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La Nouvelle-Calédonie. VÉconomiste français, 2 août

Voir ci-def:8ous.

448. Sebert (H.), capitaine d'artillerie de la marino. Notice sur les bois de la Nouvelle-Calédonie. Leur nature, leur exploitation, leurs propriétés mécaniques et industrielles. Bévue Maritime et Coloniale, t. XXXVII, XXXVIII, XXXIX, 1873; avec pi.

449. Bout (H.). Notes sur les mines à la Nouvelle-Calédonie. Ihid , nov. 1873, p. 442-465.

M. Henrtean, ingénieur des mines, après une excursion au pourtoor de la colonie aux mois de juin et juillet derniers, a aussi pu-' blié, sur la situation da la NouvelIeCalùdonic,une note qui se résume dans les faits suivants :

Les gisements aurifères reconnus dans la vallée du Diahot et situés sur la rive gauche du fleuve, ont été, pendant un moment, l'objet d'une exploitation suivie de la part d'un grand nombre de concessionnaires; mais ceux-ci ont été peu à peu attirés sur la rive droite dn fleuve par la nouvelle de la découverte d'importants gisements de cuivre. La seule concession sur laqut^lo les travaux aient été continués est nne concession extraordinaire de 35 hectares, accordée à quatre des premiers prospecteurs, les sieurs Ilook, Pifer, Bor* gnis et Bailly.

L'or a été rencontre sur cette concession à l'état natif, an milieu de grès et de schistes magnésiens métamorphiques.

Déjà des travaux d'une certaine importance ont été exécutés sur ce point, notamment un puits de 8 mètres surmonté d'un manège, une usine d'amalgamation établie sur le type australien, avec IS flèches de bocard, une voie ferrée de 800 mètres, reliant celte usine à la mine, etc.

Malheureusement l'eau a tout à coup envahi la mine, ce qui a amené Tinterruption des travaux d'exploitation. On s'occupe d'épniser Teau, mais il n'est pas encore {)ossiblc de descendre dans la tranchée. Cet accident a emfiérhé M. l'ingénieur des mines de se rendre un compte exart de la nature et de la richesse du gisement Quoi qu'il en soit, il pense dès à présent qu'il y a lieu, en tenant compte des premiers sucrés obtenus, de poursuivre les tentatives sé< rieuses d'exploitation qui ont été faites sur ce i)oint.

A part celte concession, toute l'activité est aujourd'hui concentrée sur la rive droite du Diahot, où. comme nous l'avons dit, des minerais de cuivre ont él<; découverts.

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L68 gisements ont été rencontrés en plusieurs points au milien des schistes micacés, au voisinage d'une puissante formation qaartzeuse.

Le point le plus intéressant de cette région est le lieu de la première découverte, occupé aujourd'hui par la compagnie française de Balade ; les travaux faits à la surface ont mis à découvert de riches dépôts de minerais de cuivre composé, . cuivre sulfureux, cuivre oxydulé, et principalement de cuivre et de pyrites de fer. Cesininerais semblent appartenir à un filon qui aurait métallisé les schistes à son contact et dont les dépôts &e seraient épanchés dans les sohistes suivant leur stratification.

Les travaux actuels sont encore trop imparfaits pour qu'on puisse déterminer la nature de la direction de ce filon. Toutefois, les indices recueillis jusqu'à ce jour paraissent suffisants pour attester l'existence d'une formation cuprifère riche et étendue.

450. New Galedonia, with isle *of Fine. Lond,, 1873, Hydrogr. Office, 1873, 2 feuilles, au 73000* (n- 936). 5 sh.

Notice sur la Nou9tlle-Calidonie.

La notice suivante est tirée de VÉconomiste français^ excellent journal hebdomadaire riche en documents de cette nature.

Cette colonie lointaine doit à sa forme particulière, à sa po» sition et à sa constitution géologique, de pouvoir, mieux que toute autre, mieux que la Guyane et le Sénégal surtout, se pré* ter à une complète expérimentation de nos aptitudes colonisa* trices. C'est une longue bande de terre de treize à quatorze lieues de largeur moyenne sur une longueur de soixante-quinze* couchée en diagonale, à deux cents lieues environ du sud-est de PAustralie, entre le 20** et le 22^,35 de latitude sud, et entre le 161^,33 et le 164^,35 de longitude est du méridien de Paris. Son étroitesse est son premier avantage. Elle permet aux brises de la rafraîchir tout entière, et elle lui donne ainsi une température rare sous' la zone torride. Le thermomètre s'y maintient toute Tannée entre 15 et 20 degrés centigrades au-dessus de zéro. La moyenne diurne pendant les mois les plus froids, ceux de juillet et d'août, est de 16 à 18 degrés, et cette moyenne ne s'abaisse que rarement, et pendant la nuit, jusqu'à 9 ou 10 degrés. Quant à Tété, des observations publiées par le Moniteur de la colonie, constatent que la moyenne de la journée, pendant le mois de mars dernier, a oscillé entre 23 et 27 degrés

eentigrades, avec une humidité hygrométrique allant jusqu'à 99 degrés. La plus forte chaleur n'avait pas dépassé 29 degrés à one lieure après midi. Or le mois de mars de Thémisphère aostnl est à peu près notre mois d'août. La Nouvelle-Calédonie jouit donc d^un climat essentiellement tempéré, qui serait même beaucoup plus agréable que le nôtre, s'il n'était pas gAté sur plusieurs points parle fléau des moustiques, propre aux pays incultes de la zone tropicale.

Comme partout sous cette zone, l'année s'y divise en deux saisons très-tranchées : celle des pluies et des grandes chaleurs, qui ccMoamence en janvier et finit en avril, et celle de la sécheresse, relativement fraîche, qui va du mois de mai à la fîn de décemibre. Comme partout aussi,' l'île est sujette aux ouragans et aux cyclones des tropiques, dont les ravages y sont cependant moins désastreux qu'aux Antilles, grâce à une ceinture de récifs situés à une ou deux lieues de ses côtes, qui la protègent sur tout son périmètre.

Cette ceinture, de création madréporique , contre laquelle Tiennent se briser les grandes vagues du large, est une des originalités non-seulement de la Nouvelle-Calédonie, mais encore de tous les archipels voisins, notamment de ses deux annexes, l'ile des Pins au sud, et les îles Loyalty à l'est. Elle s*ou¥re sur plusieurs points, presque toujours en face de l'embouchure des rivières, et livre ainsi passage aux vaisseaux. Elle rend les abords de la colonie difficiles et tortueux, mais elle donne une grande sécurité aux mouillages de la côte. Cette côte est, du reste, découpée en baies et en criques nombreuses, quelquefois protégées par une barrière d'Iles, comme celles de Nouméa et de Saint- Vincent sur le bord occidental, où s^est principalement installée la colonisation.

Le territoire compris entre ces deux lignes de récifs parallèles, inclinés sur l'équateur de kb degrés, représente une superficie de onze mille sept cents kilomètres, trois fois plus considérable que celle de la Corse. C'est un sol crétacé, d'une perméabilité extraordinaire, où l'eau des pluies ne forme ni marécages ni lagunes pestilentiels : circonstance qui lui donne une salubrité absolue. Il est hérissé de montagnes dont les petites chaînes se dirigent dans tous les sens et dont les points culminants ne dépassent pas quinze cents mètres. De ces montagnes à pentes douces et cultivables descend un grand nombre de rivières, que la brièveté de leur parcours et la barre de leur embouchure rendenten général peu accessibles aux fortes embar-

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cations, mais qui peuvent être utilisées pour Tirrigation et pour rindustrie.

L*ile, du reste, se divise, au point de vue de la colonisation, en trois parties distinctes. Sa côte orientale est plus propre aux cultures tropicales et sa côte occidentale aux cultures tempérées, tandis que le sud, dont la ligne se termine par la petite île des Pins, est en grande partie stérilisé par des roches abruptes à peine recouvertes d'une mince couche d'argile sur laquelle ne poussent que des arbustes rabougris.

Les peuples indigènes qui peuplaient cet archipel lors de sa découverte, reçoivent le nom de Kanaks, Ils appartiennent à une race intermédiaire entre le type polynésien et le type australien ou Papou. Ils sont grands et forts comme les Polynésiens, mais ils n'ont ni la beauté de leurs traits ni la demiblancheur de leur peau. Leur teint presque noir, leurs pommettes saillantes et leurs cheveux laineux, les rapprochent du nègre papoua, avec un profil plus européen et des yeux plus horizontaux et plus intelligents. Ils étaient cannibales comme les Australiens, sans qu'on puisse en tirer aucune conclusion contre leur caractère; car le cannibalisme a souvent eu pour origine la nécessité. Ils ont prouvé depuis qu'ils étaient actifs, fidèles et dévoués quand on les traitait bien; et s'ils ont commis, au début de notre occupation, des actes de cruauté qui ont eu du retentissement jusqu'en Europe, c'est que les procédés des Eu^ ropéens, à l'égard des peuples primitifs, ne sont pas toujours marqués au coin de la justice, et que ce que nous appelons volontiers des preuves de barbarie ne sont trop souvent que de simples représailles.

La race des Kanaks paraît d'ailleurs condamnée à disparaître devant notre .immigration , comme disparaissent les Peaux- Rouges aux Iiltats-Unis, et par les mêmes causes. L'tle était extrêmement peuplée lors de sa première reconnaissance par le célèbre Cook, il y a près d'un siècle. On évaluait encore» en 1846, sa population indigène à quarante ou quarante-cinq mille âmes, et c'est à peine s'il en reste aujourd'hui cinq à six mille. Des tribus puissantes autrefois sont réduites à quelques centaines d'individus. Tel est le premier effet de notre contact, toujours accompagné de vices destructeurs et d'habitudes fatales. Le tabac, l'alcool et la syphilis, compliqués de mauvais traitements et de falsifications commerciales, ont produit dans la Nouvelle-Calédonie ce qu'ils produisent partout. Ils y ont apporté des affections inconnues, notamment la phthisie pul-

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monafare, qui déciment les restes de ces malheureux Kanaks et donnant ainsi^pour assises à ce que nous appelons la civilisation, la destruction d^un peuple bien doué quHl aurait été facile de conserver aveè d^autres procédés que ceux en usage.

G^eatau capitaine Cook, comme nous venons de le dire, que revient Thonneur de la découverte de la Nouvelle-Calédonie, en 1774; il lui donna le nom primitif de TËcosse, son pays nataly avec laquelle elle n^avait cependant aucune analogie. Il y était arrivé par le nord-est, aVait franchi une des passes de ses récife et avait noué des relations bienveillantes avec une tribu établie à Balade, tribu qui a presque complètement disparu dopais, il avait même reconnu toute la côte orientale jusqu^à l*fle des Pins, qu^il nomma ainsi de la principale essence de 108 bois. Plus tard, en 1788, Tile fut visitée par La Pérouse, tiur les instructions de Louis XVI; puis en 1791 par d'Entrecasteanxy qui, & deux reprises, débarqua sur la côte occidentale et pénétra dans Tintérieur. Les relations de cette dernière expédition, conformes aux récits de Cook, peignaient la Nouvelle-Calédonie comme un pays enchanteur, un nouvel Kden, que ne déparaient pas les mœurs polies et affectueuses de ses habitants. C*est toujours ainsi que se présentent d'abord les terres nouvelles où nous abordons, jusqu'à ce que nos propres excès aient détruit ces Kdens, et justifié les tableaux de désolation et de mort des derniers voyageurs qui les visitent.

La première occupation européenne eut lieu en 1843. L'île n'appartenait encore qu'à ses propriétaires indigènes : une mission catholique s'établit à Balade , où le capitaine Cook avait laissé les meilleurs souvenirs, et entreprit d'en convertir les habitants. L'établissement ne prospéra pas. Les religieux furent obligés de le quitter en 1847 et de se réfugier à l'île des Pins. Ufje corvette française, la Brillante, se crut autorisée à tirer vengeance de la mauvaise disposition des naturels, et elle commit des actes de dévastation qui amenèrent, en 1851, le massacre de douze matelots, et, par suite, de nouvelles violences de nos bâtiments de guerre dans ces parages. Les capitaines de ces bâtiments n'en étaient pas moins unanimes à vanter, dans leurs rapports, la beauté du pays et les avan-^ tages qu'y rencontrerait la colonisation. On venait de discuter à Paris la question d'une colonie pénitentiaire. La Nouvelle- Calédonie paraissait mieux convenir à cette destination que la Guyane. L'amiral Febvrier des Pointes en prit possession le l** mai 1853. La baie de Nouméa, sur la côte occidentale, fui

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choisie, à cause de la sécurité de son mouillage, pour devenir le centre de la colonie. On s'empressa, en 1855, d'y élever une caserne, un hôpital, et tous les bâtiments nécessaires à Tadministration . On accorda une concession de tf ois mille quatre cents hectares aux missionnaires pour y établir un village d'indigènes; on construisit dans Tîle Nou, en face de Nouméa, le pénitencier proprement dit, et, à la suite de cette installation officielle, le mouvement de la colonisation commença.

Les progrès en furent d'abord très-lents. Nomnéa n'avait encore, en 1844, que quinze cents habitants, dont mille militaires. Plusieurs entreprises particulières donnèrent cependant de beaux bénéfices. Le Herald de Melbourne, en 1867, constatait qu'une usine à sucre, construite par M. Joubert sur les bords de la rivière Dumbea, à environ douze milles de la capitale de l'Ile, avait fourni Tannée précédente dix mille kilogrammes de sucre, qui s'étaient vendus à Sydney à raison de sept cents francs la tonne. Cette culture de la canne a pris depuis un grand développement. Elle donne un rendement moyen de cinq à six tonnes par hectare, et le défrichement de l'hectare, y compris la plantation et l'entretien jusqu'à la récolte, ne dépasse pas sept cents fi:ancs. On a calculé que, quelle que soit la plante cultivée, le sol calédonien offre en toute circonstance un produit brut de douze à dix-huit cents francs. Le coton même double presque cette moyenne.

Ces avantages ne pouvaient manquer d'encourager le travail. Au mois de novembre 1871, le chifire dfes terres occupées par les colons était de soixante-six mille cent trente et un hec-' tares, dont vingt-six mille avaient été entièrement aliénés et payés. Nous verrons reparaître tout à l'heure ces vingt-six mille hectares sur la cote de l'impôt foncier. A la même époque, cinq grandes usines avaient été fondées, et on commençait à s'occuper très-sérieusement de l'exploitation aurifère qui venait d'être singulièrement surexcitée par deux trouvailles exceptionnelles. Le Moniteur de la colonie annonçait en effet, dans son numéro du 11 octobre 1871, que deux énormes morceaux d'or amalgamé, d'une valeur de seize à dix-sept mille francs, étaient alors exposés dans les salles du musée de Nouméa. Ces deux lingots, pesant ensemble cent cinquante-quatre onces, représentaient, avec d'autres morceaux d'un poids total de vingt onces, le produit d'une quinzaine de jours de travail seulement, avec des appareils primitifs, et la valeur de cet or, recueilli dans la vallée de Diahot, la plus belle du pays, près

da B^Mai avait monté, à 3y(iney, de soixante-deux à quatre- Tmgtiidu firancs Tonce. Or, dans toute Ja partie septentrionale de I^Ue, les terrains ravètent la couleur qui signale la présence da IVur. On estime que les mines de ce métal s'étendent sur une aiqMirfida de deux cent cinquante hectares, dans une contrée magnifique arrosée par la belle rivière de Diahot et par de nombreux ruisseaux. On vjpnt d'y créer une route pour faciliter les exploitations. On a découvert, en outre, deux mines de cuifn, des carrières de quartz aurifère dans une petite lie, des d*eaax thermales et ferrugineuses, enfin des couches

de faooiile et des dépôts de tourbe disséminés un Aeu partout, malhemneusement d'une qualité inférieure, sans compter d'immenses litsT d'ardoise et une grande quantité de fer, que les prix actuels des fers travaillés de l'Australie ne permettront pas d'exploiter.

''Gepemiant la Nouvelle-Calédonie n'en est encore qu'à la période des importations. Son exportation est à peu près nulle. Les tableaux de son commerce en 1866 et* 1867 se résument dâne les chiffires suivants :

loDiportatioD 2 178 870 fr. en 1866, 3 061 455 en 1867.

Exportation 109 275 186 913

Totaux. 2 288 145 3 248 368

Ce commerce se fait toujours par les navires anglais, et ce sont les villes de Sydney et de Melbourne qui en sont les intermédiaires. Sur 93 navires, entrés et sortis, qui représentaient le commerce du port de Nouméa en 1867, le pavillon français n^en comptait que 29, presque tous navires de guerre on de transport. Sur les 1 18 de 1868, nous ne figurions que pour 15 navires. C'est principalement Sydney qui alimente notre jeune colonie; c'est par Sydney qu'elle reçoit les lettres et les marchandises de l'Europe. Un service de paquebots Neo-Calédoniens a établi une communication mensuelle entre cette Tille et Nouméa, dont les départs d'Australie correspondent avec l'arrivée de steamers de la compagnie péninsulaire orientale venant de Suez. On va de l'une à l'autre des deux colonies par le moyen de ces paquebots pour les [)rix uiodércs de 250 fr. en première classe et de 125 en seconde.

Nouméa :i pris ainsi, surtout dans ces derniers temps, une certaine activité. On y compte aujourd'hui environ 300 maisons en maçonnerie, un orphelinat, un hôpital, des écoles primaires religieuses, une société de secours mutuel?, une com-

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pagxiie d^assurance et plusieurs ^ciétés particulières, une banque, une compagnie de vidange, des hôtels, des professeurs diplômés, et plusieurs industries naissantes qui utilisent les produits du pays, notamment les bois de sandal, de niaouli et de citronnelle pour les meubles, Técorce du morinda pour teinture, et les huiles de ricin, de bankoul et de coco. La vie matérielle, à en juger par quelques mercuriales du Moniteur local, n'y est pas plus chère qu'à Paris. Cette ville, malheureureusement, manque d'eau, et elle exige des travaux considérables pour son approvisionnement. Elle est située sur un point peu favorable à l'agriculture, et elle ne paraît pas devoir prendre dans l'I^enir une grande extension.

Mais ce qui donne surtout à notre colonie sorf caractère, c'est le double établissement pénitentiaire de l'Ile de Nou, en face de Nouméa, et de la presqu'île Ducos dans la baie de Saint- Vincent, à quelques lieues plus au nord : la preûiière destinée aux forçats, la seconde aux condamnés à la déportation dans une enceinte fortiûée. L'effectif des premiers était, au 31 décembre 1871, de 2735, dont 2ii61 en cours de peine, et 274 libérés, mais en surveillance ; 172 de ces libérés avaient obtenu une concession de terrains à Boursié, dans le nord de l'île; 47 autres travaillaient sur une ferme particulière. De nombreux condamnés non libérés sont employés aux routes ou à l'exploitation des forêts pour le compte de l'État.' D'autres sont répartis chez les colons, pour un salaire de 20 francs par mois, et on a créé pour eux des écoles et des bibliothèques. Quant aux condamnés politiques dont l'Assemblée nationale a décidé le transport et l'installation dans la Nouvelle-Calédonie, ils sont répartis dans la presqu'île de Ducos et dans Plie des Pins, où ils jouissent d'une liberté relative qui les fixera sans doute dans la colonie pour l'utilisation fructueuse de leurs diverses aptitudes.

Cette occupation, comme on le devine, doit coûter beaucoup plus qu'elle ne rapporte. Les dépenses de la colonie s'élevaient en 1864 à 1 300 000 fr. Elles ont beaucoup augmenté depuis, et les recettes ne dépassent pas 7 à 800 000 francs. Dans ces re* cettes figure l'impôt foncier pour' 15 605 francs, et les patentes pour 2887 francs. La contribution foncière atteint 19 localités représentant une superficie de 26 565 hectares 55 ares, sur laquelle la ville de Nouméa ne compte que pour 22 hectares 62. Quant à l'acquisition des terrains, elle a été fixée à 25 francs l'hectare, mais avec des constructions souvent ruineuses,

HELANESIE. 351

|Mme de déchéance. C'est grâce à des procédés de ce §Um qa*oii a compromis l'Algérie. Ce fi'est pas en important Mb impiMs tracassiers de PËurope, et en gênant Tinitiative jNrhrée que Sydney et Melbourne sont devenues en 25 ans des villes de 150000 âmes.

MÉLANÉSIË

4SI. Jules Girard. Les connaissances actuelles sur la NouvellerGuinée. BuUetin de la Soc, de Géogr.j nov. 1872, p. 449-479.

Ce résomé historique et descriptif est accompa^Mié d'une carte bien faite, à une assez grande échelle fo^iOieâ au dogré, T'7^VTnr&^) pour y faire entrer avec clarté tous les détails nécessaires.

Le travail, d'ailleurs fort intéressant, de M. Jules Girard aurait encore plus de valeur sUl était accompagné de citations précises. En géographie, comme en histoire, les faits n'ont de valeur que cet* les qui leur vient des sources consultées. La bibliographie, vague et incomplète, que M. Girard à mise à la fin* de son mémoire ne remplit pas sufûsamment cette lacune.

c Au moment où plusieurs voyageurs russes, néerlandais ou aile* mands entreprennent l'exploration de la Nouvelle -Guinée, nous croyons, dit M. Girard au début de son travail, devoir résumer l'état actuel de nos connaissances sur cette partie du globe, qui certainement, d'ici à quelques années, jouera un rôle important dans le commerce d'ootre-raer.... »

M. Girard fait remarquer avec raison que les navigateurs français ont eu une large part dans la reconnaissance dos eûtes de la Nouvelle-Guinée. « Les noms de Uougainvilie, de Dumont d'Urville, de d'Entrecasteaux, conservés par plusieurs points sur les cartes (noms auxquels il faut ajouter celui de Tarchipel de la Louisiade), disent assez la part de la France dans l'histoire géographique de cette contrée des anti|K>de8. >

452. Guido Cora. Recenti spedizioni alla Nuova (^uinca. C'o^motf, journal géographique de Turin, n" 1 et 3, 1873, p. 7**>24, 140-159.

Exposé de reconnaissances et des tentatives récentes de MM. Ueccari et d'Albertis, Mildoukho-Maklaï, et G. Emil. Cerruti.

453. ly N. VON Mikliîcho-Maclay's Forschungcn auf Neu-Guinca. MHtheilunyen de Fetcrmann, 1873, V, p. 19'2.

Lettres écrites à bord du navire russe (sounirotnl^ le 11 et le 23 mars 1073, dans lea eaux des Moluques.

352 OCÉANIE. (n«* 451-457.)

454. Correspondenze avule dalla società con alcuni ministeri del regno relativameato al viaggio alla Nuova Guinea dei signori Odoardo Beccari e L. M. d'Albertis. EstratU e frammenti d lettere dal naturalista botanico 0. Beccari, durante il suo viaggio alla Nuova Guinea. BoUettino délia Società Geografica Uali€ma, Vm, ottobre 1872, p. 13o-151.

4Ô5. Beccari's exploration of Papuasia. Uighways , déc. 1873, p. 3&9-361 ; avec une carte.

Lettres du 3 juillet et du 27 août 1873, écrites des lies Arrou et des lies Keï. — Cette communication do journal anglais, reçue par rintermédiaire de M. H. Giglioli, avait été précédée de deux premiers articles sur M. Beccari, dans les numéros de juin et juillet des Htghwayiy p. il3 et 156.

406. On récent discoveries made at the eastern end of New Guinea^ by capt. J. MoRESBY, R. N:, in H. M. S. Bcuilisk,

Ck>mmunicalion faite à la Société royale de géographie de Londres le 24 nov. 1873; extrait dans les Highwayi^ déc, p. S92. Les explorations du capit» Moresby ont eu lieu à partir du milieu de décembre 1872.

457 . D' Bernhard Meyer*s Travels in New Guinea. Uightcays, déc. 1873, p. 387-389.

$ 1 . Reconnaissances técentes au pourtour de la Nonvelle-Ouinée. L'explorateur russe Mikloukho>Maklaï.

Le temps semble arrivé où la Nouvelle-Guinée, restée jusqu'à présent en dehors de toute tentative de reconnaissance intérieure, va entrer enfin dans le cercle des explorations européennes. Une île dont Tétendue peut se comparer à celle de la France et de Tltalie réunies * , et qui par sa position au voisinage immédiat de l'équateur* participe indubitablement aux dons naturels des terres les plus favorisées de la zone tropicale, est loin de justiiier Tespèce d'oubli où on Tavait laissée. Les Hollandais,

1. Le slalisiicicn Kngelhardtlui donne, parle relevé plani métrique, une superficie de 12 912 milles allemands carrés, ce qui revient à 711 000 kilom. carrés. La France, avant les événements de 1870, présentait un aréa de 543 000 kii. c.

2. Elle est comprise entre Téqualeur et 10" de latit. S., en négligeant des fractions insigni Hantes.

qui y ont seuls fondé, jusqu'à ces derniers temps, quelques postes, d'ailleurs peu importants, vers l'extrémité N. 0., n'ont jamais tenté d'une manière bien sérieuse de pénétrer dans l'intérieur; mais aujourd'hui que ces établissements sont cédés à l'Angleterre', il n'est pas douteux qu'une activité tout autre va se manifester de ce côté. Appendice naturel de l'Australie, dont elle n'est séparée que par le détroit de Torrès, la Nouvelle Guinée appartient dès ce moment aux pionniers australiens; et de prochaines entreprises y sont d'autant plus probables, que des informations plus ou moins fondées y ont déjà signalé la présence de gisements aurifères.

Ce n'est cependant ni à un Hollandais ni à un Anglais, c'est à un Russe qu'appartient l'initiative des nouvelles entreprises. Le nom assez étrange de cet explorateur est Mikloukho Maklaï. Voici les renseignements que nous donne un journal de Saint-Pétersbourg sur ce voyageur déjà éprouvé. Fils d'un gentilhomme de Novogorod, il se livra de bonne heure à l'étude des sciences et de la médecine, et dès lors on vit se manifester chez lui la vocation des voyages. Il n'avait pas encore accompli sa vingtième année, qu'il avait vu presque toute l'Europe. En 1866, il entreprit une excursion à Madère, aux îles Canaries et au Maroc. En 1869, il parcourut les côtes de la mer Rouge et de l'Asie Mineure, et l'année suivante il partait pour les îles du Pacifique. Le gouvernement russe avait mis à sa disposition une corvette à vapeur, la Vitiaz, Il toucha au Rrésil, à la Patagonio, au Chili, et à un grand nombre d'îles de l'Océan. En 1871, il prenait terre dans le golfe de l'Astrolabe, sur la côte septentrionale de la Nouvelle-Guinée. Il y a séjourné quinze mois,

1. Par traité du 25 février 1811. L'Angleterre a pris officiellement possession des établissements néerlandais de la NouvcUe-lruinée le 6 avril 1872.

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