‹ L'Année liturgique. L'aventChapitre 49 sur 149 · PRIÈRE BU MISSEL MOZARABE · texte numérisé non relu

PRIÈRE BU MISSEL MOZARABE

{En la Messe du IV^ Dimanche de VAvent, lUation. )

C'est unechosedtgne et juste, et Yraiment avantageuse pour nous, de faire retentir sans relâche vos louanges, ô Père toutpuissant ! vous qui nous ayant créés dans un état de sainteté et de noblesse, daignâtes, par une miséricorde insigne, après que nous eûmes été séduits par la fraude de l'ancien serpent, nous arracher à la mort. Vous annonçâtes longtemps d'avance que votre Fils, que vous deviez nous envoyer dans la chair, viendrait sur cette terre et naîtrait d'une Vierge, et vous chargeâtes vos Saints de proclamer d'une voix éclatante T Avènement de ce Messie, afin que le monde, préparé par une longue attente , conçût une plus grande joie au jour où, la plénitude des temps étant accomplie, le Sauveur lui serait enfin flonné. Donc, nous vous prions et supplions q^ue de même que, dans votre clémence et miséricorde, vous n'avez pas voulu souffrir que votre créature périt entièrement, mais l'avez rappelée à la vie par Thumble Avènement de votre Fils notre Seigneur; de même, aujourd'hui , vous daigniez protéger, conserver, guérir, défendre et délivrer ce qu'une première fois vous avez retrouve, réparé, rappelé à la vie; afin qu'en ce

Dignum et justum est^ vere et nobis per omnia expedibile, tuam nos clementiam , omnipotens Pater , quibus possumus semper laudibus prœdicare ; qui boni ta te nos ingénu itateque condidisti, ac serpentis antiqui fraude dècepti, gratuita raiseratione a morte velis eripere; qui Filium tuum, (|uem pro nobis in carne missurus eras, ad terras venturum nasciturum*que de Virgine longe antea" prœdixisti , ejus* nativitati»

adventum prœtonantibus sanctis prœnuntiasti ; ut expectatus diu qui fuerat repromissus, magnum mimdo laceret gaudium in plenitudine temporum prsesentalus. Unde petimus et rogamus ut qui plasma tuum, sicut vere pius et misericors, perire non passus es ; sed

f)er humilem adventum Fiii tui Domini nostri , quod' perierat revocasti ; quod jam inventum et reparatum ac revocatum est, sic protegas, sic custodias, sic sanes, sic defendas, sic libères : ut in illo adventu terribili quoiterato illos venturus est judicare, a quibus et pro quibus est judicatus, taies ' inventât quos redemit, ut in^:

L AVBNT

œternum possideat quos pretio sui sanguinis acquisivit.

terrible Avènement où il doit reparaître pour juger ceux par lesquels et pour lesquels 11 a été jugé lui-même, il retrouve ceux qu'il a rachetés en tel état de fidélité, qu'il puisse les posséder éternellement, lui qui les a acquis au prix de son sang.

LE JEUDI

IH& LA PREMIÈRE SEMAINE DE l'AYENT.

Regem' venturum Dominum,Yenite^ adoremus.

De Isaïa Propheta. Cap. IV.

Gantabo dilecto meo canticum patruelis mei vineae suae. Ymea facta est dilecto meo in cornu filio olei. Et sepivit eam, et lapides elegit ex illa , et plantavit eam eleclam, et œdificavit turrimin medio ejus, et torculare extruxit in ea : et expectavitut faceret uvas, etfecit labruscas. Nunc ergo habitatores Jérusalem, et viri Juda, judicate inter me et vineam meam. Quid est quod debui ultra facere vineae meœ, et non feci ei? an quod expectavi ut faceret uvas, et fecit labruscas? Et nunc ostendam vobis quid ego faciara vineœ meœ : auferam sepem ejus, et erit in direptionem; diruammace-

Le Roi qui doit venir, le Selgneur ; venez, adorons-le !

Du Prophète Isaïe. Chap. IV.

Je chanterai à mon Bien-Aimé le Cantique de mon proche parent sur sa vigne. Mon Bien- Aimé avait une vigne plantée sur un lieu élevé et fertile. H l'environna d'une haie ; il en ôta les pierres, il la planta d'une espèce choisie ; il bâtit une tour au milieu, et il y fit un pressoir.

Il s'attendait qu elle porterait de bons fruits; et elle n'en a porté que de sauvages. Maintenant aonc, vous, habitants de Jérusalem , et vous , hommes de Juda, soyez juges entre moi et ma vigne. Qu'ai-je dû faire de plus à ma vigne que je n'aie point fait? Est-ce parce que j'attendais d'elle de bons raisins , qu'elle n'en a produit que de mauvais? Maintenant je vous montrerai ce que je vais faire à.

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ma vigne. JTarraeherai la haie riam ejus, et eritin concul-

qai l'entoure, eteile sera expo- catioDem. Et ponam eam

see au çillage : je détruirai le desei*tam : non putabitur,

mur qui la défend, iet elle sera et non fodietur , et ascen*

foulée aux pfeds. Je la rendrai dent yepres et spinœ, et nur

déserte : elle ne sera plus ni bibus mandabo ne pluant

taillée, ni labourée : les ronces super eam imbrem. Vinea

et les épines pousseront dessus, enim Domini exereitaum

et je commanderai aux nuages domus Israël est, et i^ir Juda

de ne pleuvoir plus sur elle. Or, germen ejus delectabile : et

la maison d'Israël est la vigne expectavi ut faceret judi-

du Seigneur des armées , et la cium, et ecce iniquitas; et

race de Juda le plant qu'il ai- justitiam , et ecce claraop. roait. J'^ai attendu qu'ils tissent des actions justes , et voilà des iDi()uités; <}u'ils portassent des fruits de justice , et voilà des cris.

Nous attendons la Naissance d'un Enfant qui doit paraître sept siècles après Isale; et cet Enfant sera le Sauveur du monde. Or, les hommes le persécuteront, Taccableront de calomnies et d'injures, et à la veille du jour où ils le crucifierout, il leur proposera cette parabole : Il y avait un homme qui était père de famille et il fdarUa une vigne, l'entoura d'une haie, y creusa un pres^soir, y bâtit une tour et la loua à des laboureurs; après quoi il partit pour un pays étranger. Or, quand le temps de la vendange fut venu^ il envoya ses serviteurs vers les laboureurs pour recueillir ses fruits. Et les laboureurs ayant pris ses serviteurs, frappèrent Vun, tuèrent Vautre, lapidèrent celui-ci. Il envoya donc de nouveaux serviteurs m plus grand nombre que la première fois; et ils leur firent de même. En dernier lieu, il leur envoya son fils,, disant : Au moins, ils respecteront mon fils. Chrétiens, le voici qui vient, ce Fils. Le respecterez-vous?Le traiterez-vous comme le Fils de Dieu, avec Thonneur ei

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ramour qui lui sont dus? Voyez quelle progres^oi» dans la malice des hommes. Au temps dlsale^ les Juif? ont méprisé les Prophètes; mais les Prophètes, quoique envoyés de Dieu^ n'étaient que des hommes. Le* Fils de Dieu est venu lui-même, et ils Font méconnu; et c'était là un bien plus grand crime que de lapider les Prophètes. Quel serait donc le crime des chrétiens qui connaissent celui qui vient; bien plus, qui sont ses membres par le Baptême , de ne pas lui ouvrir leur cœur, quand il va venir envoyé par son Père? Quel châtiment ne mériterait pas la vigne ingrate plantée avec tant d'amour, si elle persistait à ne donner que des fruits sauvages? 0 Sauveur! hâtez -vous de nous fertiliser : couronnez-nous de fleurs et de fruits pour le jour prochain de votre Avènement.

PRIÈRE DES ÉGLISES DE FRANCE PENDANT l'AVENT.

( Tirée du Prophète haïe. )

Rorate, cœli, desaper, et Gieux, répandez votre rosée ;.

nubes pluant Justum. et que les nuées fassent pleu>

voir le Juste.

Ne irascaris, Domine, ne Ne vous irritez plus, Seigneur,, ultra memineris iniquita- se vous souvenez plus désortis: ecce civitas Sancti facta mais de notre iniquité. Voilà est déserta , Sion déserta oue la cité du Saint est devenue facta est, Jérusalem desolata déserte, Sion est dans la soliest, domus sanctification is tude, Jérusalem est désolée, nostrae et gloriœ tuœ , cette maison consacrée à votre ubi laudaverunt te patres culte et à votre gloire, où nos nostri. pères ont chanté vos louanges.

Rorate, cœli, desuper, et Gieux, répandez votre rosée ;.

nubes pluant Justum. et que les nuées fassent pleuvoir le Juste.

Peccavimus , et facti su- Nous avons péché , et nous* mus tanquam immundus sommes devenus comme le lénos ; et cecidimus quasi fo- preux ; et nous sommes touslium univers!; et iniqui- tombés comme la feuille; et

LITUEGIQUE.

comme un yent impétueux nos iniquités nous ont enlevés et dispersés. Vous avez caché votre face à nos regards, et vous nous ayez brisés par la main de notre iniifiiité.

Gieux, répandez votre rosée ; et que les nuées fassent pleuvoir le Juste.

Voyez, Seigneur, raffliction de votre peuple, et envoyez celui que vous devez envoyer.

Faites sortir l'Agneau qui doit dominer sur la terre ; <ju*il s'élance de la pierre du désert sur la montagne de la fille de Sion, afin qu'il enlève lui-même le joug de notre captivité.

Cieux, répandez votre rosée ; et que les nuées fassent pleuvoir le Juste.

Console- toi ^ console -toi , ô mon peuple ! bientôt viendra ton salut : pourquoi te consumes-tu dans la tristesse ? Pourquoi la douleur s'est-elle emparée de toi? Je te sauverai, ne crains point : car je suis le Seigneur ton Dieu, le Saint d'Isi*aël, ton Rédempteur.

Cieux , répandez votre rosée ; et que les nuées fassent pleuvoir le Juste.

tates nostrse quasi vent us abstulerunt nos : abscondisti faciem tuam a nobis,.

et allisisti nos in manu ini« quitalis nostrae.

Borate, cœli, desuper, et nubes pluant Justum.

Vide, Domine, afflictionem populi tui, et mitte quem missurus es. Emitte Âgnum dominatorem terrae de petra deserti ad montem filiae Sion, ut auferat ipse jugum captivitatis nostrœ.

Rorate, cœli, desuper, et nubes pluant Justum.

Gonsolamini , consolamini , popule meus : citô veniet salus tua : quare mœrore consumeris? quare comprehendit te dolor T Salvabo te; noli timere : ego enim sum Dominus Deustuus, Sanctus Israël, Rederaptor tuus.

Rorate, cœli, desuper, et nubes pluant Justum.

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