PRIÈRE DU BRÉVIAIRE AMBROSIEN
[Au VI* Dimanche de VAvent, Préface.)
Vere dignum et justum est, aequum et salutare : nos tibi, Domine Deus omnipolens, gratias agere : et cura luœ invocatione virtutis , beatse Mariœ Yirginis festa celebrare : de eu jus ventre fructus effloruit, qui Panis Angelici munere nos replevil. Quod Eva voravit in crimine, Maria restituit in salute. Distatopus serpentis et Yirginis. Inde fusa sunt venena discriminis ; hinc egressamysteria Salvatoris.
Indesepraebuittenlantisiniquitas; hinc Redemptoris est opilulata majestas. Inde partus occubuil ; hinc Conditor resurrexit, a quo humana natura, non jara captiva, sed libéra restituilur.
Quod Adam perdidit in parente , Christo recepit auctore.
C'est une chose digne et juste , équitable et salutaire de vous rendre grâces, Seigneur Dieu tout-puissant , et de joindre à l'invocation de votre force la mémoire solennelle de la bienheureuse Yierge Marie ; c'est elle dont les entrailles oot produit ce Fruit qui a daigné nous rassasier du Pain des Anges. Eve avait dévoré un fruit dans sa désobéissance; Marie nous a rendu un Fruit de salut.
Bien différente est l'œuvre du serpent de celle de la Vierge.
L'un a versé les poisons qui nous ont mis en péril; de l'autre sont sortis les mystères du Sauveur. D'uncôtéaparu l'iniquité du tentateur ; de l'autre, la majesté du Rédempteur est venue au secours. Rédempteur, ii est né, et il a connu la mort ; Créateur, il est ressuscité; et par lui l'humaine nature a vu cesser son esclavage et a recouvré sa liberté, retrouvant dans le Christ^ son créateur, ce qu'elle avait perdu en Adam, son premier père.
UTUaOIQUE.
LE VENDREDI
DE LA DEUXIÈME SEMAINE DE l'aYENT
Le Roi qui doit venir, le Seigaear; venez, adorons-le.
Du Prophète Isaïe.
Chap. XXIV.
Voici que le Seigneur rendra déserte la terre: il la dépouillera, il en désolera la face, et il €D dispersera les habitants. Et aloi-s le prêtre sera comme le peuple ; le seigneur comme l'esclave ; la maîtresse comme la servante ; celui qui vend comme celui qui achète ; celui qui prêle comme celui qui emprunte; celui qui redemande ce qu'il a prêté comme le débiteur. La terre sera bouleversée et livrée au pillage : car c'est le Seigneur qui a parlé. La terre a pleuré, elle s'est fondue, elle est tombée en défaillance. L'univers s'est dissous ; la grandeur des peupies est tombée en décadence.
Et la terre a été infectée par ses habitants : car ils ont transgressé les lois , changé le droit, rompu Talliance éternelle. A canse de cela , la malédiction dévorera la terre; ceux qui l'habitent s'abandonneront au péché; ceux qui la cultivent seront insensés ; et il n'y demeurera qu'un petit nombre d'hommes. Le vin a pleuré, la
Regem venturum Dominum ; venite, adoremus.
De Isaîa Propheta.
Cap. XXIV.
Ecce Dominus dissipabit terram, et nudabit eam : et afQiget faciem ejus , et disperget habitatores ejus. Et erit sicut Ipopulus , sic sacerdos ; et sicut servus, sic dominus ejus; sicut ancilla, sic domina ejus; sicut emens, sic ille qui vendit ; sicut fœnerator, sic is qui mutuum accipit : sicut qui repetit, sic qui débet. Dissipatione dissipabiturterra, et direptione praedabitur :
Dominus enim locutus est verbum hoc. Luxit , et defluxit terra, et intirmata est altitudo populi terrœ. Et terra infecta est ab habitatoribus suis : quia transgressi sunt leges , mutaverunt jus, dissipaverunt fœdus sempitemum. Propter hoc maledictio vorabit terram, et peccabunt habitatores ejus, ideoque insanient cultores ejus ; et rellnquentur homines pauci. Luxit vindemîa, inûrmata est vitis, ingemueruntomnes qui
ITO l'avent
Isetabantur ccH'de. Gessavit gaudium tympanorum , quievit sonitus lœtantiuna, conticuit dulcedo citharse.
Cum cantico non bibent vinum : amara erit potio bibenlibus illam. Attrita est civitas vanitatis : clausa est oinnis domus, nuUo introeuntc. Glamor erit super vint) in plateis : déserta est omnis laelitia, translatiim est gaudium terrae. Belicla est in urbe solitudo, et calamitas opprimet portas. Quia haBc erunt in medio terrse , in medio populorum ; quomodo si paucae olivae quae remanserunt , excutiantur ex olea : et racemi , cum fuerit Hnita vindemia. Ht levabunt vocem suam, atque laudabunt; cum glorincatus t'uerit Dominus, hinnicnt do mari. Propter hoc in doctrinis glorificate Dominum, in insulis maris nomen Domini Dei Israël.
A tinibus terrae laudes audivimus, gloriam justi.
Yigne a langui; ils ont géror tous ceux qui avaient la joie dans le cœur. L'allégresse des tambours a cessé, le bruit des réjouissances s'est reposé, la douceur de la harpe s'est tue. Ils ne boivent plus de vin en chantant : amer sera le breuvage à ceux qui le boivent ; la cité du faste a été brisée : toutes ses maisons sont fermées , et personne n'y entre plus. 11 y aura un cri dans les rues parce qu'il n'y a plus de vin ; tout divertissement est abandonné; la joie est bannie de la terre. La solitude est dans ia ville, et la calamité en a brisé les portes.
Et voilà ce qui restera au milieu de la terre, au milieu des peuples : il y aura comme quelques olives qui demeurent sur l'olivier, après qu'on l'a secoué, et encore , comme quelques grappes, après que la vendange est finie. Ceux-là élèveront leurs voix et ils chanteront de& cantiques de louanges ; ils jetteront de grands cris de dessus^ la mer, quand le Seigneur aura été glorifié. C'est pourquoi , glorifiez le Seigneur selon la science : célébrez le nom du Seigneur Dieu d'Israël dans les îles de la mer. Nous avons entendu des extrémités de la terre des louanges : elles célébraient la gloire du juste.
Ainsi était désolée la terre au jour où le Messie la* vint délivrer et sauver. Les vérités étaient si fort dirainuées chez les entants des hommes, que le genre humain penchait à sa ruine. La connaissance du vrai Dieu allait s'obscurcissant de plus en plus; Tidolàtrie
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embrassait toate la création dans les objets de son culte adultère; une morale hideuse était la conséquence d'une si grossière religion; Thomme était sans cesse armé contre Thomme; et Fordre social n'avait d'autres garanties que Fesclavage et l'extermination. Au milieu de tant de peuples, on avait peine à trouver quelques hommes qui cherchassent Dieu ; ils étaient rares sur la terre, comme les olives oubliées sur l'arbre après la récolte; comme les grappes que le vendaugeur négligea sur le cep; tels furent, dans le Judaïsme, ces vrais Israélites que le Sauveur prit pour disciples, et tels, dans la Gentilité, les Mages qui vinrent d'Orient demander le Roi nouveau- né, et plus tard Corneille le Centurion que l'Auge du Seigneur envoya vers saint Pierre. Mais avec quelle fidélité et quelle joie ils reconnurent le Dieu incarné ! Quels cris d'allégresse ils firent éclater, quand ils connurent qu'ils avaient été réservés pour voir de leurs yeux le Sauveur promis !
Or, tout ceci se renouvellera, à l'approche des jours où le Messie devra reparaître. La terre sera désolée de nouveau , la race humaine sera dans l'abaissement. Les hommes corrompront encore leurs voies, et avec une malice d'autant plus grande , que le Verbe de vie aura lui à leurs yeux. Cependant , une grande tristesse, une impuissance de vivre saisira les nations; elles se sentiront vieillir avec la terre qui les porte; et il ne leur viendra pas en pensée que les destinées du monde touchent à leur fin. Il y aura de grands scandales : les Étoiles du ciel, c'est-à-dire plusieurs de ceux qui étaient Docteurs en Israël, feront défaut, et leur
lumière se changera en ténèbres. H y aura des jours d'épreuve, et la foi diminuera; en sorte qu'au moment où le Fils de Thomme paraîtra, il aura peine à en trouver encore sur la terre. Gardez-nous, Seigneur, de voir ces jours de tentation y ou fortifiez dans nos cœurs la docilité envere votre sainte Église, qui sera le seul fanal de vos fidèles au milieu d'une si éclatante défection. Donnez-nous, ô Sauveur! d'être du nombre de ces olives choisies, de ces grappes de prédilection par lesquelles vous compléterez l'heureuse récolte qui doit remplir vos celliers durant l'éternité. Gardez en nous le dépôt de la foi que vous y avez placé : que le contact des nouveautés ne l'altère point : que notre œil soit toujours fixé vers cet Orient que nous indique la sainte Église, et où vous paraîtrez tout d'un coup avec gloire. A l'aspect de votre triomphe, nous pousserons des cris d'allégresse, et bientôt semblables à des aigles qui se rassemblent autour d'une proie , nous volerons au-devant de vous à travers les airsy comme parle votre Apôtre; et nous serons toujours avec vous. ( I. Thess. IV. 16. ) C'est alors qu'on entendra retentir la gloire du Juste jusqu'aux extrémités de cette terre qu'il vous plaira de conserver, jusqu'à ce que les arrêts de votre miséricorde et ceux de votre justice aient reçu leur pleine exécution* 0 Jésus! sauvez l'œuvre de vo& mains, et soyez-nous propice en ce grand jour»
HYMNE DE l'aVBNT.
(Bréviaire Mozarabe^ en la //* Semaine de l'Avent.)
A Pâtre, Unigenite, Fils unique du Père, vous
Ad DOS veois per Yirgi- descendez à nous par la Vierge,
nem, pour nous bénir de la rosée
LIfUEGIQUfi.
baptûmale, et nous régénérer tous par la foi.
Parti des hauteurs du ciel , un Dieu a pris la forme d'iui homme, pour retourner ensniite , vainqueur de la mort , en nous laissant les joies d'une vie nouvelle.
C'est pourquoi nous vous prions, ô Rédempteur ! Descendez dans votre miséricorde, et répandez en nos cœurs les clartés de la lumière déifiante.
Gloire soit à Dieu le Père, à son Fils unique, et à l'Esprit consolateur, dans les siècles éternels.
Amen.
Baptismi rore consecrans, Cunctos fide regenerans.
De cœlo ceisus prodiens, Exoepit formam hominis , Victor a morte rediens , Gaudia vitœ largiens.
Hoc te, Redemptor, quœ^ su m us, Illabere propitius, Clarumque nostris corJi-
bus Lumen praebe deificum.
Deo Patri sit gloria Ejusque soli Filio Gum Spiritu Paracleto, In sempitema ssecula.