‹ L'Année géographique (volume 5)Chapitre 76 sur 425 · SAHARA · texte numérisé non relu

SAHARA

Infioiii* beertftiiLS sur la nature du phénomène qui bs a produites, les géoli^es trouveront beaucoup à discuter ■■tIa question.

«c Pour M. Pomel, la présence des immenses masses d'allimons s'explique par la quantité de pluie qui autrefois inondait le sol*. Le Sahara, dont la misère actuelle provient d^une sécheresse permanente, a eu pendant une longae période un climat humide. Le monde a beaucoup diangé depuis le temps où les hommes vivaient en Eu- Topp à côté des mammouths et des ours des cavernes.

« M. Pomel a fiiit un travail plein d'intérêt. On assure qne c'est le prodrome d'un ouvrage plus considérable, où aem indiquée la part de chaque investigateur dans les déeonvertes, où de belles cartes permettront de voir d^un eonp d'œil dans quelles limites a été poussée l'étude. »

S 3. Les régions physiques da Sahara.

A cet aperçu général nous ajouterons quelques extraits du tnivail die M. Pomel, où sont bien précisées la distribution et la nature des diverses parties du Sahara.

On distingue au Sahara, en dehors des montagnes, trois natures de sol particulières à la région et qui la caractérisent essentiellement : la Hamada, TErg, la Sebkha.

— La Hamada (les Hamad) est le vrai désert, le sol dur par excellence, ainsi que Texprime le mot Sahara. Cest une surface plane ou médiocrement ondulée sur d'immenses étendues, horizontale ou peu inclinée, de nature rocheuse ou simplement terreuse, découpée ou non par des gouttières ou des ravines. L'eau y fait généralement défaut, même dans la profondeur à laquelle les puits sont possibles, à moins que ce ne soit dans le fond des érosions ou des fractures qui l'ont profondément entaillée. Elle est constamment et plus ou moins totalement

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dépourvue de végétation ; les animaux y font aussi nécessairement défaut. En un mot, c^cst la zone la plus dé- ' pourvue de ressources et la plus inhospitalière aux cara* vanes, c^ost la désolation quelquefois absolue pour de nombreux jours de marche, et malheureusement elle occupe les plus grandes surfaces du Sahara, surtgut au midi. Elle ne doit pas son caractère de stérilité à la nature du sol qui la constitue, car on peut y distinguer plusieurs types assez variés de structure géologique: elle est le résultat du climat particulier à la contrée.

— L*Erg, les Areg^ consistent en une accumulation considérable de sables, disposés en collines sans ordre, de formes singulières et spéciales, qui ne trahissent aucunement Torigine marine qu'on leur a supposée, Ciontrairement aux idées le plus généralement reçues, la région du sahlo n'est point celle du vrai désert essentiellement arido, c'est, au contraire, le plus souvent, la providence des caravanes. Là, en eflet, et seulement là, en dehors dos })oints où Thomme est parvenu à aménager les eaux profondes, se trouve quelque végétation, et souvent cette végétation y devient relativement luxuiriante. Elle comprend un ensemble d'espèces de ])lante8 succulentes, à la manière de celles des zones maritimes, qui fournissent la pâture recherchée des chameaux, organisés exprès pour digérer les végétaux salés de ces solitudes, et y trouver la quantité d'eau indispensable à la vie.

Les grandes dunes c[ui portent plus spécialement le nom d'Erg, offrent aux caravanes des traversées assez pénibles, laborieuses et lentes; mais cet inconvénient est racheté par la nourriture abondante qu'elles fournissent. Les grand (^s dunes couvrent au Sahara des surfaces considérables, mais qui ne sont encore (ju'une fraction assez faible de l'étendue totale, et que l'on peut évaluer à un neuvième environ, les Hamad occupant à peu près tout le reste. Elles sont surtout développées dans la zone sep-

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