DIMANCHE DE L'A VENT
Ce Dimanche, le premier de FADiiée Ecclésiastique^ est appelé, dans les chroniques et les chartes du moyenâge, le Dimanche Ad te levaviy à cause des premiers mots de TEntroït, ou encore le Dimanche Aspiciens a Umgey à cause des premières paroles d'un des Répons de rOfiSce de Matines.
La Station (1) est à Sainte-Marie-Majeure; c'est sous les auspices de Marie , dans Tauguste Basilique qui garde la Crèche de Bethléhem, et qui pour cela est appelée, dans les anciens monuments, sainte Marie ad Prœsepe, que l'Église Romaine recommence chaque année le Cycle sacré. U était impossible de choisir un lieu plus convenable pour saluer l'approche du divin Enfantement qui doit enfin réjouir le ciel et la terre,
(1) Les Stations marquées au Missel Romain, pour certains jours de Tannée, étaient autrefois des Processions dans lesquelles tout la Clergé et tout le peuple se rendaient à une Église désignée pour cet effet, et y célébraient TOffice de la Messe. Cet usage, qui remonte aux premiers temps de PÉglise Romaine, et dont saint Gré-goire le Grand n*a été que le restaurateur, existe encore aujourd'hui dans un certain degré; et les Stations continuent de s*accoro>« piir, quoique avec moins de pompe et de concours, à tous les jours- BMrqoés an Missel.
no l'avent
et montrer le sublime prodige de la fécondité d'une Vierge, Transportons-nous par la pensée dans ce temple auguste, et unissons-nous aux prières qui s'y font entendre; ce sont les mêmes que celles qui vont être exposées ici.
A roffice de la Nuit, l'Église commence aujourd'hui la lecture du Prophète Isaïe, celui de tous qui a prédit avec plus d'évidence les caractères du Messie, et elle continue cette lecture jusqu'au jour même de Noël inclusivement. EfiForçons-nous de goûter les enseignements du saint Prophète, et que l'œil de notre foi découvre avec amour le Sauveur promis, sous les traits tantôt gracieux, tantôt terribles, à l'aide desquels Isafe nous le dépeint.
Les premières paroles de l'Église, au milieu de la nuit, sont celles-ci :
Regem venturum Demi- Le Roi qui doit venir, le Soinura, veoite, adoremus. gneur ; venez, adorons4e.
Après avoir rempli ce devoir suprême d'adoration, écoutons l'oracle d'Esaïe qui nous est transmis par la sainte Église.
hicipit liber IsaïaeProphelœ. Ici commence le livre du Pro- Cap. I, phète Isaïe. Cap, L
Visio Isaïae fllii Araos , Vision d'Isaïe, fils d'Anios,
quam vidit super Judam et qu'il a vue sur Juda et Jérusa-
Jerusalem, in diebus Oziae, lem dans les jours d'Ozias, Joa-
Joathan, Achaz, et Ezechise than, Achaz, et Ézéchias, rois
regum Juda. Audite, cceli, de Juda. Gieux, écoutez, terre,
et auribus percipe, terra ; prête Toreille ; car le Seigneur
quoniam Dominus locntus a dit : J'ai nourri des enfants
est : Filios enutrivi, et exal- et je les ai élevés; mais eux,
tavi : ipsi autem spreve- ils m'ont méprisé. Le bœuf
runt me. Gognovit bos pos- connaît son Maître, et l'âne la
sessorem suum, et asinus crèche de son Seigneur : mais^
LITtmOTQTJE. m
feraël ne m'a point connu, et praesepe Doraini sui : Israël mon peuple a été sans intelli- autem me non cognovit, et gence. Malheur à la natioD pé- populus meus non intellexiL cheresse, au peuple chargé Vœ gcnti peccatrici, podlniquités, à la race mauvaise, pulo gravi iniquitate, seaux fils scélérats. Ils ont aban- mini nequam , fîliis sceledonné le Seigneur, ils ont blas' ratis. Dereliquerunt Dopbémé le Saint d'Israël, ils sont minum , blasphemaverunt retournés en arrière. Où vous Sanclum Israël, abalienati frapperai-je de nouveau, vous sunt retrorsum. Super quo qui ajoutez sans cesse de non- percutiain vos ultra, addenvelles prévarications? Toute tespnevaricationemîOmne tête est languissante et tout caput languidum, et onine cœur désolé. De la plante des cor mœrens. A planta pepieds jusqu'au sommet de la dis usque ad verticem non têle, il n'^y arien de sain dans est iii eo sanitas : vulnus, mon peuple. Ce n'est que blés- et livor et plaga tumens non sure, que contusion, qu'une est circumligata, nec curata claie enflammée qui n'a point medicamine , neque fota été bandée, ni pansée avec un oleo.
médicament, ni adoucie avec lliuUe.
Ces paroles du saint Prophète, ou plutôt de Dieu qui parle par sa bouche, doivent faire une vive impression aux enfants de rÉgiise, à l'entrée de la sainte carrière de TAvent. Qui ne tremblerait en entendant ce cri du Seigneur méprisé, méconnu, au jour même où "il est venu visiter son peuple ? Il a dépouillé son éclat dans la crainte d'eflFrayer les hommes; et loin de sentir la divine force de celui qui s'abaisse ainsi par amour, ils ne Font point connu; et la crèche qu'il a choisie pour yreposer après sa naissance n'a d'abord été visitée que par deux animaux sans raison. Sentez-vous, chrétiens, combien sont amèi^es les plaintes de votre Dieu? Combien son amour méprisé souffre de votre indifférence ? Il prend à témoin le ciel et la terre, il lance Tanathême à la nation perverse, aux fils ingrats. Reconnaissons sincèrement que jusqu'ici nous n'avons point connu.
i.l2 l'AVENT
tout le prix de la "visite du Seigneur, que nous avons trop imité l'insensibilité des Juifs qui ne s'émurent pas quand il apparut au milieu de leurs ténèbres. Ce Ait en vain que les Anges chantèrent au milieu de la nuit, que les bergers furent conviés à Tadorer et à le reconnaître; en vain que les Mages vinrent d'Orient demander où était son berceau. Jérusalem fut troublée un instant, il est vrai, à la nouvelle qu'un Roi lui était né; mais elle retomba-bientôt dans son insouciance, et ne s'enquit même pas de la grande nouvelle.
C'est ainsi, ô Sauveur ! que vous venez dans les ténèbres, et que les ténèbres ne vous comprennent pas. Oh ! faites que nos ténèbres comprennent la lumière et la désirent. Un jour viendra où vous déchirerez les ténèbres insensibles et volontaires par l'éclair effrayant de votre justice. Gloire à vous en ce jour, ô souverain Juge! mais gardez- nous de votre colère , durant les jours de cette vie mortelle. — Où frapperai- je maintenant, dites -vous? Mon peuple n'est déjà plus qu'une plaie. — Soyez donc Sauveur, ô Jésus ! dans l'Avénement que nous attendons. Toute tête est languissante, et tout cœur désolé : venez relever ces fronts que la confusion et trop souvent aussi des attachements vils coin:, bent vers la terre. Venez consoler et rafraîchir ces cœw^s timides et flétris. Et si nos plaies sont graves et invétérées, venez, vous qui êtes le charitable Samaritain, répandre sur elles rhuile qui fait disparaître la douleur et rend la santé.
Le monde entier vous attend, ô Rédempteur! venez vous révéler à lui en le sauvant. L'Église, votre Épouse^ commence en ce moment une nouvelle année; son;
LiTcaaiQUE. 113
premier cri est un cri de détresse vers vous; sa première parole est celle-ci : Venez J Nos Âmes, ô Jésus l ne veulent point non plus cheminer sans vous dans le désert de cette vie. Il se fait tard : le jour incline au soir, les ombres sont descendues: levez -vous, divin Soleil; venez guider nos pas, et nous sauver de la mort*
A LA MESSE
Pendant que le Prêtre se rend à l'autel pour célébrer le Sacrifice, FÉglise débute par ce beau chant (jui montre si bien sa confiance d'Épouse : répétons -le avec elle, du fond de notre cœur; car le Sauveur viendra à nous dans la mesure que nous l'aurons désiré, et fidè-^ lement attendu.
INTROÏT
Vers vous, ô mon Dieu ! j'ai élevé mon âme. En vous yai mis ma confiance, et je sais que je n'aurai point à en rougir : car vous viendrez au temps marqué. En vain les ennemis de mon salut riront de ma patience : quiconque vous attend ne sera point confondu.
P«. Seigneur, venez me montrer la voie qui conduit à vous :
venez m'apprendre vos divins sentiers. Gloire au Père, et au Fils , et au Saint-Esprit : comme ii était au commencement, et maintenant et toujoui*s, et dans les siècles des siècles. Âmen.
Onré^te : Vers vous, ô mon Dieu.
Ad te levavi animam meam : Deus meus, in te confido^ non erubescam :
neque irrideant me inimici mei : etenim universi qui te expectant non confundenlur.
Ps. Vias tuas, Domine, demonstra mihi : et semitas tuas edoce me. y, Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto. Sicut erat in principio, et nunc et semper et in sœcula sœculorum.
Amen.
On répète : Ad te levavi.
H4 l'avent
Après le Kyrie eleison , le Prêtre recueille les vœux de toute TÉglise dans les Oraisons suivantes, appelées pour cela Collectes.