GUINÉE
68t la grande artère des contrées orientales du Soudan, comme le Kouara du Soudan central et oicidental. C*est dans la même pensée que TAngleterre a pris, en 1861, possession de Lagos, comptoir de la c6te du Yoruba, un peu à Touest du delta du fleuve. Sous cette impulsion active du génie commercial de TAngleterre, toutes ces positions sont sûrement destinées à devenir, dans un avenir prochain, des villes florissantes et populeuses.
Un autre intérêt est venu s'ajouter dans ces derniers temps aux motifs déjà si puissants qui ont provoqué les récentes acquisitions britanniques dans ces parages : c'est la recherche de territoires nouveaux propres à la culture du coton. Déjà nous avons vu les remarques du docteur livingstone à cet égard dans les pays de l'Afrique orientale voisins du lac Nyanza. Ici, sur le Kouàra inférieur, comme dans la région environnante, et à vrai dire dans tout le Soudan oriental, le coton est sur son terrain par excellence. « Rien ne peut donner une idée de la richesse des pays que traverse le Kouâra, écrivait encore le docteur Baikie au mois de décembre 1861. Des milliers de balles de coton indigène pourraient en sortir chaque année, et Ton trouve en abondance sur tout son parcours le chéa ou arbre à beurre, Thuile de palme, les arachides, l'ébène, les gommes, la cire, le caoutchouc, le cuivre, etc., etc. Le fleuve reçoit en outre dans sa course de nombreux tributaires, qui traversent des contrées riches en produits de toute nature jusqu'à présent perdus pour le monde. >
Maintenant comme toujours, la science profite des entreprises que l'intérêt commercial a inspirées. Le docteur Baikie, dans une lettre adressée à M. AugustusPetermann et que nous trouvons au n° 10 (octobre 1862) des Alittheilungen^ informe Téminent géographe de Gotha c qu'il a récemment transmis au Foreign- Office l'esquisse d'une carte des pays compris entre le Confluent (de la Binoué et du Kouara) et le territoire de Kano; cette carte, dit-il,
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renferme un grand nombre de noms nonveauz, et pourra servir de complément à celle du docteur Barth, dont elle rectifie quelques erreurs.... »
Le docteur Baikie a profité également de son long séjour sur le Kouàra pour étudier à fond plusieurs des idiomes de TAfrique centrale, et il se propose, à son retour en Angleterre, d'élaborer dans la relation qu*il se propose d'écrire les résultats de ses investigations ethnologiques. Eix attendant, il a consigné dans un écrit de peu d'étendue les principaux aperçus de son étude de la langue du Haoussa et de celle des Foulah, avec quelques remarques sur l'extension géographique de ces deux langues et sur leurs dialectes. Sa brochure (n* 30) n'a pas été mise dans le commerce.
Tout au fond du golfe de Guinée, presque sous le quatrième degré de latitude nord, vis-à-vis de l'île de Fernando-Po, qu'un détroit de quelques lieues seulement sépare de la côte, se dresse, non loin de la mer, une montagne très-élevée dont la cime dentelée se perd à demi dans la région des nuages. Cette montagne reçoit sur nos cartes le nom de Cameroun, qu'elle emprunte à une rivière voisine. Jusqu'à présent, aucun des rares Européens qui fréquentent ces parages n'avait gravi les escarpements du mont Cameroun, et n'en avait atteint la cime. M. Richard Burton, le célèbre voyageur, qui depuis dix-huit mois réside à Femando-Po avec le titre de consul britannique, a tenté et accompli l'entreprise dans les derniers jours de 1861 , et il a fait de son excursion l'objet d'un long rapport (n"" 30 bis) écrit dans le style demi-scientifique, demi-humoristique, auquel ses précédentes relations nous ont accoutumés. « A première vue, dit-il en commençant, on pourra se former une assez mince idée d'une exploration qui a seulement atteint un district montagneux situé à 14 milles en ligne droite de la côte, et à 21 milles en comptant les détours.