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LES DICTIONNAIRES DE LA FRANCE

marquer que ces dictionnaires imprimés ne peuvent être que les matériaux du dictionnaire définitif; car par leur forme même, réduite à de sèches indications dépourvues de tout développement, ils n'ont rien de ce qui doit caractériser une œuvre destinée à devenir le livre de la nation^.

L'intention était excellente, mais il est permis de croire que le plan, dans son développement et ses complications, ne répondait pas à l'intention. Il y avait dans toute cette organisation centrale une multiplicité de rouages qui devait inévitablement neutraliser la valeur des hommes appelés à composer les comités. Les grandes et fortes œuvres, celles qui vivront et marqueront dans la science, veulent plus de concentration et d*unité. Une dizaine de dictionnaires partiels imprimés en trois ans, — la trentième partie de l'œuvre totale, — montrent assez oii l'on

18 jaillet 1859. Troisième conception. Dictionnaires sdentifiquet. Rapport. Adoption.

26 janvier 1860. Institution du prix de l&OO francs pour chacun des meilleurs dictionnaires y géographiques ou scientifiques, d'un département ou môme d'un larroodissement, envoyés au comité.

1. Il suffit, pour donner une idée des dictionnaires projetés , de transcrire un ou deux articles donnés comme modèles , et auxquels , en effet, les ouvrages publiés se sont exactement conformés.

Alleaume, c*" de Valognes. — Alaunium. Itin. d'Antonin. — Alauna, Table de Peutinger. — Sancta Maria d^Âleaume. Livre Noir. — > Sancta Maria de Valoniit Aleaume, Rôle de la débite. — Parroehia Sancte Marie Aieaume. 1258. Cart. du chap. de Goutances, p. 90.— Sancta Maria Alermi. Livre Blanc. — Saincte Marie AUaumê. 1409. Matrologe, f. 102 v*.

Baqtois (le). Petit pays répondant à une partie de l'arrondissement de Coutances, cantons de la Hayedu-Puits, de Lessay et de Périers. Baupte parait en avoir été le cheMieu. — Pagus qui appellatur Balteis. 1027. Dotal. Adelae. — BalUsium. 1192. Lib. de benef. Bxaq. f. 94 V*. — BauUit. Livre Noir. — Baptesium. 1386. Livre Blanc, f. 96. — BauptS, I4u0. A. E. PP. 304 , n. 292. — Bauleiji. 1492. A. D. PP. 289, n. 288.

Personne, je Je répète, ne pensera sans doute que ce soit A la forme définitive d un livre que le pays puisse accepter comme œa?re nationale. Ce sont les échafaudages, ce n'est pas l'édifice. À

aurait été conduit par tme telle marche. Je parle de Tentreprise au passé, parce qu*il 7 a de fortes raisons de croire que les intentions primitives ont été abandonnées. A-t-on reuoDcé à Tœuvre elle-même ! Je ne sus. Ce serait un abandon fort regrettable. C'est le plan qu*il faut changer, non la pensée.

A quoi toute cette complication de rouages se réduisaitelle, en définitive? Tout simplement à obtenir des sociétés départementales, ou de quelques-uns de leurs membres, une série aussi complète que possible de documents géographiques, archéologiques et physiques sur toutes tas parties du territoire. Il ne semble pas que pour en arriver là un si grand déploiement de moyens fût nécessaire. La sollicitude éclairée de la haute administration, stimulant; par les moyens dont elle dispose, le zèle des sociétés et celui des hommes spéciaux dans nos départements, y pouvait suffire. On pouvait, on peut encore obtenir ainsi en peu d*années un ensemble de travaux et de documents pleinement suffisants pour le but que l'on se propose. Pour les données statistiques , Tadministration n'a besoin de recourir qu'à elle-même. Et puis, est-ce que tout est à recommencer dans un pareil inventaire de notre sol, de nos monuments et de notre passé? N'existe*t*il pas dès à présent, dans une multitude de collections et d'excellents ouvrages, une masse énorme de documents? Recenser et compléter, voilà la tâche ; divisée et répartie comme elle l'est entre tant de corps savants et d'hommes habiles, cette tâche ne saurait être ni bien difficile ni bien longue.

Que l'on reçoive de chaque département des mémoires particuliers ou des répertoires élaborés, ce ne sont là, nous ne saurions trop le répéter, que de simples matériaux. Ikest donc parfaitement inutile de livrer à grands frais ces matériaux à l'impression. L'important est leur mise en CB\xNt^,^t c'est ce dont on parait s'être le moins

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