‹ L'Année liturgique. L'aventChapitre 129 sur 149 · DE LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

DE LA SAINTE VIERGE

Ce jour qui est le huitième à partir de celm où nous ^voDS célébré Tlmmacuiée Conception de Marie, s'appelle proprement l'Octave; tandis que les jours précédents étaient désignés simplement sous le nom de Jours dam l'Octave. L'usage de célébrer durant une semaine eny^ère les principales Fêtes, est du nombre de ceux qui ont passé de la Synagogue dans l'Église chrétienne. Le Seigneur avait dit dans le Lévitique : Le premier jour de la fête sera le plus solennel et le plus saint; vous ny ferez aucune œuvre servile. Le huitième jour sera amsi très-solennel et trèS'Saint; vous y offrirez un holocauste au Seigneur ; ce sera un jour d'assemblée y et vous n'y ferez point non plus d'œuvre servile. Nous lisons pareillement dans les Livres des Rois, que Salomon ayant convoqué tout Israël à Jérusalem, pour la Dédicace du Temple, ne renvoya le peuple qu'au huitième jour.

Les Livres du Nouveau Testament nous apprennent que cette coutume était encore observée au temps de Notre - Seigneur , qui autorisa par son exemple ce genre de solennité. En effet, il est dit dans saint Jean que Jésus vint une fois pi'endrepart àqaelqu'unc des Fêles de la Loi , seulement au milieu de FOctave, Die

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festo mediante; et le même Ëvangéliste remarqae dans un autre endroit, que lorsqu'on entendit le Sauveur, dans la fête de Pâques, crier au peuple : Que celui qui a soif vienne à moi , et il se désaltérera , ce jour était le dernier jour de la fête , le jour de Y Octave ; In novissimo die.

Dans rÉglise chrétienne, on solennise deux sortes d'Octaves : les Octaves privilégiées, et les Octaves non privilégiées. Les premières sont si solennelles, qu'il n'est pas permis d'y célébrer les Fêtes des Saints qui viendraient à s'y rencontrer; on les transfère après Y Octave. 11 est défendu pareillement d'y dire la Messe des Morts , si ce n'est en présence du corps d'un défunt qu'il faut inhumer. Les Octaves non privilégiées admeir tent les fêtes qui se rencontrent, pourvu qu'elles soient du degré semi-double et au-dessus; mais, dans ce cas, on fait toujours mémoire de l'Octave, dans l'Office et à la Messe de la Fête qui s'est trouvée l'emporter sur rOctave ; à moins que cette dernière Fête ne fût ellemême d'un degré tout à fait supérieur.

L'Octave de l'Immaculée Conception , la première des Octaves qui se rencontre sur le Cycle, n'est pas privilégiée. Elle cède, non seulement au Dimanche, mais aux fêtes de saint Damase et de sainte Lucie, et aux diverses fêtes locales du même degré.

Saluons encore une fois le haut Mystère de Marie conçue sans péché ; notre Emmanuel aime à voir glorifier sa mère. N'est-ce pas pour lui qu'elle a été créée, pour lui que le lever radieux de cet astre si pur a été préparé de toute éternité. Quand nous exaltons la Conception immaculée de Marie , nous rendons hon-

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nenr à la divine Tncarnation. Jésus et Marie sont inséparables; Isale nous l'a dit: Elle est la branche ^ il est la fleur.

Grâces vous soient donc rendues, ô Emmanuel, qui avez daigné placer notre existence dans les jours où fut proclamé sur la terre le privilège dont vous avez embelli le premier instant de la vie de celle à qui vous deviez emprunter la nature humaine ! votre sainteté infinie a brillé d'un nouvel éclat à nos regards ; et nous avons mieux compris Tharmonie de vos mystères. En même temps, nous avons senti qu'appelés nous-mêmes à contracter avec vous les liens les plus intimes en cette vie , et à vous contempler en l'autre face à face , nous devions tendre à nous purifier de plus en plus de nos moindres taches. Vous avez dit : «Heureux ceux « dont le cœur est pur; car ils verront Dieu; » la Conception immaculée de votre Mère nous révèle à son tour les exigences de votre souveraine sainteté. Daignez, ô Emmanuel , par l'amour qui vous a porté à la préserver du souffle de l'ennemi, prendre en pitié ceux dont elle est aussi la mère. Voici que vous venez à eux; dans quelques jours ils oseront aborder votre berceau. Les suites du péché d'origine sont encore visibles en eux, et pour comble de malheur, ils ont ajouté leurs propres fautes à la prévarication de leur premier père ; purifiez, ô Jésus , leurs cœurs et leurs sens, afin qu'ils puissent paraître devant vous, lis savent que nulle créature n'atteindra jamais à la sainteté de votre mère ; mais ils vous demandent le pai^don, le retour de votre grâce, l'aversion du monde et iB ses maximes, la persévérance dans votre amour,

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0 Yous^ qui êtes le Miroir créé de la justice diviDe^ plus pure que les Chérubins et les Séraphins, en re* tour des hommages que notre génération vous a offerts au jour fortuné où la gloire de votre Conception immaculée a été proclamée aux applaudissements de toute la terre ; daignez épancher sur nous ce trésor de tendresse et de protection que vous teniez en réserve pour cette heure si longtemps attendue. Le monde ébranlé jusqu'en ses fondements appelle^ pour se raffermir, le secours de votre main matenielle. L^enfer a déchaîné sur la race humaine les plus redoutables de ces esprits de malice qui ne respirent que blasphème et destruction; en môme temps TÉglise de votre fils ressent en elle une jeunesse nouvelle, et la semence de la parole divine se répand et germe en mille endroits ; une lutte formidable est ouverte, et souvent nous serions tentés de nous demander qui devra remporter, et si le dernier jour du monde n'est pas sur le point de se lever?

0 Reine des hommes , Tastre de votre Conception immaculée n'aurait -il brillé au ciel que pour éclairer des ruines? Le signe annoncé par Jean le Bien- Aimé, la Femme qui paraît au ciel revêtue du soleil^ le front ceint d'un diadème de douze étoiles, et foulant le croissant sous ses pieds, ce signe n'a- 1 -il pas plus d'éclat, plus de puissance, que Tare qui se dessina sur le ciel pour annoncer l'apaisement de la colère divine, ^ux jours du déluge? C'est une Mère qui luit sur nous, qui descend vers nous pour consoler et pour guérir. C'est le sourire du ciel miséricordieux à la terre malheureuse et coupable. Nous

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avons mérité le chAtiment; la divine justice nous a éprouvés , elle a le droit d'exiger d'autres expiatioiw encore; mais elle se laissera fléchir. La nouvelle effusion de grâces que le Seigneur a répandue sur le monde^ au grand jour dont nous célébrons la mémoire^ ne demeurera pas stérile ; nous entrons dès-lors dans une autre période. Marie que Thérésie blasphémait depuis plus de trois siècles descend vers nous pour régner; elle vient porter le dernier coup aux erreurs dont les nations ont été trop longtemps séduites; elle fera sentir son pied vainqueur au dragon qui s'agite avec tant de rage^ et le divin Soleil de justice dont elle est revêtue versera sur le monde renouvelé les flots d'une lumière plus brillante et plus pure que jamais. Nos yeux ne verront pas encore ce jour; mais déjà nous en pouvons saluer l'aurore.

Au siècle dernier, un serviteur de Dieu que l'Église a depuis placé sur les autels, votre dévot serviteur, ô Marie , Léonard de Port-Maurice désignait l'époque de votre triomphe futur comme celle où le monde doit recouvrer la paix. Les agitations au milieu desquelles s'écoule notre existence sont le prélude de cette heureuse paix, au sein de laquelle la divine parole pourra parcourir le monde sans entraves , et l'Église de la terre cueillir sa moisson pour l'Église du ciel. 0 Mère de Dieu, le monde fut agité aussi dans les temps qui précédèrent votre enfantement divin; mais la paix régnait par toute la terre, lorsque , dans Bethléhem vous lui donnâtes son Sauveur. En attendant Theure où vous dépioyerez la foi-ce de votre bras, assistez-nous, dans les touchants anniversaires qui se préparent; rendez-nous

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purs et sans aueune tache, en cette nuit glorieuse au sein de laquelle va sortir de vous Jésu&€hrist , Fils de Dieu, Lumière éternelle.

PROSE EN l'honneur DE LA SAINTE VIERGE. {Tirée des anciens Missels Romains- Français.)

Cor devotum elevetur, Ut dévote celebretur Virgin is Conceptio.

Mens amore înflammetur Et amor't copuletur Laus et jubilatio.

Haec concepta miro more Est ut rosa cum nitore.

Est ut candens lilium.

Ut fructusexit a flore.

Est producta cum pudore, Prœ venta per Filium.

Sicut ros non eorrumpitur, Quando in terra gignitur Ëlemenli robigine;

Sic Virgo non inficitur, Cum in maire concipitur, Original i cri mine.

Nos ergo dulci carminé, Laudemus in bac Vii]gine Conceptum sine nubilo.

Hanc conceptam ex semine, Et mundam ab origine, Laudct chorus cum jubilo.

Ut mota dulci mddulo, Nos servet in boc seculo Mundos ab omni crimine.

Et in mortis articalo, Libcret a periculo Et iiiferni voragine.

Amen.

Élevez -vous, cœurs pieux, pour célébrer dévotement la Conception de la Vierge.

Que d*amour Tâme s'embrase, et qu'à l'amour s'unissent louange et jubilation.

En sa merveilleuse Conception elle est comme la rose en son éclat; elle est comme le lis en sa blancheur.

Comme le fruit sort de la fleur, elle apparaît avec pu* deur ; son Fils Ta devancée de sa grâce.

Comme de la terre s'élève la rosée, sans être souillée par la poudre grossière;

Ainsi, dans le sein maternel, la Vierge est conçue sans être flétrie de l'originelle souillure.

Donc, en des hymnes suaves, chantons, en cette Vierge, une Conception sans nuage.

Conçue comme les autres mortels, et pure dès son origine, chœurs, chantez-la dans voti*e joie;

Afin qu'énme de nos doux accents, elle nous garde en ce siècle, exempts de tout péché;

Et qu'à l'article du trépas, elle nous délivre du péril et de»

gouffres de l'enfer.

Amen.

LTTURGIOUE.

PRIÈRE POUR LE TEMPS DE L'aYENT.

{Bréviaire Mozarabe, /F* Dimanche de VAvent, Oraison.)

Seigneur, la parole du Prophète a fait entendre au monde des choses nouvelles et inouïes :

elle a annoncé que le salut des créatures aurait lieu au moyen du prodigieux * enfantement d'une Vierge. Maintenant donc que l'Église, remplie de joie, s'apprête à recevoir dans la dévotion du cœur l'admirable mystère de l'Incarnation, nous vous prions de lui faire la grâce de célébrer la louange du Verbe incarné dans un cantique nouveau et<]ui soit accepté; afin que celui dont la gloire est chantée jusqu'aux extrémités de la terre., voie aussi sa volonté accomplie par les fidèles, dans le monde entier. Amen.

Nova et inaudita sunt^ Domine, quae propheticus sermointonuitmundo:quod novo Virginis partu salvatio exorietur creaturarum ; eujus admirabile incarnationis mysteriuoi quia de vota cordium susceptione Ëcdesia suscipit laetabunda ; quaesumus, ut in laudem ejus et nova illi cantica déférât et accepta ; ut, cujus^ laus ab extremis terrse concinitur, ejus voluntas in toto mundo a fîdelibus impleatur. Âmen.

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