LES DICTIONNAIRES DE U FRANCE. 3T
préoccapé ; ou plut&t, chose k peine croyable, il semble qu'on ait considéré les trois cents volumes ia-quarto que VoQ se flattait de mettre au jour comme devant constituer l'œuvre Bnatel
La mise en œuvre des matériaux envoyés par les correspondants ou par les sociétés départementales, ce n'est pas à une commission nombreuse qu'elle doit être livrée. L'expérience a cent fois montré, et à défaut de l'expé- 'ience la raison dirait assez, que ce qu'il faut pour un ^mblable travail ce n'est pas 1c nombre, mais le choix. Un seul homme, si cela était possible, vaudrait mieux que deux, deux mieux quequ^tre, quatre mieux que huit. Pour concilier toutes les exigences, j'ose afËrmer que quatre oa cinq bommes au plus, mais des hommes d'une spécialité profonde et fortement dévoués à l'œuvre, seraient pleinement es état de la mener k terme dans l'espace de dix à douze ans au plus ; et cela non pas en employant les formes algébriques et l'aride nomenclature dont on nous a donné le type, mais en rédigeant un livre que le goût puisse avouer aussi bien que la science, un livre digne à tous égards de l'époque et de la nation. Je voudrais même que l'art y apportât son large concours, pour compléter par de belles cartes et d'exactes représentations la géographie, l'archéologie et l'histoire naturelle.
Tout en simplifiant et en réduisant énormément le plan primitif, on peut donc y ajouter k certains égards, et le compléter.
Cette œuvre s'accomplira, je veux le croire ; elle s'accomplira, parce que c'est un besoin du temps et que ce sera un honneur pour le pays.
J t. Qoïlqnu manognpbls* geognphlque*. Lci unoidn*. Tnraïui liUtoriqoM tut dm proTioca.
Se ne puis pas m'éteadre sur les travaux de cet ordre;
mais je dois en signaler quelques-uns dont la valeur scientifique m'a particuliirement frappé.
L'Ëtude de H. C. Chappuis, profennir à la Faculté des lettres de Besançon, sur la vallée de Barcelonnett6(n*5l5), mérite à tous égards la distinction dont TAcadémie des in« scriptions Ta honoré/dans le dernier concours des antiquités nationales, c Explorer des régions de la France lidiss 4*antiquités> exposer le résultat de ces investigations, décrira les monuments, étudier les lieux qu'ils occupaient, voili par excellence de Tarchéologie, a dit le rapporteur, voilica que H. Cbappuis a fait pour la vallée de Barcelonnetle. Cette partie des Gaules appartenait à une région habitée par une foule de petits peuples, cantonnés chacun dans une vallée différente. Pline, la carte de Pentinger, Pisr scription de l'arc de triomphe de Suse (et celle du monument d'Auguste à la Turbia),nous ont laissé leurs noms sans nous en marquer bien nettement le domaine. M. Cbappuis s'efforce de le retrouver. Il nous donne la géographie ancienne de cette partie des Alpes, et il traite son sujet toujours avec intelligence, s'il ne réussit pas à résoudre tous les problèmes que soulevait l'étude de la carte. L'auteur a aussi traité incidemment du point où s'est effectué le passage d'Annibal. Selon lui, ce n'est pas par le mont Genèvre, par Queyras, qu'est passé le général carthaginois; c'est par cette môme vallée de Barcelonnette, où tant de sépultures gauloises, tant de fragments antiques décrits et figurés par M. Cbappuis» ont été découverts. La notice do savant professeur de Besançon jette une véritable lunûère sur l'histoire archéologique de la Haute-Provence. »
M. Cbappuis part de la Durance pour remonter pied i pied la vallée de TUbaye, plus connue sous le nom de vallée de Barcelonnette ; il en explore tous les villages, en examine toutes les localités, et fait le recensement des restes d'antiquités, celtiques ou romaines, qu'on y a trouvées. Cest là l'objet principal de son intéressant voyage. Cet
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n'est qu'incidemment qu'il est conduit à parler des petits peuples, c'est-à-dire des communautés circonscrites en général par chaque vallée, qui sont énumérés dans les deux inscriptions de Suse et de la Turbia, si importantes pour la géographie des Alpes occidentales. M. Chappuis reproche aux commentaires de Durandi et de M. Walckenaer de s*ôtre trop exclusivement attachés, dans leurs recherches d'identification, aux homonymies entre les noms anciens et les vallées actuelles, et pas assez à l'ordre dans lequel les noms sont rangés dans les deux inscriptions. La remarque peut être fondée, mais il est aussi un certain nombre de cas où la méthode de M. Chappuis pourrait bien pécher par une application trop absolue. Je pourrais spécialiser ma remarque, si c'était ici le lieu, en ce qui touche aux Nemalonif notamment, et aux Yesubiani de l'arc de Suse, qui pourraient bien se distinguer des Esubiani de la Turbia, ce qui aiderait à lever une petite difficulté. Il importe aussi de remarquer que, dans l'inscription de Suse î'énumération se partage en deux groupes, l'un au nord, l'autre au sud des sources du Pô. Au total, il restera toujours un peu de doute et d'appréciation plus ou moins arbitraire dans les déterminations qui se rattachent aux deux monuments ; mais les aperçus de M. Chappuis n'en devront pas moins être sérieusement pesés dans l'investigation complète qu'il serait désirable qu'on entreprit à ce sujet.
Un travail utile, et que nous aurions voulu pouvoir inaugurer dès cette année, serait le dépouillement de nos annuaires des départements. Beaucoup de ces utiles livrets se bornent aux indications purement administratives ; de ceux-là nous n'avons rien à dire. Mais il en est un certain nombre auxquels des appendices annuels, des descriptions, des recherches, des morceaux originaux, donnent une véritable valeur historique, archéologique et géographique. On peut citer dans cette classe les Annuaires de l'Aisne, des Côtes-du-Nord, du Doubs, d'Eure-et-Loir, du Gard,
^78 EDROrE.
(lu Jura, de la Manche, du Mor dp-Catais, de l'Yonne, et bien d' qui méritent d'ôira connus en de leur Doloriélé se renferme d'ordii un de nos joins, malgré la dîffic se procurer promptement ces pnl
Le caractère exclusivement hii M. André Imberdis (n* bTl), nou cial de ce livre remarquable, re l'étendue des recherches, la pro( la chaleureuse élévation d'un slj sodés, dans le récit du siège d touche presque à !a gramieur i-pi position du savant historien, en roule sous nos yeux le fil des temps celtiques, nous voyons dj institutions qui sorteol de cbaqu l'eipression. L'-^Kirr^ncdeM. le meilleures histoires provinciales i portante de la bibliothèque histor
C'est par des qualités tout autn quablcs, que se distinguetit les t voat. H. le Prévost, undesenfaot! Normandie qui a donné tant d'hon aux lettres, àlapoésie, àl'éruditif de nos jours, auront contribué le | l'histoire et l'archéologie locales, ciennes divisions territoriales de Dictionnairt des anciens noms de l'Eure, sans parler de son édition et de nombreux mémoires répand lions, témoignent d'une profonde
!f dt la SoeUU At* Ànliqtia
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Après sa mort, en 1859, od a trouvé dans sbs papiers, déjii disposés en partie pour la publication, une quantité considérable d'extraits et de recherches qui se publient aujourd'hui par tes soins de deux savants qui furent ses élèves et ses amis, M. Lêopold Deiisle, de l'Académie des inscriptions , et M, Louis Passy. Cette l" partie, de près de 600 pages d'impression , conduit i la fin de la lettre G, et compreod la notice de £61 communes.
Les recherches de M. le Héricher sur le patois normand (n° 563), nous laissent en partie sur le même terrain que les études de M. le Prévost; mais en mâme temps que l'objet de ces recherches est plus spécial, leur application est plus Étendue. 11 s'agit de rechercher les traces que la langue des hof-des danoises ou Scandinaves qui envahirent la Neustrie au neuvième siècle a laissées dans l'idiome pjpulaire et dans les dénominations locales de la province, et aussi quel fut, deux siècles plus tard, après la conquête de l'Angleterre par Guillaume, la part du normand neustrien dans la formation de ce qui est aujourd'hui la langue anglaise. Sur ces deux questions, il existe déjà de nom* breusts études ; nous citerons notamment, en ce qui se rapporte à la Normandie, celles de M. Petersen, provoquées par M. Auguste le Prévost', et le mémoire déjà mentionné précédemment de M. Borring, qui touche à la fois à la nomenclature géographique du Slesvig et à celle de la Normandie. M. le Héricher a repris le même sujet, mais d'un point de vue plus général et avec beaucoup plus d'étendue. Pour donner une idée de cet escelleot travail, nous suivrons la savante notice que M. Littré en a publiée dans deux récents articles du Journal des Savants*.
1 . Recberclies sur l'oiiKine . l'élymologie et la signification primitire de quelques noms de lieux en Sormandis (par H. Eetenen); traduit du danois par H. de la Roquette. Builain de la Sociili de Gtopraphie, deuii^me sârie, I. III, p. 3S-64. 1S35.