SÉNÉGAL
concentrés depuis longtemps sur la côte occidentale de l'Afrique. Nous avons déjà rencontré son nom attaché aux reconnaissances du Gabon ; nous le retrouvons ici chargé de tracer la carte d'une des grandes dérivations du Sénégal, après avoir opéré, en 1860, le relèvement d'une partie considérable du fleuve ^ Cette opération hydrographique se rattachait d'ailleurs à un large ensemble de travaux et d'études ordonnés par le colonel Faidherbe, dont Tadministration comme gouverneur, de 1854 à 1861, laissera une trace profondément régénératrice dans l'administration de la colonie. Un ensemble d'explorations importantes qui s'y rattachent nous a donné des notions ou tout à fait neuves, ou infiniment plus précises et plus sûres que nos renseignements antérieurs, soit sur diverses parties intérieures de la colonie, soit sur les territoires et les tribus du Grand Désert, au nord du Sénégal inférieur. Le colonel Faidherbe est un de ces hommes , trop rares dans les administrations coloniales, qui joignent à une grande énergie, à une haute intelligence, à une infatigable activité, le désir de faire tourner au profit de la science les mesures commandées par la politique. Plusieurs morceaux communiqués à notre Société de géographie ou publiés au Sénégal même, soit avant, soit depuis sa nomination au poste de gouverneur, attestent une grande ardeur de recherches en môme temps qu'une excellente direction d'études *.
1. On peut voir un aperçu de cette grande opération, par M. Braouëzcc lui-même, dans les Annales Maritimes et Commerciales de 1861, janvier : Thydrographie du Sénégal et nos relations avec les populations riveraines, p. 101-114 du volume.
'2. Nous notons ici les plus importants : /
Les Berbers et les Arabes des bords du Sénégal. Bulletin de la Société de géographie, févr. 1854, p. 89-112.
Populations noires des bassins du Sénégal et du haut Niger. Ihid.j
mai 1856, p. 281-300.
Considérations sur les populations de l'Afrique septentrionale. Saint-
On sait. que le principal intérêt commercial de notre colonie sénégalaise a été jusqu'à présent la traite de la gomme, que les tribus riveraines de la droite du bas Sénégal recueillent dans leurs forêts, et qu'elles apportent à nos escales du fleuve. Ces tribus de la rive droite, que nous désignons sous l'appellation traditionnelle de Maures, sont pour la plupart d'origine berbère^ comme le fond des population du Maroc et de l'Algérie, mais pins ou moins mélangées de sang arabe ; elles sont les maltresses du désert. Les trois principales sont les Trarzas, qui sont les plus voisins de la c6te, les Braknas, qui campent plus haut vers l'intérieur, et les Douaich, qui demeurent plus haut encore sur le fleuve, au-dessus des Braknas.
L'arrogance de ces barbares, leurs prétentions et leur humeur batailleuse ont suscité entre elles et la colonie de fréquentes hostilités. En 1854, le gouvernement français résolut d'en venir une bonne fois à des mesures décisives. Le capitaine Faidherbe, en venant prendre possession de la colonie, apportait avec kii des instructions vigoureuses, qu'il a vigoureusement exécutées. Sa politique à la fois forte et prudente a dompté sur tous les points les ennemis de la colonie, et rétabli partout nos relations interrompues. Cette pacification universelle devint, au commencement de 1860, l'occasion naturelle de plusieurs missions vers les chefs des territoires environnants. Confiées à des officiers instruits et intelligents, ces missions ont produit les
Louis, 1856, in-8*. — Reproduit dans les Nouvelles Annales des Voyaget, sept. 1859, p. 290-306.
Notice sur la colonie du Sénégal et sur les pays qui sont en relation avec elle. Dans YAnnuaire du Sénégal pour 1858, p. 49-122.
— Réimprimé à part à Paris, en 1859.
Renseignements géographiques sur la partie' du Sahara comprise * entre TOued-Noun et le Soudan. KouveUes Annales des Voyages, août 1859, pw 129156.
Une suite de vocabulaires envoyés depuis plusieurs années à la Société de géographie et réservés pour les Mémoires de la Société, ne sont pas encore publiés.