I. Introduction à la vie dévote. II1« part. Chap.xxxi
Le Dimanche de la Qiiinqiiagésime. 23 1
Cette sainte et heureuse pensée d'offrir une compensation à la divine Majesté pour les péchés des hommes, au moment même où ils se multiplient davantage, et d'opposer aux regards du Seigneur irrité son propre Fils, médiateur entre le ciel et la terre, fut inspirée dès le xvi« siècle au pieux cardinal Gaoriel Paleotti, Archevêque de Bologne, contemporain de saint Charles Borromée et émule de son zèle pastoral. Ce dernier s'empressa d'adopter lui-même pour son diocèse et pour sa province une coutume si salutaire. Plus tard, au xviir siècle, Prosper Lambertini, qui gouverna avec tant d'édification la même Eglise de Bologne, eut à cœur de suivre les" traditions de Paleotti son prédécesseur, et d'encourager son peuple à la dévotion envers le très saint Sacrement, dans les trois jours du Carnaval ; et étant monté sur la Chaire de saint Pierre sous le nom de Benoît XIV, il ouvrit le trésor des indulgences en faveur des fidèles qui. durant ces mêmes jours, viendraient visiter notre Seigneur dans le divin mystère de son amour, et implorer le pardon des pécheurs. Cette faveur ayant d'abord été restreinte aux Eglises de l'État romain. Clément XIII, en 1763, daigna l'étendre à l'univers entier, en sorte que cette dévotion, dite communément des Quarante heures^ est devenue l'une des plus solennelles manifestations de la piété catholique. Empressons-nous donc d'y prendre part ; comme Abraham, dérobons-nous aux profanes influences qui nous assiègent, et cherchons le Seigneur notre Dieu ; "faisons trêve pour quelques instants aux dissipations
2 32 Le Dimanche de la Quinquagésime.
mondaines, et venons mériter, aux pieds du Sauveur, la grâce de traverser celles qui nous seraient inévitables, sans y avoir attaché notre cœur.
Considérons maintenant la suite des mystères du Dimanche de la Quinquagésime. 'Le passage de l'Evangile que l'Eglise nous y présente contient la prédiction que le Sauveur tît à ses Apôtres sur sa passion qu'il devait bientôt souffrir à Jérusalem. Cette annonce si solennelle prélude aux douleurs que nous célébrerons bientôt. Qu'elle soit donc reçue dans nos cœurs avec attendrissement et reconnaissance , qu'elle les aide dans ces efforts qui les arracheront à eux-mêmes pour les mettre à la disposition de Dieu, comme fut le cœur d'Abraham. Les anciens liturgistes ont remarqué aussi la guérison de l'aveugle de Jéricho, symbole de l'aveu-
flement des pécheurs, eiî ces jours où les acchanales du paganisme semblent si souvent revivre au milieu des chrétiens. L'aveugle recouvra la vue, parce qu'il sentait son mal, et qu'il désirait voir. La sainte Eglise veut que nous formions le même désir, et elle nous promet qu'il sera satisfait. Chez les Grecs, ce Dimanche est appelé Tyrophagie, parce qu'il est le dernier jour auquel il soit permis de faire usage des aliments blancs, par lesquels ils désignent les laitages, qui. selon leur discipline, étaient encore permis depuis le lundi précédent jusqu'aujourd'hui. A partir de demain, cette nourriture leur est interdite, et le Carême comm.ence dans toute la rigueur avec laquelle l'observent les Orientaux.
A la Messe.
A LA MESSE
LA Station est dans la Basilique de Saint- Pierre, au Vatican. Cette église paraît avoir été choisie à cet effet, comme on le voit par le Traité des divins Offices de TAbbé Rupert, à l'époque où on lisait encore, en ce Dimanche, le récit de la Loi donnée à Moïse ; ce Patriarche ayant été regardé, comme on le sait, par les premiers chrétiens de Rome, comme le type de saint Pierre. L'Eglise ayant depuis placé en ce jour le mystère de la Vocation d'Abraham et retardé la' lecture de l'Exode jusqu'au Carême, la Station romaine est restée dans la Basilique du Prince des Apôtres, qui d'ailleurs a été aussi figuré par Abraham, dans sa qualité de Père des croyants.
L'Introït nous offre les sentiments de l'homme aveugle et abandonné comme le pauvre de Jéricho, implorant la pitié du Rédempteur qui daignera être son guide et le nourrir.
SOYEZ-MOI un Uieu protecteur et un lieu de refuge pour me sauver ; car vous êtes mon appui, mon asile, et pour la gloire de votre Nom, vous serez mon guide, et vous me nourrirez.
Ps. En vous, Seigneur, j'ai espéré ; que je ne sois jamais confondu ! délivrez-moi par
ESTO mihi in Deum protectorem et in locum refugii, ut salvum me facias : quoniam firmamentum meum et refugium meum es tu : e:
propter Nomen tuum dux mihi eris et enutries me.
Ps. In te. Domine, speravi, non confundar in sternum : in justitia tua
■2 34 Le Dimanche de la Quinquagésime.
libéra me. et eripe me.
Gloria. Esto mihi.
votre justice, et sauvez-moi.
Gloire au Père. Soyez-moi un Dieu.
COLLECTE
PRECES nostras, quassumus Domine, clementer exaudi ; atque a peccatorum vinculis absolutos, ab omni nos adversitate custodi. Par Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.
DAIGNEZ. Seigneur, exaucer nos prières dans votre clémence, et après nous avoir dégagés des liens de nos péchés, gardez-nous de toute adversité. Par Jésus- Christ notre Seigneur. Amen.
On ajoute les autres Collectes, comme à a Messe de la Septuagésime, page 148.
Lectio Epistolae beati Pauli Apostoli ad Corinthios. I, Cap. xui.
FRATRES, Si linguis hominum loquar . et .\ngelorum . charitatem autem non habeam, factus sum velut ées sonans.
aut cymbalum tinniens.
Et si' habuero prophetiam, et noverim mysteria omnia. et omnem scientiam : et si habuero omnem fidem. ita ut montes transferam , charitatem autem non habuero, nihil sum. Et si distribuer© in cibos pauperum omnes facultates meas , et si iradidero corpus meam . ita ut ardeam , charitatem autem non habuero. nihil mihi pro-
Lecture de lEpître du bienheureux Paul, Apôtre, aux Corinthiens. I, Chap. xiii.
MES Frères, quand je parlerais toutes les langues des hommes et des Anges mêmes, si je nai la charité, je ne suis que comme un airain sonnant ou une cymbale retentissante. Et quand j'aurais le don de prophétie, et que je pénétrerais tous les mvstères. et que j'aurais toute science : quand j'aurais toute la foi possible, jusqu'à transporter les montagnes. si je n"ai pas la charité, je ne suis rien.
Et quand j'aurais distribué tout mon bien pour nourrir les pauvres, et que j'aurais livré mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas lacharité. tout cela ne me sert àt rien La charité
A la Messe.
est patiente, elle est douce ; la charité n'est point envieuse, elle n'est point téméraire et précipitée,elle ne senfle point d'orgueil, elle n'est point ambitieuse, elle ne cherche point ses intérêts ; elle ne pense point le mal ; elle ne se réjouit point de l'iniquité, mais elle se réjouit de la vérité ; elle supporte tout, elle croit tout, elle espère tout, elle souffre tout. La charité ne finira jamais, au lieu que le don de prophétie cessera, le don des langues finira, le don de science sera aboli :
car ce don de science et ce don de prophétie sont incomplets. Mais quand sera venu ce qui est parfait, ce qui n'est qu'imparfait cessera. Quand jetais enfant, je parlais en enfant, je jugeais en enfant, j..- raisonnais en enfant ; mais en devenant homme, je me suis défait de tout ce qui tenait de l'enfant. Nous voyons maintenant comme dans un miroir, et en énigme ; mais alors nous verrons face à face. Je ne connais maintenant qu'imparfaitement ; mais alors je connaîtrai comme je suis moi-même connu. Présentement la foi. l'espérance, la charité, trois vertus, demeurent ; mais la charité est \à plus excellente des trois.
dest. Charitas patiens est, benigna est : charitas non aemulatur. non agit perperam, non inflatur.
non est ambitiosa, non quaerit quze sua sunt, non irritatur , non cogitât malum, non gaudet super iniquitate, congaudet autem veritati : omnia suffert, omnia crédit, omnia sperat, omnia sustinet. Charitas nunquam excidit : sive prophetiae evacuabuntur , sive linguae cessabunt,sive scientia destruetur. Ex parte enira cognoscimus, et ex parte prophetamus. Cum autem venerit quod perfectum est, evacuabitur quod ex parte est. Cum essem parvulus. loquebar ut parvulus. sapiebam ut parvulus. cogitabam ut parvulus. Quando autem factus sum vir, evacuavi quae erant parvuli.
Videmus nunc per spéculum in aenigmate :
tune autem facie ad faciem. Nunc cognosco ex parte : tune autem cognoscam sicut et cognitus «um. Nunc autem manent fides, spes, charitas , tria haec : major autem horum est charitas.
EST avec raison que l'Eglise nous fait lire aujourd'hui le magnifique éloge que
236 Le Dimanche de la Quinquagésime.
saint Paul fait de la Charité. Cette vertu, qui renferme l'amour de Dieu et du prochain, est la lumière de nos âmes ; si elles en sont dépourvues, elles demeurent dans les ténèbres, et toutes leurs œuvres sont frappées de stérilité. La puissance même des prodiges ne saurait rassurer sur son salut celui qui n'a pas la Charité ; sans elle les œuvres en apparence les plus héroïques ne sont qu'un piège de plus. Demandons au Seigneur cette lumière, et sachons que, si abondante qu'il daigne nous l'accorder ici-bas, il nous la réserve sans mesure pour l'éternité. Le jour le plus éclatant dont nous puissions jouir en ce monde n'est que ténèbres auprès des clartés éternelles. La foi s'évanouira en présence de la réalité contemplée à jamais, l'espérance sera sans objet, dès que la possession commencera pour nous; l'amour seul régnera, et c'est pour cela qu'il est plus grand que la foi et l'espérance qui doivent l'accompagner ici-bas. Telle est la destinée de l'homme racheté et éclairé par Jésus-Christ ; doit-on s'étonner qu'il quitte tout poursuivre un tel Maître ? Mais ce qui surprend, ce qui prouve notre dégradation, c'est que des chrétiens baptisés dans cette foi et cette espérance, et qui ont reçu les prémices de cet amour, se précipitent en ces jours dans des désordres grossiers, si raffinés qu'il paraissent (quelquefois. On dirait qu'ils aspirent à éteindre en eux-mêmes jusqu'au dernier rayon de la lumière divine, comme s'ils avaient fait un pacte avec les ténèbres. La Charité, si elle règne en nous, doit nous rendre sensibles à l'outrage qu'ils font à Dieu,
A la Messe.
et nous porter en même temps à solliciter sa miséricorde envers ces aveugles qui sont nos frères.
Dans le Graduel et dans le Trait, l'Eglise célèbre les bontés de Dieu envers ses élus. Il les a affranchis du joug du monde en les éclairant de sa lumière; ils sont son peuple, et les heureuses brebis de ses pâturages.
Vous êtes le Dieu qui seul opérez des meireilles • vous avez manifesté votre puissance au milieu des nations.
f. Par la force de votre bras, vous avez délivré votre peu-
Île, les enfants d'Israël et de oseph.
TU es Deus qui facis mirabilia solus : notam fecisti in gentibus virtutem tuam.
f. Liberasti in brachio populum tuum, filios Israël et Joseph.
JUBILEZ à Dieu, habitants de la terre ; servez le Seigneur dans l'allégresse.
f. Entrez en sa présence, avec des transports de joie sachez que ce Seigneur, c'est Dieu lui-même.
f. C'est lui qui nous a faits, et non pas nous. Nous sommes son peuple et les brebis de ses pâturages.
JUBILATE Deo omnis terra • servite Domino in lœtitia.
J. Intrate in conspectu ejus, in exsultatione : scitote quod Dominus ipse est Deus.
f. Ipse fecit nos . et non ipsi nos : nos autem popuîus ejus et oves pascuas ejus
EV.^NGILE
La suite du saint Evangile selon saint Luc. Chap.
EN ce temps-là, Jésus prit à part ses douze disciples, et leur dit : Voilà que nous
Sequentia sancti Evangelii secundum Lucam.
Cap. xvni.
IN illo tempore : Assumpsit Jésus duodecim, et ait illis : Ecce as-
23 s Le Dimanche de la Quinquagésime.
cendimus Jerosolymam , et consummabuntur omnia qu£ scripia sunt per Prophetas de Filio hominis. Tradetur enim gentibus. et illudetur, et flagellabitur, et conspuetur ; et. postquam flagellaverint. occident eum.
et tertia die resurget. Et ipsi nihil horum intelîexerunt. et erat verbum istud absconditum ab eis, et non intelligebant quae dicebantur. Factum est autem. cum appropinquaret Jéricho . "cs-us quidam sedebat secus viam, mendicans. Et cum audiret turbam prasterauntem , interrogabat quid hoc esset. Dixerunt autem ei . quod Jésus Nazarenus transiret. Et clamavit dicens : Jesu , fili David, miserere mei.
Et qui prjeibant increpabant eum ut taceret.
Ipse vero mullo magis clamabat : Fili David, miserere mei. Stans autem Jésus, jussii illum adduci ad se. Et cum appropinquasset. interrogavit illum dicens :
Quid tibi vis faciam ? At i!le dixit : Domine, ut viieam. Et Jésus dixit iili : Respice. fides tua te salvum fecit. Et confestim vidit, et sequebatur i omnis plebs, ut vidit, dedi
montons à Jérusalem, et que tout ce que les Prophètes ont écrit du Fils de l'homme va s'accomplir. Car il sera livré aux gentils, et moqué, et fouetté, et couvert de crachats ; et après qu'ils l'auront fouetté, ils le tueront, et le troisième jour il ressuscitera. Et ils ne comprirent rien à cela, et cette parole leur était cachée, et ils ne comprenaient point ce qui leur était dit. Comme il approchait de Jéricho, il arriva qu'un aveugle était assis au bord du chemin, demandant l'aumône. Et. entendant passer la foule, il s'enquit de ce que c'était. On lui dit que c'était Jésus de Nazareth qui passait. Et il cria, disant ; Jésus, fils de David, ayez pitié de moi ! Et ceux qui allaient devant le gourmandaient pour le faire taire ; mais il criait plus fort encore : Fils de David, aye^ pitié de moi 1 Jésus alors s'arrètani. commanda qu'on le lui amenât : et lorsqu'il se fut approché, il l'interrogea, disant : Que veux-tu que je te fasse ? Il répondit : Seigneur, qje je voie. Et Jésus lui dit :
"N'ois ; c'est ta foi qui t'a sauvé. Et au même instant il vit.
et il le suivait, glorifiant Dieu.
Et tout le peuple, voyant cela, loua Dieu. Hum, magnificans Deum. Et t laudem Deo.
A la Messe. 23 q
LA voix du Christ annonçant sa douloureuse Passion vient de se faire entendre, et les Apôtres qui ont reçu cette confidence de leur Maître n'y ont rien compris. Ils sont trop grossiers encore pour rien entendre à la mission du Sauveur; du moins ils ne le quittent pas, et ils restent attachés à sa suite. Mais combien sont plus aveugles les faux chrétiens qui, dans ces jours, loin de se souvenir qu'un Dieu a donné pour eux son sang et sa vie, s'efforcent d'effacer dans leurs âmes jusqu'aux derniers traits de la ressemblance divine ! Adorons avec amour la divine miséricorde qui nous a retirés comme Abraham du milieu d'un peuple abandonné, et, à l'exemple de l'aveugle de Jéricho, crions vers le Seigneur, ahn qu'il daigne nous éclairer davantage : Seigneur, faites que je voie ; c'était sa prière. Dieu nous a donné sa lumière ; mais elle nous servirait peu, si elle n'excitait pas en nous le désir de voir toujours davantage. Il promit à Abraham de lui montrer le lieu qu'il lui destinait ; qu'il daigne aussi nous faire voir cette terre des vivants; mais, auparavant, prions-le de se montrer à nous, selon la belle pensée de saint Augustin, afin que nous l'aimions, et de nous montrera nousmêmes, afin que nous cessions de nous aimer.
Durant l'Offertoire, l'Eglise demande pour ses enfants la lumière de vie qui consiste à connaître la loi de Dieu ; elle veut que nos lèvres apprennent à prononcer sa cloctrine et les divins commandements qu'il a apportés du Ciel.
--^0 Le Dimanche de la Quinquagésime.
ENEDICTUS es
mine, doce me justificationes tuas : in labiis meis pronuniiavi omnia jadicia oris tui.
OFFERTOIRE
Do- \J ous êtes béni. Seigneur; » enseignez-moi votre loi :
mes lèvres ont prononcé tous
les commandements de votre bouche.
H.EC hostia. Domine quœsumus. emundet nostra delicta ; et ad sacrificium celebrandum, subditorum tibi corpora, mentesque sarvctificei.
Per Dominum nostrum Jesum Christum, Amen.
QUE cette hostie, Seigneur, efface, s'il vous plaît, nos péchés, et qu'elle sanctifie les corps et les âmes de vos serviteurs, pour célébrer dignement ce Sacrifice. Par Jésus-Christ notre Seigneur.
Amen.
On ajoute les autres Secrètes, comme au Dimanche de la Septuagésime, page ib-j.
L'Antienne de la Communion rappelle le souvenir de la manne qui nourrit au désert la postérité d'Abraham ; néanmoins cette nourriture, quoique venue du ciel, ne les empêcha pas de mourir. Le Pain \-ivant descendu du Ciel établit les âmes dans la lumière éternelle, et celui qui le mange dignement ne mourra point.
COMMUNION
MAXDUCA% saturati
;CAVERUXT e t ti sunt nimis.
et desiderium eorum att'jlit eis Dominus : non sunt fraudati a desiderio suo.
ILS mangèrent, et ils furent pleinement rassasiés, et le Seigneur leur donna ce qu'ils avaient souhaité, et ils ne furent pas frustrés dans leurs désirs.
POSTCOMMUNION.
Ori^L■MUS omnipo- I Uaites, Dieu tout-puissant, lens Deus, ut qui | -'• nous vous en supplions.
A Vêpres.
que nous qui avons reçu l'aliment céleste, nous en soyons fortifiés contre toute adversité. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
cœlestia alimenta percepimus, per haec contra omnia adversa muniamur. Per Dominum nostrum Jesum Christum.
Amen.
On ajoute les autres Postcommunions, comme au Dimanche de la Septuagésime, page i58.
A VEPRES.
Les Psaumes, le Capitule, VHymne et le Verset ci-dessus, pages 88 et suivantes
ANTIENNE DE Magnificat.
Esus, S étant arrête, commanda qu'on lui amenât l'aveugle, et il lui dit : Que veux-tu que je te fasse ? — Seigneur . que je voie. Et Jésus lui dit : Vois, c'est ta foi qui t'a sauvé. Et au même instant il vit, et il le suivait glorifiant Dieu.
S TANS autem Jésus jussit caecum adduci ad se. et ait illi : Quid vis ut faciam tibi ? Domine, ut videam. Et Jésus ait illi : Respice. fides tua te salvum. fecit.Et confestim vidit, et sequebatur illum. magnificans Deum.
DAIGNEZ. Seigneur, exaucer nos prières dans votre clémence, et après nous avoir dégagés des liens du péché, gardez-nous de toute adversité. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
PRECEs nostras, quaesumus Domine, clementer exaudi ; atque a peccatorum vinculis absolutos, ab omni nos adversitate custodi- Per Dominum nostrum Jesum Christum. Amen.
ous terminerons cette journée par les strophes suivantes, dans lesquelles l'Eglise
LE TE.VPS DE L.\ SrPTL-.-.GÉï.iME.
24^ Le Temps de la Septua^ésime,
grecque fait au peuple l'annonce du Carême, qui va ramener les expiations annuelles.
(fERIA II TYROPHAGI.)
ADVEXIT nunc. ver designans. praepurgatrix hebdomashjecsacrorum iejuniorum. omnino veneranda. corporibus et animabus omnium lucem ministrans.
En reserata est pœnitentiae janua. Dei amatores ; adeste igitur. alacriter ipsam ingrediamur. priusquama Christo nobis velut indignis claudatur.
Puritatem, abstinentiam. et modestiam. et fortitudinem. ac prudentiam. orationes et lacrymascomparemus, fratres. per quœ patet nobis justitiaï semita.
Ne corpori saginando.
neque ciborum deliciis incumbamus, mortales.
imo vero parcimonia ipsum pinguefaciamus, quo semper in pugnis cum adversario, animje junc- :um prsEvaleat. •",
Primum jejunium praevis expiationis animarum et c&rporum nostrorum ortum est hodie.
spargens in cordibus nostris, Dei amatores, sa-
ELLE est arrivée, annonçant l'approche du printemps, cette semaine de la première purification, semaine vénérable par ses jeiines sacrés, et qui vient apporter la lumière pour le corps et pour l'âme des fidèles.
Elle est ouverte, la porte de la pénitence: arrivez, amis de Dieu, hâtons-nous d'entrer, de peur que le Christ ne nous la ferme comme à des indignes.
O frères, munissons-nous de la pureté, de l'abstinence, de la modestie, de la force, de la prudence, de la prière et des larmes ; c"est par ces vertus que s'ouvrira pour nous le sentier de la justice.
Gardons-nous , mortels , d'engraisser nos corps par des nourritures recherchées :
rendons-leur, par l'abstinence, une vigueur véritable, afin que, d'accord avec l'âme, ils soient toujours vainqueurs dans leurs luttes avec l'adversaire.
Aujourd'hui commence le jeûne qui doit purifier d'avance nos âmes et nos corps, et répandre dans nos cœurs, ô amis de Dieu, le souvenir de la sainte et de la véné-
Le Dimanche de la Quinquagésime. 243
rable Passion du Christ, comme une lumière éblouissante.
Livrons-nous au jeûne d'un cœur joyeux, ô peuples fidèles ; car voici le commencement des combats spirituels ; rejetons loin de nous la mollesse de la chair ; venons accroître les dons de l'âme ; serviteurs du Christ, souffrons avec lui, afin d'être avec lui glorifiés comme des enfants de Dieu ; et l'Esprit- Saint habitera en nous et illuminera nos âmes.
Recevons avec ardeur, ô fidèles, le messager divinement inspiré qui vient nous annoncer le jeûne, comme firent autrefois les Ninivites, comme les pécheresses et les publicains accueillirent Jean qui leur prêchait la pénitence. Préparons-nous par l'abstinence à participer au Sacrifice du Seigneur en Sion. 11 doit opérer en nous une purification divine ; lavons d'abord nos âmes dans les larmes. Demandons la grâce de contempler alors la consommation de la Pâque figurative, et la manifestation de la Pâque véritable. Préparons-nous à adorer la Croix et la Résurrection du Christ Dieu, et crions vers lui : Ne nous confondez pas dans notre attente, ô ami des hommes !
crïe et venerandae Christi Passionis, luminis instar, largum splendorem.
Lïeto animo amplectamur jejunium, o populi : advenit siquidem spiritualium certaminum exordium : abjiciamus carnis mollitudinem, animas charismata augeamus, compatiamur, ut servi Christi, quo tamquam filii Dei, conglorificemur,animasque nostras Spiritus Sanctus in nobis inhabitans illuminabit.
Alacriter excipiamus, fidèles, divinitus inspiratum jejunii nuntium, ut olim Ninivitœ. itemque meretrices, et publicani ab Johanne pœnitentias praedicationem acceperunt. Praeparemur per abstinentiam ad participationem Dominici in Sion sacrificii ; prius lacrymis quam divina ejus lotione purgemur, petamus typici ibi Paschatis consummationem, et veri demonstrationem intueri ; parati simus ad Crucis et Resurrectionis Christi Dei adorationem, clamantes ad ipsum : Ne confundas nos ab exspectatione nostra, o philanthrope.
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