‹ L'Année géographiqueChapitre 229 sur 236 · NÉCROLOGIE · texte numérisé non relu

NÉCROLOGIE

dont il a très-utilement servi les intérêts politiques fit commerciaux, en même temps que les intérêts de la religion. Sauf une réapparition de trois années en France, de 1852 à 1855, il a constamment résidé au milieu de sescher^ Siamois. Son retour en Europe avait eu pour principal motif le désir qu'il avait de doter son pays du fruit des études approfondies quMl avait consacrées à Tidiome siamois, jusque-lÀ fort imparfaitement connu en Europe; un ample Dictionnaire dé la langue thai (c'est le vrai nom de la langue siamoise), expliquée en trois langues européennes, en français, en anglais et en latin (Paris, 1854, un fort volume in-4), a été, en effet, imprimé aux frais de notre gouvernement. C'est une acquisition précieuse pour les lettres orientales. M. Pallegoiz publia en même temps, sous le titre de Description du royaume Thaï ou Siam^ un ouvrage en deux volumes in-12 (Paris, 1854), qui n^a pas moins de valeur pour la géographie, rhistoire et l'ethnographie des contrées centrales de rindo - Chine, que le Dictionnaire pour la linguistique. M. Pallegoix avait parcouru le pays à plusieurs reprises dans toutes les directions, et, pour le bien connaître, il était dans des conditions infiniment supérieures à celles où se sont trouvés tous les voyageurs. 11 avait aussi fait imprimer à Bangkok, avant son retour temporaire en France, une Grammaire tbaï-latine, ainsi que plusieurs traités d'instruction religieuse écrits dans la langue du pays.

Le roi actuel de Siam avait pour le respectable évêque, qu'il appelait son vieil ami , une sincère et profonde affection, et cette affection n'a pas peu contribué aux excellents rapports qui existent entre Siam et la France. L'origine de la liaison personnelle qui existait entre le souverain asiatique et le prêtre d'Europe est intéressante à faire connaître; elle fournit de curieuses particularités sur les usages du pays, et aussi sur le caractère personnel du prince notre allié. Cette liaison remonte à 1835. A cette époque, le prince (qui n'était pas roi alors) habitait une pagode située au voisinage de la mission française, et il y vivait en Talapoin ou prêtre bouddhique, pour échapper aux ombrageuses défiances d'un frère qui avait usurpé la couronne à son détriment. Obligé ainsi par prudence de se réfugier dans une vie obscure, Tchao-£a-yai (c'était le nom qu'il avait pris) se livra à l'étude du bali (qui est la langue dans laquelle sont écrits les livres bouddhiques de Siam), et il étudiait en même temps le sanscrit, dont le bali n'est

qu'un dialecte vutgsire, Comme oc lui dît qna dent u-

ciecnes laagues de l'Europe, te tatlo et le crée, âraieoi de

grandes affinités avec les deux idiomes qui étaient l'objet de

ses études, Tahaa-fa-fal témoigna le désir d'apprendre U

latin ; tin prêtre indigène, élève de la mission française, fut

son premier maître. Sur ces enlretailes M, Pallegoii arriii

dans la mission; la facilité avec laqnelle il parlait déjà la

■- siamois lui gagna tout d'abord la sympathie du royal Ta-

■ lipoin , qui ne voulut pins recevoir qne du prêtre d'Earop»

r les leçons de latin, et qui prit «n mSme temps dans M

^ levons une idée au moins générale des sciences européai-

nes. Arrivé au trûce par !a mort de son frère, Tchao-fa-yû

n'oublia ni ces entretiens ni son amitié ; ces dispositions

pourront n'être pas sans influence sur le prompt dévelop-

peroent de notre nouvelle colonie de la Cochinchine qoi

confine aux Ëtats de Siam.

SttDMm (Hermaan), voTtgcnr aDeimuifl, mort so fend itê contrées du haut Mil, dans un Ttllage du pays des Djonn appelé 'Vacn, le 10 avril 186S. n était né à Grelflbiiberg en Silésie, en 1833. Attach6 comme botaniste et géologue, en ' 18S0, \ la grande eipédition allemande organisée i Gothi pour la recherche du b^ de Togel et la reprise des ezploratiotiB du Soudan oriental, il voulut accompagner H. de Heuglin lorsque celoi-cl crut derolr M aépar«r tsinporaireraent des autres membres de l'eipddîtioa pour pousser uns eiploration vers la Sobat à travers l'Abyssinio, On sait qa» cette séparation regrettable a amené finalement la dtssolatioD de l'expédition'. C'est encore avec M. de Heuglia qae le docteur Steudner avait entrepris, snr la flottille des dames Tinaé (ci-dessus, p. 68) le voyage d'exploration où il a succombé sous les atteintes du climat.

THOMAasT (Raymond), Toyagenr et géographe français, né à Montpellier le 10 mai 1810, mort dans l'Ile de Cuba au mois de juillet 1B63. H. Thomassy avait écrit, avant son premier départ pour l'Amérique il y a seiae ans, nn livre sur l'histoire commerciale du Maroc (1843, in-B; seconde édition sons le titre : Je ifuroe et tet caraixma, ISU), nn Mémoire SUT quelques docoments cartographiques du Tatican, im-

1. Toy. le volume précédent de TAimée, p. Ul et 144, et ci-dessw, p. 71.

NECROLOGIE. 443

primé anx Nouvelles Annales des Voyages^ et plusieurs autres travaux qui témoignaient d'un sérieux esprit de recherche. Depuis lors, son séjour à la Louisiane, qui avait pour objet principal Torganisation d'une grande entreprise de pêcheries dans le bas Missouri, nous a valu une bonne étude sur le régime du fleuve et sur la salure du golfe du Mexique.

Thornton (Richard), géologue et voyageur anglais, est mort le 21 avril 1863 sur le Chiré, dans l'Afrique orientale. Il avait accompagné le docteur Livingstooe dans sa seconde expédition au Zambézé, et le baron de Decken dans sa première ascension du Kilimandjaro au mois de juillet 1861.

Trollope (Mistress Frances Milton), auteur du livre d'obser-^ vatioDs publié sous le titre de Domeslic manners of the Americans (Londres, 1831 , trois volumes), et de quatre ou cinq autres esquisses analogues sur Paris, TAutriche, l'Italie, etc., est morte à FloreDce le 6 octobre 1863, à Tâge de 84 ans. Elle était née à Heckfield, dans le Hampshire (Angleterre) en 1779.

Washington (John), un des officiers les plus distingués de la marine britannique, un de ceux qui ont le plus fait pour Tavancement des travaux hydrographiques, soit par ses reconnaissances et ses travaux personnels, soit-plus tard par une active impulsion aux travaux de l'hydrographical office où il avait succédé comme directeur, en 1855, au contre-amiral sir Francis Beaufort. De 1836 à 1841 , il avait rempli les fonctions de secrétaire de la Société de Géographie de Londres. Parmi les travaux auxquels il avait attaché son nom avant cette époque , il faut citer un mémoire , accompagné d'une carte, sur la zone maritime du Maroc. Ce travail est imprimé au premier volume de la Société de Londres. Le contre-amiral Washington, épuisé parles fatigues«tle travail, est mort au Havre le 16 septembre 1863. âgé seulement de 63 ans. M. d*Avezac lui a consacré une intéressante notice bîographique, imprimée au Bulletin de la Société de Géographie, janvier 1864.

Page 1