GRANDS TRAVAUX HISTORIQUES
Malgré l'intérêt scientifique d'ouvrages tels que celui-ci, ou plutôt à cause de la nature môme de cet intérêt, ils ne sont pas de ceux qui s'adressent au grand nombre. Nous n'en devons pas moins saluer à leur apparition ces œuvres magistrales où s'empreint le génie du siècle; car ce sont de pareils livres qui marquent l'état d'une science et caractérisent une époque.
$ 3. Impulsion donnée aux travaux hUioriques par les grandes
décourerles contemporaines.
C'est le propre des grandes découvertes d'imprimer un mouvement puissant aux travaux scientifiques. CSette conséquence n'aura pas manqué aux études cunéiformes non plus qu'aux études égyptiennes. Bien que les lointains horizons que ces belles et rapides découvertes ouvrent à l'histoire ne se dégagent encore qu'à demi des ténèbres qui les enveloppaient naguère et les dérobaient à nos regards, déjà des œuvres importantes, quelques-unes signées des noms les plus éminents, ont signalé la phase nouvelle qui s'ouvre aux études historiques. Parmi ces œuvres déjà si remarquables, et qui hâtent la marche de la science, même lorsqu'elles en devancent à certains égards les acquisitions certaines, les unes embrassent le champ dans son ensemble, les autres s*attachent à une de ses parties, mais toutes ont pour objet commun de restituer aux annales du monde les fait nouveaux que l'archéologie et la linguistique arrachent chaque jour aux ruines si longtemps oubliées des vieilles monarchies du Nil, de TEuphrate et du Tigre. L'Allemagne s'honore du grand ouvrage du chevalier Bunsen sur l'Egypte pharaonique*, œuvre que l'Angleterre s'est appropriée par une bonne traduction, et qui manque
t . Aegypteru Stelle in der Weltgesehiehte (la place de TÊgypte dans rhistoire du monde). Hamburg, 1844-1856. 5 volumes.
à notre littérature Mstortqne. Quoique déjà en arriére sur bien des points, et bien qu'attaqué dans quelques-unes de ses bsses par la critique solide et pénétrante de Mr de Rotigé, le digne successeur de noire illustre Champollion, ce profond travail est de ceux qui restent et font époque.» Dans son Esquisse d'une Philosophie de l'Histoire universelle', le même savant a voulu embrasser en une large synthèse les progrès de la science contemporaine dans ses branches multiples, au point de vue de l'ancienne histoire de la race humaine. Certaines idées préconçues sur les premières périodes chronologiques déparent malheureusement cette œuvre puissante, à laquelle, outre sa valeur propre, plusieurs morceaux considérables, fournis par M. Max MùUer et d'autres savants du premier ordre, sur les questions les plus récentes d'histoire et d'ethnologie générale qui s'agitent dans la science, donnent un intérêt inappréciable. M. Bunsen était un de ces esprits initiateurs dont les témérités mêmes servent encore la science, qu'elles remuent jusqu'en ses dernières profondeurs. En présence de ces belles recherches de l'érudition allemande, on ne peut former qu'un vœu : c'est qu'elles pénètrent promptement dans l'ensemble de nos études générales'. Plus près de nous, il faut citer l'Hérodote annoté de M. George Rawlinson.frèredesirHenril'illustreassyriologuc, et professeur
I. Oullinw of the philotophy of unittrial hisinry. Lond., 18&4, i vol. L'ouvrage a été ëcrii en anglais.
2- 11 Taut citer avec éloge l'essai récent d'un de nos proresseurs universitaires, U. Fëlii Rabiou. Sous le litre d'Hxlloire ancienne dei p«uptu de VOrienI jiuçu'ou d^ul dei guerres médiquet, miti au nitieau de» plui rétmUei diciuverles (1 vol. in-12 de iï-ï64 pages, cbei Do jo'ol) , le travail de U. Babiou a été inspiré par la pensée trèsjuale et très-ulila de faire entrer dès à présent dans le cadre des premières éludes le résultat des recherches de rérudition moderne ea ce qu'elles ajoutent aui notions que renrerment nos leites classiques sur les antiquité* du monde orienlal. Mais retenu encore par certaine* enlrans, l'auteur de s«( eatiinaUe essai y a laissé une grave lacuna, dont il ne semble pas apprécier l'étendue, en n'y faisant pas