EGYPTE ANCIENNE. — M. CHABAS
sont eux-mêmes que le premier jet d*un travail plus étendu pour lequel une copie plus correcte est nécessaire.
Quelle était la forme égyptienne du nom que les anciens Grecs y et les Romains après eux , ont écrit et prononcé Thèbes? Telle est la question que s'est proposé de résoudre M. Chabas (n** 16), un laborieux et savant émule de M. de Rougé» qui poursuit loin de Paris, avec une constance rare, des travaux auxquels les hommes compétents attachent une sérieuse valeur. Les textes hiéroglyphiques fournissent plusieurs appellations. La plus habituelle est celle de Pir Ammoufij « la Demeure d'Ammon >, dénomination exactement traduite par le Diospolis des Grecs (Diospolis Magna, eadem Thebe, portarum centum fwbilis fama, dit aussi Pline). On trouve également le nom de Àpetou, Tapiiou avec l'article, appliqué au quartier oriental de Thèbes, où était le grand temple de Karnak. Ce n*est pas cependant à ce nom que M. Chabas rattache la forme classique. Il croit la retrouver plus complètement dans l'appellation de Obi que fournissent deux inscriptions des rochers d'Hammamat, à l'entrée des défilés qui conduisaient de la Thébaîde aux carrières du désert oriental. Obi, avec l'article fémi* nin , donne Tobé , ou même Tébé à cause de la valeur variable des sons-voyelles.
Des inscriptions hiéroglyphiques trouvées à l'orient du Mil, dans le désert qui sépare Assouàn de la plage troglody tique, ont été l'occasion d'un travail du môme savant sur les mines d'or de la Nubie (n** 17). Ces inscriptions sont du règne de Séti I" (le Séthos des historiens), deuxième prince de la dix-neuvième dynastie ; elles remontent par conséquent à plus de 1400 ans avant notre ère. Elles se rapportent à des puits que Séti fit creuser en cet endroit du désert, pour l'utilité des travailleurs qui allaient aux mines ou qui en revenaient. Ces mines de la basse Nubie ont été longtemps célèbres; elles n'ont été abandonnées qu'après la conquête de l'Egypte par les Arabes. M. Cha*
.» /uc nmUe d'nn fragment de de Turin, et qu'il appelle • monde. » Carie n'est pas ici plutôt un plan qu'il faudrait d:
tioû tellement grossière qu'il s viner )a nature et roliget sans le le savant égyptologue donne l'e disposition des localités où les : Ce serait sûrement faire injure Egyptiens, môme de la plus vîet une pareille ébauche pour spéc graphique. Ce n'en est pas moini morceau très-curieux. M.Cbabas partie de son mémoire, d'une ins grand Sësostris des Grecs, succei par M. Prisse d'Avesnes près à Nubie. Ce monument est d'un ii géographie et l'ethnographie de connue sous le nom de Nubie ; p 7 trouve mentionnés offrent une g que Pline et Ptolémée , quinze o prennent dans leurs listes.
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[me correspondant aux six premières dynasties du Qfipire'. Mais nous avons encore ^ Taincre beaucoup is pour rinterprétation de l'idiome spécial des écrits t de l'Ancien empire. La domination des Pasteurs et t permanent des races sémitiques, conquérantes Ou , parait ayoir influé assez not^lement sur la langue le. Des mots et des formes grammaticales tombèrent ude; d'autres y furent substitués sous Tinfluence de >ns nouvelles. Plus tard, les Rapports de Tfigypte avec et la domination des Lagides donnèrent lieu à de modifications, qui portent principalement sur le sysl>hique, et c'est encore un des points qui réclament ui des études spéciales. En définitive, les travaux qui objet rexplication analytique des textes égyptiens it de mériter toute Tattention des disciples de Chami'est à la multiplicité de ces trayaux et à leur prompte )n que sont subordonnés les progrès qu'il nous reste accomplir. »
liverses catégories d'études sur les antiquités hiset géographiques de l'Egypte» nous pouvons • celle qu'un académicien de Berlin , M. Parthey, rée à l'oasis d*Ammon et à son oracle (n^" 24). ley a réuni dans son mémoire la longue série es qui permettent de suivre l'histoire de cette èbre, depuis les temps mythologiques jusqu'aux ents témoignages des voyageurs qui ont visité
innons encore un travail d*un tout autre caractère, ictère essentiellement actuel et pratique : c'est la on de M. Charles-Edouard Guys de Marseille sur. e la côte de Barkah appelé l'Ile de Bomba. Le mé-
snrissement de l'Egypte par les Hyksos ou Pasteurs, à une i Femonte à 2000 ans au moins avant Tére chrétienne, parnciens temps de TËgypte en deux grandes périodes. On a icien Empire les temps antérieurs aux Hyksos, et Nouvel oz qui suivent leur expulsion. Le Nouvel Empire eommenoe * dynastie.
CQoir'! a pour auteur le p^re de M. Cliarles-Edouard ', ei il était resté ioédil ; l'éditaur a pensé que dans les circonstances actuelles, quand l'ouverture du caoal de Suez va donner à la navigation de ta Méditerranée un prodigieux développement, et que la possession d'un bon point de relâche peut ainsi présenter quelque intérêt h notre marine, la publication de ce travail pourrait être utile. Elle appelle en effet l'attention de qui de droit. L'Ile Bomba couvre un très-bon mouillage à l'entrée orientale de l'ancienne Cyréoaïque.
Nous venons de toucher au passé de l'Egypte ; en tn-
çant ces deux mots, le Canal, nous touchons au présent, et surtout à l'avenir. Parmi les événements contemporains, il n'en est pas qui aient eu plus de retentissement que celte entreprise colossale ; et cependant, chose singulière, il en est peu sur lesquels il semble plus difScile d'être exactement renseigné. Un des écrivains que nous avons inscrits dans notre bibliographie de l'Egypte, M, J. Layrle, au début d'une spirituelle esquisse qui est en même temps tm
]. L'£:lileur du mémoire actuel est le petil-(îh de Pierre-AugmlîD Guys, auteur célèbre du Yoijage m Griee. et le frère, si nous De doui trompons, de H. Henri Tiuyi. longlemps flonsul de France en Syrie. On doil à ce deinier plusieurs ejcellents livres (dont un tout réMOl, ïoir ci-après i la SyrieJ sur celle c-onlrée qu'il connaît comme son ' propre pays. CeUe Tamille des Guys, une des plus notables de Uirtdlle, est une véritable IrJbu, nombreuse et ramiliée comme une trïtiu biblique; tous ses membres, de p^re en fils, ont occupé des postes bonorables dans nos consulats du Lerant. — Il est regrcUable que la bncbure de M. Ch.-Kd. Guya. abandonnée sans doute ï la oorreatioo de l'imprimeur, soit hérissée de foules typographiques qui dâligurenl une partie des noms propres. Ainsi, le nom ancien de l'Ile de Bomba, Sdonîa. est changé en Acidonia. Nous appelons l'altentioti da l'éditeur lur ce point a'seï important, si, comme il en annonce le projet, il publie les mèmeires laistéi par «on père sur la régence de Tripidi.
l'isthme de suez et le canal. 89
très-bon exposé de l'état des choses dans l'isthme (n* 19), a noté le fait et en dit la raison. < S'il existe une œuvre dont les détails soient inconnus ou ignorés, c'est, à coup sûr, le travail gigantesque entrepris, depuis quelques années, dans le but de percer TisÂme de Suez. Non-seule-» ment les actionnaires , intéressés les plus naturels, se demandent chaque jour où en est le travail, mais encore tous ceux qui prennent à cœur les affaires dans lesquelles leur propre pays est en jeu. Cette question si simple, à laquelle peu de gens répondraient en France, est encore moins résolue en Egypte. Aux premiers mots, on s'aper* çoit de l'ardeur avec laquelle elle est discutée. L'isthme a ses partisans comme il a ses ennemis, et c'est à cette rivalité qu'on doit d'être mal informé. A Alexandrie, au Caire, il y a beaucoup de gens qui ne croient pas au percement, qui ne croient même pas au travail, et qui vous disent avec la meilleure foi du monde que l'exécution n'est pas encore sortie du cerveau des ingénieurs. D'autres, au contraire, assurent que le canal s'achève, qu'il va être achevé, que d'un jour à l'autre on verra paraître à Suez le pionnier des bâtiments destinés à tracer la nouvelle route des Indes.
< Au nombre de ses ennemis, l'isthme compte d'abord les Anglais. La chose est bien naturelle; l'œuvre est française, c'est un esprit français qui l'a conçue, des mains françaises qui ont fait le tracé et qui dirigent encore aujourd'hui les travaux, des capitaux français qui ont permis l'exécution du projet. L'Angleterre, pour tout concours, a semé les difficultés; et quoique jusqu'ici les obstacles aient été levés un à un, il est impossible à tout bon Anglais d'admettre que son pays puisse être vaincu dans cette lutte.... »
En définitive , l'œuvre marche ; elle marche avec autant de promptitude qu'un pareil travail le comporte. Aujourd'hui l'eau de la Méditerranée arrive jusqu'à Timsah, au cœur même de l'isthme, par une tranchée qui deviendra le
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