CARTE TOPOGRAPHIQUE DU CHILI
moins la Turquie ; en Afrique, TAlgérie et le Gap; en Asie, les Indes anglaises et néerlandaises; en Amérique, le Chili.... G*e8t à Fauteur de la plus récente de ces œuvres, un Français, M. Aimé Pîssis, que votre commission n'a pas hésité à décerner Fun des prix de cette année. »
Apfès avoir sommairement indiqué les travaux antérieurs de M. Pissis, le rapporteur décrit en ces termes les opérations qpoi ont permis de dresser la carte.
c G*est en novembre 1848 que le gouvernement chilien chargea M. Pissis de lever la carte de la république du Chili. Le iNit à atteindre était rétablissement d'une carte assez exacte, assez détaillée, pour sufGre aux besoins des travaux publics. Personnel et moyens d'exécution, tout était k créer ; aussi les opérations ne commencèrent-elles que dans le courant de 1849, ok à cette époque le directeur de la carte n'avait à sa disponlîon que deux ingénieurs auxiliaires. Limité par des cxigenees de temps et de budget, il dut renoncer d'abord à l'emploi des signaux, et y suppléer en visant des roches apparentes à d^iBsex grandes distances.
c La vaUée longitudinale du Chili offrait, sous ce rapport, les conditions les plus favorables ; le grand nombre de montagnes isolées qui s^y rencontrent, et dont le sommet est presque lonjours formé de roches escarpées et de peu d'étendue, se prêtait bien à rétablissement d'une chaîne de triangles de premier ordre. Toutefois la mesure des angles faite en ces conditions ne pouvait être aussi exacte qu'avec des signaux artificiels. Aussi fallut-il multiplier les moyens do vériOcation, afin d^èviter les conséquences des accumulations d'erreurs angulaires.
c Les mesures de plusieurs bases et les observations aziniutales directes, répétées de distance en distance, furent parmi les moyens employés. Les bases mesurées sont au nombre de cinq, espacées aussi régulièrement que possible; mesurées chacune à deux reprises, ces bases ont une longueur qui varie de 600 à 1000 mètres* La base fondamentale a été mesurée dans les environs de Santiago; deux autres l'ont été vers les extrémités N. et S. de la chaîne; les deux dernières furent mesurées entre la base fondamentale et les doux extrémités.
c A partir de 1856, le personnel de la commission fut augmenté d'un astronome et de trois iiij:!:ôiiieurs sortis de rôcolo de Santiago; les travaux purent alors iHrc ))uusï)és avec plus d^aetivité, et vers la fm de 186b toute la géodésie de la parlât
L'AimfiB GÉOGR. XIL 19
290 AMÉRIQUE DU SUD. (n^^ 353-357.)
comprise entre les27« et 38« degrés de latitude était terminée. C'était une superficie de 165 151 kilomètres carrés. La chaîne principale comprenait quatre-vingt-un sommets de premier ordre. Pour les sommets de second ordre et les principaux détails de la topographie, on a employé soit la mesure directe des angles, soit la méthode des segments. Cette dernière méthode a surtout servi pour la topographie de la chaîne des Andes, où le manque de ressources et les difficultés de tout genre ne permettaient pas des stations prolongées. La position des sommets les plus élevés était d'abord fixée par les angles observés du plus grand nombre possible de points de premier ordre. Puis *ces mêmes sommets servaient de points de repère pour fixer les autres parties de la chaîne.
c Au S. du 38» parallèle, le Chili est en grande partie couvert d'impénétrables forêts, dépourvues de voies de communication. Il était donc impossible d'y continuer la triangulation. La position des lieux habités et des sommets abordables a été fixée par des observations astronomiques. Dans des observatoires temporairement établis à Valdivia, Osomo et Mellipulli, les latitudes ont été obtenues par les hauteurs méridiennes des principales étoiles. Dans les autres localités, par des hauteurs circumméridiennes , en ayant soin de prendre toujours au moins deux étoiles situées des deux côtés du zénith.
a Quant aux longitudes, elles ont été déterminées par des chronomètres transportés de l'observatoire de Santiago, ainsi que par l'azimut du volcan de Yaymas, qui a pu être observé de plusieurs sommets. Ce point ayant été relié aux derniers triangles de la chaîne principale, les longitudes ainsi obtenue» ont servi de vérification à celles que les chronomètres avaient fournies. C'est ainsi, à Taide des latitudes et des azimuts de points connus, qu'ont été levc^es les parties les plus remarquables de la région comprise entre les 38* et 42* parallèles, et qui embrassent une superficie de 74 900 kilomètres carrés.
« Aujourd'hui, nous avons un levé détaillé exécuté à l'échelle du lOOOOQe, et reproduit par la gravure au 250000®, dans des conditions d'exactitude praticjue qui laissent loin derrière elles toutes les cartes dressées jusqu'ici en Amérique.»