‹ L'Année liturgique. L'aventChapitre 66 sur 149 · DIMANCHE DE L'A VENT · texte numérisé non relu

DIMANCHE DE L'A VENT

La joie de l'Église s'accroît encore dans ce Dimanche. Elle soupire toujours après le Seigneur; mais elle sent qu'il approche, et elle croit pouvoir tempérer Faustérité de cette carrière de pénitence par Tinnocente allégresse des pompes religieuses. D'abord, ce Dimanche a reçu le nom de Gaudete, des premiers mots de son Introït; mais, de plus, on y observe les touchants usages qui sont propres au quatrième Dimanche de Carême appelé Lœtare. On touche l'orgue à la Messe; les ornements sont de la couleur rose; le Diacre reprend la dalmatique, et le Sous -Diacre la tunique ;, dans les Cathédrales, l'Évêque assiste paré de la mitre précieuse. Admirable condescendance de FËglise, qui sait si bien unir la sévérité des croyances à la gracieuse poésie des formes liturgiques ! Entrons éans son esprit, et réjouissons-nous aujourd'hui, à cause de l'approche du Seigneur. Demain, nos soupirs «éprendront leur cours; car, bien qu'il ne doive pas tarder, il né sera pas venu encore.

La Station a lieu dans la Basilique de Saint -Pierre au Vatican. Ce temple auguste qui couvre le tombeau du Piînce des Apôtres est l'asile universel du peuple chrétien ; il est juste qu'il soit témoin des joies comme des tristesses de l'Église.

LiTUMIOtE.

iST

L'Ofiice de la Nuit débute par un nouvel Tnvitatoire : la voix de l'Église ne convie plus les lidèles à venir adorer avec terreur le Roi qui doit venir ^ le Seigneur. Son langage change dé caractère; son cri> est un cri d'allégresse ; tous les jours, jusqu'à la Vigile de NoëJ, ele ouvre les Noctmnes par ces grandes paroles :

Le Seigneur est déjà proche :

venez, aâorons4e.

Prope est jam Dominas ; venite, adoremus.

Prenons maintenant le livre du Prophète, et lisonsavec la sainte Église :

Da Prophète Isaîe.

Chap. XXVL

En ce jour-là on chantera ce cantique en la terre de Juda :

Sien est la ville de notre force ; le Sauveur en sera la muraille et le rempart. CMivrez les portes, et qu'un peuple juste y entre, un peu pie observateur de la vérité. L'erreur ancienne est passée : vous nous conserverez la paix ; la paix , car nous avons espéré en vous. Vous avez mis à jamais votre espérance dans le Scigneur,dans le Seigneur Dieu, toujous invincible; car il abaissera ceux qui sont dans l'élévation, il humiliera la cité superbe. 11 rhumiliera jusqu'en terre, il la fera descendre jusqu'à la poussière. Le pied la foulera, le pied des pauvres, le pas de rindigent. Le sentier du juste est droit, le chemin où il marche est sans détour : aussi nous vous avons attendu , Seigneur, dans le sentier de votre justice : votre nom et votre souvenir sont les délices de l'âme. Mon âme vous a désiré

De Isaîa Propheta.

Cap. XXVI.

In die illa cantabitur canticiim istud in terra Juda.

Urbs fortitudinis nostras Sion ; Salvalor ponetur in ea raurus et ante murale.

Aperite portas, et ingrediatur gens justa , custodiens veritatem. Vetuserror abiit, servabis pacem : pacem | quia in te speravimus. Sperastis in Domino in sœculis aeternis : in Domino Deo forti in perpetuum. Quia incurvahit habilantesin excelso, civitatem sublimem humiliabit. Humiliabit eam usque ad terram, detrahet eam usque ad pulverem.

Conculcahit eam pes, pedes p8uperis,gres3us egenoruni .

Semita justi recta est, rectus callis justi ad ambulandum. Et in semita judiciorum tuorum. Domine, sustinuimus te : nomentuum, et memoriale tuum in desiderio animae. Anima mea desideravit te in nocte : sed

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et spiritu meo in prsecordîis pendant la nuit, et je m'éveilmeiSy de mane vigilabo ierai vers le point du jour, pour ad te. m'occuper ae yous dans mon

esprit et dans mon cœur.

O sainte Église RomaiDe , Cité de notre force! nous voici rassemblés dans tes murs^ autour du tombeau de ce pêcheur dont la cendre te protège sur la t^rre, tandis que son immuable doctrine t 'éclaire du haut du ciel. Mais si tu es forte, c'est par le Sauveur qui va venir. 11 est ta muraille d'enceinte ; car c'est lui qui enveloppe tous tes enfants dans sa miséricorde ; il est ton rempart invincible ; car c'est par lui que les puissances de l'Enfer ne prévaudront jamais contre toi. Dilate tes portes, afin que tous les peuples se pressent dans ton enceinte : car tu es la maîtresse de la sainteté, la gardienne de la vérité. Paisse Vantique erreur qui s'oppose à la foi finir bientôt, et la paix s'étendre sur tout le troupeau. 0 sainte Église Romaine! tu as mis à jamais ton espérance dans le Seigneur; et à son tour, fidèle à sa promesse, il a humilié devant toi les hauteurs superbes , les cités d'orgueil. Où sont les Césars qui crurent t'a voir noyée dans ton propre sang? où sont les Empereurs qui voulurent forcer l'inviolable virginité 'de ta foi? où sont les sectaires que chaque siècle, pour ainsi dire, a vus s'attaquer successivement à tous les articles de ta doctrine? où sont les princes ingrats qui tentèrent de t'asservir, toi qui les avais faits ce qu'ils étaient ? où est cet Empire du Croissant qui tant de fois rugit contre toi, lorsque, désarmée, tu refoulais si loin l'orgueil de ses conquêtes? où sont les Réformateurs çpii prétendirent constituer

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un Christianisme sans toi ? où sont ces sophistes modernes, aux yeux desquels tu n'étais plus qu'un fantôme impuissant et vermoulu? où seront, dans un siècle, ces rois tyrans de TÉglise, ces peuples qui cherchent la liberté hors de la Vérité? Ils auront passé avec le firaicas du torrent; et toi, tu seras toujours calme, toujours jeune, toujours sans rides, è sainte Église Romaine, assise sur la pierre inébranlable. Ta marche à travers tant de siècles aura été droite, comme cdle du juste; tu te retrouveras toujours semblable à toi-même, comme déjà tu n'as cessé de l'être durant dix-huit siècles, sous le soleil qui hors de toi n'éclaire que les variations de l'humanité. D'où te vient cette solidité, si ce n'est de celui qui lui-même est la Vérité et la Justice? Gloire à lui en toi! Chaque année, il te visite ; chaque année , il f apporte de nouveaux dons, pour f aider à achever le pèlerinage; et jusqu'à la fin des siècles, il viendra ainsi te visiter, te renouveler non-seulement par la puissance de ce regard avec lequel il renouvela Pierre, mais en te remphssant de lui-même, comme il remplit la glorieuse Vierge, l'objet de ton plus doux amour, après celui que tu portes à l'Époux. Nous prions avec toi, ô notre Mère ! et nou« disons : Venez, Seigneur Jésus : votre nom et votre souvenir sont les délices de nos âmes. Elles vous désirant durant la nuit , et dès le point. du jour nous nous réveillons pour songer à vous^

l'avbnt

A ^A MESSE

Tout le peuple étant attentif, la «voix des chantres «ntonne la mélodie grégorienne^ ^i fait retentir ces consolantes paroles de TApôtre :

INTROÏT

Rélouissez-vous sans cesse dans le Seigneur ; je vous le dis encore , réjouissez -vous. Que votre modestie soit connue de tous les Itommes : le Seignear est proche. Soyez sans inquiétude; mais faites connaître à Dieu vos désirs par les prières et les supplications. Ps, Seigneur, vous avez béni la terre qui est à vous ; vous avez ramené Jacob de la captivité.

f. Gloire au Père, etc.

L'Église demande, dans la Collecte, la grâce de cette visite qui apporte la lumière et dissipe les ténèbres. Les ténèbres causent la terreur à Tàme : la lumière, .au contraire, réjouit et raffermit le cœur.

Gaudete in Domino semper : iterum dico gaudete.

Ikfodestia vestra nota sit om- :nibus hominibus : Dominus enim prope est. Nihil solliciti sitis : sed in omni oralione petitiones vestrœ jnnotescant apud Deum.

.Ps, Benedixisti Domine terram tuam : avertisti captivitatem Jacob, f. Gloria Patri.

OREMUS

Aurem tuam quœsumus Domine, precibus nostris accommoda : et mentis nostrsB tenebras gratia tuœ visitationi&'illustra. Qui vivis et régnas in saecula sœculo- ^-um.

Âmen.

PRIONS

Prêtez, Seigneur ,Yotre oreille à nos prières, el éclairez les ténèbres de notre âme par la grâce de votre visite ; vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles.

Amen.

LesCtadsons de la Sainte Vierge, contre les persécu-

LITUBGIÛUE. 191

teurs de TÉglise et pour le Pape^ sont à la Messe du premier Dimanclie de TAvent^ pages 114 et suivantes.

ÉPITRE

Lecture de l'Epître de saint Paul Lectio Epistolœ beati Pauli aux Phiiippiens. Chap. IV. Âpostoli ad Philippenses.

Cap, IV.

Mes frères, réjouissez-vous Fratres , gaudete in Dosans cesse dans le Seigneur ; je mino semper, iterum dico : vous le dis encore : réjouissez- gaudete. Modestia vestra voas. Que votre modestie soit nota sit omnibus hominiconnue de tout le monde : le bus : Dominus prope est. Seigneur est proche. Soyez sans Nihil sollicitl sitis : sed iu inquiétude; mais faites con- omni oratione , et obsecraoutre à Dieu vos désirs par tione , cum gratiarura actes prières et les supplications tione , pelitiones vestrae inaccompagnées d'actions de grâ- notescant apud Deum. Et ces. Et que la paix de Dieu , paxDeiyquseexsuperatomlaquelle est au-dessus de toutes nem sensum, custodiat cornos pensées , garde vos cœurs da vestra , et intelligentias et vos intelligences , en Jésus- vestras, in Ghristo Jesu Do- Christ Notre-Seîgneur, mino noslro.

Nous devons, en eJBfet, nous réjouir dans le Seigneur; car le Prophète et TApôtre s'accordent à encourager nos désirs vers le Sauveur : Tun et Tautre nous annoncent la paix. Soyons donc sans inquiétude : Le Seigneur est proche. Il est proche de son Église; il est joroche de chacune de nos âmes. PouvoDS-nous demeurer auprès d'un feu aussi ardent, et demeurer glacés? Ne le sentons-nous pas venir, à travers tous les obstacles que sa souveraine élévation , notre profonde bassesse, nos nombreux péchés, lui suscitaient? Il franchit tout* Encore un pas, et il sera en nous. Allons au-devant de lui par ces prières , ces supplications, ces actions de grâces dont parle TApôtre. Redoublons de ferveiu* et de zèle pour nous imir à la sainte Église, dont les

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vœux vont devenir de jour en jour plus ardents vers celui qui est sa lumière et son amour. Répétons d'abord avec elle :

OEADUEL.

Qui sedes, Domine , super Gherubim , excita potentiam tuam , et veni.

f. Qui régis Israël, intende :

>^ui deducis velut ovem, Joseph.

Alléluia, alléluia.

f. Excita Domine potentiam tuam , et veni , ut «alvos facias nos. Alléluia.

Tous qui êtes assis sur les Chérubins, faites éclater votre puissance , Seigneur, et venez.

f. Ecoutez-nous, ô vous qui gouvernez Israël, qui conduisez Jacob comme une brebis.

AUeluia, alléluia.

Seigneur, faites éclater votre puissance , venez et sauveznous. Alléluia.

ÉVANGILE

Sequentia Sancti Evangeliî secundum Joannem. C. J.

In illotempore: Miserunt Judœi ab Jerosolymis sacerdotes et levitas ad Joannem, ut interrogarent eu m : Tu quis es? Et ^onfessus est, et non negavit,etconfcssusest:

quia non sum ego Christus.

Et interrogaverunt eum :

Quid ergo? Elias es tu ? Et dixit:Non sum. Propheta «s tu? Et respondit : Non.

Dixeiiint ergo ei : Quis es , ut responsum demus bis qui miserunt nos ? Quid dicis de te ipso ? Ait : Ego vox clamantis in deserto : dirigite viam Domini , sicut divit Isaïas Propheta. Et qui missi fuerant erant ex JPbarisœis. Et interrogaverunt eum , et dixerunt ei :

Quid ergo baptizas , si tu non es Christu8,neque Elias, neque Propheta? Respondit «is Joannes , dicens : Ego

Suite du saint Évangile selon saint Jean. Chap. L

En ce temps-là : les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites vers Jean pour lui demander : Qui êtesvous? Et il confessa, et il ne nia pas ; et il confessa qu'il n'était pas le Christ. Et ils l'interrogèrent de nouveau, disant: Quoi donc? êtes -vous Elie? Et il leur dit : Je ne le suis point. Êtes-vous prophète?

Et il répondit : Non. Ils lui dirent donc : Qui êtes-vous, afin que nous puissions rendre réponse à ceux qui nous ont envoyés ? Que dites-vous de vou»* même? Je suis , dit-il , la voix oui criedans le désert : Rendez droites les voies du Seigneur, comme a dit le Prophète Isaîe.

Or, ceux au'on lui avait envoyés étaient Pnarisiens. Et ils l'interrogèrent, et ils lui dirent:

Pourquoi donc baptisez-vous ^ si vous n'êtes ni k Christ , ni

LITUROIOUE. 193

Élie, ni Prophète? Jean leur baptizo in aqua : médius fil cette réponse, disant : Pour autem vestrum stetit,quem moi , je baptise dans Peau ; vos nescitis. Ipse est , qui mais il y en a un au milieu de post me venturus est, (jui Yous , que vous ignorez. C'est ante me factus est : cujus celui-là même qui doit venir ego non sum dignus ut après moi , et qui est avant solvam ejus corrigiani calmoi : et je ne suis pas digne de ceamenti. Hsec in Bethania délier les cordons de sa chaus- facta- sunt trans Jordanem, sure. Ces choses se passèrent ubi erat Joannes bâptizans. en Bethanie au-delà du Jourdain, où Jean baptisait.

Il y en a un au milieu de vous que wus ne connaissez pas, dit saint Jean -Baptiste anx envoyés des Juifs. Le Seigneur peut donc être proche; il peut même être venu, et cependant demeurer encore inconnu à plusieurs. Ce divin Agneau fait la consolation du saint Précurseur, qui estime à si grand honneur de n'être que la Voix qui crie aux hommes de préparer les sentiers du Rédempteur. Saint Jean est en cela le type de TÉglise et de toutes les âmes qui cherchent Jésus-Christ. Sa joie est entière à cause de l'arrivée de l'Époux; mais il est entouré d'hommes pour qui ce divin Sauveur est comme s'il n'était pas. Or, nous voici parvenus à la troisième Semaine de ce saint temps de TAvent : tous les cœurs sont-ils ébranlés au bruit de la grande nouvelle de Tarrivée du Messie? Ceux qui ne veulent pas l'aimer comme Sauveur, songent-ils du moins à le craindre comme Juge ? Les voies tortueuses se redressent-elles? les collines songent-elles à s'abaisser? Ja cupidité et la sensualité ont -elles été sérieusement attaquées dans le cœur des chrétiens? Le temps presse : le Seigneur est proche! Si ces lignes tombaient sous les jeux de quelques-uns de ceux qui dorment au lieii

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de veiller dans Tattente du divin Enfant^ nous les conjurerions d'ouvrir les yeux et de ne plus tarder à se rendre dignes d'une visite qui sera pour eux^ dans le temps, l'objet d'une grande consolation, et qui les rassurera contre les terreurs du dernier jour. 0 Jésus ! envoyez votre grâce avec plus d'abondance encore ; forcez-les d'entrer y afin que ce que saint Jean disait de la Synagogue ne soit pas dit du peuple chrétien : // y en a' un au milieu de vous que vous ne connaissez pas.

Pendant l'oblation, on doit s'unir au vœu de l'Église, et demander avec elle la fin de la captivité dans laquelle nos péchés nous retiennent, et l'arrivée du Libérateur.

OFFERTOIRE

Beneclixisti,^Domine, ter- Seigneur, vous avez béni la ram tuam ; avertisti cai)ti- terre qui est à vous : vous avez vitatem Jacob, remisisti ramené Jacob de la captivité; iniquitatem plebis tuse. vous avez pardonné Tiniquité

de votre peuple.

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