Tolume in-12, 1861 (chez HacheUe
y ait eu chez lui un peu de fatigue ou de précipitation, soit que le théâtre prêtât moins à ses investigations, la vérité nous oblige à dire que le Voyage à la Cité des Saints perd quelque chose à être rapproché de ses aînés. Le livre parait long, ce qui est un grand défaut, et il n'en sort pas, au total, une bien grande somme d'informations nouvelles. Pour le fond comme pour la forme, il est loin, bien loin de celui de M. Jules Remy sur le même sujet \ M. Burton, comme voyageur et comme savant, est un homme de trop de valeur pour craindre la vérité, et pour que Ton craigne de la lui dire.
Nous la devons aussi à Tabbé Domenech. Il y a en lui deux hommes tout à fait distincts, le missionnaire et le voyageur. Chez le premier, à côté des qualités militantes et de Ténergie morale si nécessaires à ces hommes dévoués qui vont porter la Parole aux peuples barbares, on peut relever souvent certaines idées préconçues qui nuisent à la liberté du jugement, et aussi parfois l'absence ou la faiblesse du sens critique que ne peut guère développer l'éducation un peu concentrée des séminaires ; chez le second, . au contraire, on trouve une faculté d'observation fort remarquable. Entré, bien jeune encore, dans la pénible carrière des missions, M. Domenech a passé près de sept années, de 1846 à 1852, au milieu des tribus à demi civilisées des Prairies, et chez les rancheros à peu près aussi primitifs du Nouveau-Mexique. Pendant sept ans, il a parcouru les immenses plaines du Texas et les territoires avoisinants, vivant de la vie des naturels, partageant leurs •privations et leurs misères, et apprenant ainsi à les connaître comme ont pu le faire bien peu de voyageurs. Il y a cinq ans, M. Domenech publia une relation sous le titre de Journal (fun Missionnaire au Texas et au Mexique • :
1. Voyage au pays des Mormons. Paris, 1860, 2 volumes avec figures (Dentu).