‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 77 sur 425 · SAHARA. S · texte numérisé non relu

SAHARA. S

l^jiflitiliilii où elles constituent plusieurs massifs distincts fl ang^érsl allongés dans le sens des parallèles, ou les filjjljfut BOUS un angle trèsraigu. Elles sont ordinaire- IDflit accumalées dans les dépressions ou à leur voisi- HMge,

fécondité relative de ces sables, opposée à la stédes Hi^ad) qui ne sont pas toujours dëpour- Toea du sol végétal , est en apparence paradoxale et eu opposition incontestable avec les faits propres à notre cl^pat eiuappéen ; elle trouvera sans doute encore bien dM incrédules, dépendent, si Ton songe que le caractèro essentiel de la région saharienne n'est point d'être OOQStitaée par un sol stérile en lur-môme, mais bien d*ètre absolument privée de pluies fécondantes régulières, on comprendra qu'un sol rocheux ou rendu complète par sécheresse soit impropre à la végétation, et qa'flu contraire le sable dans lequel règne toujours une lnunidité relative, incessamment rappelée à la surface pi^ la capillarité, ou que les racines peuvent facilement ittoindre marne à une grande profondeur, puisse nourrir ime végétation relativement riche. Ou doit même remarquer que c'est dans l'Erg que Iva nappes stagnantes sont les plus fréquentes, et tellement peu profondes sous le sol des dépressions , que de vrais puits instantanés y sont souvent ouverts par les caravanes en beaucoup do sites toujours connus.

— La Sebk/ia ou Choit , ou encore Ileycha, n'est qu'un accident au Sahara; c'est toujours une dépression sans écoulement, temporairement inondée ou toujours à sec, et, dans ce dernier état, couverte de croûtes et d'eflloresçences salines qui ont fait naître Tich'e que c'était un délaissé de mer, tandis ({ue le sol n'tîst ({ue le produit de la concentralion de tout ce i\nv les gours d'eau ont lavé su): les surfaces si universellenieiil salées de tous les sols. Lorsque , dans ces bas-iumls existe iuk^ na])po arté-

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sienne, ou seulement une nappe stagnante peu profonde, malgré le sol gypscux, malgré les croûtes salines qui craquent sous le pied à la manière du givre , on est tout surpris d'y trouver toutes les conditions d'existence des oasis. Le dattier , qui en est le végétal essentiel et souvent presque unique, est peu difficile sur la nature du sol; il se trouve toujours bien, au dire des Sahariens, lorsqu'il a les pieds dans l'eau, même salée ; car avec un peu de fumure, il ne lui faut que du feu à la tête, — et cela ne lui fait pas défaut sous un ciel obstinément sans nuages. C'est presque uniquement à l'abri de ses palmes ({ue les maigres cultures sahariennes sont possibles; partout cet arbre providentiel de la région y marque toujours le site des populations sédentaires dispersées sur ces solitudes comme des points dans l'espace. La Sebkha peut se constituer à toute altitude : celles du R'igh sont audessous du niveau de la mer; celles du Gourâra sont peu inférieures à 400 mètres d'altitude : il en existe dans le massif de l'Ahaggar, et celles des hauts plateaux de l'Algérie se trouvent au voisinage de 1000 mètres. Le Tell de la province d'Oran en possède de considérables à une altitude inférieure à 100 mètres.

Quant à la structure géologique de cette sorte de presqu'île africaine comprise entre la Méditerranée et la mer do Guinée, M. Pomel la définit « Une vaste surface longtemps émergée, et n'ayant éprouvé qu'un petit nombre de ces dénivellations qui ont si fréquemment fait osciller lo sol de la Berbérie de manière à compliquer sa structure à régal des contrées du S. de l'Europe. ?> Telle est . en dernière analyse, dit-il, son histoire géologique, conr forme, du reste, à celle de la plus grande partie du continent auquel elle appartient.

<c Le Sahara a une flore et une faune spéciales, adaptées presque uniquement à une vie dans les régions dé- Nertiques. Il n'a pas reçu d'espèces des régions voisines;

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il-« envoyé an contraire dans plusieurs des enclaves silbdéMrliqTiea de ces dernières des colonies d'êtres dont lerlampirament est resté saharien.

«L'Atlas tout entier constitue une région zoologique et botanique particulière , se rattachant à l'Europe par un grand n<mibre de liens, un peu encore aux régions orientales du bassin méditerranéen, enfin très-faiblement, mais bien singulièrement, à l'Afrique tropicale. Au total, la Beibérie se caractérise assez par son bien propre, pour qiAm ne puisse en fSedre une presqu'île rattachée soit à l'Espagne, soit à la Sicile.

« Le Sahara, enfin, ne doit pas sa constitution désertique à Fémersion d'une immense mer qui expliquerait aea sables et sa stérilité; il la doit à un état climatérique sii^alier, propre à la zone qui sépare les régions équiooDales des régions tempérées, depuis Tocéan Atlantique jnaqa'an centre de l'Asie. Cette constitution date de la fin des temps quaternaires, depuis lesquels tous les renseignements concordent à indiquer qu'il ne s'est produit qoe des modifications insignifiantes soit dans le climat, soit dans rorogpraphie. »

S s. Votre expédition militaire dans les oasis an sad de la province de Coutantlne, dn mois de décembre 1873 au mois de février i87S.

Une bonne part des notions acquises sur les portions da Sahara qui bordent nos trois provinces algériennes est due à nos e:icpéditions militaires : celle du général Gallifet à Toasis de Goleah n'aura pas été moins fructueuse que les précédentes.

Voici quelques extraits du rapport que le Journal ofdel a publiés :

Uannée dernière, M. le général de La Croix, poursuivant les tribus révoltées du S. de la province de Constantine , avait dépassé Ouarglâ et battu les rebelles à Tamesguida et à Aïn

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Taïba ; il avait ainsi obtenu la soumission d -uuq partie des M'khadmas et des Chambas ; mais les chaleurs de Tété Tempechèrcnt de pousser jusqu'à El Goleah , à environ soixantedouze lieues au S. d'Ouarglâ, où s'étaient réfugiés les derniers débris de Tinsurrection.

Cependant les dissidents ne cessant dHnquiéter les fractions soumises de leurs propres tribus, celles-ci demandaient instamment à être protégées contre les razzias auxquelles elles étaient exposées.

M. le général de Gallifet, commandant de la subdivision de Datna, fut alors chargé de préparer une expédition sur El Goleah ; la principale difficulté de cette opération consistait dans l'organisation des moyens considérables nécessaires au transport des vivres et de l'eau pour une colonne relativement nombreuse. Les chefs des M'khadmas et des Chambâs soumis ayant procuré gratuitement tous les chameaux dont on avait besoin, la colonne expéditionnaire se réunit à Biskra vers le milieu de décembre.

Elle se composait d'utie compagnie du 3<^ bataillon dUnfanterie légère d'Afrique, de trois compagnies du 3® régiment de tirailleurs, d'un escadron du 3" régiment de spahis, et d'une pièce de montagne (environ sept cents hommes).

Parti de Biskra le 20 décembre, le général de Gallifet arriva à Touggourt le 30 du niême mois et à Ouarglâ le 8 janvier. Au delà de ce point, toute l'infanterie devait être portée sur des chameaux. La colonne se remit en marche le 11 janvier avec quarante jours de vivres, un équipage d'eau de mille tonnelets d'une contenance moyenne de cinquante litres, enOn mille quatre cents guerbas (outres) de la contenance de quinze à vingt litres. Chaque chameau, monté par un fantassin, transportait deux (le ces guerbas.

Les renseignements sur la route directe d'Ouarglâ à El Goleah ne paraissant pas suffisanmient précis, le général de Gallifet se décida à faire un détour en passant par Hassi Berghaoui (ou Bir R'ekaoui, selon certaines cartes), point où se trouvent des puits et où s'étaient antérieurement arrêtées à différentes époques des colonnes venant du S. de la division d'Alger. La distance était de deux cents dix-sept kilomètres; on y arriva le 17 janvier, en sept jours de marche, et Ton s'y reposa un jour. 11 restait cent quarante-cinq kilomètres à parcourir pour atteindre El Goleah, où la colonne arriva le 2k janvier.

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La casba d^El Goleal^ est bâtie au sommet d'un cône de soixante-dix mètres d'élévation, sur les pentes duquel s'étagent les maisons de la ville, creusées pour la plupart dans rargile du monticule. L'aspect de Toasis qui l'entoure est fort pittoresque, et son importance plu^ grande qu'on ne le supposait. On y compta seize mille cinq cents palmiers ; c'est sur ce chiffre que Timpôt fut basé et accepté sans contestation.

Les Arabes sédentaires accueillirent la colonne avec des témoignap^es d'amitié ; quant aux dissidents, repoussés par les habitants du Touat, qui craignaient de se compromettre en leur donnant asile, ils se résignèrent à demander Vaman. L'amende qui leur fut imposée et toutes les contributions arriérées furent aussitôt payées.

Cette longue marche à travers le désert, dans cette région que les gens du S. appellent eux-mOnies « le pays de la soif, » s'était effectuée dans les meilleures conditions. Les troupes avaient surmonté courageusement les difficultés; un seul homme avait été malade.

Pour revenir à Ouarglâ, le prénéral de Gallifet suivit la route directe par Hassi el Hadjar, plus courte qup la précédente d'environ soixante kilomètres. Il quitta El Ooleah le l'^'' février et rentra à Ouarglâ le 7, ayant franchi en sept jours les trois cent sept kilomètres qui séparent ces deux points. Il s'est même convaincu de la possibilité de transporter des troupes en cinq jours d'une ville à l'autre.

Le résultat de cette heureuse op^Tation a été de montrer aux tribus disposées .'i la rébellion que le châtiment pourrait les atteindre jusqu'à ce point extrAine qu'elles croyaient inaccessible à nos armes. Des protestations d'amitié nous ont môme été envoyées d'In Salnh, situé bien au delà d'El Goleah, à plus de moitié chemin de la mer à Tombouctou.

La limite de l'influence française sur les oasis du désert se trouve ainsi reportée à une centaine de lieues plus au S.

Les détails suivants, sur la topographie des espaces parcourus, et en particulier sur l'oasis même d'El-Goleab, ont été tmnsmis à la Société de géographie par un dos officiers do l'expédition, le capitaine d'état-major Parisol : • « Voici, rapidement, quel est le caractère du terrain depuis Ouarglâ. — De la sebkha de Ouarglâ, où se rend rOuad Mîya, on monte sur un plateau pierreux, ayant à

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peine de la végétation, puis on arrive à des bas-fonds, où rien ne pousse. Le sol de ces bas-fonds n'est ni de la terre, puisqu'il ne produit aucune végétation, ni de la pierre, car, dans ce cas, ce sol aurait au moins un caractère géologique. Il se présente à la vue comme un chaos, qu'il est impossible de rattacher à rien : malgré moi, j'avais pensé à d'anciens glaciers; des cailloux roulés, aplatis, à arêtes tranchantes, m'avaient confirmé dans cette idée. Au milieu de ce chaos, quelques pierres énormes, sans similaires, sont fichées comme des dents tombées du ciel.

« On remonte ensuite sur un plateau pierreux. La pierre est de plus en plus serrée; bientôt ce n'est plus qu'une grande table de pierre, découpée par des crevasses, où coulent sous la terre des ouâdis ; on trouve encore un peu de végétation.

« Dans ces crevasses sont les puits de Zahra, de Berghâoui, de Zirara, etc., puis le sable envahit le plateau. On arrive enfin au bord du plateau sur lequel est El-Goleah. El-Goleah est à l'extrémité d'une pointe, sur un rocher isolé, à cinq et à dix jours de marche de tout lieu habité ; un vrai nid de pirates dominant tout le pays. Au-dessous côt la grande plaine de l'ouâd d'El-Goleah, qui, de là, va à Maguidên et au Gourâra.

« Des renseignements que j'ai reçus et contrôlés, j'ai conclu que l'Ouad-Zergoum, qui disparaît dans les areg à Dhâyat-èt-Tîn, est celui qui passe à Berghâoui; l'Ouâd- Tequir n'atteint pas l'Ouâd-Mîya, mais va dans le basfond chaotique dont je vous ai parlé.

« Par places on a retrouvé dans les aregs le feïdh (les berges) de son ancien lit. De plus, on sait par la tradition que l'ancien ouâd d'El-Goleah est l'Ouâd-Seggher, ([ui vient à travers les aregs depuis Rhasoûl (Gh'azoul) et Brizîna. Autrefois, il y a des siècles, cet ouâd roulait des eaux à la surface du sol. Du reste, il a d'immenses dé-

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pôtBd'allayions, cailloux roulés, etc. Enfin, TOuâd-Crharbî n probablement au Gourâra.

« El-Goleah n'a pas été bâtie par les Arabes. Il suffit, du reste, de voir les solides constructions des remparts, et d^un bastion, entre autres, haut de huit à dix mètres, et fidt d'énormes pierres équarries. Les Berbers doivent être les architectes de ces constructions. L^oasis est maintenant habitée par les Ghambas-Mhouadi....

<c C'est la première fois qu'une colonne expéditionnaire pénètre si avant dans le Sahara. On sait que celles de la province d'Oran n'ont jamais dépassé TOued-Ghir, au S. de Fighîg; et, Tannée dernière, celle qui était arrivée jusqu'à Berghaouïa, en partant de la province d'Alger, n'avait pas voulu pousser plus loin en présence des difficultés qui s'opposaient à sa marche. L'expédition de cette année, qui a parfaitement réussi, n'est qu'un essai, et peut-être que l'an prochain on pourrait aller jusqu'au Touat, ce qui serait d'une immense importance pour notre commerce avec le Soudan. Ce qui faciliterait cette en treprise, [c'est que le général Gallifet, plus désireux de nous fdre des amis que des ennemis, s'est abstenu do tirer un seid coup de fusil ou de canon, et d'envoyer, comme ses prédécesseurs, de pompeux bulletins de victoires. Le chemin de l'Afrique centrale et la route de Tombouctou nous sont ouverts de ce côté. »

S 4. Le nouveau levé des côtes de TAlgérie.

En même temps que le territoire intérieur, les côtes de l'Algérie sont l'objet d'une révision hydrographique. Voici les détails que le capitaine Mouchez a donnés à l'Académie des sciences sur cette opération considérable, dont il a la direction [Comptes rendus de V Académie des sciences, 13 janvier 1873):

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<f Peu de temps après la conquête, les côtes furent relevées par MM. Bérard et de Tessan. Des difficultés de diverse nature, et surtout Tiûipossibilité de débarquer sur le littoral encore en grande partie au pouvoir de Tennemi, 110 permirent de faire qu'un levé sous voile; mais l'habilcté des observateurs fut telle, que les plus grandes erreurs d'une extrémité à l'autre de l'Algérie ne s'élevaient pas à plus de deux ou trois milles, et leur carte, construite au 1/65000", a suffi jusqu'ici aux besoins de la navigation. Plus tard, un officier distingué, M. Bouchet-Rivière, prématurément enlevé à la marine, levait les plans particuliers de divers ports. Mais, dès que notre domination fut bien établie en Algérie, le Dépôt de la Guerre commença la grande triangulation qui devait servir de base à la carte d'état-major au 1/80000", et, dès lors, les précédents levés hydrographiques à trop petite échelle et sans liaison avec les nouveaux travaux, devenaient insufûsants. Il fut décidé qu'on lèverait une nouvelle carte du littoral à plus grande échelle, appuyée sur le réseau géodésique, et M. Rigault de Gcnouilly, alors ministre de la marine, confia cette mission à M. Mouchez, au moment où jil venait de faire ses preuves en relovant les côtes du Brésil^

Le travail fut commencé en juillet 1867, à la frontière de la Tunisie, continué chaque année, pendant la belle saison, et interrompu par les événements en juillet 1870, près d'Oran. Sur deux cents lieues de côtes, cent soixante sont levées.

« La carte originale, construite au 1/2500*, donnera un développement de cinquante-cinq mètres à la côte qui sera représentée sur soixante-dix feuilles, dont cinquante sont terminées et placées aujourd'hui sous les yeux de rAcadémie. La carte terminée à une échelle quatre fois jjlus petite, au 1/100000", comprendra douze feuilles, dont sept sont déjà publiées et trois à la gravure. Il y aura en outi'c douze ou quatorze plans particuliers au I/IOOOO*.

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« S*Q Évait été possible de former deux expéditions simnlliliées, Ttiiie par terre, Tautre par mer, le procédé le plus Biinpie pour lever le littoral eût été de faire une cl^iiiii» de triangles secondaires enti-e la plage et les derniera signaux géodésiques ; mais M. le commandant Mouchez n'avait à sa disposition qu'un aviso et nul moyen de fiiire par terre les longues excursions qu'eût exigées l'ascension atix sommets géodésiqucs bien souvent inaccessibles du côté de la mer, non plus que la possibilité de Gonstrnire des signaux permanents pour laisser trace de son travail. Le navire était d'ailleurs mouillé en pleine cdte, très-près des écueils, et obligé de se mettre en sûreté an large cbaque fois que survenait un vent un peu fort.

«Pour tourner la difficulté, le Dépôt de la Guerre fit prolonger sa triangulation jusqu'en vue de la mer, de sorte qu'il fin. dès lors possible de rattacher directement toutes les SEtatioiis au théodolite faites sur la côte, à la triangulation de la Guerre, en calculant ces stations comme les sommes de triangles ayant pour bases les lignes géodésiques. Il a été fait ainsi près de douze cents stations au théodolite sur cent soixante lieues de côte, sans compter les stations intermédiaires faites au cercle à réflexion dans les embarcations. '

« Pour déterminer les détails topographiques de certaines parties inabordables de la côte , M. le commandant Mouchez dut avoir recours à une méthode nouvelle, qui parait être la seule qui fût susceptible en pareil cas de donner des résultats exacts et rapides. Les parties saillantes de la côte sont quelquefois de gros massifs de montagnes terminés par des falaises à pic do plusieurs centaines de mètres de hautour et de plusieurs lieues d'étendue. Au pied do ces falaises, on ne voit rion que la pleine mer et une ligne droite de rochers s'étendant à perte de vue dans PO. et dans TE. Les procédés trigonométriques ordinaire»^ étant complètement inappIicnl)los,

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M. Mouchez a employé les distances zénithales des contours de la côte, prises du haut des ,fialai868. Quand du haut d'un cap on fait parcourir les sinuosités de la côte par Taxe d'une lunette de théodolite, on est frappé des rapides changements de distance zénithale correspondant aux détails mêmes les plus minutieux du rivage situé autour de la station. On peut, la hauteur de la station étant connue, tirer parti de ce fait pour relever le littoral.

«C'est ainsi que le commandant Mouchez, àTaide de la lunette plongeante de théodolite, a pu explorer beaucoup d*anfractuosités de falaises et de massifs de rochers inabordables, qu^il eût été à peu près impossible de déterminer autrement avec quelque précision, sans une trèsgrande perte de temps et des moyens plus puissants que ceux dont on disposait.

«Les sondages ont été faits chaque jour par q[uatre embarcations marchant à Taviron en lignes parallèles entre elles et perpendiculaires à la côte jusqu'aux fonds de 100 mètres; au delà, les sondages étaient faits avec le navire. Le développement des lignes de sonde avec les embarcations est déjà de 1460 kilomètres, et celles du navire de 2400, fixées par 19000 stations au cercle à réflexion, sans compter les alignements et les relèvements.

« Ces sondages ont été exécutés avec le plus grand soin par MM. les lieutenants de vaisseau Turquet, Gharnez , Boistel, Vincent, Bonnaffé , Sellier et Collet. »

M. le commandant Mouchez ajoute en terminant :

« L^Académie apprendra sans doute avec satisfaction que, malgré la forte réduction de notre budget et de nos armements, M. le ministre de la marine, dont la scdlicitude ne nous a jamais fait défaut , a pu trouver la poflsibilité de faire compléter cette année le levé des côtes de r Algérie. Il vient de donner Tordre de préparer la prochaine expédition, pour qu'elle parte aussitôt que la saison le permettra, et qu'elle termine ce travail pendant le

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Gonn de cette campagne dans les meilleures conditions pooQdes. 30

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