‹ L'Année géographiqueChapitre 166 sur 236 · ASSYRIE · texte numérisé non relu

ASSYRIE

des cinq ou six orientalistes qui se sont voués en Europe à la difficile étude des écritures cunéiformes. M. Talbot signalait un rapprochement qui, à première vue, l'avait frappé '. Dans une des grandes inscriptions rapportées de Ninive par M. Layard, et où le roi Sardanapal a consigné le récit succinct de ses campagnes, on lit ce passage : « Dans cette même année, tandis que j'étais à Ninive, on m'apporta la nouvelle que les Assyriens autrefois établis dans les villes de Ziloukha par mon ancêtre Divanourich,. roi d'Assyrie, s'étaient révoltés, et qu'avec Kouliah leur chef ils avaient marché contre Damdamouza, une de mes villes royales, et l'avaient attaquée. Au nom d'Ascbour, du Soleil et du Ciel, mes divinités protectrices, je réuois mes chars et mon armée ; et à la source des eaux de la rivière Soupnat, au lieu même où sont les statues érigées par les rois d'Assyrie Tiglath-Piléser et Kouti-Bar mes ancêtres, j'élevai ma propre statue et la plaçai à côté des leurs. »

En présence de ce texte, qui montre de quelle vénération les sources des grandes rivières étaient l'objet dans ces temps antiques^ M. Talbot se demande si la rivière Soupnat ne doit pas être regardée comme une des sources du Tigre, ce que d'autres textes indiqueraient également, et si les monuments découverts par M. Taylor ne seraient pas ceux-là mômes que le roi Sardanapal mentionne dans ses Annales ?

La lettre de M. Taylor, dont sir Henry Rawlinson, à la suite de cette note de M. Talbot, communiqua les longs extraits que nous avons rapportés plus haut, justifiait pleinement la sagacité de l'assyriologue d'Edimbourg, en faisant connaître le nom actuel de la rivière (Tsébénèh), dans lequel s'est perpétué le nom antique ; et quant à l'attribution des inscriptions elles-mêmes, ou du moins de l'une des inscriptions, au roi Salmanasar de la grande inscrip-

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