CAUCASE
De 1847 à 1854, les iogénieurs russes, sous la direction
du géoéral Khodzko, ont eô'ectué la triangulation complète de la Transcaucasie {c'est-à-dire des provinces russes au sud du Caucase) et posé ainsi les bases de la carte topographique de cette région alpestre. En 1860 et 1861, le gouvernement a fait poursuivre cette difficile opération dans le Dughestan et dans les provinces caucasiennes situées au nord de la grande chaîne centrale, de manière à relier les triangles de la Transcaucasie îi ceux qui couvrent la Russie méridionale. Le générai Khodzko a exposé l'ensemble des opérations géodésiques de 1860-61 dans le tome XX des Mémoires du dépôt des cartes topographiques de Russie; M. de Blaramberg donne ici (n° 102) une traduction analytique eu allemand de cet important travail, et il le fait précéder d'un aperi;ii historique de la triangulation transcaucasienne. Indépendamment de leurs résultats topographiques, ces opérations des ingénieurs russes fournissent une masse de données extràmement importantes pour iacoimaissaut»; exacte du relief de l'isthme caucasien ; il suffit de dire, pour qu'on s'en forme une idée, que le nombre des points dont on a déterminé, avec toute la rigueur trigonométrique, l'altitude absolue au-dessus de la mer, est de huit cent trente-quatre. De toutes ces déterminations hypsom étriqué s, nous n'en citerons qu'une à cause de son intérêt traditionnel, celle du principal sommet de l'Ararat. La hauteur de cette montagne célèbre a été trou< vée, par une suite d'opérations concordantes, de 16915 pieds anglais ^ (5155 m. 610) avec une possibilité d'erreur de 2 pieds ^ M. Abich avait trouvé, par ses observations barométriques, 16953 pieds, différence peu importante eu égard à la limite possible des erreurs que comportent les déductions barométriques ;Parrot, en 1829, avait conclu de ses mesures barométriques, 17 323 pieds anglais, 388 pieds (118 m.) de plus que la mesure vraie. Nous pouvons dire encore que les opérations nouvelles ont
confirmé, avec des variations insignifiantes, la détermination du niveau de la mer Caspienne déduite par M. Struve des opérations de MM. Savitch, Fuss et Sabler en 1837-38. Le chiflfre de la dépression de la Caspienne au-dessous de la mer Noire reste toujours de 85 pieds anglais et une fraction, ce qui revient à 26 mètres.
En même temps que la brigade du général Khodzkoopé-* rait la triangulation de 1860-61, un membre de TAcadémie de Saint-Pétersbourg, le docteur Ruprecht, étudiait en botaniste les territoires où opéraient les ingénieurs. En dehors des faits purement botaniques, le rapport du docteur Ruprecht (n"" 101) a surtout ce grand intérêt pour la géographie, d'établir sur un nombreux ensemble de données certaines la circonscription, selon les altitudes et les expositions, des grandes régions naturelles de la partie orientale de Visthme et de ses provinces du nord.
La belle carte de rAderbaidjàn qu*à publiée M. Khanikof {w" 105) se rattache encore à cette grande opération de la triangulation caucasienne. La carte comprend en général la partie droite ou méridionale du bassin inférieur de l'Araxe, depuis le mont Ararat jusqu'à la mer Caspienne, avec le bassin tout entier du lac d*Ourmiah. C'est la partie persane de l'Arménie, conséquemmeot la contrée qui forme la frontière de la Perse du côté de la Russie. Dans une lettre adressée à TAcadémie des sciences de Paris , au mois de septembre 1861 ^ Fauteur rend lui-même, en ces termes, compte de son travail.
c L'orographie de l'Aderbeidjan est d'ane régularité peu commune. Cette province est limitée à Test et à Touest par des soulèvements longitudinaux; à l'orient, les monts Talyches la séparent du bassin de la Caspienne, et à Toccident la cbatne de Kandilan sert de bajrrière entre elle et la Mésopotamie. Au nord et au sud de TAderbeidjan, ces deux chaînes sont reliées