‹ L'Année liturgique (volume 2)Chapitre 122 sur 189 · I. Gai. v · texte numérisé non relu

I. Gai. v

Saint Romuald, Abbé.

pour guide dans le chemin étroit et sublime de la perfection.

T L eut à souffrir les em- *■ bûches de Satan et l'envie de la part des hommes; mais il s'en montrait d'autant plus hum.ble , s'exerçant assidûment aux jeûnes et à la prière.

Lorsqu'il se livrait à la contemplation des choses célestes, il répandait d'abondantes !arme> ; mais il ne laissait pas d'avoir toujours le visage si joyeux, qu'il réjouissait tous ceux qui le considéraient. Il fut en grand honneur auprès des princes et des rois, et plusieurs par son conseil renoncèrent aux attraits du monde et se retirèrent dans la solitude. Enflammé du désir du martyre, il partit pour la Pannonie, dans l'espoir de l'y rencontrer; mais une maladie qui le tourmentait à mesure qu'il avançait, et qui le quittait lorsqu'il revenait sur ses pas, l'obligea de s'en retourner.

Tl éclata par des miracles durant sa vie et après sa mort, et il eut aussi l'esprit de prophétie. Gomme le Patriarche Jacob, il vit une cchelle qui s'élevait de la ferre au ciel, et par laquelle montaient et descendaient des hommes vêtus de blanc ; et il reconnut que cette vision

fectionis viam eo magistro ac duce uteretur.

^ ULTis Satanœ insi- * * diis, et hominum invidia oppugnatus, tanto humilior se assidue jejuniis et oralionibus exercebat, et rerum cœlestium meditatione, vim lacrvmarum profundens fruebatur : vultu tamen adeo laeto semper erat, ut intuentes exhilararet.

Magno apud principes et reges in honore fuit, multique ejus consilio, muiidi illecebrisabjectis, solitudinem petierunt.

Martyrii quoque cupiditate flagravit, cujus causa dum in Pannoniam proficiscitur, morbo quo afflictabatur cum progrederetur, levabatur cum recederet . reverti cogiiur.

Tn vita et post mortem •'■ miraculis clarus, spiritu etiam prophétise non caruit. Scalam a terra cœlum pertingentem in similitudinem Jacob Patriarche, per quam hnmines in veste candidu ascendebant et descend^bant. per vi<um con>pc-

32 8 Le Temps de la Septuagésime.

merveilleuse désignait les moines Camaldules dont il a été l'instituteur. Enfin, après avoir vécu cent vingt ans, et servi Dieu pendant cent ans par la vie la plus austère, il alla au ciel, l'an du salut mil vingt-sept. Son corps fut trouvé dans son intégrité, cinq ans après qu'il eut été enseveli, et on le déposa avec honneur dans l'Eglise de son Ordre à Fabriano.

xit. eoque Camaldulenses monachos. quorum instituti auctor fuit, designari mirabiliter agnovit. Denique cum annos centum et vi.ginti ageret.

et centum ipsos in summa vitas asperitate Deo servisset, ad eum migravit anno salutis millesimo vigesimo septimo. Ejus corpus quinquennio postquam sepultum fuerat, integrum repertum, Fabriani in Ecclesia sui Ordinis honorifice conditum est.

AMI de Dieu, Romuald, que votre vie a été différente de la nôtre! Nous aimons le inonde et ses agitations; c'est à peine si la pensée de Dieu traverse quelquefois nos journées d'un fugitif souvenir; plus rarement encore est-elle le mobile de nos actions. Cependant chaque heure qui s'écoule nous approche de ce moment où nous nous trouverons en face de Dieu, chargés de nos œuvres bonnes et mauvaises, sans que rien ne puisse plus moditîer la sentence que nous nous serons préparée. Vous n'avez pas entendu ainsi la vie, ô Romuald ! 11 vous a semblé qu'une pensée unique devait la remplir tout entière, un seul intérêt la préoccuper, et vous avez marché constamment en présence de Dieu. Pour n'être pas distrait de ce grand et cher objet, vous avez cherché le désert; là, sous la règle du saint Patriarche des moines, vous avez lutté contre le démon et la chair; vos larmes ont lavé vos péchés,

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si légers en comparaison des nôtres ; votre cœur, régénéré dans la pénitence, a pris son essor d'amour vers le Sauveur des hommes, et vous eussiez voulu lui offrir jusqu'à votre sang. Vos mérites sont notre bien aujourd'hui, par cette heureuse communion que le Seigneur a daigné établir entre les plus saintes âmes et nous pécheurs. Aidez-nous donc dans la carrière de pénitence qui commencera bientôt; nous avons tant besoin de mettre la faiblesse de nos œuvres à couvert sous la plénitude des vôtres ! Au fond de votre solitude, sous les ombrages de votre Eden de Camaldoli, vous aimiez les hommes vos frères, et jamais ils n'approchèrent de vous sans être captivés par votre aimable et douce charité : m.ontrez-leur que vous les aimez toujours. Souvenez-vous aussi de l'Ordre que vous avez fondé; fécondez ses restes vénérables, et faites qu'il soit toujours aux âmes que le Seigneur y appelle une échelle sûre pour monter jusqu'à lui.

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