‹ L'Année géographiqueChapitre 132 sur 236 · M. BARTH. — L*STHNOLOGIE DU SOUDAN · texte numérisé non relu

M. BARTH. — L*STHNOLOGIE DU SOUDAN

est tout philologique ; son objet est de soumettre à une étude analytique les vocabulaires que le voyageur a recueillis, pour éclairer la structure intime des idiomes auxquels ces vocabulaires appartiennent, en constater les différences, ou en faire ressortir les rapports. Deux parties seulement ont paru, sur les trois dont se composera l'ouvrage ; mais les Vocabulaires sont maintenant complets, ainsi que Tlntroduction — un morceau capital — qui les accompagne.

Les langues étudiées dans ce travail sont au nombre de neuf; ce sont, dans l'ordre où l'auteur les a placées, le kanouri (la langue du Bomou), le téda (plus connu sous le nom de tébou ou tibbou), le baoussa, le ifbùl (la langue des Foulbé, que nous nommons Foulah), le songh'ai (dans la région de Timbouktou), le lôgoné, le ouàndala ou mandara et le bàgbirmi (ces trois dernières langues au sud du lac Tchad), et enfin le màba du Ouadày, entre le Tchad et le Dàrfour. Ces neuf idiomes embrassent l'étendue tout entière du Soudan, depuis la région du Tchad jusqu'au Dhioliba supérieur, aux confins orientaux du Sénégal. Dans la dernière partie de son travail, M. Barth exposera les résultats généraux qui en ressortent; il comparera, au point de vue de la grammaire, l'immense groupe des langues soudaniennes avec la langue des Berbers, et enfin il résumera le tout dans une esquisse générale de Teihnographie du nord de l'Afrique, sans doute accompagnée d'une carte propre à mieux faire saisir les agroupements et les séparations de cette grande région ethnologique.

Sans anticiper sur un tableau que M. Barth est plus apte que personne à tracer d'une main magistrale, nous pouvons dès à présent signaler le fait capital qui ressort des Vocabulaires et de l'Introduction *.

1. Ceux qui, sans avoir les vocabulaires entre les mains, voudraient en prendre une idée plus étendue que celle que nous pourons d);mner

grammaire et dans les mots port bien autrement si^uifica langues soudanieDDes et la g mes du fleuve Blanc. Le loge Tchad, sur la gauche du Cbs affinités avec les idiomes masi aro, qui sont une branche de prochement des vocabulaires frappants encore d'une part ei l'autre entre le m&ba du Ouat dtnka sont deux langues congé du bassin du fleuve Blanc.

C'est toute une révélation, i conséquences sont incalculablei études locales des missionnaires gués ont constatée de notre ten grande partie de l'Afrique ausi ces langues une seule f'" aille', nord un fait parallèle et non logie africaine, dont il existait k au commencement du siècle, p portions imoréviio" '~^--

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M laÙBOBt ODtreroir. Cette resUtutioa est d'autut plu remarquable, qu'elle comcide d'une manière frappant* arec ce que des iafomiations chaque jour plus pr6(^sas et pins étendues nous apprennent. des populations aTricaine* de l'est et dn centre, quant à leur distribution et à leur conformation physique. Au sein de vastes régions que l'on deraU croire occupées seulement par des nations âe race nigre, dans la zone équatori&le, dans tout le bassin dn fleuve Blanc et dans le SenoAr, dans le Kordofan et jusqu'au Ouad&y, dans la région du Tchad et la Nigritie centrale, partout nous trouvons, soit su masses compactes, •oit répandues par groupes à travers les Nègres purs, det peuples dont les traits, la conformation, le teint et la chev» îure appartiennent k un type analogue aux races blanchwA physionomie européenne, bien que le contact et le mélange leur aient donné à divers degrés quelques-uns des traits infâneurs qui caractérisent les races noires. Or, le champ des études philologiques du docteur Barth rentre dans U ■ limite générale de ces nations mixtes ; et de même que les analogies qu'il a signalées le conduisent de proche en proche vers la langue des Gallas, c'est aussi vers cette natioa blanche des GalUs, dont le domaine s'étend entre l'Abyssinie et le Zanguebar, — un espace plus grand que la France qui attend encore son explorateur, — que l'on est forcément conduit quand on cherche la souche originaire de ces innombrables tribus métis qui rayonnent de l'équateur k travers l'Afrique dans toutes les directions, au nord, au nord-ouest, k l'ouest et au sud. La conclusion M présente d'elle-même.

Il me sera permis d'ajouter que cette conclusion, je l'ai dès longtemps pressentie. Le premier, et, jusqu'à présent, le seul que je sache, j'ai toujours insisté, dans tout ce que j*ai écrit sur l'Afrique, sur ce grand fait à mes yeni caractéristique de l'ethnologie africaine , que le groupe des peuples gallas à l'orient, et le groupe des Berbers de l'At-

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