E» SOUVENIR ÉTERNEL
(1) D. G. M. supremo eœli terrœqae imperatori, per qaein reges régnant; Virginî Deiparse immaculatœ eoDceptœ, per qnam prioci' pes imperant, i^pMuliaren Demmani Aiutriœ Patronam aîBgalari
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L'Espagne dépassa tous les états cathoHques par son zèle pour le privilège de Marie. Dès Tannée 1398^ Jean !««•, roi d'Aragon, donnait une charte solennelle pour mettre sa personne et son royaume sous la protection de Marie conçue sans péché. Plus tard, Jes rois Philippe III et Philippe IV faisaient partir pour Rome des ambassades qui sollicitaient en leur nom la solennelle décision que le ciel, dans sa miséricorde, avait réservée pour nos temps. Charles ÎII, au siècle dernier, obtenait de Clément XHÏ que la Conception immaculée devînt la fête patronale des Espagnes. Les habitants du royaume Catholique inscrivaient sur la porte ou sur la façade de leurs maisons la louange du privilège de, Marie; ils se saluaient, en le prononçant dans une formule touchante. Marie de Jésus, abbesse du monastère de Flmmaculée-Conception d'Agréda, écrivait son livre de la Cité mystique de Dieu^ dans leqpiel Murillo s'inspirait pour produire le chef-d'œuvre de la peinture espagnole.
Mais il ne serait pas juste d'omettre, dans cette énumération des hommages rendus à Marie immaculée, la part immense qu'a eue l'Ordre Séraphique au triomphe terrestre de cette auguste souveraine de la terre et des cieux. Le pieux et profond docteur Jean Duns Scot, qui le premier feut assigner au dogme de la Conception immaculée le rang qu'il occupe dans la divine théorie de l'Incarnation du Verbe, ne méritet-il pas d'être nommé aujourd'hui avec l'honneur
pietate snsceptae, se, libéras, populos, exercitus, provincias, omnia deniqae confiait, donat, consecrat, et in perpetuam rei memoriara, stataam hanc ei Toto ponit Ferdinandus III. Augnstus.
qui lui est dût Et toute TÉglige nVt-elIe pas applaudi à Faudience sublime que reçut du Pontife la grande famille des Frères Mineurs^ au moment où toutes les pompes de la solennelle proclamation du dogme paraissant accomplies, Pfe IX y mit le dernier sceau en acceptant des mains de Tordre de Saint - François rhommage touchant et les actions de grâces que lui offrait TÉcole scotiste, après quatre siècles de savants travaux en faveur du privilège de Marie ?
En présence de cinquante -quatre Cardinaux^ de quarante-deux Archevêques et de quatre-vingt-douze Évèques; sous les regards d'un peuple immense qui remplissait le plus vaste temple de Tunivers, et avait joint sa voix pour implorer la présence de TEsprit de vérité, le Vicaire du Christ venait de prononcer Tora-. cle attendu depuis des siècles; le divin sacrifice avait été offert sur la Confession de saint Pierre ; la main du Pontife avait orné d'un splendide diadème limage de la Reine immaculée; porté sur son trône aérien et le front ceint de la triple couronne, il était arrivé près du portique de la basilique. Là, prosternés à ses pieds, les deux représentants du Patriarche Séraphique arrêtèrent sa marche triomphale. L'un présentait une branche de hs en argent; c'était le Général des frères Mineurs de l'Observance ; une tige de rosier chargée de ses fleurs de même métal brillait aux mains du second.; c'était le Général des frères Mineurs Conventuels. Lis et roses, fleurs de Marie, pureté et amour symbolisés dans cette offrande que rehaussait la blancheur de l'argent, pour rappeler le doux éclat de l'astre sur lequel 3e refléchit la lumière du soleil : car Marie a est belle
comme la lune^ » nous dit le divin Cantique (vi. 9). Le Pontife ému daigna accepter le don de la famille Franciscaine, de qui Ton pouvait dire en ce jour, comme de Fétendard de notre héroïne française, « qu^ayant été à la lutte, il était juste qu'elle fût aussi « au triomptie. x> Et ainsi se terminèrent les pompes si imposantes de cette grande matinée du viii décembre MDCCCLIV.
C'est ainsi que vous avez été glorifiée sur la terre en votre Conception Immaculée, ô vous la plus humble des créatures! Mais comment les hommes ne mettraient-ils pas toute leur joie à vous honorer, divine aurore du Soleil de justice? Ne leur apportez-vous pas, en ces jours, la nouvelle de leur salut? N'êtesvous pas, 6 Marie, cette radieuse espérance qui vient tout d'un coup briller au sein même de l'abîme de la désolation? Qu'allions-nous devenir sans le Christ qui vient nous sauver? et vous êtes sa Mère à jamais chérie, la plus sainte des créatures de Dieu, la plus pure des Vierges, la plus aimante des Mères l
0 Marie! que votre douce lumière réjouit délicieusement nos yeux fatigués ! De génération en génération, les hommes se- succédaient sm* la terre; il regardaient le ciel avec inquiétude, espérant à chaque instant voir poindre à l'horizon l'astre qui devait les^ arracher à l'horreur des ténèbres; mais la mort avait fermé leurs yeux, avant qu'ils eussent pu seulement entrevoir l'objet de leurs désirs. Il nous était réservé de voir votre lever radieux, ô brillante Étoile du matin! vous dont les rayons bénis se réfléchissent sur les^ ondes de la mer et lui apportent le calme après une
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nuit d^orages. Ohî préparez nos yeirc à contempler Téclat vainqueur du fivm Soleil qui marche à votre suite. Préparez nos cœurs; car c'est à nos cœurs qu'il veut se révéler. Mais, pour mériter de le voir, il est nécessaire que nos cœurs soient purs; purifiez-les, ô vous, rimmaculée, la très-pure ! Entre toutes les fêtes que l'Église a consacrées à votre honneur, la divine Sagesse a voulu que celle de votre Conception sans tache se célébrât dans ces jours de l'Avent; afin que les enfants de l'Église, songeant avec quelle divine jalousie le Seigneur a pris soin d'éloigner de vous tout contact du» péché, par honneur pour celui dont vous deviez être la Mère, ils se préparassent eux-mêmes à le recevoir par le renoncement absolu à tout ce qui est péché^ et affection au péché» Aidez-nous, ô Marie ! à opérer ce grand changement. Détruisez en nous, par votre Conception Immaculée, les racines de la cupidité, éteignez les flammes de la volupté, abaissez les hauteurs de la superbe. Souvenez-vous que Dieu ne vous a choisie pour son habitation, qu'afin de venir ensuite faire sa demeure en chacun de nous.
O Mariet Arche d'Alliance, formée d'un bois incor*ruptible,^ l'evêtue de l'or le plus pur, aidez-nous à corre^ondre aux desseins ineffables du Dieu gair après s'être glorifié dans votre pureté incomparable, veut maintenant se glorifier dans notre indignité, et ne nous a arrachés au démon que pour faire de nous son temple et sa demeure la plus chère. Venez à notre aide, ô vous qui, par la miséricorde de votre Fils, n'avez jamais connu le péché ! et recevez en ce jour nos hommages. Car vous êtes l'Arche de Salufc
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qtd surnage seule sur les eaux du déluge universel; là blanche Toison rafraîchie par la rosée du ciel, pendant que la terre entière demeure dans la sécheresse ;: la Flamme que les grandes eaux n'ont pu éteindre; le Lis qui fleurit entre les épines; le Jardin fermé au Serpent infernal; la Fontaine scellée^ dont la limpidité ne fut jamais troublée; la Maison du Seigneur, sur laquelle ses yeux sont ouverts sans cesse, et dans laquelle rien de souillé ne doit jamais entrer; la Cité mystiquerfon/ on raconte tant de merveilles. (Ps. lxxxvi.) Nous nous plaisons à redire vos titres d'honneur, ô Marie ! car nous vous aimons; et la gloire de la Mère est celle de& enfants. Continuez de bénir et de protéger ceux qui honorent votre auguste privilège , vous qui êtes conçue en ce jour; et bientôt naissez, concevez l'Emmanuely^ enfantez-le et montrez-le à notre amour.