‹ L'Année géographiqueChapitre 170 sur 236 · ANATOLIE · texte numérisé non relu

ANATOLIE

treize ans, et en a rapporté les matériaux d'une nouvelle relation tout à la fois archéologique et géographique. La notice du commandant Mansell (n* 316) fait connaître les opérations géodésiques de deux officiers de la marine royale, MM. Hull et Bedford, entre le mont Cavmel, Jérusalem et Jaffa. Toutefois, sauf te livre de M Rey, les résultats de cet ensemble d'explorations récentes ne sont pas encore publiés, et ce seral'ao prochain seulement que nous pourrons les apprécier pleinement selon leur valeur.

L'Asie Mineure, comme la Syrie, est une terre de prédilection pour les voyageurs archéologues. L'action du temps, les convulsions de la nature, et plus encore la main des barbares qui depuis huit siècles pèse sur ces contrées jadis si prospères, n'ont laissé que des ruines là où s'élevèrent autrefois tant de cités fameuses et de somptueux monuments; mais au milieu de ces misères et de cet aspect de désolation, chaque pas signale un débris et réveille un souvenir. Aussi la Péninsule Aoatolique a-t-elle été littéralement sillonnée, depuis le milieu du dix-huitième siècle, par une multitude de voyageurs savants, attentifs à retrouver les restes des villes disparues, à en fixer le site, à en restituer les monuments et les inscriptions, plus encore qu'à étudier le sol el à rétablir la carte actuelle du pays. Des matériaux immenses ont été recueillis et patiemment élaborés ; et cependant, malgré ce qui a été &iit par des explorateurs tels que Chandler, Lechevalier, Leako, Beaufort, Arundell, William Hainilton, Forbes, Alexandre de Laborde, Callier, Texier, Philippe Lebas, Waddington •^t bien d'autres, il reste encore immensément à faire. De ce qui reste à faire en Asie Mineure on en peut juger [>ar l'admirable publication dont M. Georges Perrot a donné les premières livraisons (n* 318). 11 n'y a pas

l'année OÉOOR. il. , \t

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remplie, mais celle qti'aur drom après lui.

Après avoir mentionné reklioDs antérieures semb le saTiDt ToyagBOT ajoute

Est-ce à dire qne celui qa l'inteotioD d'en ftiire proBte:

qa'il n'a pas va le premier, q décoarert une ruine, on moi bras et se borner à renro; prétendre tracer des règles a pensée à cet égard, quelles i nous avons essayé de nous aicés.

Il est un fait iacontestabli seulement que l'on a commei d'eiactitude et quelle délicab porter dans la reproduction Pr«sqae tont« les fautes «a rameoer i deux tendances doi qui se rencontrent presque t artiste et dans un mAme ony

c'est de ne l>as cnnspntir *

M. PEHROT KN ANATOUE. 879

tingae. C'est aioù qu'on donne k une monlun ia pliu pur stjrlt grec une physionomie contemporaine d'Adriep, ou mSme l'sspcctd'uD profil dessioë dans les ateliers de MM. Parcier et Fontaine, vers 1810; c'est ainsi qu'on fait, de quelque figure étrange sculptée sur te roc par la main d'un antiqne ouvrier de la mystérieuse et Irgendïire Asie, un mauvais bss-ra1i«t gréco-romain. Par là, on nous cipose à confondre souvent U barbarie primitive, qui a toujours quelque chose de sincère, da ferme et de rude, &vec la barbarie de la décadence où l'on sent toujours la manière et le procédé, je ne sais quoi de lourd, ds mon el de déplaisant....

L'objet principal du voyage de M. Peirot était de »• lever, d'une manière plus satisfaisante qu'on ne l'avait fait auparavant, la grande itiscrïplinn bilingue du temple d'Auguste k Ancyre, où sont relatés tous les actes importants du long règne de ce prince. Cette mission officielle, M. Perrot l'a remplie avec un succès complet. Il a copié de nouveau, avec une exactitude scrupuleuse, l'inscription latine dont on n'avait que des transcriptions hâtives et incorrectes ; et pour la première fois il a réussi k prendre non pas seulement une copie entière, mais un foc simile de la partie grecque de l'inscription, dont la moitié était masquée par des constructions turques. Ce long travail, à lui seul, a demandé près de trois mois ; mais aussi l'histoire est maintenant dotée d'un des plus précieux documents de l'époque des Césars. Cette conquête sufSrait à marquer le rang de l'expédition parmi les voyages scientifiques de notre époque, et elle est loin d'être la seule. Les remarques de M. Perrot que nous avons transcrites sur les lacunes que son expérience d'archéologue lui a signalées dans les publications antérieures, disent asses quel est le caractère de la sienne; mais il faut voir la belle série de planches qui l'accompagnent, pour en apprécier la valeur artistique.

A câté de sa relation savante, destinée à l'étude des monuments, aux détails géographiques de l'itinéraire et

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Hqaité.

L'impression que M.

turque est loib d'être favi s'arrêtent sur les classes

« C^*«t, dit-il, no ringal moralilë va en dëcroissaat chei nous la classe riche i rente anomalie donl il est plétement raisoD, mais qui semble que la nature de ce ques et les habitudes cont de siècles, en un mot que Ion peut aÏDsi parler, lui ii limites de la vie patnarc^ l'ordre moral, à la compleii de nos idées sur l'univerB plus, dans l'ordre poliiique Tastea monarchies administ premier type dans l'empire su créer et soutenir d'une t pas TU encore un Turc à m péens..., *

Ailleurs, le vnvaimiiP ^n

l'ancienne TROIE. 281

Nous aurions à citer, si la place le permettaiii un grand nombre de passages de cet excellent livre sur les mœurs, les habitudes, les préjugés et la vie intime des diverses classes de populations soumises à Tadministration musulmane ; nous ne pouvons que renvoyer à la relation môme, dont la lecture n*est pas moins agréable qu'instructive.

Le nom de M. Mordtmann (voir, ci-dessus, aux n"^ 320 et 321), a pris aussi une place éminente parmi les modernes explorateurs de TAnatolie. Les recherches du savant allemand touchent à la fois aux antiquités, à la géographie et aux langues anciennes de la péninsule. Malheureusement elles ont été jusqu'à présent morcelées en notices et en mémoires académiques, dont Taccès n'est souvent ni prompt ni facile.

Deux autres documents apporteront d'utiles additions à nos matériaux actuels : les lettres de M. Kotschy (n** 327) , un botaniste déjà bien connu par ses publications antérieures sur l'Anatolie orientale ; et la relation que nous donne M. Sperling, drogman de la légation prussienne à Constantinople, de son excursion aux montagnes de l'Isaurie. La région où cette excursion nous porte est encore une des plus imparfaitement connues de l'Asie Mineure, et conséquemment tme de celles où il reste à faire le plus de recherches intéressantes. A l'heure où nous écrivons ces lignes, il n'y a de publié que la première partie de la relation de M. Sperling (n** 322) ; elle annonce un bon investigateur. Celle de M. Kotschy se recommande particulièrement par ses nombreuses déterminations hypsométriques. .

La question du site de Troie, que l'on pouvait à bon droit regarder comme vidée, a repris dans ces derniers temps une sorte d'animation (n*"* 323 à 325). Mais il faut toujours en revenir à lasolution de Lechevaîier, qui s'appuie à la fois sur la transmission traditionnelle des noms locaux et sur une étude si consciencieusement attentive du sol.

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