PRATIQUE DE LA SAINTE COMMUNION , AU TEMPS DE LA SEPTUAGÉSIME
rayons dit précédemment, le chrétien auquel les fortes impressions du Temps de la Septuagésime ont révélé plus clairement sa misère originelle et la malice de ses propres fautes, doit s'empresser d'autant plus ardemment d'assister au divin Sacrifice dans lequel est offerte l'Hostie du salut. Mais devra-t-il, parce qu'il s'en reconnaît plus indigne que jamais, s'abstenir de participer à la chair vivifiante et purifiante de cette victime universelle ? Telle n'est pas l'intention du Rédempteur, qui est descendu du ciel, «on pour nous juger, mais pour nous sauver i. Il sait combien est longue et austère la voie qu'il nous reste à parcourir jusqu'au jour où nous nous reposerons avec lui dans les joies
La Communion, 8i
de sa Résurrection, Il a pitié de nous; \ craint de nous voir défaillir dans ta route ' ; et, pour cela, il nous otire l'aliment divin qui donne aux âmes lumière et force, et qui les soutient dans le labeur. Nous sentons le besoin de nous purifier davantage ; allons donc, d'un cœur humble et contrit, à celui qui est venu pour rendre à nos âmes leur beauté première. En même temps, souve nons-nous de cet avertissement solennel qu'il a daigné nous donner : « Si vous ne mangez « la cnair du Fils de l'homme, vous n'aurez « point la vie en vous -. w
Si donc le péché ne règne plus en nous, si nous l'avons effacé par une vraie contrition et une confession sincère, rendues efficaces par l'absolution du Prêtre, quelque grandes que nous apparaissent nos infirmités, ne nous éloignons pas du Pain de Vie 3 j car c'est pour nous que la table du Seigneur est dressée. Si nous sentons que les liens du péché nous captivent encore ; si, en réfléchissant sur nous-mêmes, au flambeau de la Vérité qui luit maintenant à nos yeux, nous découvrons dans nos âmes des taches que les préjugés mondains et une dangereuse mollesse nous avaient jusqu'ici empêché d'apercevoir, cherchons promptement la piscine du salut, et quand nous aurons fait notre paix avec le Dieu des miséricordes, hâtons-nous de venir recevoir le gage de notre réconciliation.
Allons donc à la table sainte, en ces jours de la Septuagésime, avec le sentiment profond