ETHNOLOGIE BASQUE
comme à ud point de départ. Qu^Dt aux Basques en particulier, un travail consciencieusement approfondi du docteur Broca (n^ 398), le savant secrétaire de la Société Anthropologique do Paris, est venu démontrer récemment le peu de fondement de la théorie du docteur Retziusi.en ce qui touche au caractère brachycéphale de la raceibérienne. Je crains beaucoup, je l'avoue, qu'il n*en soit de même de l'hypothèse philologique. La base, en ce qui se rapporte à la consanguinité finnoise de la langue, ne me semble ni plus large, ni plus solide que celle du docteur Retzius pour la parenté cràniologique. Mes scrupules, comme mon object'on, peuvent provenir seulement démon ignorance ; mais je ne saurais m'empécher de craindre qu'on n'abuse parfois étrangement du grand et beau principe de la nouvelle école, qui cherche dans la profonde analyse des formes grammaticales la base principale de l'affinité des langues. Je dis la hàse principale^ mais non la base unique; car il ne faut pas oublier qu'à côté des lois de permutation et de transformation si admirablement analysées par Bopp et son école dans les langues de la famille indo-européenne, il y a une communauté universelle de radicaux et de mots dérivés qui sont le fond même de toutes ces langues. Mais rapprocher comme frères des idiomes qui ne présentent aucune analogie, ou qui n'ont que des analogies sporadiques ou insignifiantes dans leur vocabulaire, uniquement parce qu'on y observe, en un certain nombre de cas, quelques rapports dans les procédés grammaticaux, c'est, à mon avis, passer bien hardiment sur les analogies constitutives qui après tout appartiennent à la nature même de l'esprit humain. D'autres, par de semblables abstractions, ont voulu grouper le basque avec certaines classes de langues américaines. N'y a-t-il pas ici quelque chose d'analogue à ce que fut pour la botanique la première classification tout artificielle de Linné, basée sur la considération d'un seul organe, quand on la com-
L'àNNÉE GéOGR. II. - 19
pare à ia^^classification natorelle de Laurent de Jusseo, qui est restée la classification définitive parce qu'elle repose sur l'étude comparée de Tensemble des organes? Encore une fois ces réflexions s'adressent en toute humilité à la science profonde des deux linguistes qui nous les ont inspirées.
LB8 BOTAVMES DU NOBB.
SUÈDE ET nORYiGE. — DANEKABK.
189. J. J. AiffFÊRB. Littérature et Toyages. Nouvelle édition. Esquives
du Nord. Litlératurc danoise, elc. Paris, 1863, in-12, 504 pages. (Didier).
400. 'C. VoGT. Nord-Fahrt entlane: der noiwegischen Kûste, nach dem Nordkap, den Iiiseln Jan Mayen undlsland, auf dera Schoo- T\er J tarhim Uinrich; uniernommen wàhrend den Monale Mai bis Oclober 1861, von d' Georj;e Derna, in Begleitunîr ron C. Vogt, H. Hasselhorsl, A. Gressly und .\. Herzcn. Er/àll von C. Vogt. (Voyage au Nord au lotig des côtes de la Norvtge jusqu'au cap Nord, à l'île Jean Mayen et en Islande, sur le schooner le Joacliini Uinrich, fait de mai à (Ctobre 1861 par le d'G. Berna, en compagnie de MM. Vogt, etc.). Frankfurt am Mayn, 1863, grand in-8, xii-4'29 pages.
401. A Spring and Summer in lapland; with Notes on the fauna of Luleâ Lapmark. Hy an Old Bushmann. Lond., 1863, ia-8
• (Groombhdge).
402. S. NiLSsoN. Die Ureinwohner des Scandinavischen Nordens. Ein Versuch in der comparativen Lihnographie, und ein Beitrag zur Entwickelun^'sgeschiclîie des Me'scheng'^^clilechtes. Aus dem Schwe ii>chen. Das Bronzealt^r. (Les habianis primitifs du Nord Scandinave. Essai d ethnographie comparée pour sfirv;r à l'histoiie du développement de la race humaine. Traduit du suédois. L'ûge de bronze). Hamburg, 1863, in-8, Meissner.
403. Ch. Beissel. Nordische Ortsaamen, nach den SprachforscherD N. M. Petersen und Lyngbye (les noms de lieux des pays du Nord, d'après les recherches linguistiques de MM. Pote^^cn e»
SUÀDE. 327
LjngbjB). Ar^w9 fikr dm Studium 4Mf iietMrm Sçfùthm^ XXXIV, 1863, p. 203.
404. Historiskt-geografiskt ooh stitiallskt Lexikon ôfTer Sfwiffe {Ditlionn, historique^ géogr. et Uatist, de la Suèdt), Stockholm» 1862-63, in-8, (Elde).
En court de publication.
405. C.'B. RoosEN. Carte générale du royaume de Norvège. Paris, 1862, 3 feuilles, au 1 000000*. (Public, du Dépôt de la guerre.)
406. E. Beauvois. La nationalité du SlesTig. Paris, 1864, in-8, 32 pages. (Dentu).
407. Kœnigl. dâo. Generalttab. Topographiske Kaart over Danmark. (au 80000*). Kiobenh. 1863, 4 feuilles.
Dix-5ept feuilles, sur quatre-vingt-une, sont jusqu'à présent publiées.
408. J. H. Mansa. Nœrre Jylland. Kiobenh. 1863, feuilles 6, 7,8.
Il y a jusqu'à présent hait feuilles publiées de cette carte, dont réchelle est au l6uuoo*.
409. A. y. Reventlow. Ueber Harschbildung an der Westkûste des Herzogthums Scbleswig, und die Mittel zur Befœrderung dersel* ben. Kiei, 1863/ in-4**, 70 pages, avec 9 plans.
410. Kœn. dân. Generalst. Karte von den Herzogthûmern Holstein und Laueiiburg (au 120000*). Kiel, 1862-63, 2 feuilles.
Quatre feuilles étaient d^à publiées ; deux restent A publier.
411. E. HALLiER.Nord-SeeSludien. Hamburg, 1863, ln-8, 336 pages, avec illuslratioDs.
Ce livre est l'œuvre d'un botaniste ; U se rapporte à peu près ezclùsivement à Tile Uelgoland.
412. Capit. A. Le Gras. Instructions nautiques sur la mer Baltique et le golfe de Finlande. Paris, 1863, in-8, t. I. (Bossange).
Publication du Dépdt de la marine.
S 1. Suide et Norvège. Voyages et publications.
En remontant vers le Nord pour visiter les pays Scandinaves et germaniques, avant de terminer par la France notre tournée d'Europe, nous rencontrons tout d'abord la nom d'un homme qu'une légitime renommée entoure depuis
■"«rqnenl dans
'''' faire ses pre
■"aisceteMrjlne
|e poussait invi
j'une iii,ag,„,ii„
'"fois vers le,,,
^il'On solilair, ,
Wliothèques, m
«■enteoiàl.fois,
•■«ussil'éiod, „„
'°™w le Ihéâlre
«■ Ampère a-uil
•"»■ des voyage,.
î"»'™ ou cin, i„
"»»»« lilléraleur.
««"■^ eo quelque é
■«■«»., M. George I
™«2 oons, M. !,„,
"'° "'«ver des q„
o',rÛ""°'"'e"''i«
que M. Aaioàrp. In= . .
UTTÉRATORE DU NORD. 329
a trouvé le temps de nous donner des ouvrages de longue haleine sur quelques-uns des sujets les plus difficiles ou les plus obscurs de l'érudition, sur notre histoire littéraire, sur les origines de notre langue» et, plus récemment, sur la question si passionnément agitée des origines de Rome ; néanmoins, la forme qu*il affectionne, c'est la succession plus rapide des morceaux détachés. M. Ampère est essentiellement fragmentiste ; mais il y a prodigieusement à apprendre dans cette foule d'articles et de notices sortis de sa plume, aussi élégante que solide.
Car chez M. Ampère, on trouve le poète en même temps que Térudit. M. Ampère est poëte par le sentiment profend de la nature, par la vivacité des impressions, par la chaleur de l'âme, par la richesse ou la grâce des images, poëte dans sa prose plus encore que dans ses vers. Pleins de chaleur et de lumière quand ils ont à nous dépeindre le ciel de l'Ionie et les plages de la Grèce, les récits de M. Ampère, quand ils touchent aux contrées Scandinaves, prennent les teintes austères des climats du Nord. Nul n'a mieux fait ressortir l'harmonie qui règne entre cette nature implacable et la sombre poésie des scalies. Des morceaux tirés du recueil des Sagas font bien connaître cette âpre poésie, dont M. Ampère nous déroule l'histoire dans un discours qui fut prononcé, il y a vingt-cinq ans, à l'ouverture d'un cours des littératures du Nord.
Nées sous des influences aussi complètement différentes, ces littératures des nations Scandinaves, de même que les littératures germaniques, ont dû prendre un tout autre caractère que les littératures du Midi. M. Ampère a bien exprimé la double influence de ces deux points de départ sur l'antagonisme qui s'est perpétué entre les deux écoles, et dans lequel se résument les conditions diverses d'un double état social :
Dans les pays méridionaux de PEurope, Tascendant des lettres grecques et latines s*est facilement établi. On pourrait
dift qa« Itur gésii t'y Ml oo&tinué. La nlisiim chrétlHUM a^ est moulée sur le pagimsme, la liuéntore moderne sur h iBt* téMare antique ; mait la forme réUgleuse et poétique, aatanlle aa Midi, transportée dans le Nord t'est tnmrée es eoo* tmdieUon afec les sentiments et les idées des peuples. De eelte contradiction est résulté assert issement d'abord, latte ensnils, enfla afhranchissement. Cet aflTrsnchissement s'appelle en lelîgion le protestantisme; on l'a appelé le romantisme en fi^ tératare. Il semble qu'il bille l'appeler, dans le Nord, l'iadé* peadaDce.
Ce n'est pas en poôte, c'est en naturaliste que M. Ghariei Hartina a tu les contrées du Nord; nuis la oootenaplatkii de la nature n'est-elle pas l'inépuisable source d'où jaillissent en accents involontaires les purs élans de la poésie! M. Martins a écrit dans la Rewe des Deue^Mendei* quelques pages émues sur la course de H. Vogt h traven la mer Boréale {n? 400), et il a heureusement mêlé' à ce morceau d'analyse quelques-uns de ses souvenirs personnels. C'est ainsi qu*il nous dépeint les approches de la pointe extrême que la Laponie projette, sous le nom de cap Nord, au milieu de la mer Glaciale. < Une mer houleuse et tourmentée nous annonçait le voisinage de ce promontoire redouté des navigateurs, et qu'on pourrait appeler aussi le cap des Tempêtes. En effet, dans ces parages, jamais la mer n'est tranquille, même dans les temps les plus calmes, car les houles de toutes les tempêtes engendrées sur TAtlantique, l'Océan Glacial et la mer Blanche, viennent expirer au pied de cette jetée, qui s'avance dans l'Océan entre les vastes continents de TAmérique et de l'Asie septentrionale. »
Tel est le cap Nord va de la mer ; M. Martins nous le dépeint aussi abordé du côté de la terre :
Un vent du Nord farieux balajaît le plateau du cap et nous empêchait de marcher. Nous avançâmes, néanmoins, et par-