I. Luc. XVI
Le Dimanche de la Quinquagésime. 22-]
nous dignes de notre père ? voici ce que dit l'Apôtre des Gentils : « Plein de foi, Aa braham obéit au Seigneur ; il partit sans « délai pour se rendre dans le lieu qui de- « vait être son héritage, et il se mit en route, « ne sachant pas où il allait. Plein de foi, il (( habita cette terre qui lui avait été pro- « mise, comme si elle lui eût été étrangère, « vivant sous la tente, comme Isaac et Jacob, « les cohéritiers de la promesse ; car il atten- « dait cette cité dont les fondements ont « Dieu même pour auteur et pour archi- (( tecte 1. »
Si donc nous sommes les enfants d'Abraham, nous devons, ainsi que la sainte Eglise nous en avertit, en ce temps de la Septuagésime, nous regarder comme des exilés sur la terre, et vivre déjà, par l'espérance et l'amour, dans cette unique patrie dont nous sommes exilés, mais dont nous nous rapprochons chaque jour, si, comme Abraham, nous sommes fidèles à occuper les diverses stations que le Seigneur nous indique. Dieu veut que nous usions de ce monde comme n'en usant pas- ; que nous reconnaissions à toute heure qu'il n'est point pour nous ici-bas de cité permanente s, et que notre plus grand malheur et notre plus grand danger serait d'oublier que la mort doit nous séparer violemment de tout ce qui passe.
Combien donc sont loin d'être de véritables enfants d'Abraham ces chrétiens qui, aujourd'hui et les deux jours suivants, se