ETABLISSEMENTS FRANÇAIS
enfinme le sommet; il n'est pas très-populeux par luimême, mais au moment de la traite, pendant les mois de janvier, {iérrier, mars et avril, il s'augmente de tous les mitants anglais et français venus de Sierra-Leone et de Saint-Louis, et du personnel essentiellement mobile des canvanes qui arrivent à Boké pour échanger leurs produits. Ces caravanes sont parfois très-nombreuses, mais la valeur des produits est généralement minime. Tout est porté sur la tête des esclaves. Les Foullahs du Fouta apportant des peaux de bœuf, des arachides, des graines de sésame ; les Sarracolets viennent ensuite avec un peu d'or et d'ivoire. Tous ont quelques peaux de léopard et de singe, et quand on voit arriver des arachides dont le boisseau pèse douze kilogrammes et se vend deux francs cinquante en marchandises, on comprend quelle masse dliommes il faut déplacer chaque année pour parvenir au chiffre d'affidres vraiment considérable qui se traitent à Boké. L'objet d'échange le plus précieux après la poudre et les armes est le sel blanc, apprécié surtout par les noirs venus des points les plus éloignés.
La caravane marchant à la file indienne, chaque homme armé d'un fusil et souvent d'un sabre, portant le brdeau sur la tête, arrive conduite par son chef, généralement le seul homme libre de la bande, sur une grande place dénudée, à deux kilomètres du village ; là, les émissaires des traitants l'attendent pour la piloter jusqu'à la fieuîtorerie. Les produits sont déballés , pesés et comptés, puis les hommes vont se reposer dans des gourbis toujours préparés; ils y séjournent deux ou trois jours, refont leur charge et repartent, ayant pour tout ustensile une calebasse qid sert à puiser l'eau, et pour tout aliment de route quelques poignées de riz. La charge de sel peut peser de douze à quinze kilogrammes et valoir trois francs.
Le poste de Boké est une enceinte fortifiée et bastion née; les murs sont en terre durcie, entourés de fossés.
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Dqux des bastions sont arm^és de pièces de quatre rayées.
Le fort domino le cours de la rivière et du Botafou ; placé à Textrémité du plateau, il n'est accessible de plainpied qpie par la face de Test. Les édifices intérieurs sont : la maison du commstndant, à deux étages et parfaitement aérée, puis deux grandes baraques en bois servant de caserne, d'infirmerie et de magasin ; enfin deux petites maisons adossées au mur d'enceinte renferment los cuisines et les écuries. La cour du postQ est plai^tée d'orangers magnifiques fo|*mant avenues, et, au centre, s'élève un monument commémoratif du voyage de ReuQ G^ié, qui, parti de Boké en 1826, est arrivé en Algérie au bout de deux ans, après lavoir, le premier, visité Tombouctou^
I^a température de 3oké est excessive; toutefois, la santé générale est moins mauvaise ^ Boké qu'à Yiqtpri&, et je pense que cet avantage peut être attribué à Téléyation du plateau et à l'éloignement des marais.
Le 19 février, je descendais avec la marée du matin jusqujà KoppaSy ancien centre de la traite des esclaves dans le Nunez et maintenant bien déchu de sa ^plendQur. J'ai gagné ensuite Gatégoimiat où sont les factqreries Pastré et Ytier Blanchard ; Gamar-Saintr4ean^ où est établie la maison Bosc ; et enfin, j'étais de retour à bord du Cva^içux à huit heures du soir.
Meilacorée, J'ai quitté le Nunez le 22 février ; j'ai doublé les îles de Los le 23 février dans la nuit. J'ai vu, à Renty^ M. Scignac, avec lequel j'ai visité le poste, le camp des tirailleurs et les environs ; Renty est très-bien situé, c'est le plus sain de tous nos postes des rivières. Placé sur une hauteur, loin des marécages , il reçoit directement la brise de mer. Sou commandant a travaillé h ^'assainir et à l'enjoliver ; il a brûlé les bois pour se donner de l'air, fait; des routes et un wharf; il a planté des jardins et des fleurs, et est parvenu à donner à tput l'en-
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fl^iqlila ifpe appi^nce de bien-éti*e ^i de g^eté qui réj9flîtîavttp.
Ia Société anglaise des Missions entretient des mispoimair^s dans le Rio Pongo, à Dominghia ; elle envoie, ep outre, dq Sierra-Lcone des missionnaires qui parcouf^ni ^ur des bateaux les rivières, distribuant des bibles et 4opiui|it 4^8 cadeaux aux chefs. Les Anglais ont constammonf firéquqpté le Rio Nunez et le Rio Pongo , parcouru Iflf !Qi^9agQ8, le^ lies de Los, et fouillé tous les coins de la ç4f^ î îU ont entretenu, pour arriver à la répression de la IT?}^? A^^ intelligences avec nombre de gens du pays; PRÂ^i P^ suite de l'étendue de la production industrielle fi% 4u pou marché des marchandises, TAngleterre a peu à peu acquis le monopole de l'importation; en sorte que fpug lafi 9pus-traitants, mulâtres ou noifs, s'approvision- Wl^\ ^que anné^ , ^vant le commencement de la traite, 8fpf 1^ Bat)iurs|;, soit à Sierra-Leone, Avec les étoffes , i/fsfiXçi^^siùL ^pédie encore des armes, de la poudre et des aitîc^fl ^e quincaillerie; le tabac seul est tiré d'Amé- Moe. i
^luaieimi chefs influents de Mellacorée sont liés par 4^ traités qui remontent à 1840 et au dcU; ils reçoivent des coutupaes annuelles de Sierra-Leonc. Néanmoins, (joion^e l'exportation de cette rivière est en majeure partie pCNpposée a'^fachicics , que la France n'impose pi l'importation ni l'exportation, il s'ensuit que le commerce fjr^çais ^st au moins aussi important que celui de l'Angleterre. Il se fait sur tous ces points, que nous avons pris fW^us AQtr^ protectorat, un accord tacite entre tous les négociants; le^ Français accaparent les arac^^des soit direc- |efpent, çoit en les rachetant aux Anglais, qui eux recherplient de préférence les cuirs, les graines de sésame, r«r?trivoirft.
Si, fix\ résumé, on cherche par des chiffres à se faire une idée à peu près exacte de l'importance du cominerce d'ex-
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portation des quatre rivières placées sous la protection ou la suzeraineté de la France, on trouve que la douane percevait en 1871-72, en Casamance, de 35 à 37 000 francs; dans le Nunez, de 40 à 42000 francs; dans le Pongo, de 32 à 34000 francs; et que le produit de Renty atteindrait celui de Victoria si Ton y établissait une douane. D'après cela, le chiffre total serait donc de 147 à 153 000 francs de revenus, qpi, capitalisés au denier 22,5 (le droit d'exportation était de 4 1/2 p. 100 ad valorem, il est actuellement de 5 p. 100 ad valorem), donnent une somme d'environ 3400 000 francs; ajoutant 25p. 100 pour compenser les fraudes et les fausses déclarations, on trouve un chiffre de 4 100000 francs d'exportation, donnant lieu à un bénéfice à peu près égal.
Cette somme des marchandises exportées, quoique ne comprenant pas la poudre d'or et d'ivoire qui échappent à tout contrôle, n'est pas moins bien modeste, quand on songe à la superficie et au chiffre de la population des vastes pays dont elle représente la production industrielle.
Sierra-Leone. Le commerce est, en grande partie, aux mains des maisons françaises; la nature des produits qu'on traite dans la rivière explique, comme je l'ai déjà dit, le peu d'importance des maisons anglaises.
Monrovia. Le 3 mars, dans l'après-midi, je suis sorti de la rivière, j'ai mouillé le 6 mars à Monrovia. La République est assez florissante ; les transactions commerciales prennent d'année en année une importance plus considérable : les principales denrées d'exportation sont les amandes et les huiles de palme, quelques cuirs, des arachides, et enfin du café d'excellente qualité, dont la réputation sur le marché européen ne fera que grandir à mesure qu'il sera mieux connu. Il y a à Monrovia quatre factoreries étrangères; deux sont hollandaises, la troisième est anglaise et la quatrième américaine. Le commerce français n'y oit pas encore représenté.
Im TiDe est dans une position charmante ; elle eat bâtie deux coUinea qui dominent la mer et la rivière ; et la elle-même, avec ses îlots de verdure et son cours MMâdenté, produit un effet merveilleux.
Orofid-Bâssom. J'ai cpiitté Monrovia le 8 mars au matin, et je me sais rendu à Grand-Bassam, puis à Assinie et enfin an cap Ck>ast, où je suis arrivé, non sans peine, le 22. J*ai troavé sur rade trois canonnières.
GamahtUa. J'ai trouvé à ce mouillage trois bâtiments irançais, deux bricks, une goélette et un bâtiment à vapeor anglais. Si j'en juge par le nombre des navires, par des communications entre les bords et la terre,
ne m'a point exagéré Timportance nouvelle de ce point de la côte.
Peiii Popo et Grcmd Popo. Tai communiqué avec les factoreries françaises de Petit et de Grand Popo. Les agents m'ont dit qu'ils ne rencontraient aucune difficulté Jans leur commerce. Os payent des redevances ou coutumes anx différents chefs indigènes qui les environnent, et joidssent d'une tranquillité parfaite.
ALOÉBIE
tTkn BARBARESQUES LIMITROPHES.