QUINZE
Mais quand on voit la chose de plus près on s'en forme une autre idée. L*eau manque souvent, et l'on ne trouve pas de provisions sur ces hauteurs tropicales. Le peuple qui les habite est une race notoirement mauvaise, quoique lâche ; et la récente expédition au Kilimandjaro ^ montre assez, si l'exemple était nécessaire, que les sauvages ne voient pas volontiers nos premières tentatives pour gravir leurs montagnes.... >
La peuplade du Cameroun, à laquelle M. fiurton rend ce fâcheux témoignage, est désignée sur nos cartes soUs le nom de Bakouilèh ; la véritable forme est Bakoulrl, de kouiriy une lande boisée : littéralement le mot signifie Bushman (uo homme des djangles). Leur idiome est le même que celui des Uoubou, ou peuple de Bimbia, et tient à la grande famille des langues de TAfrique australe, dont le type est la langue càfre. Les Bakouîrî sont une race de couleur claire, comme les Boubis de Fernando-Po ; ils ont la jambe bien faite, comme les montagnards en général. On obtient d'eux difficilement qu'ils vous cèdent un de leurs moutons, ou même de leurs volailles, à moins qu'on ne mette en avant l'irrésistible séduction du rhum, d'un chapeau à grands bords ou d'une chemise anglaise. Les couvertures rouges de M. Mann (un des compagnons de M. Burton) excitèrent néanmoins une vive admiration ; « pour en obtenir une on lui ofirit d'abord un porc et une chèvre, puis un petit garçon, et enfin une grande fille. »
Le chef des Bakouîrî, qui sans doute avait ouï parler du haut prir que les Anglais mettent aux choses, et qui d'ailleurs n'avait peut-être pas bien conscience de la valeur des chiffres, vint demander modestement cinq cents « big tings » (cinq cents grosses pièceSy c'est-à-dire cinq cents guinées) pour autoriser les voyageurs à entrer dans la