Job. XVI, i6. — 2. Psalm. ci, lo
Le Mercredi des Cendres.
courait à la cendre, et reconnaissant sa triste fraternité avec elle, il se sentait plus à couvert delà colère de celui qui résiste aux superbes et veut bien pardonner aux humbles.
Dans l'origine, l'usage liturgique de la cendre, au Mercredi de la Qu'inquagésime, ne paraît pas avoir été appliqué à tous les fidèles, mais seulement à ceux qui avaient commis quelqu'un de ces crimes pour lesquels l'Eglise infligeait la pénitence publique. Avant la Messe de ce )our, les coupables se présentaient à l'église où tout le peuple était rassemblé. Les prêtres recevaient l'aveu de leurs péchés, puis ils les couvraient de cilices et répandaient la cendre sur leurs têtes. Après cette cérémonie, le clergé et le peuple se prosternaient contre terre, et on récitait à haute voix les sept psaumes pénitentiaux. La procession avait lieu ensuite, à laquelle les pénitents marchaient nu-pieds. Au retour, ils étaient solennellement chassés de réglise par l'Evéque, qui leur disait : '< Voici que nous vous chassons de l'enceinte « de l'Eglise, à cause de vos péchés et de « vos crimes, comme Adam, le premier « homme, fut chassé du Paradis à cause de « sa transgression ». Le clergé chantait ensuite plusieurs Répons tirés de la Genèse, dans lesquels étaient rappelées les paroles du Seigneur condamnant l'homme aux sueurs et au travail, sur cette terre désormais maudite. On fermait ensuite les portes de l'église, et les pénitents n'en devaient plus franchir le seuil que pour venir recevoir solennellement l'absolution, le Jeudi-Saint.
Après le xie siècle, la pénitence publique
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commença à tomber en désuétude ; mais lusage d'imposer les cendres à tous les lidèles, en ce jour, devint de plus en plus général, et il a pris place parmi les cérémonies essentielles de la Liturgie romaine. Autrefois, on s'approchait nu-pieds pour recevoir cet avertissement solennel du néant de l'homme, et, encore au xir siècle, le Pape lui-même, se rendant de l'Eglise de Sainte- Anastasie à celle de Sainte-Sabine où est la Station, faisait tout ce trajet sans chaussure, ainsi que les Cardinaux qui l'accompagnaient. L'Eglise s'est relâchée de cette rigueur extérieure ; mais elle n'en compte pas moins sur les sentiments qu'un rite aussi imposant doit produire en nous.
Ainsi que nous venons de le dire, la Station , à Rome , est aujourd'hui à Sainte- Sabine, sur le Mont-Aventin. C'est sous les auspices de cette sainte Martyre que s'ouvre la pénitence quadragésimaie.
La fonction sacrée commence par la bénédiction des cendres que l'Eglise va imposer sur nos fronts. Ces cendres sont faites des rameaux qui ont été bénis l'année précédente, au Dimanche qui précède la Pâque. La bénédiction qu'elles reçoivent dans ce nouvel état a pour but de les rendre plus dignes du mystère de contrition et d'humilité qu'elles sont appelées à signifier.
Le chœur chante d'abord cette Antienne, qui implore la divine miséricorde.
EXAUDI nos . Domine. 1 1-^ xaucez-nous , Seigneur , quoniam benigna est 1 1 car votre miséricorde est
Le Mercredi des Cendres.
compatissante ; selon la multitude de vos miséricordes, jetez un regard sur nous, Seigneur.
Ps. Sauvez-moi, ô Dieu, car les eaux ont pénétré jusqu'à mon âme. Gloire au Père Exaucez-nous.
misericordia tua secundum multitudinem miserationum tuarum, respice nos, Domine.
Ps. Salvum me fac, Deus ; quoniam intra verunt aquae usque ad : animam meam. Gloria I Patri. Exaudi nos.
Le Prêtre, à l'autel, ayant près de lui les cendres mystérieuses, prononce les Oraisons suivantes, par lesquelles il demande à Dieu d'en faire pour nous un moyen de sanctification.
DIEU tout-puissant et éternel, pardonnez au repentir , soyez propice aux supplications , et daignez envoyer du ciel votre saint Ange pour bénir et sanctifier ces cendres, afin qu'elles deviennent un remède salutaire à ceux qui implorent humblement votre saint Nom, qui, reconnaissant leurs péchés, s'accusent eux-mêmes, déplorent leurs méfaits sous les regards de votre divine clémence, et implorent avec ardeur par leurs supplications votre très douce miséricorde.
Daignez faire que par linvocation de votre très saint Nom, tous ceux sur lesquels ces cendres seront répandues, pour le rachat de leurs péchés, reçoivent la santé du corps et la protection de
MNIPOTENS sempiterne Deus, parce pcenitentibus , propitiare supplicantibus : et mittere digneris sanctum Angelum tuum de cœlis, qui benedicat, et sanclificet hos cineres. ut sint remedium salubre omnibus Nomen sanctum tuum humiliter implorantibus, ac semetipsos pro conscientia delictorum sunrum accusantibus , ante conspectum divina» clementiae tuae facinora sua deplorantibus, vel seretiissimam pietatem tuam suppliciter obnixeque flagitantibus : et praesta per invocationem sanctissimi Nominis tui : ut quicumque per eos aspersi
LE TEMPS DE LA SEPTUAGÉSIME
58 Le Temps de la Septuagésime.
fuerint, pro redemptione peccatorum suorum. corporis sanitatem et anims tutelam percipiant. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
rame Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
DEUS. qui uGn morîem, sed pœnitentiam desideras peccatorum : fragiliîatem conditionis humanas benignissime re'spice : et hos cineres.quos causa proferendœ humiiitatis. atque promerendas veniffi. capitibus nostris imponi decernimus , benedicere pro tua pletate dignare :
ut. qiii nos cinerem esse, et ob pravitatis nostra- Jemeritum in pulverem reversuros cognoscimus.
peccatorum omnium veniam. et prsmia pœnitentibus repromissa. misericorditer consequi mereamjr. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
ODiEU, qui ne voulez pas notre mort, mais notre pénitence, considérez avec bonté la fragilité de la condition humaine, et daignez bénir dans votre miséricorde ces cendres que nous voulons recevoir sur nos lètes. en signe d'humilité, et pour mériter le pardon ; afin que.
reconnaissant que nous ne sommes que cendre, et que nous devons retourner en poussière, pour la punition de notre malice, nous méritions d'obtenir de votre miséricorde le pardon de tous nos péchés. et les récompenses promises aux pénitents. Par Jésus-Christ notre Seigneur
^EUS. qui humiliatione flec'eris et satisfactione piacaris : aurem tuae pietatis inclina precibus nostris : et capitibus servorum tuorum, horum cinerum asper-
MON Dieu, qui vous laissez fléchir par l'humilité et apaiser par la satisfaction, inclinez à nos prières l'oreille de votre miséricorde, et daignez répandre la oyhzs.
de votre bénédiction sur les
Le Mercredi des Cendres
têtes de vos serviteurs, lorsqu'elles auront été marquées de ces cendres : remplissez vos fidèles de l'esprit de componction , accordez-leur pleinement les demandes justes qu'ils vous présenteront . affermissez et conservez en eux les faveurs que vous leur aurez accordées Par Jésus-Christ notre Seigneur Ariien.
sione contactis. effunJe propitius gratiam tuae benedictionis ut eos et spiritu compunctionis repleas , et quas juste postulaverint efficaciter tribuas , et concessa perpetuo stabilita et intactr.
manere décernas. Per Christum Dominam nostrum. Amen
DIEU tout-puissant et éternel, de qui les Ninivites qui firent pénitence sous la cendre et le cilice reçurent le rem„de et le pardon, daignez accorder à nous qui les imitons dans l'extérieur, d'être comme eux l'objet de votre miséricorde. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen
OMNIPOTENS sempiterne Deus. qui Ninivitis in cinere et cilicio pœnitentibus indulgentiae tuse remédia praestitisti : concède propitius, ut sic eos imitemur habitu . quatenus veniae prosequamur obtentu.
Per Christum Dominum nostrum. Amen.
Après ces Oraisons, le Prctre asperge les cendres avec l'eau bénite, puis il les paVfume avec l'encens. Ces rites étant accomplis, il reçoit lui-mcnie de ces cendres sur la tête par la main du prêtre le plus qualitié dans le clergé qui dessert l'église. Celui-ci les reçoit à son tour du célébrant oui, après les avoir imposées aux ministres de l'autel et au reste du clergé, les distribue au peuple
Lorsque le Prêtre s'approchera pour vous marquer du sceau de la pénitence, acceptez avec soumission Tarrét de mort que Dieu luinicme prononcera sur vous . « Homme, sou-
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a viens-toi que tu es poussière, et que tu « rentreras dans la poussière ». Humiliezvous et rappelez-vous que c'est pour avoir voulu être comme des dieux, préférant notre volonté à celle du souverain Maître, que nous avons été condamnés à mourir. Songeons à cette longue suite de péchés que nous avons ajoutés à celui d'Adam, et admirons la clémence de Dieu qui se contentera d'une seule mort pour tant de révoltes. Pendant la distribution des cendres, le chœur chante les deux Antiennes et le Répons ci-après.