LE CANON DE LA MESSE
Dans ce colloque mystérieux avec le grand Dieu du ciel et de la terre, la première prière du sacritïcateur est pour l'Eglise Catholique, sa Mère et la nôtre :
Dieu, qui vous manifestez au milieu de nous
TE igitur . démentissime Pater, per Je-
Le Temps de la Septuagésime.
3um Christum Filium tuum Dominum nostrum supplices rogamus ac petimus. uti accepta habeas et benedicas' hac dona, hœc munera. haec sancta sacrificia illibata ; in primis quae tibi offerimus pro Ecclesia tua sancta Catholica : quam pacificare custodire .
adunare, et regere digneris toto orbe terrarum.
una cum famulo tuo Papa nostro N. et Antistite nostro N., et omnibus orthodoxis. atque catbolicae et apostolicce fidei cultoribus.
Priez maintenant, personnes qui vous EMENTO , Domine .
par le moyen des Mystères dont vous avez fait dépositaire notre Mère la sainte Eglise, nous vous supplions, au nom de ce divin Sacrifice, de détruire tous les obstacles qui s'opposent à son pèlerinage en ce monde. Donnezlui la paix et l'unité ; conduisez vous-même notre Saint- Père le Pape, votre Vicaire sur la terre ; dirigez notre Evèque qui est pour nous le lien sacré de l'unité ; sauvez le prince qui nous gouverne, afin que nous menions une vie tranquille; conservez tous les orthodoxes enfants de l'Eglise Catholique-Apostolique-Romaine.
avec le Prêtre, pour les intéressent davantage:
PERMETTEZ- MOI , Ô mon Dieu ! de vous demander de répandre vos bénédictions spéciales sur vos serviteurs et vos servantes, pour lesquels vous savez que j'ai une obligation particulière de prier... Appliquezleur les fruits de ce divin Sacrifice qui vous est offert au nom de tous. Visitez-les par votre grâce ; pardonnez leurs péchés ; accordez-leur les biens de la vie présente et ceux de la vie éternelle.
famulorum famularumque tuarum N. et N., et omnium circumstantium. quorum tibi fides cognita est, et nota devotio • pro quibus tibi offerimus . vel qui tibi ofFerunt hoc sacrificium laudis pro se, suisque omnibus, pro redemptione animarum suarum, pro spe salutis et incolumitatis suae ; tibique reddunt vota sua aeterno Deo vivo et vero.
Faisons mémoire des Saints,qui sont la partie déjà glorieuse du Corps de Jésus-Christ :
La Messe.
COMMUNICANTES , et memoriam vénérantes, in primis gloriosae semper Virginis Mariaj, Genitricis Dei et Domini nostri Jesu Christi : sed et beatorum Apostolorum ac Martyrum tuorum. Pétri et Pauli, Andréa?. Jacobi, Johannis . Thomae . Jacobi , Philippi, Bartholomasi, Matthaei . Simonis et Thaddaei : Lini. Cleti, Clementis. Xysti, Cornelii. Cypriani, Laurentii, Chrysogoni. Joannis et Pauli. Cosm£e et Damiani, et omnium Sanctorum tuorum : quorum meritis precibusque concédas , ut in omnibus protectionis tuae muniamur auxilio. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
Le Prêtre, qui jusque-là priait les mains étendues, les unit et les impose sur le pain et le vin. Il imite ainsi le geste du Pontite de l'ancienne loi sur la victime tigurative, pour désigner ces dons d'une manière spéciale à l'œil de la Majesté divine, comme l'offrande matérielle qui atteste notre dépendance, et qui va bientôt faire place à l'Hostie vivante sur laquelle ont été placées toutes nos iniquités.
MAIS non seulement, ô mon Dieu ! l'offrande de ce Sacrifice nous unit à nos frères qui sont encore dans cette vie voyagére de l'épreuve :
il resserre aussi nos liens avec ceux qui déjà sont établis dans la gloire. Nous l'offrons donc pour honorer la mémoire de la glorieuse et toujours Vierge Marie, de laquelle est né notre Sauveur ; des Apôtres, des Martyrs, des Confesseurs, des Vierges, en un mot de tous les Justes, afin qu ils nous aident par leur puissant secours à devenir dignes de vous contempler à jamais, comme eux, dans le séjour de votre gloire.
LIGNEZ recevoir, ô Dieu 1 cette offrande que toute votre famille vous présente,
ANC igitur oblationem servitutis nostrœ, sed et cunctje fami-
64 J^e Temps de la Septuagésîme.
liae tuae, quassumus Domine, ut placatus accipias : diesque nostros in tua pace disponas. atque ab aeterna damna'tione nos eripi. et in elecîorum tuorum jubeas grege numerari. Per Christum Dominum nostrum. Amen.
Quam oblationem tu.
Deus, in omnibus, quaesumus. benedictam, adscriptam. ratam, rationabilem, accepLsbilemque facere digneris : ut nobis Corpus et Sanguis fiât dilectissimi Filii îui Domini nostri Jesu Christi.
comme l'hommage de son heureuse servitude. En échange. donnez-nous la paix, sauvez-nous de votre colère, mettez-nous au nombre de vos élus ; par Jésus-Christ notre Seigneur qui va paraître.
Car il est temps que ce pain devienne son Corps sacré qui est notre nourriture, et que ce vin se transforme en son Sang qui est notre breuvage : ne tardez donc plus à nous introduire en la présence de ce divin Fils notre Sauveur !
Ici, le Prêtre cesse d'agir en homme ; il n'est plus simplement le député de l'Eglise. Sa parole devient celle de Jesus-Christ ; elle en a la puissance et l'efficacité. Prosternezvous ; car Dieu lui-même va descendre sur l'autel.
OUI pridie quam pateretur, accepit panem in sanctas ac venerabiles manus suas : et elevatis oculis in cœlum.
ad te Deum Patrem suum omnipotentem. tibi gratias agens , benedixit , fregit, deditque discipulis suis, dicens : Accipite. et manducate ex hoc omnes. Hoc est enim Corpus meum.
L'Agneau divin est maintenant au
QUE ferai-je en ce moment, ô Dieu du ciel et de la terre ! Sauveur ! Messie tant désiré ! si ce n'est de vous adorer en silence comme mon souverain Maitre, de vous ou^Tir mon cœur, comme à son Roi plein de douceur :
Venez donc, Seigneur Jésus!
venez !
La Messe. 65
de nous. Gloire et amour soient à lui ! Mais il ne vient que pour être immolé ; c'est pourquoi le Prêtre, ministre des volontés du Très-Haut, prononce tout aussitôt sur le calice les paroles sacrées qui opèrent la mort mystique par la séparation du Corps et du Sang de la victime. La substance du pain et du vin s'est évanouie ; les espèces seules sont restées comme un voile sur le Corps et le Sang du Rédempteur, afin que la terreur ne nous éloigne pas d'un mystère qui ne s'accomplit que pour rassurer nos cœurs. Unissons-nous aux An^es qui contemplent en tremblant cette divine merveille.
SIMILI modo postquam cœnatum est . accipiens et hune praeclarum Calicem in sanctas ac venerabiles manus suas : item tibi gratias agens.
benedi.vit, deditque discipulis suis dicens : Accipite et bibite ex eo omnes. Hic EST enim Ca- Lix Sanguinis mei. nove
SANG divin, prix de mon salut, je vous adore. Lavez mes iniquités, et rendezmoi plus blanc que la neige.
Agneau sans cesse immolé, et cependant toujours vivant, vous venez effacer les péchés du monde ; venez aussi régner en moi par votre force et par votre douceur.
ET jETERNI TESTAMENTI : MVSTERIUM FIDEI : QUI PHO VOBIS ET PRO MULTIS EFFUNDETUR IX RE.MISSIONKM
PECC.ATORU.M. Haec quotiescumquc feceritis, in mei memoriam facietis.
Le Prêtre est maintenant face à face avec Dieu ; il élève de nouveau ses bras, et représente au Père céleste que TOblation gui est devant lui n'est plus ime offrande matérielle, mais le Corps et le Sang, la personne tout entière de son divin Fils.
LA voici donc, ô Père saint. It t nce et memores, Doi'Hoslie si longtemps | vJ mine, nos servi tui.
LE TEMPS DE LA SEPTUAGESIME
ced et plebs tua sancta.
ejusdem Christi Filii tui Domini nostri tam beatœ Passionis. nec non et ab inferis Resurrectionis , sed et in cœlos gloriosae Ascensionis : ofiFerimus prîeclarae Majestati tuas de tuis donis ac datis, Hostiam puram. Hostiam sanctam. Hostiam "immaculatam : Panem sanctum vitœ aeternae, et Calicem salutis perpe-
tUÎB.
Supra quae propitio ac sereoo vultu respicere digneris, et accepta habere. sicuti accepta habere dignatus es munera pueri tui justi Abel. et sacrificium Patriarche nostri Abrahae, et quod tibi obtulit summus Sacerdos tuus Melchisedech . sanctum sacrificium, immaculatam hostiam.
attendue. Voici ce Fils éternel qui a souffert . qui est ressuscité glorieux, qui est monté triomphant au ciel. Il est votre Fils : mais il est aussi notre Hostie. Hostie pure et sans tache ; notre Pain et notre Breuvage d'immortalité.
Vous avez agréé autrefois le sacrifice des tendres agneaux que vous offrait Abel ; le sacrifice qu'Abraham vous fit de son fils Isaac, immolé sans perdre la vie ; enfin le sacrifice mystérieux du pain et du vin que vous présenta Melchisédech. Recevez ici l'Agneau par excellence, la victime toujours vivante, le Corps de votre Fils qui est le Pain de vie, son Sang qui est à la fois un breuvage pour nous et une libation à votre gloire.
Le Prêtre s'incline vers l'autel, et le baise comme le trône d'amour sur lequel réside le Sauveur des hommes.
SUPPLICES te rogamus.
omnipotens Deus :
jubé hase perferri per manus sancti Angeli tui in sublime Altare tuum in conspectu divinae Ma-
MAis, ô Dieu tout-puissant, ces dons sacrés ne reposent pas seulement sur cet autel terrestre ; ils sont aussi sur l'Autel sublime du ciel, devant le trône de votre di-
La Messe.
vine Majesté ; et ces deux autels ne sont qu'un même autel, sur lequel s'accomplit le grand mystère de votre gloire et de notre salut : daignez nous rendre participants du Corps et du Sang de l'auguste Victime, de laquelle émanent toute grâce et toute bénédiction.
;estatis tuae : ut quotquot ex hac altaris participatione, sacrosanctum Filii lui Corpus et Sanguinem sumpserimus, omni benedictione cœlesti et gratia repleamur. Per eumdem Christum ûominum nostrum.
Amen.
Mais le moment est favorable aussi pour implorer un soulagement à l'Eglise souffrante. Demandons que le Libérateur qui est descendu daigne visiter les sombres demeures du Purgatoire par un rayon de sa lumière consolatrice, et que, découlant de cet autel, ie sang de l'Agneau, comme une miséricordieuse rosée, rafraîchisse ces âmes haletantes. Prions particulièrement pour celles qui nous sont cnères.
MEMEXTOetiam, Domine, famulorum fami.-larumque tuarum A'. atA", qui nos praecesserunt cum signo fidei, et dormiunt in somno pacis. Ipsis, Domine , et omnibus in Christo quiescenlibus, locum refrigerii, lucis et pacis, ut indulgeas, deprecamur. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.
N'excluez personne de votre visite, ô Jésus !
Votre aspect réjouit la cité sainte avec ses élus ; nos yeux encore mortels vous contemplent, quoique sous un voile : ne vous cachez plus à ceux de nos frères qui sont dans le lieu des expiations. Soyez-leur un rafraîchissement dans leurs flammes, une lumière dans leurs ténèbres, une paix dans leurs douloureux transports.
Ce devoir de charité étant rempli, prions pour nous-mêmes pécheurs, qui profitons si peu de la visite que le Sauveur daigne nous
6 s Le Temps de la Septuagésime.
faire, et frappons notre poitrine avec le Prêtre :
Nous sommes pécheurs, ô Père saint ! et cependant nous attendons de votre infinie miséricorde une part dans votre Royaume, par le mérite de ce ' Sacrifice que nous vous ofi^rons. et non à cause de nos œuvres qui ne sont dignes que de votre colère. Mais souvenez-vous de vos saints Apôtres, de vos saints Martyrs, de vos saintes Vierges, de tous les Bienheureux, et donnez-nous, par leur intercession, la grâce et la gloire éternelle que nous vous demandons au nom de Jésus-Christ notre Seigneur, votre Fils. C'est par lui que vous répandez sur nous vos bienfaits de vie et de sanctification : par lui encore, avec lui et en lui, dans l'unité du Saint-Esprit, soit à vous honneur et gloire à jamais !
NOBis quoque peccatoribus famulis tuis, de multitudine miserationum tuarum sperantibus. partem aliquam et societatem donare digneris cum tuis sanctis Apostolis et Martyribus :
cum Johanne. Stephano, Mathia. Barnaba, Ignatio, Alexandre. Marceliino. Petro, Felicitate.
Perpétua. Agatha, Lucia, Agnete, Caecilia, Anastasia. et omnibus Sanctis tuis ; intra quorum nos consortium, non œstimaîor meriti, sed veniae.
quaîsumus. largitor ad- ■mitte; per Christum Dominum nostrum. Per quem hœc omnia. Domine, semper bona créas, sanctificas. vivificas, benedicis.et prœstas nobis :
per ipsum, et cum ipso, et in ipso, est tibi Deo Patri omnipotent!, in unitate Spiritus Sancti, omnis honor et gloria.
En disant ces dernières paroles, le Prêtre a pris l'Hostie sainte qui reposait sur Tautel ; il l'a placée au-dessus de la coupe, réunissant ainsi le Corps et le Sang de la divine Victime, afin de montrer qu'elle est maintenant immortelle ; puis, élevant à la fois le Calice et l'Hostie, il a présenté à Dieu le plus
La Messe. 6 g
noble et le plus complet hommage que puisse recevoir la Majesté infinie.
Cet acte sublime et mystérieux met fiin au Canon ; le silence des mystères est suspendu. Le Prêtre a terminé ses longues supplications, il sollicite poiir ses pri'ères l'acquiescement du peuple fidèle, en prononçant à haute voix les dernières paroles :
DANS tous les siècles des I D er omnia saecula saesiècles. I A culorura.
Répondez avec toi et dans un sentiment d'union avec la sainte Eglise :
19. Amen ! je crois le mys- B?. Amen, tère qui s'est opéré, je m'unis à l'offrande qui a été faite et aux demandes de l'Eglise.
Il est temps de répéter la prière que le Sauveur lui-même nous a apprise. Qu'elle s'élève jusqu'au ciel avec le sacrifice du Corps et du Sang de Jésus-Christ ! Pourraitelle n'être pas agréée, en ce moment où celui-là même qui nous l'a donnée est entre nos mains, pendant que nous la proférons ? Cette prière étant le bien commun de tous les enfants de Dieu, le Prêtre la récite à haute voix, afin que tous puissent s'y unir. Prions, dit-il :
INSTRUITS par un précepte salutaire, et suivant fidèlement la forme de l'instruction divine qui nous a été donnée, nous osons dire :
OR E iM u s. Prœcepîis salutaribus moniti, et divina institutione formati, audemus dicere :
L OR.\ISOX DOMINICALE.
N^ OTRE Père qui êtes aux I rj ater noster. qui es in cieux, que votre Nom soit |L cœlis : Sanctificetur
7 0 Le Temps de la Septuagésime.
Nomen tuum : Adveniat regnum tuum : Fiat voluntas tua sicut in cœlo.
et in terra. Panem nosîrum quotidianum da nobis hodie : Et dimitte nobis débita nostra .
sicut et nos dimittimus debitoribus nostris : Et ne nos inducas in tentationem.
sanctifié ; que votre règne arrive : que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourd'hui notre Pain quotidien; et pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.
Répondons avec l'accent de notre misère:
Sed libéra nos a malo. I Mais délivrez-nous da I mai.
Le Prêtre retombe dans le silence des Mystères. Sa prière insiste sur cette dernière de'mande : Déliv7'e:{-nous du mal , et. certes, avec raison ; car le mal nous déborde, et c'est pour l'expier et le détruire que nous a été envoyé l'Agneau.
LIBERA nos, quaïsumus Domine, ab omnibus malis. prœteritis, prae-
sentibus. et futuris intercedente beataet gloriosa semper Yirgine Dei Génitrice Maria.
cum beatis Apostolis tuis Petro et Paulo , atque Andréa. etomnibusSanctis. da propitius pacem in diebus nostris : ut ope misericordia tuae adjuti.
et a peccato simus semper liberi . et ab omni periurbatione securi. Per eumdem Dominum nosiram Jesum Christum
TROIS sortes de maux nous désolent, Seigneur : les maux passés, c'est-à-dire les péchés dont notre âme porte les cicatrices, et qui ont fortifié ses mauvais penchants ; les maux présents , c'est-àdire les taches actuellement empreintes sur cette pauvre âme. sa faiblesse, et les tentations qui l'assiègent : enfin les maux à venir, c'est-à-dire les châtiments de votre justice. En présence de l'Hostie du salut, nous vous prions.
Seigneur, de nous délivrer de tous ces maiiv^ et d'agréer en notre faveur l'entremise de
Filium tuum, qui tecum vivit et régnât in unitate Spiritus Sancti D&us.
Marie, Mère de Dieu, et de vos saints Apôtres Pierre, Paul et André. AflFranchissez-nous, délivrez-nous, donnez-nous la paix. Par Jésus- Christ votre Fils, qui vit et règne avec vous.
Le Prêtre, qui vient de demander à Dieu la Paix, et qui l'a obtenue, s'empresse de l'annoncer ; il conclut l'Oraison à haute voix :
ANS tous les siècles des siècles.
Ç. Amen.
Puis il dit
1er omnia sascula s.-e-
culoruœ.
œ. Amen.
Que la Paix du Seigneur! Pax Dominisit semper soit toujours avec vous. 1 vobiscum.
Répondez à ce souhait paternel :
TBjC. Et avec votre esprit. | iç. Et cum spiritu tuo.
Le Mystère touche à sa fin ; Dieu va s'unir à l'homme, et l'homme va s'unir à Dieu par la Communion ; mais auparavant un rite imposant et sublime doit s'accomplir dans le silence de l'autel. Jusqu'ici le Prêtre a annoncé l'immolation du Seigneur ; il est temps qu'il annonce sa Résurrection. Il divise donc l'Hostie sainte avec révérence, et l'ayant séparée en trois f)arts, il met une de ces p'arts dans le Calice, réunissant ainsi le Corps et le Sang de l'immortelle Victime. Adorez et dites :
GLOIRE à vous, Sauveur du monde, qui avez sou£Fert
LJfC commixtio etcon- *■ * secratio Corporis et
Le Temps de la Septuagésime.
San^uinis Domini nostri Jesu Christi, fiât acc'.pientibus nobis in vitam aeternam. Amen.
que, dans votre Passion, votre précieux Sang fût séparé de votre sacré Corps, et qui les avez réunis ensuite par votre vertu !
Priez maintenant l'Agneau divin qui a pris çur lui toutes nos iniquités, afin de les laver dans son Sang, et dites-lui avec la sainte Eglise:
AGNUS Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
. Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, dona nobis Pacem.
AGNEAU de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du monde, ayez pitié de nous.
Agneau de Dieu, qui ôtez les péchés du mondé, donneznous la Paix.
La Paix est le grand objet de la venue du Sauveur en ce monde ; il est le Prince de la Paix. Le divin Sacrement de l'Eucharistie doit donc être le Mystère de la Paix, le lien de l'Unité Catholique ; puisque, comme parle TApôtre, nous ne sommes tous qu'un seul Pain et un seul Corps, nous tous qui participons au même Pain. C'est pourquoi le Prêtre, au moment de communier à l'Hostie sainte, demande la conservation de la Paix fraternelle, principalement dans cette portion de la sainte Eglise qui est là réunie autour de l'autel. Implorez-la avec lui.
r\ OMINE Jesu Christe, '-^ qui dixisti Apostolis tuis : Pacem relinquo vobis. pacem meam do vobis ; ne respicias pec-
SEIGNEUR Jésus-Christ, qui avez dit à vos Apôtres :
« Je vous laisse ma paix, « je vous donne ma paix ». ne regardez pas mes péchés ,
La Messe.
mais la foi de cette assemblée qui est à vous, et daignez la pacifier et la réunir selon votre sainte volonté.
cata mea, sed fidem Ecclesiae tuœ : eamque secundum voluntatera tuam pacificare. et coadunare digneris. Qui vivis et régnas Deus, per omnia saecula saeculorum.Amen.
Après cette Oraison, le Prêtre, en signe de Paix, si la Messe est solennelle , donne le baiser fraternel au Diacre, qui le donne luimême au Sous-Diacre, lequel va le porter au Chœur. Pendant ce temps, ranimez en vous les sentiments de la charité chrétienne, et pardonnez à vos ennemis, si vous en avez. Dites ensuite avec le Prêtre :
SEIGNEUR .lésus-Christ , Fils du Dieu vivant, qui.
par la volonté du Père, et la coopération du Saint-Esprit, avez donné par votre mort la vie au monde ; délivrezmoi par ce saint et sacré Corps, et par votre Sang, de tous mes péchés et de toutes sortes de maux. Faites que je m'attache toujours inviolablement à votre loi, et ne permettez pas que je me sépare jamais de vous.
Christe.
vivi, qui
DOMINE Jes Fili Dei ex voluiitate Patris, coopérante Spiritu Sancto, per mortem tuam mundum vivificasti : libéra me per hoc sacrosanctum Corpus , et Sanguinem tuum, ab omnibus iniquitatibus meis, et universis maiis. et fac me tuis semper inhasrere mandatis, et a te nunquam separari permittas. Qui cum eodem Deo Pâtre et Spiritu Sancto, vivis et régnas Deus in ssecula saïculorum. Amen.
Si vous devez communier à cette Messe, dites la troisième Oraison qui suit. Autrement, préparez-vous à faire la Communion spirituelle.
Le Temps de la Septuagésime.
Qeigneur Jésus-Christ , faites que la réception de votre Corps, que je me propose de prendre, tout indigne que j'en suis, ne tourne pas à mon jugement et à ma condamnation ; mais que.
par votre bonté, il me serve de défense pour mon âme et pour mon corps, et qu'il me soit un remède salutaire.
Perceptio Corporis tui , Domine Jesu Christe. quod ego indignus sumere praesumo.
non mihi pro%-eniat in judicium et condemnationem : sed pro tua pietate prosit mihi ad tutamentum mentis et corporis , et ad medelam percipiendam. Qui vivis et régnas cum Deo Pâtre in unitate Spiritus Sancti, Deus. per omnia sjecula sœculorum.Amen.
Quand le Prêtre prend l'Hostie et se dis pose à s'en communier, dites:
Qanem cœlestem accipiam. etNomen Domini invocabo.
Quand il frappe sa poitrine et confesse son indignité, repétez avec lui, trois fois, dans les sentiments du Centurion de l'Evangilei
Ceign'EUR. je ne suis pas ^ digne que vous entriez en moi : mais dites seulement une parole, et mon âme sera guérie.
^ ENEZ, Seigneur Jésus !
OMISE, non sum dignus ut intres sub tectum meum : sed tantum die verbo, et sanabitur anima mea.
Au moment où il consomme la sainte Hostie, si vous devez vous-même communier, adorez profondément votre Dieu qui s'apprête à descendre en vous, et dites encore avec l'Epouse : Vene^, Seigneur Jésus ! ÇApoc. XXII, 20,)
Si vous ne devez pas communier sacra-
La Messe.
mentellement, communiez en ce moment spirituellement, et adorant Jésus-Christ qui visite votre âme par sa grâce, dites :
JE me donne à vous, ô mon Sauveur, pour être votre demeure ; faites en moi selon votre bon plaisir.
Ç^ ORPUS Domini nostri ^^ Jesu Christi custodiat animam meam in vitamaeternam. Amen.
OUE pourrai-je rendre à Dieu pour tous les biens qu'il m'a faits ? Je prendrai le Calice du salut . j'invoquerai le Nom du Seigneur, et je serai délivré de mes ennemis.
Puis le Prêtre prend le Calice avec actions de grâces, disant :
r~) uiD retribuam Do- ^^ mino pro omnibus, quae retribuit mihi ? Calicem salutaris accipiam, et Nomen Domini invocabo. Laudans invocabo Dominum, et ab inimicis meis salvus ero.
Si vous devez communier, dans le moment où le Prêtre prend le Calice pour s'abreuver du Sang divin, adorez encore le Dieu qui s'approche de vous et dites toujours : Vene^, Seigneur Jésus .'
Si, au contraire, vous faites seulement la Communion spirituelle, adoiez de nouveau Jésus-Christ, et dites:
E m unis a vous , o mon Sauveur ! Unissez-vous à moi : que nous ne nous séparions jamais !
C ANGUis Domini nostri ^ Jesu Christi custodiat animam meam ''n vitam astcrnam. Amen.
C'est à ce moment, si vous devez communier, que le Prêtre vous donnera le Corps de Jésus-Christ. Les sentiments que l'on doit apporter à la Communion, au Temps de la Septuagésime, sont développés ci-après, Chapitre VI.
7^ Le Temps de la Septuagésime.
La Communion étant faite, pendant que le Prêtre purifie le Calice pour la première fois, dites ;
QL'OD ore sumpsimus.
Domine, pura mente capiamus : et de munere temporal! fiât nobis remedium semplternum.
Pendant que le Prêtre puritîe le Calice pour Ja seconde fois, dites :
BENI soyez-vous , o mon Sauveur, qui m'avez initié au sacré mystère de votre Corps et de votre Sang. Que mon cœur et mes sens conservent, par votre grâce, la pureté que vous leur avez donnée, et que votre sainte présence demeure toujours en moi.
CORPUS tuum, Domine, quod sumpsi. et Sanguis quem potavi , adhaereat visceribus meis :
et praesta ut in me non remaneat scelerum macula, quem pura et sancta refecerunt Sacramenta.
Qui vivis et régnas in saecula saeculorum.
Amen.
Le Prêtre .ayant lu l'Antienne dite Communion, qui est le commencement de l'Action de grâces, pour le nouveau bienfait que Dieu vient de nous accorder en renouvelant en nous sa présence, se retourne enfin vers le peuple et le salue ; après quoi il récite les Oraisons appelées Postcommunion, qui sont le complément de l'Action de grâces. Joignezvous encore à lui, remerciant Dieu pour le bien inénarrable dont il vous a comblé, et demandez avec ardeur que l'esprit de componction vous accompagne toujours.
Les Oraisons terminées, le Prêtre se tourne de nouveau vers le peuple, et lui envoie le salut, pour se féliciter avec lui de l'insigne
Vous m'avez visité dans le temps, ô mon Dieu 1 Fai tes que je garde les fruits d cette visite pour l'éternité.
La Messe.
laveur que Dieu tance; il dit :
vient d'accorder à l'assis-
Seigneur ous ".
soit avec
OMINUS vobiscura
Répondez-lui :
Et avec votre esprit.
Le Diacre ensuite,
I Et cum spiritu tuo.
1 le Prêtre lui-même,
si la Messe n'est pas solennelle, dit ces paroles :
Retirez-vous: la Messe 1 T te. Missa est. I est finie. | 1
Remerciez Dieu de la grâce qu'il vient de vous faire, en répondant :
Grâces soient Dieu !
rendues à 1 Dec gratias.
Le Prêtre prie une dernière fois avant de vous bénir; priez avec lui :
r> LACEAT tibi. sancta
GRACES vous soient rendues, adorable Trinité.
pour la miséricorde dont vous avez daigné user envers moi.
en me permettant d'assister à ce divin Sacrifice ; pardonnez la négligence et la froideur avec lesquelles j'ai reçu un si grand bienfait, et daignez ratifier la bénédiction que votre ministre va répandre sur moi en votre saint Nom.
Trinitas, obsequium servitutis mese. et praesta ut sacrificium, quod oculis tuae Majestatis indignas obtuli. tibi sit acceptabile, mihique, et omnibus proquibusillud obtuli, sit. te miserante, propitiabile. Per Christum Dominum nostrum.
Amen.
Le Prêtre étend ses mains et bénit, en disant :
QUE le Dieu tout-puissant 1 tj enedicat vos omnivous bénisse : le Père, | D potens Deus, Pater,
Le Teynps de la Septuagésime.
et Filius, Sanctus.
î^. Amen.
et bpintus
le Fils et le Saint-Esprit fi. Amen.
Il lit enfin la leçon de l'Evangile de saint Jean qui annonce l'éternité du Verbe et la miséricorde qui Ta porté à prendre notre chair et à habiter en nous, afin de nous arracher à nos ténèbres et de nous rendre enfants de Dieu.
vobis- .i T E Seigneur soit avec
^' L. vous ; spiritu B^. Et avec votre esprit.
' i/ Cl
OMINUS
um ; Et cum