‹ L'Année géographiqueChapitre 99 sur 236 · AMERIQUE ANGLAISE · texte numérisé non relu

AMERIQUE ANGLAISE

$ S. Territoires de la Gomptgnie de la baie d'Hadton, entre le Canada

et lea montagnes Roehenaes.

Les tristes solitudes qui figurent sur nos cartes sous le nom de Territoires de la Compagnie de la baie d'Hudson, entre les territoires américains du haut Missouri et les plages glacées de la mer Polaire, étaient fort imparfaitement connues il y a cinq ans, lorsqu'une expédition y fut envoyée, sous la conduite de M. Palliser, pour en reconnaître d'une manière plus précise la disposition et les conditions physiques, en vue des communications futures qu'on y pourrait établir entre les territoires anglais du fleuve Saint-Laurent et ceux de la c6te nord-ouest de TAmérique.

Les résultats de cette expédition sont connus par les rapports du capitaine Palliser lui-même et par une relation de M. Hind, le géologue de la commission; elle a beaucoup ajouté aux maigres notions que Ton avait eues jusqu'alors sur une contrée dont les vastes espaces n'avaient guère été parcourus que par les trappers de la Compagnie ^ Quoique par sa date (1860) cette relation sorte de nos limites actuelles, nous avons dû la rappeler ici parce que sans aucun doute elle deviendra le point de départ d'investigations et de relations ultérieures.

Dès aujourd'hui, nous y pouvons noter un intéressant mémoire d'un des membres de l'expédition Palliser, M. James Hector, sur les Indiens vus par la commission (n* 238). On en distingue deux classes : les chasseurs des prairies et les chasseurs des bois. Cette distinction ne tient pas aux nationalités, mais au genre de vie. Les peuples que l'expédition a vus et étudiés sont les Crîs (Crées), les plus nombreux de tous et les plus répandus; les Stoneys^

1. Voy. le 1. 1 du Tour du Monde, n'* 18 et 19, p. 273 et suir.

364 ABféRIQUE.

OU Pierreux, épithète dont on a fait un nom propre, et qui dérive évidemment des montagnes Rocheuses dont ces Indiens occupent les pentes orientales; les Pieds-Noirs (Blackfeet), autre sobriquet également créé par le traitants européens; et enfin les Koutanls (Kootanie) etlesChousouap (Shouswap), également à la pente orientale des montagnes Rocheuses. Ce morceau est un bon appendice ethnologique aux rapports du capitaine Palliser et à la relation de M. Hind.

§ 3. La Colombie britannique [Briiitk Columbh) et nie Vancouver.

La partie des ci-devant Territoires de la baie d*Hudson située à l'ouest des montagnes Rocheuses, entre cette grande chaîae primitive et l'Océan, a été élevée récemment au rang de territoire particulier relevant de la couronne, sous le nom de Colombie Britannique, en y rattachant, comme une colonie distincte, la g^^ande île de Vancouver, qui s'étend en avant de la côte sur une longueur de trois cents milles anglais. Cette distinction a eu pour origine la découverte des gisements d*or dans le bassin de la rivière Fraser (fleuve qui recueille toutes les eaux de la Colombie anglaise}, gisements dont la richesse s'est trouvée égale aux placers les plus favorisés de la Californie. Une armée d'immigrants s'est immédiatement précipitée vers ce nouvel Eldorado, et l'on peut juger jusqu'à quel point les esprits s'en sont préoccupés en Angleterre depuis deux ou trois ans, par le nombre de mémoires, de Guides^ de rapports officiels et même de gros volumes que nous avons eu à enregistrer en tête de cette section. Le gouvernement, et avec lui les esprits prévoyants et sages, ont envisagé cette nouvelle colonie non pas seulement au point de vue temporaire de la recherche de l'or, mais au point de vue plus durable de l'exploitation agricole ou pasto-

Page 1