‹ L'Année géographiqueChapitre 98 sur 236 · CANADA · texte numérisé non relu

CANADA

252. A. Hehyâ et F. Db Lamoyi. Voyages dans les glaces du pAle arctique. Paris, 1863 (déc. 1862], petit iii-8*, 271 pages. Carte et illustrations.

§ 4. Le Canada.

Aux deux côtés du Saint-Laureut, bordant le cours inférieur du fleuve et le golfe où ses eaux débouchent, dans le bas Canada et dans la province qui a perdu son premier nom d'Âcadie pour prendre le nom anglais de New Scotland ou Nouvelle-Ecosse, il y a encore aujourd'hui un million de colons qui sont restés Français par le cœur, Tesprit, les habitudes et la langue, malgré le traité néfaste qui les livra, il y a un siècle, à la couronne d'Angleterre. Aussi, tout ce qui touche au développement économique, aussi bien qu'à Thistoire de ces populations canadiennes, a-t-il gardé pour nous un intérêt presque national. A ce titre, nous devons signaler d'une manière toute spéciale le remarquable rapport de M. Jules Duval (n® 233) sur un très-bon livre de M. Rameau, un rapport comme M. Duval sait les faire, pris de haut et rempli de solides considérations exprimées dans un langage excellent; à ce titre encore, ce n'est pas sortir de notre cadre que de mentionner le travail sur l'histoire du Canada sous la domination de la France (n*" 235) dont M. Dussieux, professeur d'histoire à l'école de Saint-Cyr, vient de donner une deuxième édition (la première est de 1855). L'auteur a inscrit en tête de son livre ces paroles de Chateaubriand : € En parlant du Canada et de la Louisiane, en regardant sur les vieilles cartes retendue des anciennes colonies françaises en Amérique, je me demandais comment le gouvernement de mon pays avait pu laisser périr ces colonies qui seraient aujourd'hui pour nous une source inépuisable de prospérité. »

La pensée tout entière du livre de M. Dussieux est conl'aniiêe gécgb. 21

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tenue daiis ces Ugnes; elles en renferment aussi la mortlité. C'est en effet une' triste et navrante histoire que le tableau de la déplorable administration, de la profonde incurie, des fautes et des malversations de tout genre que ne purent conjurer la bravoure d'une poignée de soldats et le dévouement de leur noble chef, l'infortuné marquis de Montcalm, et qui eurent pour dernier résultat la perte de notre colonie, abandonnée aux Anglais par le traité de Paris de 1763. Louis XV et son ministre se félicitaient d'un résultat qui les affranchissait de lourdes charges et les délivrait d'une lutte trop forte pour eux ; les contemporains eux -mômes et les politiques à courte vue applaudissaient à un événement dont ils ne voyaient que l'effet immédiat. Nul alors ne savait ou ne voulait voir que notre expulsion du Canada, précurseur assuré de la perte de la Louisiane, en livrant tout le nord de l'Amérique à nos éternels rivaux, n'était rien moins que Tabdication de la part d'influence que la France devait conserver sur la civilisation et les destinées politiques du nouveau continent, au nom des races latines dont elle représente le plus complètement aujourd'hui l'esprit et les traditions.

L'ouvrage se renferme, à vrai dire, dans les huit années qui commencent avec la guerre de 1755 et se dénouent par le traité de 1763. M. Dussieux s'est seulement proposé, dans quelques chapitres préliminaires, de tracer un court aperçu du pays et de ses tribus aborigènes, et d'en esquisser rapidement la découverte et la colonisation. Cette première partie du livre est uniquement basée sur les Mémoires de Champlain et l'ouvrage classique du P. Charlevoix; mais à partir de 1755, le récit a principalement pour base une longue série de documents inédits puisés dans nos archives. La partie la plus importante de ces pièces inédites est imprimée dans un appendice qui occupe près de la moitié du volume.

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