrtpriae difficile, très-dangereuse même ; les fièvres et la llyMenterie attendent les Européens k la traversée des marais gpi i)ordent la côte, et jusqu'à ce qu'ils atteignent le plateau saloiire. Les aliments frais seront difficiles à obtenir ; les routes, de quatre pieds de large, présenteront de nombreux obstacles ; les chevaux, qui ne peuvent vivre sur la côte, devront être itmlriacés par les naturels; la température, qui est en moyenne di 3Ai35 degrés le jour, fera bien des victimes, surtout à rai- ^O du froid de la nuit; enfin la ville est grande (on la dit peu- . ifiéfi de plus de 50 000 habitants), et ses défenseurs sont nomfaeenz et courageux.
5 8. Situation des établissements français à la côte occidentale
d'Afrique.
Mous empruntons les renseignements suivants au rapport du lieutenant Besnard (ci-dessus, n*^ 298).
Z^ Rio Pongo, Après avoir vu la Gambie et la Gasam^ncQ, I0 navire le Curieux, que commandait le lieute- AWt Be^nf^rd, est arrivé au Rio Pongo. lies factoreries
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qui paraissent les plus importantes sont celles de la maison Verminck, de Marseille, Randel et Fischer, de Manchester; puis viennent celles de MM. Boucaline, Alassam et Gaspard Devez, de Saint-Louis ; enfin la factorerie anglaise Marsdem, nouvellement établie. J'ai trouvé au mouillage de Dominghia deux bâtiments : une goélette américaine chargeant des peaux pour Boston, et un brick russe prenant des arachides pour la France.
Le 15 février, j*ai remonté la rivière, piloté par M. Bicaise, qui la connaît pour l'avoir fréquentée pendant plus de dix ans. Au-dessus de Dondoly-Fanghy on ne rencontre plus de factoreries et très-peu de villages ; les seuls établissements qui se trouvent sur les rives du bras de Bengalong sont ceux des marchands d'esclaves, qui, par suite de l'abolition de leur honteux trafic, se sont transformés en honnêtes planteurs. Leurs plantations produisent peu ; le nojr esclave est encore plus paresseux que le nègre en liberté, et son maître ne le contraint pas au travail. On peut dire que l'esclavage en Afrique est extrêmement doux, et, comme en Turquie, n'est qu'un patronage, qu'une tutelle : l'esclave fait partie de la famille....
Rio Nunez, Désireux de rencontrer le commandant du cercle , je me suis décidé à remonter jusqu'au poste de Boké, où se trouvait M. Vidal. J'y suis arrivé après une navigation pénible , par une chaleur insupportable. Le poste de Boké est admirablement situé sur le sommet d'un promontoire qui partage le Nunez en deux bras : la rivière ou bras principal qui va se perdre dans la montagne non loin de la bifurcation, et le Botafon qui n'est qu'un petit marigot accessible seulement aux pirogues légères. Ce promontoire est très-élevé; c'est le dernier contre-fort de la chaîne de montagnes qui sépare le pays des Landoumans du Fouta Diallon. Le village de Boké est éparpillé sur les flancs de la co4ine et sur le plateau qui