‹ L'Année liturgique (volume 2)Chapitre 74 sur 189 · I. I Cor. vu · texte numérisé non relu

I. I Cor. vu

LE JEUDI DE LA SEPTUAGÉSIME

E pardon est annoncé ; mais l'expiation est nécessaire. Il faut que la justice divine soit satisfaite, et que toutes les générations sachent qu'on ne se joue pas impunément de Dieu. Lve est la plus coupable ; c'est elle qui est appelée à recevoir sa sentence après le serpent. Créée pour aider l'homme à remplir la terre d'habitants heureux et fidèles, issue de l'homme, la chair de sa chair et l'os de ses os, elle devait marcher son égale ; or voici le changement qui s'opère par l'effet de la sentence (ïivine. Malgré l'humiliation de la concupiscence, l'union conjugale est maintenue sainte et sacrée ; mais elle n'a plus que le second rang. La virginité, qui ignore les convoitises de la chair, la dépassera en honneur devant Dieu et devant les hommes.

La femme deviendra mère, comme elle l'eût été dans l'état d'innocence ; mais les tils qu'elle portera dans ses entrailles seront pour elle un poids accablant. Leur pénible naissance ne s'opérera qu'au milieu des plus poignantes douleurs; plus d'une fois mémie ils n'arriveront à la lumière qu'aux dépens de la vie de celle qui les conçut. Le souvenir d'Eve et de sa prévarication planera sur tout enfantement, et la nature s'étonnera de voir

Le Jeudi de la Septuagésime. l'S

celui qui devait régner sur elle n'arriver à la vie que par violence.

Appelée d'abord aux mêmes honneurs que l'homme, la femme perdra pour jamais son indépendance. L'homme sera son maître, et son devoir à elle sera d'obéir. Durant de longs siècles, cette obéissance ne se distinguera pas de l'esclavage, jusqu'à ce que la X'ierge attendue depuis quatre mille ans, celle qui ""doit écraser la tête du serpent par .son humilité, vienne relever son sexe, et créer pour la femme chrétienne cet empire de douceur et de persuasion, qu'elle seule a su concilier avec le devoir de soumission que la sentence divine lui a imposé pour jamais.

IN DOMINICA TVROPHAGI.

ROI des siècles. Seigneur . de toutes choses, qui par votre volonté m'avez créé, ren%-ie du perfide serpent me perdit et provoqua contre moi votre colère, ô Sauveur ; ne me dédaignez pas, ô Dieu, mais rappelez-moi.

Hélas ! au lieu de la gloire qui me couvrait, je n'ai plus qu'un vêtement d'ignominie.

Je pleure. 6 Sauveur, sur mon désastre, et je cric vers vous avec foi : Dieu bon, ne me dédaignez pas, mais rappelez-moi.

J'étais le maître des serpents et des autres animaux :

Comment, ô Adam, t'es-tu

OMINATOR sseculorum omnium . Domine .

qui me voluntate tua procreasti , dolosi draconis invidia quondam afflictum, teque, Salvator, ad iracundiam concitantem ne despicias, Deus, sed revoca me.

Hei mihi ! pro stola splendida . turpitudinis indumentis obvolutus , lugeo, Salvator, exitium meum, et fide ad te clamo ; ne despicias me, bone Deus, sed revoca.

Serpentium, ferarumque dominus efFectus .

quo pacto serpenti ani-

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