VojM ci-dessus le n* 157 de notre biblicgraphie
3. Selon notre profond siDologue H. Stanislas Julien, que nous BVODi consulté sur ce point, l'interprétation du nom des Hiao-tse par Eorants du sot n'est pas /ondée, pbilolagiquement parUnt La particule lit prend bien en eiTet l'acception de fitt dans cartaines composiliODS, mais le mot Hiaon'a pas de sens traduisible. Uiao, ou Hiao-tse, est uoe appellation primordials, dont l'eœpioi dans les annaJes cbi- Doiset remonts, comme on l'a tu, aui plus anciens temps, mais dont le sens nous reate inconnu comme celui du plus grand nombre des anciens noms de peuples. (ff^d.j
3. L'auteur parle ici, autant que nous en pouTonsjuger, principalement d'après les portraits de l'Album chinois, qui pourraient bien
{'lus aacienne que !es Cbinois dans ces provinces du sud, qu'elle en est, eu un mot, la véritable race iadépâudaale. Ls. taille et I» proportioQs générales sont plus petites que chez les Chinois ; le cou est plu!> court, les traita plus ajigulaires. Le degré de civilisation auquel ils sont arrivés est iaQDimeat au -dessous de la civilisatioa chinoise. Oa iguore quelle langue ils parlent; mais les noms qu'ils donnent aui diverses parties du corps, recueillis de la bouche de quelques bateliers de cette race qui vinrent ï Canton il y a quelques années, aussi bien que las mots qui se rapportaient aux différents objets de leurs embarcations, montrent que leur idiome est essentiellement différent du diinois.
« Il y a, dans les parties méridionales de la province de Soue'i-lcheou , de nombreuses stations militaires établies an pied des montagnes, pour tenir en bride les Mîao-tse insoumis '^oi habitent ces régions élevées.
' Le nom de Miao-lse est en usage parmi les Chinois comme appellation générale appliquée k tous les habitants des montagnes ; mais il n'est pas employé parmi les tribus elles-mêmes. Ces tribus sont au nombre de quarante environ, répandues dans les parties montagneuses du Kouang-toung. du Bou-nan, du Kouang-si et du Koueï-tchoou, parlant divers dialectes, et différant entre elles par leurs usages, leur gouvernement intérieur et leur costume. Une de ces tribus, qui habite dans le district de Li-po-bian ', est appelée Yaou-djin, c'est-à-dire les
tire moins desportraiu proprement dits que ilescharga à la maniÈrs ehinoiie. Personne ne nous a (iouné encore une véritable description phjiique de ces montagnards indépendants. S'iU appartiennent, comms il ; a tout lieu de le croire, nui races tibétaines du sud-est , les àttCélences physiques qui les séparent des purs Chinois tiennent moina au lyjw qu'lt la phytionomie et aut caractères accidentels d'une nature «econiioire. Au surplus, nous le répétons, une des recherches qui se FEcommandaut le plus vivement à l'investigation des futurs eiploraleurs, tout à la (ais par son Importance ethnologique et par sa portée tiislorique. est une bonne étude comparée des tribus moniagnardes, iudépeadanies pour ta plupart et plus ou moins sauvages , de tout lé lod-e»! de l'Asie, non seulement des MIao-tse du sud de la Chine, mais des montagnards de l'île de Formose, de ceui de Hai-nsn, des tribus sauvages do Tonkln, de l'Annam, du Laos, du Barmah. etc. , en pOBtsanl jusqu'à l'Himâlaya oriental. (Rèd.)
1. District <lu KaueMcheou, sur les confins du Kouangsi. Un des grands amuenis du Ta-kiang (la rivière de Cauton) descend de ea «liilricl. {nrd.)
hommes sâa7Bges ; et Man qâë de temps! autre le trafic en
amène quelques-uns à Canton, c'est une croyance universellement répandue cLez le peuple de cette ville que les Yaou-djui ont de courtes queues, comme les singes'.
t Us se montrent disposes à vivre en paii avec les habitants do bas paysi mais ils sont armés, et résistent h toute tentative que l'on fait pour pënétrer dans leur retraite. Les Yaou-djin étaient autrefois établis dans le Eouang-si; ils vinrent de U dans le. territoire de Liaii-lcheou ', aux environs du douzième siicle, et ils s'y sont maintenus depuis lors. Les deux stxet portent leurs cheveuï tressés en une touffe sur le sommet de!» tête; jamais ils ne les rasent ni n'en font une longue tresse comme les Chinois. Ils portent de larges vêtements de cotoo et de fil; la plupart ont des pendants aui oreilles. Ils ont presque toujonra maille i partir entre eux", ce qui fait la sûreté dei Chinois, car ceui-ci ne sont guère en état de résister à ces intimides montagnards. En 1833, ils descendirent en armes contre la province, et détruisirent plusieurs corps de troupes envoyés pour les réduire; néanmoins on les décida Gnalement à retourner â leurs retraites, par des offres d'amnistie et des présents accordés à ceux qui se soumettaient.
* Un voyageur chinois chez les Miao-lse dit de ce peuple ; Quelques-uns d'entre eux vivent dans des buttes construite! sur les branches des arbres, ou dans dos cabanes en terre. Leur agriculture est grossière. Ils se procurent des habits chei les gens du bas pays, auxquels ils donnent en échange des métaci et du grain, ou bien ils tissent eux-mêmes leurs étoffes. Chez ces tribus, les cérémonies religieuses sont soigne use me ni DOtâes. aussi bien que ce qui se rapporte au.t mariages et aui funérailles. 11 y a une tribu où c'est la coutume, dés que U mère est assez forte pour quitter sa couche, que le père du nouveau-né se mette au lit et y reçoive les félicitations de ses amis, auiquels il fait voir l'enfant. 11 y a certains jeux de force et d'adresse où les jeunes gens peuvent choisir celle qui sera leur femme. On dit que ce peuple se compose d'une cinquantaine de ir.bus ; mais il est impossible d'évaluer leur force numérique. Nombre de tentatives vigoureuses ont été faites par
1. Cette croyance populaire date de loin; on trouve plus d'un caoU i ce «ujcl chez les anciens voyageurs. (Réd.)
2. Districl maritime du Kouang-loun (Canton), vers l'aitrémité occidentale de !a proiiuce, {Réd.)
princes de la djDsstÎB actuelle pour soumettre ces montajds ; mais toutes ces tenlalives ont échoué, et le gouverneit se borne maintenant ou à les contenir dans leurs mouoes, 00 à tacher, par de boas traitements, de les décider à ir haliiter dans les plaines.
La principale source d'informations que l'on ait sur ces o-lseest une série de dessins fort bien eiéculés, accompa- 3 d'une courte légende. Ces dessins ont un grand cachet de it^, et on peut se former d'après eui une idée nette de ce pie et de ses habitudes.
Les Miao-tse du Kouei-tcbeou ont été longtemps soumis au ivernement chinois; néaumoins, ils n'ont abandonne aucun lears usages. Ce fut contre eux que l'empereur Kièn-long oya un corps de troupes, en 1775. sous les ordres du géaé- Akouï. Après qu'on les eut en partie réduits, l'empereur Tgea un des missionnaires de Péking, le P. d'Arocha, de ar, dans le Kouei-tcheou, une carte du pays appelé Kinonen, et d'en eiaminer les ressources. Ce missionnaire le des routes impraticables, des effrayants précipices, des aracles, des marécages et des rochers inaccessibles qui s'of- ■ent k lui de toutes parts quand il fut entré dans les mounes.
L'auteur chinois du recueil de figures illustrées, après lir résumé suciinclemenl les particularitijs les plus remiiribles parmi celles qui l'awient frappé chez les Miao-tse, ■te aroir mentionné, notamment, l'usage où sont quelques Mu de se creuser pour leur demeure des grottes dans les lien, et d'autres de se construire des abris en bambous u les arbres, ajoute : > Je vis alors qu'il j a dans le monde les choses communes et des choses rares, qu'il ; a des races TÙ ne ressemblent pas h notre peuple; c'est pourquoi j'ai éso)a de consigner dans ce livre les observations que j'ai liteB parmi ces tribus.
[ Cliea quelques-unes d'entre elles, les hommes s'en vont en pnnd nombre sur les montagnes recueillir les sucs résineux [ni découlent de certains arbres; ils les reçoivent dans des abes et les portent aux villes voisines, en échange d'autres ibjets. Dans d'autres tribus, les hommes s'occupent princiuilement de la culture du sol. Les femmes travaillent à la «rre, tissent et 6Ient; quelques-unes savent fabriquer de Tia-fines et très-belles étoffes de soie, de lin, de coton et de aine, très-recherchées des marchands chinois ; il y a de ces
" étoffes dans certains distriols qui se payent des pi « élevés. Il est singulier que les Chinois ne fabriquent
■ lolTes de laine, quand cette industrie existe depuis lo t cheï les Miao-lse. D'autres tribus, au lieu de s'astreii « travaux du sjI, se réunissent plusieurs ensBoible, a
• les voyageurs, et font des descentes dans les plaines
• nir piller les villages chinois.
■ On dit que dans les gorges les plus profondts ( I tagnea il y a des tribus chez lesquelles, outre U » meurtre est habituel, et qui mangent les victimes
■ entre leurs mains.
« Quelques tribus ont !a connaissance des lettres,
• livres chinois, soit de leur propre langage écrit surd t tablettes de bois ou sur des feuilles de palmier. D'i « connaissent ni langue écrite ni calendrier régulier. I sentent le souvenir des événements au mojen di « sculptés ou entaillés. Plusieurs conservent avec gn t des écrits tracés sur le bois en caractères particulier t peuvent avoir beaucoup d'intérêt à cause de leur a
a Un de leurs amusements favoris est une sorte de I grossière produite par le tambour et par une sorte o auxquels se mêlent aussi les castagnettes. Les jeunei « les femmes sont passionnés pour cette musique, pai
■ compagnée de danses, et ils y passent une partie 0 temps.
■ Les femmes sont souvent représeniées avec un U
■ clair et l'air plus intelligent que les bommet. On ( coudre et broder. Elles sont habiles au jeu d'échecs e t beaucoup le jeu de halle. Parmi les jeunes gen
■ qu'elles ont distingué est leur ma-lojtg ou chevalie ( boivent du vin avec lui. Les parents de la jeune fille « tent pas d'empêchement à ces liaisons; cependant on
■ des frères. Dès qu'on se convient mutuellement, les f sont offerts et le mariage est consommé. >
Une lettre récemment écrite par un de nos missîr français'du Yun-nan (elle est datée du 18 juillet 1 que nous trouvons dans le d° 203 (juillet 1863) des de la Propagation de la foi, renferme sur les tribus gnardes dont il vient d'être question quelques n( détails, peb circonstanciés, malheureuseinent, a
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ont au moins le mérite de l'observation personnelle. Le P. Tenouil (c'est le nom du missionnaire) se proposait de se rendre chez les montagnards soumis, qu'on désigne ici sous le nom à^Y-djiny lorsqu'il fut rencontré par un parti de montagnards indépendants gui l'arrêtèrent et le retinrent prisonnier. Sa captivité ne fut pas longue, cependant; après quatre jours d'angoisses et de souffrances, les. barbares, pris de pitié, lui rendirent la liberté.
Dans le récit du missionnaire, les montagnards indépendants ne sont pas appelés Miao-tse; il les désigne sous le nom de Maft-tse, On serait tenté de croire que cette forme ne diffère de l'autre que par une variété de prononciation propre au Yun-nan; mais comme les tribus barbares de la frontière occidentale de cette grande province, appelées Pa-pe par les géograpbies chinoises, se nomment elles-mêmes Moang et appellent le Yun-nan Moang-tchaï *, nous devons avoir là un ethnique réellement indigène, quel que puisse être d'ailleurs son rapport avec celui de Miao. Il y a en tout ceci bien des lacunes à remplir, bien des points obscurs à éclaircir, bien des noti(»ns importantes à compléter, qu'on ne saurait trop signaler à Tattention des explorateurs ou des missionnaires auxquels la position nouvelle où se trouve aujourd'hui la Chine vis-àvis de l'Europe ouvrira l'accès de ces parties extrêmes de l'empire.
Voici ce que le P. Fenouil dit des tribus barbares du Yun-nan :
c Les Man-tse et les Y-dfin (les montagnards soumis) ne font qu'un seul et même peuple ; ils se traitent de frères, et le sont en effet. Toute la différence qui est entre eux consiste en ce que les Y-djIn vivent soumis au gouvernement chinois, lui payent les impôts et reçoivent ses mandarins, tout en conservant une
1. Nous tirons ces indications d*une note de Klaproth, Magasin Asiatique, t. II, p. 250. Paris, 1826.
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autorité entière sur les hommes de leurs tribus. Les Man-tse. au coDtraire, n'ont jamais pu Être domptés. Trop faibles pour résister ani forces de l'empire, ils ont mieux aimé abasdoimer leur pajsque de subir un joug étranger, et se sont retirés sur les moDtagnes qu'on appelle Leaug-cfaaïi, ou les montagnes Froides. Le Leang-chaii, qui forme uo assez vaste plateao sur des hauteurs inaccessibles, se trouve enclavé entce les pro- TÎnces de Se-tcbouan, de TuR-naD et de K.oueï'tcheau ' >.
Urt peu plus loin, le missionnaire met ce discours dans la bouche d'un montagnard MaFi-tse. à propos de leurs incursions: « Nous sa-ïons bien que vous autres Chinois vous nous appe- ■ lei voleurs L't brigcinii; c'rst vous qui oti.-;!-?? voleurs. Toutes t ces terres ont appartenu à nos pères. Ils en avaient tonjoniB c été les maîtres et tes paisibles possesseurs, quand les Chinois < Tinrent les en chasser injustement. Nous étions les pins faic blés, il fallut céder. Mais notre pays ne fut ni vendu ni donné ; € nous venonsen percevoir la rente. Retirez-vous suFTosterrea, • et vous verrez que nous n'irons pas vous y poursuivre. >
158. Tableau de la Cochinehine, par K. Cobtahbbnt et Léoh de RosNTj précédé d'une introduction, par H. le baron Paul de Bourgoing, sénateur. Pans, 1862, grand in-8, xv-349-xiv p. Carte, plans et illuslralions (A. Le Chevalier).
159. Annamdaî quAc Hoa UC, seu Tabula geographica imperii Anamitici. Abauctore Dictionarii latino-anainitici diaposila iTabehd). 1S3S (Paria). Réimprimée en 1863 par ordre de S. Ë. Ugr le comte deChasseloup-Laubat, ministre de la Marine et des Colonies. 1 feuilEe grand'aigle.
160. La Cochinchine française. Elirait d'une lettre de H. H. BlUE- TïAD. ButUlin de la Soc. de gi'ographie, octobre 1862, p. 370-
1. Sur la grande cirle delà Chine deKIaprolli, revue par Ed. Bioi (chez Ben j. Duprat], le Léng-chan se trouve compris dans Us Siuechan, ou montagnes Neigeuses {entre !T et IS degrés de lai. N., Il et 13 degrés de long. 0. du méridiin de Pè-klag). (Rid.)