‹ L'Année liturgique (volume 2)Chapitre 99 sur 189 · LE MERCREDI DES CENDRES · texte numérisé non relu

LE MERCREDI DES CENDRES

1ER le monde s'agitait dans ses plaisirs, les enfants de la promesse eux-mêmes se livraient à des joies innocentes ; dès ce matin, la trompette sacrée dont parle le Prophète a retenti i.

Elle annonce l'ouverture solennelle du jeûne quadragésimah le temps des expiations, l'approche'toujours plus imminente des grands anniversaires de notre salut. Levons-nous donc, chrétiens, et préparons-nous à combattre les combats du Seigneur.

Mais, dans cette lutte de l'esprit contre la chair, il nous faut être armés, et voici que la sainte Eglise nous convoque dans ses temples, pour nous dresser aux exercices de la milice spirituelle. Déjà saint Paul nous a fait connaître en détail toutes les parties de notre défense : « Que la vérité, nous a-t-il (' dit, soit votre ceinture, la justice votre cui- « rasse, la docilité à l'Evangile votre chaus-

I Voir ci-après l'Epître de la Messe.

Le Mercredi des Cendres. 2^3

« sure, la foi votre bouclier, l'espérance du « salut le casque qui protégera votre tête i )•. Le Prince des Apôtres vient lui-même, qui nous dit ; « Le Christ a souffert dans sa <( chair ; armez-vous de cette pensée - ». Ces enseignements apostoliques, l'Eglise aujourd'hui nous les rappelle ; mais elle en ajoute un autre non moins éloquent, en nous forçant à remonter jusqu'au jour de la prévarication, qui a rendu nécessaires les combats auxquels nous allons nous livrer, les expiations par lesquelles il nous faut passer. Deux sortes d'ennemis sont déchaînés contre nous • les passions dans notre cœur, les démons au dehors ; l'orgueil a fait tout ce désordre. L'homme a refusé d'obéir à Dieu , toutefois, Dieu l'a épargné, mais à la dure condition de subir la mort. Il a dit: <( Homme, tu n'es que poussière, et tu ren- « treras dans la poussière ^' ». Oh 1 pourquoi avons-nous oublié cet avertissement? à lui seul il eût suffi pour nous prémunir contre nous-mêmes ; pénétrés de notre néant, nous n'eussions jamais osé enfreindre la loi de Dieu. Si maintenant nous voulons persévérer dans le bien, où la grâce du Seigneur nous a rétablis, humilions-nous i acceptons la sentence, et ne considérons plus la vie que comme un chemin plus ou moins court qui aboutit au tombeau. A ce point de vue, tout se renouvelle, tout s'éclaire. L'immense bonté de Dieu qui a daigné attacher son amour à des êtres dévoués à la mort, nous apparaît plus

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