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que mconnue, mais très-ancienne. Le christianisme qu'ils professent aujourd'hui est encore tout rempli des vestiges de leur première croyance.

Nous avons dû enregistrer dans notre Bibliographie (n* 66) le Dictiannaire éthiopim dont M. Dillmann vient de publier à Leipzig la première partie; pour des peuples dont rhistoire est aussi pauvre en données positives, les études linguistiques fournissent un secours précieux à rinvestigation des origines ethnologiques. L'éthiopien, c'est-à-dire l'idiome littéral et liturgique de rAbyssinie, est d'ailleurs une branche importante de la grande far mille arabo-sémitique, et l'intérêt qui s'y attache est assez grand pour que l'Académie des inscriptions et belles-lettres en ait fait, il y a trois ans, le sujet d'un de ses prix S Le Lexique de Ludolf, malgré son très-grand mérite, était devenu depuis longtemps insuffisant dans Tétat actuel de la philologie ; et M. Dillmann, connu par de solides travaux sur cette branche de la littérature orientale, était mieux préparé que personne en Europe à mettre cette œuvre magistrale au niveau des études actuelles.

I. En 1859, TAcadémie avait proposé, pour sujet de son prix ordinaire à décerner en 1861 , la question suivante : Faire V histoire de la langue et de la littérature éthiopiennes ; dresser une liste aussi complète que possible des ouvrages originaux et des traductions qui exiS" tent en gheex ; déterminer les époques diverses du travail littéraire en Àbyssinie; énumérer les particularités de style qui permettent ^ à défaut de témoignages positifs j d'assigner une date aux litres écrits en gheex. Un seul mémoire a été envoyé à TAcadémie. L'auteur de ce mémoire, M. H. Zotemberg, a reçu non pas le prix, qui n'a pas été •lécerné, mais un encouragement de 2 000 francs.

67. Thebes : its tombs and their tenants, ancient and presen); including a record of excavations in the Necropolis. By A. H. Rbind. Lond. , LoDgman, 1862 , in-8.

68. Up the Nile, and Home again; â Handbook for traveUers and a travel-book for the library. By F.-W. Fairholt. London, Chapman , 1862 , in-8. With illustrations.

69. iEgypten. Forschungen ûber land und Volk wahrend eines zehnjâhrigen Aufenthalts. Yon Alfr. v. KRiifKR(L'£gypte. Etudes sur le pays et les habitants durant une résidence de dix années).' Leipzig, Brockhaus, 1863 (nov. 1862), 2 vol. in>8 de xxiv-266 et 336 pages. Avec une carte.

70. De Bougé. Travaux de M. Biot sur le calendrier et Tastronomie des anciens Égyptiens. Revue Contemporaine ^ 30 nov. 1862, p. 254-284.

71. Henry Brugsch. Recueil de monuments égyptiens dessinés sur lieux {sic) y et publiés sous les auspices de S. A. le vice-roi d'Egypte Mohammed-Saïd-Pàcha. Impartie. Leipz. , 1862, in-4* de iv-60 pages, avec 50 planches d'inscriptions.

72. Du même. Tanis uhd Avaris. Eine geographisch-historische Controverse. Dans la Zeitsehrift fur allgemeine Erdkunde de Berlin, nMOS, juin 1862, p. 385-404.

73. Mémoires ou travaux originaux présentés et lus à Tlnstitut égyptien, publiés sous les auspices de S. A. Mohammed-Saïd, vice-roi d'Egypte, sous la direction de M. le docteur B. Schnepp, secrétaire de l'Institut égyptien. Paris, Didot, 1862, in-4 de XV-7S8 pages, avec tableaux et carte (t'* année).

Ce sont moias aujourd'hui les voyages dans la simple acception du mot, et les travaux purement géographiques, qui fixent l'attention sur TÉgypte, que les investigations qu'y poursuivent les archéologues pour la restitution de ses monuments et l'interprétation de ses inscriptions. L'Egypte, depu's l'expédition française de 1798, a été mesu-

rée et décrite avec une parfaite exactitude ; on en possède d'excellentes cartes , et sa topographie est connue dans ses moindres détails. On formerait une bibliothèque des publications de toute nature dont elle a été Tobjet depuis cinquante ans* ; aussi les livres tels que celui de M. Fairholt (n* 68), nonobstant le mérite réel qu*on ne peut lui refuser, et bien que très-utile aux Européens qui se préparent à visiter la vallée du Nil, ne sauraient avoir un bien grand intérêt de nouveauté. Son utilité même est toute nationale; car nous-mêmes nous possédons, dans rinappréciable collection de M. Joanne, un Guide pour ces contrées du Levant, dont le détail, l'exactitude et la richesse historique ne sauraient être surpassés par aucun autre '. M. Fairholt rend pleine justice à l'activité de notre compatriote M. Mariette, que Je vice-roi actuel a investi des fonctions d'inspecteur des monuments nationaux, ainsi « qu'à la grandeur des résultats que les fouilles et les déblayements poursuivis depuis quelques années dans toute l'étendue de TÉgypte ont produits sous cette énergique impulsion. En même temps que des travaux intelligents dégagent les monuments pharaoniques des décombres que le temps et l'incurie des hommes y avaient accumulés, une multitude d'objets précieux, ensevelis dans le secret des tombes, viennent chaque jour enrichir le Musée national fondé à Boulak, sur la rive du Nil. M. Rhind a eu l'heureuse chance de découvrir dans la nécropole de Thèbes une de ces tombes du temps des Pharaons, et

1. Le D' H. Jolowicz a publié à Leipzig , en 1858, une Bihliotlveca œgyptiaca à laquelle lia donné, en 1861, un premier supplément. La très-grande majorité des ouvrages qui composent cette Bibliothèque égyptienne appartient à notre époque, et le nombre des numéros inscrits s'élève à 3443, non compris bon nombre de numéros doubles.

2. Itinéraire descrij^tify historique et archéologique de l Orient y par Ad. Joanne et E. Isambert. Paris, 1861, 1 vol. grand in-18 de xliv- 1104 pages, avec 30 cartes ou plans (chez Hachette). L'Egypte occupe, dans ce volume, de la p. 897 à 1094.

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c'est principalement à la description de cette découverte que son ouvrage est consacré (n^,67). M. Birch, le savant égyptologue anglais, prépare à ce sujet un travail qui sera publié dans les Mémoires de la Soikité de littérature de Londres. «

M. de Rougé, de son c6té, le digne continuateur de notre illustre Ghampollion, a communiqué Tan dernier à l'Académie des inscriptions la première partie d'un long mémoire consacré à l'élucidation historique et géographique d'une des plus heureuses découvertes de M. Mariette, la fin d'une immense inscription où le pharaon Touihmès III, qui régnait aux environs de Tan 1600 avant notre ère, près de trois siècles avant Mo'ise, raconte, année par année, ses expéditions et ses conquêtes en Ethiopie, dans l'Arabie méridionale, dans la Syrie et les contrées de l'Eu- %phrate. Cette inscription, un des monuments épigraphiques les plus importants de l'Egypte ancienne, couvre une muraille entière d'une des salles de l'immense palais de Karnak, le Louvre de la Thèbes égyptienne. Dans un autre ordre de recherches, nous pouvons mentionner encore l'excellent article que M. de Rougé vient de consacrer , dans une de nos Revues , aux derniers travaux de M. Biot, de regrettable mémoire, sur différents points àe l'astronomie égyptienne (n** 70). Ce travail , comme tous ceux de notre éminent égyptologue, se distingue à un haut degré par l'alliance d'un profond savoir avec le sentiment juste et délicat de la critique historique.

Le nouvel ouvrage dont le D' Brugsch a publié cette année la première partie est le résultat du dernier voyage de l'auteur, en 1859, dans la contrée des Pharaons, et aussi des communications qu'il a reçues de notre savant compatriote M. Mariette, aujourd'hui conservateur du Musée d'antiquités égyptiennes fondé au Caire par les ordres du vice-roi actuel Le D' Brugsch, dans ses recherches, s'est toujours attaché avec prédilection aux côtés

historiques et géographiques des études égyptiennes; il suffit de rappeler son précieux Recueil d'inscriptions géographiques, et son Histoire de TËgypte ancienne d'après les monuments. L'ouvrage actuel a le môme caractère.

Ufaut toutefois remarquer que cette dernière publication diffère essentiellement des deux grands ouvrages antérieurs que nous venons de rappeler, en ceci qu'elle ne se compose. que de la reproduction des textes, seulement accompagnés pour chaque planche non d'une traduction intégrale avec commentaires, mais d'une simple notice analytique. C'est donc principalement aux égyptologues que cette publication s'adresse. Nous devons cependant signaler trois exceptions : la première se rapporte au grand tableau géographique d'Abydos, découvert par M. Mariette, où soixante-quinze figures symboliques forment un double cortège accompagné d'inscriptions dans la langue sacrée, donnant d*un côté la liste des nomes ou provinces de TÉgypte, et de l'autre celle des villes principales. Nous avons ici la traduction des quarante-cinq légendes (sur les soixante - quinze) qui subsistent encore. Cette carte symbolique de la vieille Egypte appartient au règne de Ramsès II ( le grand Sésostris d'Hérodote ) , dont le règne, d'après des données approximatives, se place entre les années 1407-1341 avant l'ère chrétienne. Une autre inscription retrouvée à Karnak, dans la partie de l'ancienne Thèbes située sur la rive droite du fleuve, est du règne du même prince; c'est un traité de paix et d'alliance conclu entre le grand conquérant et le roi des Khéta (les Hétïm de la Bible), chef de la confédération khananéenne. M. Brugsch avait déjà traduit ce monument dans son Histoire (T Egypte; la version est ici reproduite avec d'assez nombreuses corrections de détail, dus aux progrès qui ont été faits depuis trois ans dans le déchiffrement de plusieurs groupes hiéroglyphiques. Enfin , M. Brugsch donne pour la première fois la traduction

d'une longue inscription de Touthmosis qu'il a copiée dans une des chambres récemment déblayées de Kamak, et qui forme un des chapitres de Thistoire monumentale de ce conquérant illustre de la dix-huitième dynastie*

Ces études d'archéologie égyptienne sont bien loin, on le voit, d'être étrangères à la géographie. C'est par elles que la science est arrivée déjà, sur bien des points essentielS) à fixer avec certitude la place du vieux monde pharaonique dans l'espace et dans le temps. Ce sont elles qui ont établi d'une manière tout à fait démonstrative que la civilisation égyptienne n'est pas descendue, comme on l'a cru longtemps, d'Ethiopie en Egypte, mais, tout au contraire, qu'elle remonta d'Egypte en Ethiopie. C'est par la lecture de plus en plus assurée des inscriptions hiéroglyphiques, qu'on a déjà restitué d'une manière à peu près complète la nomenclature indigène' de la géographie de l'Egypte avant les Lagides S et que l'on peut aborder la tâche plus compliquée des identifications asiatiques. Mais pour compléter cette tâche, un second élément est nécessaire : c'est celui qui ressort des inscriptions cunéiformes. Lorsque ces deux branches nouvelles de la philologie orientale, la lecture des hiéroglyphes et la lecture des écritures cunéiformes, seront arrivées à ce point — vers lequel elles marchent rapidement — de nous donner, sans hésitation, les textes nombreux que nous ont conservés les monuments (ïes bords du Nil et ceux de Babylone, de Ninive et de la Médie, alors il sera possible de reconstruire, entre le Tigre et la Méditerranée, la carte de l'Asie sémitique pour

1. Voir l'ouvrage capital du D' Brugsch, de Berlin, Geographùche Inschriften aîtœgyptischer Denkmàlerf etc., trois parties. Berlin, 1867-58-60 , in 4» (la l'* partie consacrée à la géographie de TÊgypte pharaonique, la 2" à la géographie pharaonique en dehors de l'Egypte, la 3* à la géographie hiéroglyphique du temps des Ptolémées) , et la magnifique suite de cartes construites par le D' Kiepert pour le grand ouvrage du D' Lepsius, 1859-60, 8 feuilles (Berlin, Reimer).

des époques antérieures de plusieurs siècles aux plus anciens documents helléniques. Ce sera une des plus belles conquêtes de la science contemporaine, et des plus profitables à l'histoire.

Bien qu'il soit difficile, avons-nous dit, après les excellents ouvrages de Wilkinson, de Lane, de Russegger, de Clôt Bey, de Merruau, de Barthélemy-Saint-Hilaire (pour ne rappeler que les principaux), de donner quelque chose de neufet d'intéressant sur l'état actuel de l'Egypte, lesdeux volumes tout récents de M. Alfred Kremer (no 69) méritent une distinction. M. Kremer est un orientaliste déjà connu parde savantes publications sur la Syrie et l'Arabie; ses deux volumes actuels, quoique d'un autre caractère, sont dignes de la réputation qu'il s'est acquise. Ils sont en partie le fruit de ses observations personnelles, en partie de ses recherches. Un séjour de dix années- l'a mis à même de bien décrire ce qui existe, et de bien connaître ce qu'il décrit. Il traite successivement de la nature physique du pays et de la'climatologie, du peuple dans ses diff'érentes classes, des mœurs, des habitudes et de l'état social ; de l'agriculture, de l'industrie, du commerce, de l'administration, des travaux publics, de l'éducation et de la littérature locale. Sur ces objets différents, il a réuni les matériaux les plus récents et profité des données officielles ; il développe sur certains points, sur le canal des deux mers par exemple, des vues dignes d'attention en ce qui touche à l'avenir du pays. Son chapitre de l'agriculture tire un intérêt particulier des recherches et des renseignements historiques que l'auteur y a fait entrer. Mais le chapitre qui porte avec lui peut-être l'intérêt le plus général est celui qui traite de l'ethnographie actuelle de l'Egypte. L'auteur y doit beaucoup sans doute aux recherches de quelques-uns de ses prédécesseurs, de Russegger notamment ; mais ses informations et ses propres observations y

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ont aussi beaucoup ajouté, et dans tous les cas c'est un très-bon résumé d'un sujet important. Ici encore, toutefois, nous ferons remarquer que, même sur ce point, le Guide en Orient de la collection Joaûne, que nous avons déjà cité, renferme (p. 935 à 945} des développements historiques et des indications qui peuvent compléter utilement l'exposé de M. Kremer.

Le souverain que l'Egypte vient de perdre, Mohammed- Saîd, n'avait pas seulement hérité du trône élevé par son père Mohammed-Ali ; il voulut être le continuateur de la régénération de l'Egypte. Avec moins d'impétuosité, peutêtre, et par des moyens moins violents, mais avec une volonté non moins arrêtée, il poursuivait l'œuvre glorieuse du grand Réformateur. Les regards tournés vers l'Europe, il activait autant qu'il était en lui les développements de l'industrie indigène et de l'agriculture, cette double base de la prospérité des Etats ; il favorisait le commerce, il aidait aux grands travaux publics et aux moyens rapides de communication intérieure ; il n'oubliait rien decequi peut avancer le réveil intellectuel de son peuple, abâtardi par des siècles d'abrutissement moral, et hâter la reconstitution d'une véritable nation égyptienne. II tenait à honneur de voir achever sous son règne ce grand travail du canal des deux mers, auquel Tégoïsme jaloux de l'Angleterre a suscité tant d'entraves. Il a fondé, pour la surveillance et la conservation des monuments antiques qui couvrent la vallée du Nil, un établissement qui ferait honneur au plus avancé des Etats de l'Europe. Il était heureux enfin de voir s'établir et se développer autour de lui des associations propres à entretenir un- foyer de lumières, à créer et à propager dans le pays une aristocratie intellectuelle qui ne fût plus exclusivement européenne. S'il y avait dans cette politique, comme dans celle de Mohammed- Ali, un désir secret de se grandir aux yeux de la Chrétienté, il faut avouer

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que chez un prince musulman qu'environnaient encore et qu'entravaient tant de préjugés, cette ambition était noble et de celles qui fontles grands rois. La France surtout a dûy applaudir sincèrement et y aider de tout son pouvoir, car les germes qui se développent aujourd'hui sur cette terre d'Egypte, c'est elle qui les y a portés à la fin du dernier siècle.

C'est à cette propension de Mohammed-Said qu'est due la fondation, sous le titre d'Institut d'Egypte qui est encore une réminiscence française, de l'association savante qui vient de publier le premier volume de ses Mémoires* (q'' 73). La société existe depuis 1859 ; son siège est à Alexandrie. Le français est sa langue officielle ; «c'est en français qu'elle imprime ses Bulletins et qu'elle correspond avec les sociétés européennes, quoique pour les mémoires qui lui sont communiqués et qu'elle accepte pour son recueil, on conserve la langue dans laquelle ils auront été écrits. Dans le volume actuel, sur vingt-quatre morceaux principaux dont il se compose, vingt sont écrits en français. Il y en a un en arabe (avec une traduction française), deux en italien et un en grec moderne.

Il est intéressant de connaître la composition de ce premier volume, comme indice du caractère et de la direction des études de la nouvelle société égyptienme; voici la liste des Mémoires. Nous dirons ensuite quelques mots de ceux qui touchent d'une manière plus spéciale aux objets de notre étude.

Rapport sur un poëme arabe de M. Rifan-Bey , par M. Kabis,

Introduction à l'étude de la langue copte, par le même.

La mer Rouge, par M. P. Mouriez.

Delà représentation des figures animées chez les musulmans, par M. //. Montant,

Du problème relatif à la marche du cavalier au jeu des échecs, par M. de Chambure.

ËcUpse totale de soleil observée à Dongolah, le 18 juillet 1860, par M. Mahmoud-Bey.

Aperçu théorique de la géographie géognostique de Vafrique centrale, ou explication de la carte, par induction, de la région qui forme les bassins de la Nigritie, de TAbyssinie et de la Nubie, par le professeur Figari'Bey,

Des crues annuelles du Nil, observées au barrage depuis 1846 jusqu'en 1862.

Étude topographique, chimique et médicale des eaux thermales sali^o-sulfureuses de Hélouan , près Tourrah (moyenne Egypte), par le professeur GastineL

Mémoire sur les eaux salines froides de Aïn-Syra, près le Caire ; par le même.

Analyses quantitatives de Peau du Nil, pendant dix mois de Tannée, par M. Mmtapha-Magdaly.

Études sur le climat de l'Egypte, par le docteur B. Schnepp.

Du Khamsin et de ses effets, par M. Grégoire.

Rapport sur la constitution des principes immédiats des blés d'Egypte, par M. Espinassy-Bey.

Analyse de glutens retirés des farines examinés . par la Commission des blés égyptiens, par M. Gastinel,

Monographie des opiums de la Haute-Egypte, parle même.

De la culture du coton en Egypte. Historique. État actuel. Avenir. Par M. Grégoire.

De réducation du ver-à-soie en Egypte, par le même.

IlEpt TIJÇ TOTTOYpaÇiaç TT)Ç TZokttùÇ AXEÇovBpEiaç, Xai T(l)V EV OWTïJ

cTcixpaxouvTtov voçTjfjiaTwv (de la topographie de la ville d'Alexandrie, et des maladies qui y dominent), par M. D. Dikaios.

Sur le^ moyens employés par les médecins empiriques dans le traitement des maladies les plus fréquentes en Egypte, par le docteur Chafey-Bey (en arabe et en français).

Considérations sur le mouvement de la population en Egypte, par le docteur B, Schnepp.

Quelques notes sur le choléra qui sévit au Caire en 1850 et 1855, par /. Coluccy-Bey.

Délie malattie che hanno dominato in Alessandria neir anno 1860, dal Dottore G. Pansa,

Dell' ottalmia egiiiana, del Dottore 0. Abbate.

Sur Tarséniate de caféine et l'acide tanno-arsénieux, considérés comme agents fébrifuges, par M. GastineL

MoDoment biographique de BakenkhonsoCi, grand-prêtre d'Ammon et architecte principal de Thèbes, contemporain de Moïse, interprété pour la première fois par M. Th. Devéria.

Ce relevé montre que ce qui domine dans les travaux de rinstitut d'Egypte, c*est le côté pratique. A Tezception du mémoire communiqué par M. Devéria, conservateuradjoint du musée égyptien du Louvre, l'érudition proprement dite, môme l'érudition toute locale, c'est-à-dire appliquée à l'étude de l'Egypte, y fait défaut. Les ingénieurs, les physiciens, les chimistes, les médecins, qui paraissent former jusqu'à présent le fond actif de la société, ont naturellement porté leurs recherches et leurs observations vers les objets habituels de leurs études. Sous ce rapport, les travaux de l'Institut égyptien ont une grande analogie avec ceux des sociétés agricoles de nos départements, où des échappées d'érudition et de littérature locale rompent çîà et là l'uniformité des études agricoles. Cette direction des travaux de l'Institut d'Alexandrie était probablement la seule possible quant à présent ; ajoutons que sans aucun doute elle était aussi la plus utile. Des bons travaux d'une application immédiate sur les cultures de l'Egypte, sur l'industrie et les travaux publics, serviront plus utilement ie gouvernement et le pays, que des discussions qui rivaliseraient difficilement avec celles des profonds égyptologues de la France, de la Prusse et de l'Agleterre. L'Egypte, d'ailleurs, possède M. Mariette, qui y représente très-honorablement l'érudition égyptienne.

La géographie ne figure guère que pour mémoire dans la publication de l'Institut d'Egypte. Le morceau de M. Mouriez sur la mer Rouge est purement historique, et l'aperçu théorique de M. Figari-Bey sur l'Afrique est, comme le dit le litre, de la géographie d'induction qui n'a rien de commun avec le vraie géographie, la géographie d* observation.

Le morceau capital du volume, tant par le sujet que car

l'étendue» est i*étude du docteur Schnepp, secrétaire de rinstitut d'Alexandrie» sur le climat de l'Egypte, étude à laquelle se rattache étroitement son autre mémoire sur le mouvement de la population. Quoique Tauteur ait pour point de vue spécial la convenance du climat égyptien pour le traitement des maladies qui affectent les organes respiratoires» ses recherches abondent en données intéressantes pour la climatologie de l'Egypte en général» et» en particulier» pour l'étude comparée des trois grandes régions du royaume» la haute Egypte» l'Egypte moyenne et le Delta.

Nous avons mentionné tout à l'heure le canal de navigation qui doit mettre en communication la Méditerranée avec la mer Rouge à travers Tisthme de Suez, et, par la mer Rouge, avec la mer des Indes ; ce grand ouvrage, qui sera un des titres glorieux du dix-neuvième siècle, importe trop à l'avenir commercial du monde pour que nous omettions ici le récit officiel qui vient d'être publié de l'achèvement de sa partie principale. Nous laissons la parole au Moniteur :

c Le 18 novembre 1862, à onze heures du matin, la Méditerranée est entrée dans le lac Timsah. Ce lac Timsah, situé au milieu de l'isthme et qui reçoit actuellement les eaux de la Méditerranée, communiquait autrefois par un canal avec la mer Houge ; ce qui reste à faire a donc été déjà fait.

t Le 18, un train spécial, mis par le vice-roi à la disposition de M. de Lesseps, transportait les invités du Caire à Lagarig. L'Europe entière y avait ses représentants....

« Le spectacle prit tout à coup un caractère inouï de grandeur : au pied de la tranchée coulait un cours d'eau large de 15 mètres; c'étaient les eaux de la Méditerranée qui le remplissaient et qui n'attendaient plus que le signal pour se précipiter dans le lac Timsah. Travailleurs européens, fellahs et Bédouins étaient répandus sur les bords et les berges du canal ; le grand Muphti d'Egypte, les principaux ulémas du Caire, le cheik el-Islam, Tévéque catholique d'Egypte environné de son clergé, les personnes invitées, les ingénieurs, les médecins,

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