LES BASQUES
propre à éclaircir ce qu'elles ont d'obscur, à résoudre ce qu'elles ont de douteux ; mais la science calme et froide aura son tour quand les passions seront apaisées, et elle pourra alors porter son verdict souverain sur les problèmes que d*autres intérêts auront soulevés.
Ceux qui touchent à TEspagne n'ont ni le même caractère ni la même portée ; ils n'ont passionné jusqu'ici que les anthropologistes et les philologues. C'est à ce dernier titre que M. de Charencey, reprenant en son nom une thèse formulée par le prince Lucien Bonaparte, veut établir l'origine finnoise des Basques (n"" 397). Louis-Lucien Bonaparte est le fils de Lucien, frère de Napoléon î*'; et Ton sait que préférant les. douceurs de l'étude aux agitations de la vie publique, il n'a pas cessé de se consacrer tout entier aux travaux scientifiques, même depuis la mémorable révolution qui a rappelé au trône la dynastie de 1804. Ce sont surtout les investigations philologiques . qui ont captivé le prince Lucien, et parmi le grand nombre de langues ou de dialectes européens sur lesquels il a porté son attention, le basque a été depuis longtemps déjà l'objet d'une prédilection particulière. Un très-long séjour dans le Guipuscoa l'a mis à même d'acquérir une connaissance approfondie, à la fois théorique et pratique, du difficile idiome que parlent les Euscaldunac ou Basques de c^te province espagnole. Puis étant venu à s'occuper des langues finnoises, du magyar, notamment (le hongrois), du Vogoul, et de quelques autres dialectes de cette famille ouralienne, le prince a été frappé d'un certain nombre d'analogies grammaticales entre ces dialectes et le basque, et il en a hardiment conclu, comme M. de Charencey après lui, que le basque est un rameau du tronc finnois, que conséquemment il se rattache à la famille touranienne du nord-est de l'Asie.
Le prince a pu d'autant plus aisément être porté vers cette conclusion, que déjà une assertion analogue, partant de pré-
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