Paris, 1852, 1 volume (Gaume
c'était le récit tout personnel de ses courses,. de ses aventores et de ses souffrances. Sa publication actuelle, beaucoup plus étendue, a aussi un antre caractère : c'est l'exposé de ses observations. Pleines de faits et marquées d'un cachet de vérité qu'on ne peut méconnaître, ces observations ont principalement pour objet les tribus indiennes du Texas et du haut Mexique; elles renferment an véritable trésor de notions positives sur les tribus que l'auteur a fréquentées, sur leurs mœurs, leurs habitudes, leur caractère et leurs croyances, sur leur vie tout entière depuis le premier jusqu'au dernier jour. Pour l'histoire et la nomenclature, H. Domenech a pu s'aider en quelques points des prédeux ouvrages de Schoolcraft et de Catlin, ce qi)i n'ealève rien i la valeur du fond, qui lui est bien personnel. Seulement, nous l'avons déjà dit, nous ne saurions accorder la même approbation sans réserve aux vues historiques développées çà et là, aux spéculations arriérées sur les origines américaines, et à la confiance singulière avec laquelle l'auteur cite des documents d'une nature évidemment apocryphe. Il est heureusement facile de séparer dans le livre ces spéculations plus que hasardées de la partie personnelle et positive, qui est de beaucoup la plus considérable.
Le caractère de ces difTérents ouvrages est essentiellement historique ou ethnologique : nous avons réservé pour notre dernière mention la seule publication qui ait pour la géographie uUe valeur sérieuse. C'est le rapport du lieutenant Ini, du corps des ingénieurs-topographes, sur l'exploratïoii do Rio Colorado de l'Ouest dont il a eu la conduite de 1857 à 18&8Cn° 131). Cette pu bUcaUon ofGcielle du gouvernement de Washington se rattache au vaste ensemble d'études et de reconnaissances que l'autorité centrale a fait .poursuivre depuis vingt ans dans ces territoires lointains de l'Ouest, soit pour en relever la topographie générale et l'hydrographie, soit pour déterminer les lignes projetées
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de chemins de fer entre les ports de l'Atlantique et la Califomie, études qui ont été publiées aux frais du trésor avec une profusion et une perfection d'accessoires scientifiques et artistiques qui font honneur au gouvernement américain. On peut réserver son opinion sur quelques-uns des moyens que les Américains ont mis en œuvre pour entrer en possession de ces territoires de l'Ouest; mais ce qu'on ne saurait contester, c'est la vie que l'arrivée de la race saxonne dans ces parages y a tout à coup répandue, ce senties éléments de civilisation et de prospérité qu'elle y a introduits et qui se développent rapidement, ce sont enfin les acquisitions de toute sorte que la science a retirées, la géographie plus qu'aucune autre, de cette activité fiévreuse que les Américains du Nord portent partout avec eux. La publication du lieutenant Ives est digne de tout point de ses atoées.
Ce qu'on appelle le Colorado de TOuest (pour le distinguer du Colorado du Texas) est le fleuve qui vient déboucher dans le fond du golfe de Californie, après avoir, par lui-même ou ses affluents, arrosé le vaste bassin de llJtah, siège de lÉtat mormon, et la plus grande partie du Nouveau-Mexique. C'est, après l'Orégon, la plus grande artère fluviale de la zone maritime de TOuest. On n'en avait, avant cette exploration, qu'une connaissance fort imparfaite ; aujourd'hui nos cartes en peuvent figurer le tracé exact, ainsi que du pays dont elle porte les eaux à l'Océan. Le rapport renferme en outre des renseignements d'une haute valeur sur les tribus aborigènes, avec un grand nombre de portraits qui n'en sont pas le côté le moins important. Les parties méridionales de ce territoire, celles qu'arrose le Rio Gila (déjà exploré par une expédition antérieure), ont un intérêt particulier par les restes fort remarquables de constructions antiques qu'on y trouve, et par leur liaison à peu près certaine avec les traditions primitives des Azteks mexicains.