‹ L'Année liturgique (volume 2)Chapitre 116 sur 189 · ÉVÊQUE ET CONFESSEUR · texte numérisé non relu

ÉVÊQUE ET CONFESSEUR

^ujourd'hui, c'est un saint Evêque ' qui, par sa vie austère et son zèle ardent pour le salut des âmes, vient nous inviter à songer sérieusement à notre réconciliation avec Dieu. Moins célèbre dans l'Eglise que beaucoup d'autres saints Confesseurs, il doit à Clément XII, membre de l'illustre famille Corsini, l'honneur de briller avec plus d'éclat au Cycle de la sainte Eglise. Mais le Pontife n'était que l'instrument de la divine Providence. Le saint Evêque de la petite ville de Fiesole a toujours cherché l'obscurité durant sa vie, et Dieu a voulu le glorifier dans toute l'Eglise, en inspirant au Pasteur suprême la pensée de le placer sur le Calendrier universel. Au reste, André fut pécheur avant de devenir un saint ; son exemple nous encouragera à revenir sincèrement à Dieu.

Lisons le récit de ses vertus dans les Leçons de l'Office que l'Eglise lui a consacré.

ANDREAM Florenliœ . ex nobili Corsinorum farailia natum parentes precibus a Deo impetrarunt , et beatse

ANDRÉ naquit à Florence de la noble famille des Corsini. Ses parents l'obtinrent de Dieu par leurs prières et le vouèrent à la

3o2 Le Temps de la Septiiagésime.

A'irgini spoponderunt.

Qualis autem futuriis esset, divino prœsagio, antequam nasceratur ostensum est : nam mater gravida sibi visa est per quietem lupiTm edidisse.

qui, ad Carmelitarum aedem pergens. in ipso templi vestibulo statim in agnum conversus est.

Adolescens pie et ingénue educatus, cum sensim ad vitia declinaret, saspe a matre increpatiis fuit. Ubi autem cognovit se parentum voto Deiparae Virgini dicaium fuisse, Dei araore saccensus. deque visu matris admonitus, Carmelitarum institutum amplexus est. in quo variis tentationibus a dœmone vexatus, nunquam tamen potuit a religionis proposito dimoveri. Mox Lutetiam missus, emenso studiorum curriculo. et laurea donatus, in patriam revocatur, suique Ordinis regimini in Hetruria praeficitur.

1NTEREA Fesulana Ecclesia suo viduata pastore eum sibi Episcopum

sainte Vierge. Dès avant sa naissance, un présage divin fit connaître ce qu'il devait être un jour. Pendant que sa mère le portait encore, elle eut un songe durant lequel il lui sembla qu'elle avait enfanté un loup qui. se dirigeant vers la maison des Carmes, s'était tout à coup changé en agneau sous le vestibule de leur église. Sa jeunesse reçut une éaucation pieuse et conforme à son rang ; cependant il se laissa aller insensiblement au désordre, malgré les fréquentes remontrances de sa mère. Mais ayant appris que le vœu de ses parents l'avait consacré à la Vierge Mère de Dieu, et ayant eu connaissance de la vision qu'avait eue sa mère, l'amour de Dieu s'enflammant dans son cœur, il résolut d'embrasser l'Institut des Carmes.

Malgré les nombreuses tentations qu'il y éprouva de la part du démon, rien ne fuf capable de le détourner de sa résolution d'être religieux.

On l'envoya bientôt à Paris; après y avoir suivi le cours des études, et pris le grade de docteur, il fut rappelé dans sa patrie, et préposé au gouvernement de son Ordre en Toscane.

L'Eglise de Fiesole, ayant perdu son Evêque, le choisit pour la gouverner.

Saint André Corsini, Ev. et Conf. 3o3

André, s'estimant indigne de cette charge, demeura longtemps cache, sans que personne connût le lieu où il s'était retiré. La voix d'un enfant qui ne parlait pas encore le fit miraculeusement découvrir dans la retraite qu'il s'était choisie hors de la ville; et dans la crainte de s'opposer à la volonté divine, il reçut la consécration épiscopale. Dans sa nouvelle dignité, André s'exerça plus que jamais à l'humilité qu'il avait toujours pratiquée, et unit à la sollicitude pastorale la miséricorde envers les pauvres, la libéralité, l'sssiduité à l'oraison, les saintes veilles et les autres vertus.

L'esprit de prophétie éclata aussi en lui, et sa sainteté était en réputation partout.

URBAIN V, au bruit de tant de mérites, l'envoya en qualité de Légat à Bologne, pour apaiser une sédition.

André eut beaucoup à souffrir dans cette mission; cependant il vint à bout, par sa rare prudence, d'éteindre les inimitiés qui avaient porté les habitants de cette ville à prendre les armes les uns contre les autres. La tranquillité étant rétablie par ses soins, il revint à son Eglise.

Peu après, épuisé par des travaux assidus et par les macérations de la chair, ayant

elegit : quo munere se indignum aestimans, diu latuit ignotus , donec pueri voce mirabiliter loquentis proditus, et extra urbem inventus, ne divinae contradiceret voluntati, episcopatum suscepit. Ea dignitate auctus , humilitati , quam semper coluerat, impensiiis incubuit, et pastorali sollicitudini, misericordiani in pauperes, liberalitatem, orationis assiduitatem, vigilias, aliasque virtutes adjunxit, et spiritu etiam prophétie© clarus fuit, adeo ut ejus saactitas ab omnibus celebraretur.

H 13 permotus Urbanus Quintus ad sedandas Bononiœ turbts Andream legatum misit :

quo in munere muha perpessus, civium odia, quas ad internecionem exarserant, summa prudentia restinxit ; tum restituta tranquillitate ad propria reversus est.

Nec multo post assiduis laboribus, et voluntaria carnis maceratione confectus, obitus die a beata Virgine sibi prasdicto, ad cœlestia régna migra-

vit, anno Dotnini millesimo trecentesimo septuagesimo tertio, aetatis suae septuagesimo primo.

Quem Urbanus Octavus multis magnisque miraculis clarum,' Sanctorum numéro adscripsit. Ejus corpus Florentin in licclesia sui Ordinis quiescit. et maxima civium veneratione colitur : quibus nonsemel inpraesenti discrimine praesidio fuit.

connu par une révélation de la sainte Vierge le jour de sa mort, il partit pour le royaume céleste, l'an du Seigneur mil trois cent soixantetreize, en la soixante-onzième année de sa vie.

Urbain VIII inscrivit André au nombre des Saints, à cause de ses nombreux et éclatants miracles. Son corps repose à Florence dans l'Eglise de son Ordre, et il y est l'objet d'une très grande vénération de la part des habitants, que son intercession a préservés plus d'une fois des malheurs qui les menaçaient.

ECOUTEZ, saint Pontife, la prière des pécheurs qui désirent apprendre de vous la voie qui ramène à Dieu. \'ous avez fait l'épreuve de ses miséricordes; c'est à vous de les obtenir pour nous. Soyez donc propice au peuple chrétien, en ces jours où la grâce de la pénitence est offerte à tous ; parVos prières, faites descendre sur nous l'esprit de componction. Nous avons péché, et nous sollicitons le pardon; fléchissez en notre faveur le cœur de Dieu. De loups rendez-nous agneaux ; fortiriez-nous contre nos ennemis; faites-nous croître dans la vertu d'humilité qui brilla en vous avec tant d'éclat, et demandez au Seigneur que la persévérance couronne nos efforts, comme elle a couronné les vôtres, afin que nous chantions avec vous et comme vous les miséricordes de notre commun Rédempteur.

yyyyy / , ^ /////////// ^^/-'''''''/'v/^^x'

Page 1