‹ L'Année liturgique (volume 2)Chapitre 20 sur 189 · DE L ASSISTANCE A LA SAINTE MESSE, AU TEMPS DE LA SEPTUAGÉSIME · texte numérisé non relu

DE L ASSISTANCE A LA SAINTE MESSE, AU TEMPS DE LA SEPTUAGÉSIME

E chrétien, dans les jours de la Septuagésime, s'il sait entrer ^■;t'S^^ dans l'esprit de l'Eglise, voit C^^^^O croître en lui ce sentiment de ^^^^ la crainte de Dieu, qui, selon le

Psalmiste, est « le commencement de la sagesse ». La vue de sa misère originelle, le souvenir de ses péchés, l'atten^te des jugements de Dieu, l'arrachent à la mollesse dans laquelle il a trop longtemps vécu. Il lui faut donc un refuge, un secours puissant et salutaire qui ranime en son cœur cette espérance chrétienne, sans laquelle il ne peut être enfant de Dieu. Il lui faut plus encore : il a besoin d'une Victime de propitiation qui apaise en sa faveur la colère céleste, d'un Sacrifice au moven duquel il puisse désarmer ce bras red'outable qu'il sent levé contre ses iniquités.

Cette Victime est prête, ce Sacrifice d'un

40 Le Temps de la Septuagésime.

mérite infini est mis à notre disposition U" Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde est encore sur cette terre. Sa naissance nous a comblés de bonheur; les joies que nous avons goûtées près de son berceau, et qui tout à coup ont fait place à d'austères pensées, renaîtront plus vives au jour de son triomphe ; mais en attendant ce jour fortuné qui nous ramènera près de lui purifiés et animés d'une nouvelle vie, nous pouvons toujours compter sur ses mérites pour opérer la régénération de nos âmes Lors donc que nous voulons présenter à Dieu le sacrifice de notre cœur contrit et humilié, si nous voulons le rendre plus acceptable, approchonsnous de l'autel, et supplions la Mctime qui s"y offre pour nous, de joindre ses mérites iîifinis à nos faibles œuvres. Quand nous sortirons de la maison de Dieu, le poids de nos péchés sera déjà grandement allégé, la confiance en la divine miséricorde aura pris un nouvel accroissement ; et. renouvelé par la componction, l'am.our s'élèvera vers Dieu plus fort et plus sincère.

Nous allons maintenant essayer de réduire à la pratique ces sentiments, dans une explication des Mystères de la sainte Messe, nous etforçant d'initier les fidèles à ces divins secrets, non par une stérile et téméraire traduction des formules sacrées, mais au moyen d'Actes destinés à mettre les assistants en rapport suffisant avec les paroles et les sentiments de l'Eglise et du Prêtre.

Aux trois Simanches de Septuagésime, de Sexagésime et de Quinquagésime, la Messe est toujours célébrée selon le rite sévère du

T^ Messe.

temps où nous sommes. Ces dimanches ne céderaient ia place qu'au Patron ou à la Dédicace de l'Eglise dans laquelle on célèbre. La prérogative "du Mercredi des Cendres est plus inviolable encore : la Messe de cette Férié n'est jamais omise. Hors ces quatre jours, il se rencontre, dans le temps de la Septuagésime, un nombre assez considérable de Fêtes en l'honneur des Saints. L'Eglise alors dépose ses couleurs de deuil, et célèbre le saint Sacrifice à la mémoire de ces amis de Dieu.

Le Dimanche, si la Messe à laquelle on assiste est paroissiale, deux rites solennels, l'Aspersion de l'eau bénite, et en beaucoup d'Eglises, la Procession, devront d'abord intéresser la piété.

Pendant l'Aspersion, nous demanderons avec David, dont l'Eglise emprunte les parole^, que nos âmes, purifiées par Vhysope de l'humilité, redeviennent plus Dlanches que la neige.

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