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NÉCROLOGIE GEOGRAPHIQUE

Ampère (Jean- Jacques-Antoine). Lorsque nous tracions, il y a quelques semaines à peine, les lignes rapides où nous jotions une i:ourte appréciation de M. Aqjpère comme voyagenr et comme erudit (d-dessus, p. 32S), nous ét^onB loin de penser que nous aurions à inscrire son nom parmi les pertes que la liltéralure savante aura faites cette année. Né à Ljon le 12 août 1800, M. Ampère n'avait donc pas accompli sa soixante-quatrième année lorsqu'il a Guccomté à une maladie organiqueaumilieudumoisde mars dernier. M. Ampère avait remplacé M. de Gérando à l'Académie des inscriptions en 1842, et M Guiraud à l'Académie française en 1847. Il avait été nommé en 1833 à la chaire d'histoire et de littérature française au Collège de France, et le fonds de ce coursi formé, outra l'Hhloire littéraire de la France avant te dou »iéme aiède (Paris, 1839-'i0. 3 vol.), son ouvrage Sur la formaliun de la langue française aa moyen âge (1841, 3viil.). Ses DOmbreui articles de la Bévue des Deux-Mondes, toujours lus avec un charme infini, n'ont pas tous été reproduits en publications séparéts, tels, par eiemple, que ses souvenirs d'Egypte et de Nubie (qu'il visita en 1844) et ses lettres écrites, neuf ans plus tard, de l'Amériq^ie du Nord. Son der nier ouvrage est l'Histoire romaine à Rome (ci-dessus, p. 317), composition d bistoriso et d'ar.héologue à la fuis, dans laquelle il élève une prolesution vigoureuse contre le scepti- .cisme absolu de Niebuhr et de son école en ce qui touche fc la période des rois de Rome, et où il appelle en témoignage, pour la restitution scientifique de ces temps obscurs, k côté des traditions légendaires, les souvenirs que les monuments ont attaohës au sol même de la ville étemelle.

Bazin. Sinologue français, né à Saint-Brice (Seine-et-Oiie) , la

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26 mars 1799, mort à Taris au commencement de 1863. Depuis ISkZ, il faisait le cours de chinois vulga're à TÉcile des l'.rgues orientales vivantes. Il a donné au Xouvean journal asiatique de nombreux travaux sur la langue et la .if-tralure moderne de la Chine, entre autres une étude importante intitulée le Siècle des Yuuèti , ou Tableau historifiiu de la littétature chitwise (1850-53). Dans VUnivtrs pittoresqaf ai la librairie Didot, la Chine moderne de M., Bazin, formant le complément de la Chine ancienne de M. Pauthier, e-t un àfi trop TATes volumes qui peuvent donner quelque vaiejr sérieuse à cette vaste compilation.

Beuilmann (Moriz von). Voyageur allemand, que le Comité de Gotha avait attaché, en 1861, à la grande expéditii'>n du Soudan oriental {M iîtheilungen, 1862. p. 169), et qui est mort (assassiné, selon toute apparence) dans sa tentative de pénétrer i:u Bnrnou au Ouadày par le nord du Tchad au ranis de janvier ou de février 1863. Né à Potsdam en 1835, M. de B^u^naIin êtai: sculoment dans sa ving-f -huitième arif.'."lorsfin'il esl tombé, comme Vugel. victime de s<in zi^lear-i-rî pour les explorations uiricaincs. Un i reniier vuvnîre en IS'6'.'. d.'in-- lo Soudan égyptien dont il a donné une notit?e aui Miltlmluntjen de Pelermaiin (1861, p. 369-371 : 1862, p. ôl-fô. 95-98/125-128. 165-167, 21*2-215, 25!»-256), et les premières conmuinirations de s.-»n voyairo do 1861, sur Je pays dr }"":■kah depuis Donsrliàzi, tl sur le Ftziun jusqu'à MouriOiik. montrant ce qu'il y avait à attendre do cet exL*t-llent Mr--;::vattur pour l'ethnographio arri.^aine, f-our la toDOj^rapl.i-" et pour la^iéo^^raphi»-. astro-iomitjue.Samort est un- dr-s ^'rn:.:es peites que les exiiioriitions africaines ont f^iitt-s doimis 'aïii MUS. Le-i onimunicatiuns de M. de Beurnjann sur le Bark:Ji et !»» Fezzan, avec ses obrcrvalions astronomiques et liy [isométriques et ses esquisses do rou'os, sont irt'.pvim.ts î^ volume des ErijmzunQshiflc.n dos«Millhrilun;reu : d. 1 . 68, 8'i}, auxquels il faut joindra les notices et les Ivltres a :res- SL-es par le voyapenr à M. P.enri Barth, et qui st* tr.u^ont dans le Zeihchrift fiir Allfiomeine Iirdkundc :e lit. i lin, des mois de JL.in à novembre 1862, et octo^^e 1863.

Bltchei.l (Will-John). M. Burchcll, qui vient de mourir dans un à^ie. avancé, était, selon 1\m pression de sir R.Jorick Miirchison, le représentant vénén» de la race maink-nant

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éteinte des premiers voyageurs anglais dans les cootrdes des peuples betjouanas qui s'étendent au nord de la colonie du Cap. I'c:tploraiion de M. Burcbell. Taite surtout au point de Tue de l'histoire naturelle, est riche aussi en observations ethnographiques et géographiques. Des deux volumes in-1 qui compostant sa relation , le premier fut publie à Londres en 1833. et te deuiiëme en 1824. Les qualités qui distinguent le narrateur, l'étendue des observations et leur importance, et eufin le grand nombre de planches qui accompagnent le teite d'après les dessins du voyageur, font de cette belle relation une des plus importantes pour l'histoire des modernes explorations de l'AFrique.

BuRNEs (James), né à Montrose en 1803, est mort & Manchester, oi!i il était de passage, au mois de septembre 1863, dans sa cinquante-neuvième an née. Comme tant d autres de ses compatriotes, Anglais ou Écossais, c'est & rinde qu'il demanda une position et des moyens de fortune qu'offrirait plus difficilement la mère patrie. Il y arriva avec le litre de diicteur que lui avait conféré l'Université d'Edimbourg, et y fut rapidement Élevé à un poste important dans le service médical de Bombay. Sa gloire comme eiplorateur savant et comme voyageur est un peu absorbée dans la renommée de son illiiitre frère, sir Aleiandre Burnes; néanmoins une bonne relation du Siodbi(a Narrative o{ a "l'iif lo tha court of St'ixic. Edinburgb, 1831, I vol.). et iilusieurs mémoires sur le bas Indus et sur cette région à demi noyée qu'on appelle le Bann, imprimés dans les Transactions de la Société de géographie de Bombay, lui as'iurent une place honorable parmi les olBciers du service de la ci-devant Compagnie qui depuis un demi-sië>:]e ont fourni tant de matériaux k la description scientifique de l'Inde. M. James Burnes était retiré du service et rentré dans sa pairie depuis 1836.

DuBEUX (Louis], orientaliste, né A Lisbonne de parents français le 3 septembre 1798, mort à Paris le 4 octobre 1863 dans sa soixante-cinquième année. Son pAre était armateur; par sa mère il apparteuait à la famille des Debure. une dos gloires de la librairie française. Sa première éducation fut entièrement portugaise, et il s'initia dès cette époque à l'étude de la langue hébraïque. 11 n'avait pas vingt ans lorsque sa famille revint se fiieri Paris. Il y poursuivit ses études orientales, qui lui valursut sous Louis-Philippe la chaire de turc

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à l'Ecole des langnes orientales vivantes, et eu 1858 la suc cession proTisoire de M. Quatremére dans la chaire de b même langue au Collège de France. Ses travaux, dontbeificoup ont été donnés au Nouveau journal Asiatique, appa^ tiennent à littérature de l'Asie; ib se ratiacheat à ThistoiR et à la géographie par sa traduction de la Chronique it Tabari, entreprise au compte de la Société des traduction de Londres, et dont la première partie seule a paru (Lond. 1836, in-4), et par deux volumes écrits pour ÏUnivmfHtoresque de la maison Didot, la Perse^ 18^0, et l'AfghanisUi (en collaboration avec M. Valmont),- 1848. La notice sur les Researche» in phikoophical and comparative philokgy de M. Rœrig, (trajailqui avait remporté le prix Volney en 1848), est particulièrement. intéressante pour Tethnologie philologique de PAsie contoale. Ce morceau se trouve au Âuviseo» Journal Asiatique, t. I de 1850 (t. XVI de la 4* série,. p. 283-309.

Garmer (F. A.)i mort le 24 août 1863 à Saint-Mandé, près | Paris, à Tûge de soixante ans environ. Sa vie avait été con- ', sacrée à des fonctions consulaires, si nous ne nous trompons, | (car nous manquons à cet égard de renstignemenls précis;, lorsque le hasard, il y a une dizaine d^années, Tajant rendu acquéreur d'un atlas non terminé, il se voua tout ecthr à Taché vement de ce travail, dont il n'avait exactement calculé ni 1rs frais ni les difficultés spéciales. C'est rorigme de ce qu*il a intitulé AtUis sphoroïdal (ainsi nommé de ce que les premières planches représentent le globe terrestr:^ ombré de façon à fi{furer en p.rspeotive la double convexité des deux hémisphères), publié par la librairie Renouard en ISôl. Comme atlas marchand, c*est un travail estimable.

Grimm (Jakob), philologue allemand, mort à Berlin le 20 septembre 1863, dans sa soixante-dix-neuvième année: il était né à Steinau (Hcsse), le 4 janvier 1785. Sa vie, troublée à plusieurs époques par les agitations politiqut;s, n'en a pas moins été ronsacrée à de vastes travaux, dont plusieurs ont été poursuivis avec la coopération de son frère Wilhelm (mort en décembre 1859}, et qui marquent une gra-^de époque dans l'histoire de la philologie germanique, nussi bien que dans les (tudes du moyen âge. Ses publications capitales sont sa Gramn:aire allemande (Deutsche (trammat ik, 1819; 3« édition, 1840, (i vol.); ses 'nliquités du droit allemand (Ùeutsche Eechtalterthiiwer, Gœttingen , 1828": sa

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l Ifjtbologie aUemande (Deutsche M^tbologie, ibid. 1836; I S* édit. 1844); son Histoire de la lanErus allemande (Gtt- I eAicAfe der deulKhen Spraeha, Leipzig, 1S4S, 2 toIO ; et eafln

j le grand Dictionnaire allemand, commencé en collaboration i STec son frère (Deutsche Wœrterbncli, Leipi. 1853 et années r sui*.}- La partie publiée du Dictionnaire, quoique formant , 3 forts volumes in-quarto, s'arrête au milieu de la lettre F; mais on annonce que les noies et les matériaux étaient en grande partie réunis, et que l'ouvrage ne restera pas inachevé. L'Histoire de la tangue allemande en particulier est an livre de première importance pour l'ethnographie germ^inique; la moitié du 1" volume, consacri^e à une étude spéciale des anciens peuples de la Germanie et des populations gétiques. est un précieux complément de l'ouvrage classique de Zeuss. Jakob Grimm étjit membre de l'Académie de Berlin depuis 1841, et associé étranger de l'Institut de France (Académie des inscriptions) depuis 1847. Parmi ses nombreux travaux académiques, nous devons citer sa dissertation sur Jornandàs (dans les Mémoires de l'Acad. de Berlin pour 1847, p. 1-59), comme rentrent particulièrement dans le cadre des études de géographie historique. M. Fr. Baudry vient de donner dans la Revue Germanique (févr. 1864, p. 307-345) une étude sur les frères Grimm, doublement intéressante au point de vue biographique et au point de vue littéraire.

GciLBERT (ArisUde), né k Rouen le 31 février 1804, mort à Paris au commencement de 1S63 dans sa 6<i' année. Les travaux pour lesquels nous pouvons l'inscrire dans notre nécrologie sont un mémoire »ur la colonisation du nurd de FAfrique (1839), et surtout l'Histoire det villes de France, 8 vol. grand in-8* avec de nombreuses gravures, 1844-49, travail savant et consciencieux fait en collaboratioa avec d'autres écrivains, mais auquel, outre la direction générais, il a contribué pour la part la pins considérable.

Hamel (Jos.), membre de l'Académie de Saint-Péteraboorg, mort il Londres le 33 septembre 1862, dans sa soiianleqnatorzième année, est auteur de plusit^urs bons mémoires relatifs à différents pointa d'histoire gcoRraphique : De l'dtvde du CoticoM faite par ordre d» Michel Fèodoroviieh [1835 sur quelques Iles russes situéei dans la mer Arctique ( l&j ' BOT l'expédition an H.R. d« 1560 (1852); i ~" l'tmiE oioat. u.

C«bot (1853). Ces mémoires, est eu {raaçais, sont écrits en

H*SE (Charles-Benoît), savant I mand de oaiisance, mais nati ftDs, est mart à Pans le 3( mai quatre BDs. It Était né à Sulis bre de l'Académie das inscrip comparée à la Faculté des lai (bèque impériale (départeme de l'École des langues orient* feciionnement cl de l'École d nol des Savants, membre de l'Europe, commaDdenr de la [ ne sais combien d'ofdres élri le voit, un grand nombre de térairei ou honoriRqaes. Il e la prof mdeur et fëteodue di qu'il ES conciliait tout k ta fc tousceui qui apprécient l'eit à la soUdité du mérite scient raocÈtit tiès-prononcé de so l'empêchait pas d'écrire noti avec une grande pureté. Au présentait seul la géographie partie ancienne), il était du y conservent la saine traditioi profonde et sobre dont SiUe!

module; il ne pensait pis qi présentant le plus élevé de comportât des séries de six, comi'le d'un ouvrage, encore nables (de vlu^t articles et littéraires destmés à être te là, à ses yaiii, de déplorabli même de l'insfitution, et, pi causent un sérieux préjudÏM M. Hase une excellente édtlio nique est une source précieu phie des premiers slides du i avait f&it une élude spéciala graphie byzantine, dont ii H seul re]>réseEtaDl. En dehors

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considérable qu'il a prise à la réimpression du Trésor de la langue grecque d'Henri Etienne, M. Hase n'aura pas laissé de grande composition originale; c'était dans ses articles de critique et dans sa participation aux travaux intérieurs de TAcadémie, qu'il répandait ^ ainsi que dans ses cours, les richesses dei son érudition. L'Académie a fait en lui une de ces pertes qu'il lui est de plus en plus difficile de réparer.

Kerhallet (Charles-Philippe de), capitaine de vaisseau de la marine impériale, né en Bretagne en 1809, mort au mois de février 1863 dans sa cinquante-quatrième année. M. Philippe de Kerhallet appartenait à cette génération laborieuse d'officiers instruits, dont la vie se partage entre les travaux pénibles de la mer et les études pratiques destinées à diminuer les hasards et les périls de la navigation. Hommes obscurément confines dans leur modes* e carrière, ignorés de leurs coutemporains, rarement inscrits dans les colonnes des Biographies générales où figurent tant d'existences inutiles, et qui n'en laissent pas moins après eux une trace des plus honorables, en contribuant aux perfectionnements de cette science de l'hydrographie à laquelle se lient tant d'existences et de si grands intérêts. La première mission importante dont fut chargé M. de kerhallet, fut à la côte du Brésil. Le beau travail hydrographique de Tamiral Roussin sur la côte brésilienne, s'arrêtait au nord à San-Luiz de Maranhaô (prononcez Maragnon); les relèvements de M. de Kerhallet, continués jusqu'au Para dans l'intervalle de 1837 à 1840, eurent pour objet de compléter le Pilote du Brésil. Les résultats en furent publiés en 1841 sous le titre à!' Instruction pour remonter la côte du Brésily depuis San-Luiz de Maranhaô jusqu'au Para, Sept ans plus tard, en 1847, M. de Kerhallet travailla, sous les ordres du capitaine Bouët-Willaumez, au relèvement d'une portion de la côte occidentale d'Afrique entre le cap Tert et Sierra Leone, une des parties les plus dangereuses, et jusqu'alors les moins exactement figurées du littoral africain. La carte qui sortit de cette campagne fut accompagnée d'un mémoire intitulé : Description nautique de la côte occidentale d^ Afrique t depuis le cap Roxo jusqu'aux iles de Los, 1849.

A partir de cette époque, l'hydrographie africaine ne cessa qu'à de rares intervalles d'occuper M. de Kerhallet. En

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1853, il reçut, conjobtemenl lin, un des ingénieurs émiiie sion périlleuse de relever U GibralUr(ie Rifl, dont les h; putatioQ, même panni les ti du Maroc. Une eicelleate car moires, fut le fruit de celte moires, rédigés en commun bUés en 1857, sont ime Desc du Maroc, et le Manuel de l Gibraltar.

Les autres traraui de M. d africaine sont des compendii conseil d'amirauté, noiï-seulei ie l'auteur lui-mSme, mais plus récentes publications de De pareilles compilations, de marine militaire aussi bien qi gmt pas seulement des con; peuvent Être bitn faites que pratiqué les parages qu'il s'a rapport , nul n'y pouvait et Kerhallet. Notre marine fut Description de l'archipel des de l'archipel des Canaries et Vert. Ces deux monographie chapitres, d'ua ouvrage bea M. de Kerhallet avait congu Manuel de la navigation à la grand travail fut publié de I la partie du continent africai ne forme pas moins de troi d'un recueil de vues qui pn la câle à partir du dËtroit

Les investigations de M. di dirigées aussi sur des sujet Longtemps avant que lelieuli ricaine, publiât ses travaui compatriote avait réuni d'i semble des grandes mers i sacré une suite d'études ram des applications pratiques. Ti

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