‹ L'Année liturgique. L'aventChapitre 140 sur 149 · ORATIO · texte numérisé non relu

ORATIO

Domine Jesu Chrisfe, qui posuisti in capite Martyris tui Thomaî Apostoli coronam de lapide pretioso, in fuodiiinento fuudatam; ut non confundatur , quia in tecredidit; coronetur, quia pro te animam posuit : sit ergo intercessionibus ejus in nobis famulis tuis Fides vera , qua te etiam coram persecutoribus promptisfiima devotione conâteainur : quatenus interveniente tanto Martyre, coram te et Angelis tuis minime confundamur.

Domini palpa to latere,bonorum assecutus es summitatem; nam velut spongia hinchausislilatices,fontem bonorum, seternamque potasti vitam, mentions exfiellens ignorantiam , divinaque Dei cognitionis

Quand ta main toucha le côté du Seigneur, tu trouvas le comble de tous les biens ; car ainsi qu'une éponge mystique, tu en exprimas de célestes liqueurs, tu y puisas la vie éternelle , bannissant toute ignorance dans les âmes, et faisant

LITU&GIQUE.

couler comme de source les dogmes divins de la connaissance de Dieu.

Par ton incrédulité et par ta foi tu as rendu stables ceux qui étaient dans la tentation , en

Sroclamant le Dieu et Seigneur e toute créature, incarne pour nous sur cette terre, crucifié , soumis à la mort , percé de clous, et dont le côté fut ouvert par une lance , afin que nous y puisions la vie.

Tu as fait resplendir la terre des Indiens d'un vif éclat , ô très-saint, ô Apôtre contemplateur de la divinité ; après avoir illuminé ces peuples et les avoir rendus enfants de la lumière et du jour, tu renversas les temples de leurs idoles par la vertu de TEsprit-Saint , et tu les fis s'élever, ô très-prudent, jusqu'à la charité de Dieu, pour la louange et la gloire de l'Ëgiise , ô bienheureux intercesseur de nos âmes.

0 contemplateur des choses divines, tu fus la coupe mystique de la Sagesse du Christ !

ô Thomas Apôtre, en qui se réjouissent les âmes des fidèles !

tu retiras les peuples de l'abîme de l'ignorance avec les filets du divin Esprit; c'est pourquoi, tn as coulé semblable à un fleuve de charité , épandant sur toute créature comme une source d'eau vive tes enseignements divins. Percé aussi de la lance en ton propre côté, tu as imité la Passion du Christ et revêtu l'immortalité; supplie-le d'avoir pitié de nos âmes.

dogmata scaturire faci eus.

Tua incredulilate et tua fidestabilisti tentâtes, nunciare incipiens omnis creaturœ Deum ac Dominum, carne pro nobis in terris indutum, crucem mortemque subeuntera, clavis perforatum, eu jus lancea latus apertum , ex quo vitam haurimus.

Indorum omnem terram fulgere fecisti^ sacratissime, ac Deum videns Apostole ; cum enim illuminasses filios luminis et diei, horum, in Spiritu , sapiens , idolica evertisti templa, et sublimasti eos in charitate Dei, ad laudem et gloriam Ecclesiœ, béate intercessor pro animabus nostris.

Divina videns, ChristiSapientiœ spiritualis demonstratus es crater mysticus , 0 Thoma Apostole, in quem fidelium animœ laetantur, et Spiritus sagena populos eruisti ex, abysso ignorantiae : undé ex Sion sicut fluvius devenisti charitatis , tua diviua scaturire faciens dogmata in omnem creaturam. Christi passioncs imitatus, latere pro ipso perforatus , induisti immorlalitatem : illum deprecare misereri animabus nostris.

Glorieux Apôtre Thomas, vous qui avez amené au

Christ un si grand nombre de nations infidèles ; c'est à vous maintenant que s^adressent les âmes fidèles, pour que vous les introduisiez auprès de ce même Christ qui ^ dans cinq jours, se sera déjà manifesté à son Église. Poiu* mériter de paraître en sa divine présence, nous avons besoin, avant toutes choses, d'une lumière qui nous conduise jusqu'à lui. Cette lumière est la Foi : demandez pour nous la Foi. Un jour, le Seigneur daigna condescendre à votre faiblesse, et vous rassurer dans le doute que vous éprouviez sur la vérité de sa Résurrection; priez, afin qu'il daigne aussi soutenir notre faiblesse, et se faire sentir à notre cœur. Toutefois, ô saint Apôtre, ce n'est pas une claire vision que nous demandons, mais la Foi simple et docile ; car celui qui vient aussi pour nous vous a dit en se montrant à vous : Heureux ceux qui n'ont pas vu, et gui cependant ont cru! Nous voulons être du nombre de ceux-là. Obtenez- nous donc cette Foi qui est du cœur et de la volonté, afin qu'en présence du divin enfant enveloppé de langes et couché dans la crèche, nous puissions nous écrier aussi : Mon Seigneur et mon Diml Priez, ô saint Apôtre, pour ces nations que vous avez évangélisées, et qui sont retombées dans les ombres de la mort. Que le jour vienne bientôt où le Soleil de justice hiira une seconde fois pour elles. Bénissez les efforts des hommes apostoliques qui consacrent leui's sueurs et leur sang à Tœuvre des Missions; obtenez que les jours de ténèbres soient abrégés, et que les régions arrosées de votre sang voient enfin commencer le règne du Dieu que vous leur avez annoncé et que nous attendons.

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LE MÊME JOUR

V* ANTIENNE

0 Orient ! splendeur de la lu- 0 Oriens , splendor luci»

mière éternelle! Soleil de jus- sternse, ctSoljustiti8e;Teni

tice ! venez, et illuminez ceux et illumina sedenles ia te^

qui sont assis dans les ténèbres nebris, et umbra mortis. ei dans l'ombre de la mort.

Divin Soleil f 6 Jésus ! vous venez nous arracher à la nuit étemelle ; soyez à jamais béni ! Mais combien TOUS exercez notre foi, avant de luire à nos yeux dans toute votre splendeur! Combien vous aimez à voiler vos rayons, jusqu'à Tinstant marqué par votre Père céleste, où vous devez épanouir tous vos feux ! Voici que vous traversez la Judée; vous approchez de Jérusalem; le voyage de Marie et de Joseph approche de son terme ; sur le chemin, vous rencontrez une multitude d'hommes qui marchent en toutes les directions, et qui se rendent chacun dans sa ville d'origine, pour satisfaire à l'Édit du dénombrement. De tous ces hommes, aucun ne vous a soupçonné si près de lui, ô divin Orient/ Marie, votre Mère , est estimée par eux une femme vulgaire; tout au plus, s'ils remarquent la majesté et l'incomparable modestie de cette auguste Reine, sentiront-ils vaguement le contraste frappant entre une si souveraine dignité et une condition si humble; encore ont-ils bientôt oublié cette heureuse rencontre» S'ils voient avec tant d'indifférence la Mère, le Fils non encore enfanté à la lumière visible, lui

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donneront- ils une pensée ? Et cependant ce Fils, c'est vous-même, 6 Soleil de Justice! Augmentez en nous la Foi, mais accroissez aussi l'amour. Si ces hommes vous aimaient, ô Libérateur du genre humain, vous vous feriez sentir à eux; leurs yeux ne vous verraient pas encore, mais du moins leur cœur serait ardent dans leur poitrine, et ils vous désireraient, et ils hâteraient votre arrivée par leurs vœux et leurs soupirs. O Jésus! qui traversez ainsi ce monde que vous avez fait, et qui ne forcez point l'hommage de vos créatures, nous vouions vous accompagner dans le rest^ de votre voyage; nous baisons sur la terre les traces bénies de» pas de celle qui vous porte en son sein; nous*ne voulons point vous quitter jusqu'à ce que nous soyons arrivés avec vous à l'heureuse Bethléhem, à cette Maison du Pain, où enjBn nos yeux vous verront, 6 Splendeur étemelle, notre Seigneur et notre Dieu!

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