GRADU
C'est le jour que le Seigneur a tait; passons-le dans les transports de l'allégresse.
f. Ainsi doivent chanter aujourd'hui ceux que le Seigneur a rachetés, qu'il a tirés des mains de l'ennemi , et qu'il a rassemblés de toutes les contrées.
Alléluia, alléluia.
^. Le Seigneur est ressuscité du tombeau : luimême qui avait été attaché à la croix.
HJEC dies quam fecit Dominus : exsultemus et lœtemur in ea.
^. Dicant nunc , qui redempti sunt a Domino, quos redemit de manu inimici. et de regionibus congregavit eos.
Alléluia, alléluia.
^. Surrexit Dominus de sepulcro, qui pro nohis pependit in ligno.
On chante ensuite la Séquence Victimœ paschali, ci-dessus, page 219.
EVANGILE
La suite du saint Evangile selon saint Luc. Chap.
EN ce temps-là , Jésus parut au milieu de ses dis-
Sequentia sancti Evangelii secundum Lucam. Cap. xxiv.
ÎN illo tempore : Stetit Jésus in medio disci-
Le Mardi de Pâques.
pulorum suorum , et dixit eis : Pax vobis :
ego sum, nolilc tiinerc.
Conturbati vcro, et con-.
territi , existimahant se spiritum vidcre. Et dixit eis : Quid turbati esiis, et cogitationes ascendant in corda vcstra ?
Videte manus meas, et pedes , quia ego ipso sum : palpa te et videte :
quia spiritus carnem et ossa non habet, sicut me videtis habere. Et cum hoc dixisset , ostendit eis manus et pedes. Adhuc autem illis non credentibus, et mirantibus
Erœ gaudio, dixit : Haetis hic aliquid, quod manducetur ? At illi oblulerunt ei partem piscis assi, et tavum mcllis.
Et cum manducasset coram eis, sumens reli quias, dédit eis. Et dixit ad eos : Hrec sunt verba, quœ locutus sum ad vos, cum adhuc essem vobiscum , quoniam necesse est impleri omnia, quascriptn sunt in loge Moysi, et Prophetis, et P.salmis de me. Tune aperuit illis scnsum ut intelligercnt Scripturas. Et dixit eis : Quoniam sic scriptum est, et sic oportcbat Christum pati, et rcsurgore a mortuis tcrlia die : et prœdicari in
cipies, et leur dit : La paix soit avec vous : c'est moi, ne craignez point. Eux , pleins de trouble et de frayeur , croyaient voir un esprit. Et il leur dit : Pourquoi vous troublez-vous, et pourquoi ces pensées s'élèvcnt-cllcs dans vos cœurs ?
Voyez mes mains et mes pieds ; c'est moi-même :
touchez et voyez ; un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'ai. Et ayant dit cela, il leur montra ses mains et ses pieds. Mais comme ils ne croyaient point encore, dans rétonnement de leur joie, il leur dit : Avczvous ici quelque chose à manger ? et ils lui présentèrent un morceau de poisson rôti et un rayon de miel. Et lorsqu'il eut mangé devant eux, il prit ce qui restait et le leur donna. Et il leur dit :
C'est là ce que je vous avais dit, lorsque j'étais encore avec vous, qu'il fallait que tout ce qui a clé écrit de moi dans la Loi de Moïse , dans les Prophètes, dans les Psaumes, s'accomplît. Alors il leur ouvrit l'intelligence , afin qu'ils entendissent les lîcritures. Et il leur dit : Il est ainsi écrit, et ainsi fallait-il que le Christ souffrît , et qu'il ressuscitât d'entre les morts le troisième jour, et que l'on préchût en son nom la pénitence et la rémission
A la Messe. 3o3
des pèches dans loutes les na- j nomine ejus pœnitentiam tions. et remissionem peccato-
I rum in omnes gantes.
Jésus se montre à ses disciples rassemblés, le soir mcme de sa résurrection ; et il les aborde en leur souhaitant la paix. C'est le souhait qu'il nous adresse à nous-mêmes dans la Pâque. En ces jo«rs il rétablit partout la paix : la paix de l'homme avec Dieu, la paix dans la conscience du pécheur réconcilié, la paix fraternelle des hommes entre eux par le pardon et l'oubli des injures. Recevons ce souhait de notre divin ressuscité, et gardons chèrement cette paix qu'il daigne nous apporter lui-même. Au moment de sa naissance en Bethléhem, les Anges annoncèrent cette paix aux hommes de bonne volonté ; aujourd'hui Jésus lui-même, ayant accompli son œuvre de pacitication, vient en personne nous en apporter la conclusion. La Paix : c'est sa première parole à ces hommes qui nous représentaient tous. Acceptons avec amour cette heureuse parole, et montrons-nous désormais, en toutes choses, les enfants de la paix.
L'attitude des Apôtres dans cette grande scène doit aussi exciter notre attention. Ils connaissent la résurrection de leur maître ; ils se sont empressés de la proclamer à l'arrivée des deux disciples d'Emmaûs ; que leur foi est faible cependant ! La présence soudaine de Jésus les trouble ; s'il daigne leur donner ses membres à toucher, afin de les convaincre, cette expérience les émeut, les remplit de joie ; mais il reste encore en eux je ne sais quel fond d'incrédulité. Il faut que
3 04 Le Mardi de Pâques.
le Sauveur pousse la bonté jusqu'à mander devant eux, afin de les convaincre tout à hiit que c'est bien lui et non un fantôme. Cependant CCS honiiues, avant la visite de Jésus, croyaient déjà et confessaient sa résurrection ! Quelle leçon nous donne ce fait de notre Evangile ! Il en est donc qui croient, mais d'une ïoi si faible que le moindre choc la ferait chanceler ; qui pensent avoir la foi, et qui l'ont à peine emeurée. Sans la foi, cependant, sans une foi vive et énergique, que pouvons-nous faire, au milieu de cette lutte que nous avons à soutenir constamment contre les démons, contre le monde et contre nous-mêmes? Pour lutter, la première condition est d'être sur un sol résistant ; l'athlète dont les pieds posent sur le sable mouvant ne tardera pas d'être renversé. Rien de plus commun aujourd'hui que cette foi vacillante, qui croit jusqu'à ce qu'arrive l'épreuve de cette foi constamment minée en dessous par un naturalisme subtil, qu'il est si difficile de ne pas aspirer plus ou moins, dans l'atmosphère malheureuse qui nous entoure. Demandons avec instance la foi, une foi invincible, surnaturelle, qui devienne le grand ressort de notre vie tout entière, qui ne cède jamais, qui triomphe toujours au dedans de nous-mêmes comme à l'extérieur ; afin que nous puissions nous approprier en toute vérité cette forte parole de l'Apôtre saint Jean : « La victoire qui met le monde tout entier sous nofi pieds, c'est notre foi. » (I Johan. v, 4.)
Dans l'Olïerloire, l'Eglise, empruntant les
A la Messe.
paroles de David, nous montre les sources d'eau jaillissant de la terre aux accents de la voix tonnante du Seigneur. Cette voix majestueuse, c'est la prédication des Apôtres, et particulièrement celle du grand Paul ; ces fontaines sont celles du Baptême dans lesquelles nos néophytes ont été plongés, pour y être rendus participants de la vie éternelle.
OFFERTOIRE
LE Seigneur a tonné du ciel ; le Très-Haut a fait retentir sa voix, et les sources d'eau ont jailli. Alléluia.
j NTONUIT de cœlo Do- 1 minus, et Altissimus dédit vocem suam : et apparuerani fontes aquarum. Alléluia.
L'Eglise demande, dans la Secrète, que le Sacrifice qu'elle va otfrir nous aide à nous acheminer vers cette gloire infinie dont le saint Baptême est la voie.
RECEVEZ, s'il vous plaît, Seigneur, les prières des fidèles, avec ces hosties que nous vous offrons ; afin que par ces devoirs de notre pieuse dévotion, nous obtenions d'arriver à la gloire céleste.. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Dans l'Antienne de la Communion , on entend saint Paul lui-même qui, s'adressant aux néophytes, leur indique quelle vie ils doivent mener désormais, pour être l'image fidèle de leur Sauveur ressuscité.
SUSCIPE, Domine, fidclium preces cum obk ticnibus hostiarum : ut par h.-ec piœ devotioni^ officia, ad cœlestem gloriam transeamu-.Per Dlminum nostrum Jesum Christum. Amen.
Le Mardi de Pâques.
COMMUNION
SI vous êtes ressuscites avec le Christ, recherchez ce qui est en haut, là où le Christ est assis à la droite de Dieu, alléluia : p;oiitez ce qui est en haut. Alléluia.
v^l consurrexistis cum ^-- Christo, qua? sursum sunt quantité, ubi Christus est in dcxtera Dci sedens , alléluia : qucX sursum sunt sapitc. Alléluia.
S'unissant aux vœux de l'Apôtre, la sainte Eglise implore, pour ses nouveaux enfants qui viennent de participer au Mystère pascal, la persévérance dans la vie nouvelle dont ce divin Sacrement est à la fois le principe et le moyen.
POSTCOMMUNION.
CONCEDE , quaîsumus omnipotens Deus, ut paschalis perceptio Sacramenti , continua in nostris mentibus perseveret. Pcr Dominum nostrum .Tesum Christum. Amen.
f^AiTES, s'il vous plaît, Dieu 1 tout-puissant, que la vertu du Mystère pascal auquel nous venons de participer, demeure constamment dans nos âmes. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
A VEPRES.
L'Office des Vêpres est le même que celui du jour de Pâques, excepté l'Antienne de Magnificat et la Collecte, qui sont propres au Mardi.
ANTiENNt: DE Magnificat.
\j IDETE manus
^^^- V meas et pe^ des meos, quia ego ipse sum. Alléluia, alléluia.
A ..^ \7 0VEZ mes mains
^'^^^ V et mes pieds;
c'est bien moi. Alléluia, aile-
La Collecte ci-dessus, à la Messe, p. 298.
Le Mardi de Pâques.
3oj
Le troisième jour de la création vit les eaux qui couvraient la terre descendre, à la parole du Fils de Dieu, dans le bassin des mers, et la surface du globe se dessécher, et devenir habitable aux êtres qui bientôt allaient être appelés du néant. C'est aujourd'hui que notre demeure passagère commence à apparaître aux regards des Anges. Un jour, ce même Fils de Dieu qui aujourd'hui la dégage des eaux, daignera venir l'habiter lui-même dans une nature humaine; offrons-! a- lui comme son domaine, sur lequel toute puissance lui sera donnée comme au ciel. (Matth. xxviii.) Le Bréviaire Mozarabe nous otiVe, dans cette belle prière, un heureux emploi des figures cachées sous la lettre du livre sacré.
CAPITULA
/~^i Dieu tout-puissant , ô ^-^ Père, qui avez daigné, le troisième jour , séparer de la masse des cœurs infidèles un peuple quia soif de s'abreuver aux sources de la foi, comme la terre que vous séparâtes des eaux salées appelle l'irrigation ; sépareznous de ceux qui n'ont pas la foi, et faites que, affranchis de tous les doutes, nous proclamions la résurrection de votre Fils. C'est le troisième jour depuis qu'il est ressuscité du tombeau ; qu'il daigne nous ressusciter nousmêmes par l'infusion des trois vertus ; que la foi, l'es-
. MKIPOTENS Deus Pater, qui die tertio ab infidelium cordibus. quasi ab inferioribus saisis aquis aridam , id est populum fontem fidei sitientem , segregare dignatus es ; da nobis, ut ab infidelium laqueis segregati , resurrectionem Filii tui prœdicemus indubii : ut qui tertio ab inferis suscitatus est die, trina nos virtutum copulatione resuscitet : que fide, spe et charitate robusti, de aeterno resurrectionis mereamur munere consolari.
Le Mardi de Pdquesv
pérance et la charité nous rendent forts et dignes d'être consolés par le don éternel de la résurrection.
Continuons de célébrer la Pâque, en empruntant les formules sacrées des antiques Liturgies. Le Missel de i'Kglisc gothique d'Espagne nous fournit d'abord cette magnifique Préface, où le mystère de la Résurrection est célébré avec une éloquence et un enthousiasme inspirés de ce que les Pères ont dit de plus beau sur la Pâque.
DIGNUM et justum est nos tihi semper cum Pâtre et Spiritu Saucto individua divinitate régnant! , çjratias ngere , Domine Jesii Christe, Qui nos tam admirabi liter condidisti. tant de menter redcmisti. Non laboribus in faciendo fatigatus, non passionibus in redimendo consumptus. Fecit virtus potcntialiter quos rcdemit pietas tam clementer. Totum tibi est in veritate possibile , quia hoc ipsum tibi, exceplo humanitatis privilegio , cum Pâtre et Spiritu Sancto est essentialiter cojçquaic. Ita tamen posse te manet quod velle te dccet. Id est ut, omnipotens . cuncta facias
j L est digne et juste que I nous vous rendions grâces à jamais, Seigneur Jésus- Christ, qui régnez dans une même divinité avec le Père et le Saint-Esprit, de ce que vous nous avez créés avec un pouvoir si admirable , et racheics avec une si grande miséricorde. Ni le labeur ne vous a fatigué, créateur :
ni la souffrance ne vous a anéanti, rédempteur. Votre puissance sans bornes nous a donrié l'être : votre ineffable bonté nous a octroyé la rédemption. Tout vous est possible ; car , à part votre humanité, tout est en vous consubstantiel au Père et au Saint-Esprit. Tout ce qu'il vous convient dj vouloir, vous le pouvez; dans votre toute-puissance, vous faites ce qu'il vous plaît ;
Le Mardi de Pâques.
3oq
dans votre justice , vous jugez avec une souveraine équité ; dans votre clémence, vous nous rendez parfaits pour nous couronner.
D'un seul signe de votre redoutable majesté , vous pouviez briser notre ennemi :
vous avez préféré labattre par voire propre humiliation.
Ainsi vous nous avez fait voir que la tyrannie des princes de l'air , qui sont nos ennemis, n'a rien d'irrésistible en présence de votre majesté, lorsque vous n'avez e.i besoin que de nos faibles n;embres pour réduire à niant tout lorgueil de votre ennemi. Ce superbe adversaire a senti en gémissant toute la profondeur de sa chute , quand il a vu que c'était par l'humilité même qu'il était écrasé. La Sagesse iivine a voulu vaincre de cette manière la ruse de 1 ancien serpent : ne voulant pas user de violence contre lui, mais plutôt le renverser légalement. Il se vantait de posséder avec justice l'homme transgresseur de la loi divine , parce qu'il l'avait rendu captif, pour prix de sa docilité ; mais il lui a fallu se reconnaître dépossédé par une sentence juste , le jour où il a osé faire périr celui duquel il n'avait rien à réclamer. C'est avec raison qu'il a été privé du pécheur
facienda ; justus, sequitate censeas judicanda ; misericors , cleroenter perficias coronanda.
Qui, cum solo maies- ■ tatis terribili nutu. nos- • trum potueris conterere i vexatorem, maluisti eum !
humilitatis abjectione !
prosternere. Ex hoc ma- ; gis approbans nullam ; majestati tuœ contrariam nobis subsistera ■ aereorum principum ty- j rannidem, cum sic nos- | trorum infirmitate mem- ; brorum omnem inimici ad nihilum redegeris vanitatem. Etenim super bus se îngemuit gravius ; corruisse, quando se eli- ; sum sensit ab humilitate ; fuisse. Atque ideo tali !
divina Sapientia antiqui serpentis astUtiam corsilio vicit, ne violenter addiceret, sed legaliter quateretur. Ut qui trans- j gressorem eo se jure ' possidere jactabat, quem ' suis consentientem persuasionibus obligaverat :
sic eum justo superatus | judicio redderet , cum i istum in quo suum ni- < hil repererat occidisset. j Quapropter amisit me- i rito reum, qui tollentem !
mundi peccata crucis supplicio Agnum non timuit mortiticare divi-
3io
Le Mardi de Pâques.
num. Disruptis igitur crucc infcrni catenis Icgibusque solutis, ad cœios migrant cum Christo credcntes in Christo.
Et criiciandi permanent in inferno qui deicctati sunt invisccrati diabolo.
dont il s'était rendu le maître, lorsqu'il n'a pas craint de mettre à mort, par le supplice de la croix, l'Agneau divin qui ôtc les pécliés du monde. La croix a brisé les chaînes de l'enfer ; elle a renversé les droits de Satan.
Désormais ceux qui croient au Christ émigrent vers le ciel avec le Christ ; et ceux-là demeurent en proie aux tourments de l'enfer auxquels il a plu de se laisser dévorer par le diable.
Il est
Rediit ecce post triduum victor, ex morluis vivus, qui ad hoc pro nobis est crucifixus. Innumeris captivorum ovantium stipatur agminibus, qui passionis tempore etiam discipulorum suorum fuerat societate nudatus. Agitatur eo résurgente tremefacta funditus terra, qiio descendcnte concussa sunt et inferna. Cohors militum terrenorum cœlestis régis terribili regressu pcrculsa diffugiit , et quem diidum incluscrat velut reum, jam et ipsa terribilem victa judicem verum confitetur et Dcum. Sanctorum corpora vivifica'.a consurgunt :
habitaculum quod paulisper jacuerat resurgit gloriosum codem resuscitante a quo anima derclicta in inferno non fuerat Angcli proprio famulantur a u c l o r i ;
revenu vainqueur et vivant du sein des morts , après trois jours de sépulture , celui qui fut crucifié pour nous, afin de ressusciter. Il est environné de l'innombrable et joyeuse troupe des captifs qu'il délivre , celui qui, au jour de sa Passion , avait été privé de la compagnie de ses disciples.
Au moment de sa résurrection il remue la terre jusque dans ses fondements , celui qui ébranla jusqu'aux enfers, lorsqu'il y descendit. La cohorte des soldats de la terre s'enfuit épouvantée à l'arrivée terrible du Roi céleste ; et celui que naguère elle avait insulté comme un ignoble prisonnier, maintenant vaincue, elle confesse en lui le juge formidable et le vrai Dieu. Les corps des saints se lèvent vivants de leurs tombeaux; leur dépouille, un moment confiée à la terre , ressuscite glorieuse avec le Christ qui n'a
Le Mardi de Pâques.
3ii
pas laissé l'âme dans les enfers. Les Anges font le service auprès de leur créateur :
le grand jour se lève avec splendeur sur le monde.
En ce jour inspirateur de la résurrection, ils tressaillent d'allégresse, ceux que la Passion avait accablés d''une si subite blessure. La Mère reconnaît les membres qui sont sortis de son sein ; Marie-Madeleine apprend, par la remontrance de l'Ange, à ne plus chercher parmi les morts celui qui est vivant. Pierre court avec Jean au sépulcre ; il y reconnaît dans les linceuls les traces récentes de son Maître ressuscité. Le larron qui confessa le Christ est mis d'avance en possession du Paradis. Ce qui, depuis tant de siècles , avait été
Frophétisé du Fils de homme est accompli : qu'il serait livré pour nous aux mains des pécheurs ; qu'il serait crucifié et mis à moi t ; qu'il pénétrerait les enfers comme un vengeur terrible ; qu'il renverserait les superbes et exalterait les humbles dans sa miséricorde ; qu'il ressusciterait d'entre les morts par un triomphe inénarrable ; qu'il régnerait enfin avec le Père et le Saint-Esprit , étendant s-ir tous les êtres sa domination toute-puissante.
splendificus universo
mundo oritur dies.
Tripudiant inspirato resurrectionis die , qui moestificati fuerant passionis ejus vulnere repentino. Agnoscit ÙNIater membra quae genuit. Maria Magdalene Angelo increpante resipuit , ne viventem cum mortuis quaerere debuisset. Ad monumenîum P e t r u s cum Johanne concurrit, recentiaque in linteaminibus defuncti et resurgentis vestigia cernit.
Latro Christum confessus possessor paradisi factus est primitivus.
Impletum est quod diotum fuerat de Filio hominis , tôt ante sœcula prophetatum, ut scilicet peccatorum pro nobis manibus traderetur: crucifigeretur, moreretur :
inferna terribiliter penetraret. superbos dejiceret, humiles misericorditer exaltaret : cum triumpho inenarrabili a mortuis resurgeret , et cum Pâtre et Spiritu Sancto omnipotentialiter cunctis dominando reenaret.
Le Mardi de Pâques.
Cujus virtutis immensitate permoti, etiam scptem vexilla rcgia beatorum innumeras lucifluarum mittit plebiiiin calervas ad laiidem , ac suum quisque pio prreveniens ollicio lociim , debitum cxsolvit, carnem triuinphantis Régis per œvum subinisseque adorat, et glorificatis vultibus Agriurn, suasque riitilanlibus gommis cximias praefert cum laude coronas. Scraphim quoque divinaî sedis terribi- 1cm throniim alaruni trino tegmine vêlant siii fatnulatiis , uniim te fatendo cum Pâtre et Spiritu Sancto Deuin trina:
confessionis piœconio declarandum, in sede siderca pcrmancntcm regnantemque in s;çciila scECulorum , inccssabili jugitate dicunt : Sanclus, Sanctus Sanctiis.
Saisis d'admiration à la vue de tant de grandeurs , les sept escadrons du royaume des cieux envoient sur la terre leurs innombrables et lumineux soldats pour lui rendre hommage ; à l'envi l'un de l'autre , chacun de ces bienheureux Esprits lui rend humblement ses hommages, adorant avec soumission la chair de ce Roi à jamais triomphant , et abaissant devant l'Agneau son visage resplendissant et sa couronne étincelante de mille diamants. Les Séraphins eux-mêmes , qui sont le trône terrible de la divine majesté, se voilent de leurs six ailes ; ils vous confessent, ô Christ , dans la triple acclamation , comme étant Dieu avec le Père et le Saint-Esprit , comme vivant et régnant sur le trône du ciel dans les siècles des siècles, et crient éternelle-
ment sans jamais cesser :
Saint, Saint, Saint.
Nous ajoutons à la Préface mozarabe une Séquence fameuse clans nos Missels romainsfrançais du moyen âge. C'était le chant solennel de la Pâque, tant aimé de nos aïeux, d'un lyrisme un peu sauvage, mais plein de verve. Le chant qui l'accompagnait serait une épreuve pour les poitrines d'aujourd'hui ; mais on ne peut disconvenir qu'à travers ses mouvements un peu désordonnés, il olVre les plus grands effets de mélodie et de sentiment.
Le Mardi de Pâques.
SEQUENCE
UJOURD HUI
dans le
jour où l'on raconte d'une voix triomphante le glorieux combat du Christ ;
Quand il vainquit l'ennemi superbe, renversant, par sa vaillante prouesse, ses noirs bataillons.
Triste fut la faute d'Eve, qui nous priva tous de la vie ;
Joyeuse !a naissance du fils de Marie, qui aujourd'hui nous convie au festin commun.
Bénie soit Marie, la grande
Elle a enfanté le roi qui enlève les dépouilles de l'enfer.
Qui règne avec gloire dans les cieux.
O roi éternel , daignez agréer les chants que nos voix exécutent avec accord à votre honneur.
Vous êtes assis à la droite du Père.
r; ULGENS praeclara 1 Rutilât per orbem Hodie dies in qua Christi lucida Narrantur ovanter prae-
De hoste superbo Quem Christus triumphavit, pulchre, Castra lUius perimens teterr!ma.
Infelix culpa Evae, Qua caruimus omnes vita.
Félix proies Marise, Qua epularaur modo una.
Benedicîa Sit celsa Regina illa,
Generans regem Spoliantem tartara,
PoUentem Jam in œthera.
Rex in xternum, Suscipe benignus Prœconia nostra Sedule tibi canentia.
Patris sedens ad dexteram.
Le Mardi de Pâques.
Victor ubiquc, Morte siiperata, Polcrum possiuens Gaudia.
O magna,
O celsa, O pulchra clementia Christi melliflua,
O aima.
Laus tibi honorque ac virtus, Qui nostram antiquam Leviasti sarcinam.
Roseo cruorc Agni bcnignissimi
Empta,
Florida Micat ha?caula.
Potenti virtute nosti Qui lavit facinora, Tribuit dona fulgida.
Stupens valdc in memet, Jam miror hodiernn,
Tanta Indignus pandcre Modo sacramenta.
Stirpe Davidica Ortus de tribu Juda, Léo potens surrexisti in gloria.
Agnusvisus es in terra.
Partout vainqueur, ayant surmonté la mort, vous possédez les joies célestes.
O immense, ô sublime clémence du Christ 1 ô bonié si belle, si douce, si auguste 1
Louange à vous , honneur , puissance , à vqus qui avez daigné soulever le poids de notre antique fardeau.
Rachetée par les roses du sang de l'Agneau plein de douceur, l'Eglise aujourd'hui montre avec éclat sa couronne de fleurs.
Celui qui, par son pouvoir vainqueur , a pu laver nos crimes, nous a octroyé les dons les plus éclatants.
Eperdu à la vue de telles merveilles , saisi d'admiration, je me sens indigne de raconter les mystères qui se pressent en ce jour.
Fils de David, rejeton de la tribu de Juda, Lion puissant, vous vous êtes levé avec ' gloire.
La terre vous vit sous les traits d'un Agneau. \
Le Mardi de Pâques. 3i5
Dans le principe, c'est par
Fundans olim arva :
vous que ce monde fut créé.
Vous êtes remonté au
Régna petens supera :
royaume céleste.
C'est là que vous rendez
Justis reddens prasmia,
aux justes leur récompense,
In sœcula
durant les siècles un bonheur
Digiianter ovantia.
sans fin.
Dis maintenant , impie
Die impie Zabule,
Satan, à quoi t'a mené ta
Quid valet nunc fraus
perfidie?
tua ?
La victoire du Christ t'en-
Igneis nexus loris A Christi victoria.
chaîne pour jamais dans les
lieux embrasés.
Peuples, nations, admirez :
Tribus, linguœ, admi-
qui jamais entendit de telles
ramini ;
merveilles ?
Quis audivit talia Miracula ?
Que la mort triomphât
Ut mors mortem sic
ainsi de la mort ; que des
superaret :
coupables fussent l'objet
Rei perciperent talem
d'une telle faveur ?
gratiam ?
Juif incrédule, pourquoi
Judœa incredula,
rester sous ta honte ?
Cur mânes adhuc inverecunda ?
Regarde les chrétiens ,
Respice christicolas.
écoute quels chants joyeux et
Qualiter lœti canunt in-
magnifiques ils adressent au
clyta
Rédempteur.
Redemptori carmina.
O Christ, roi de bonté, qui
Ergo pie Rex Christe,
nous remettez nos crimes.
Nobis laxans crimina,
brisez les liens qui pourraient
Solve nexorum vincula.
nous retenir encore.
Le Mardi de Pâques.
Klectorum agmina Fac tccum resurgcrc Ad beatam gloriam, Digna repcndetib mérita.
Amen.
P'aitcs ressusciter avec vous la foule de vos élus ; enlevez-les jusqu'à cette gloire, jusqu'à cette félicité, où vous devez reconnaître dignement leurs mérites. Amcn.
ty^n^-
i l£ MERCREDI DE IMQUES.
'est le jour que le Seigneur a fait: passons-le dans les transports de l'allégresse.
^C dies quam fecit 1 Dominus : exsultc-
mus et lœtemur in ea.
E nom de la Pâque signifie en hébreu passage, et nous avons exposé hier comment ce grand jour est d'abord devenu sacré, à cause du Passage du Seigneur ; mais le terme hébraïque n'épuise pas là toute sa signification. Les anciens Pères, d'accord avec les docteurs juifs, nous enseignent que la Pàque est aussi pour le peuple de Dieu le passage de l'Egypte dans la terre promise. En effet, ces trois grands faits s'unissent dans une même nuit : "le festin religieux de l'agneau, l'extermination des premiers-nés des Egyptiens , et la sortie d'Egypte. Aujourd'hui reconnaissons une nouvelle figure de notre Pàque dans ce troisième fait qui continue le développement du mystère.
^^i8 Le Mercredi de Pâques.
Le moment où Israël sort de l'Egypte pour s'avancer vers la terre qui est pour lui la patrie prédestinée, est le plus solennel de son nistoire ; mais ce départ et toutes les circonstances qui raccompagnent forment un ensemble de tigures qui ne se dévoile et ne s'épanouit que dans la Pâque chrétienne. Le peuple élu se retire du milieu d'un peuple idolâtre et oppresseur du faible ; dans notre Pâque, nous avons vu ceux qui sont maintenant nos néophytes sortir courageusement de l'empire de Satan qui les tenait captifs, et renoncer solennellement à cet orgueilleux Pharaon, à ses pompes et à ses œuvres.
Sur la route qui conduit à la terre promise, Israël a rencontré l'eau ; et il lui a fallu traverser cet élément, tant pour se soustraire à la poursuite de l'armée de Pharaon, que pour jl pénétrer dans l'heureuse patrie où coulent le lait et le miel. Nos néophytes, après avoir renoncé au tyran qui les tenait asservis, se sont trouvés aussi en face de l'eau ; et ils ne pouvaient non plus échapper à la rage de leurs ennemis qu'en traversant cet élément | protecteur, ni pénétrer dans la région de \ leurs espérances qu'après avoir mis derrière \ eux les flots comme un rempart inexpugnable.
Par la divine bonté, l'eau, qui arrête toujours la course de l'homme, devint pour Israël un allié secourable, et elle reçut ordre de suspendre ses lois et de servir à la délivrance du peuple de Dieu. De même aussi la fontaine sacrée, devenue l'auxiliaire de la divine grâce, comme l'Eglise nous l'a enseigné dans la solennité de l'Epiphanie, a été le
Le Mercredi de Pâques.
refuge, le sûr asile de nos heureux transfuges, qui dans ses ondes n'ont plus eu à craindre les droits que Satan revendiquait sur eux.
Debout et tranquille sur l'autre rive, Israël contemple les cadavres flottants de Pharaon et de ses guerriers, les chariots et les boucliers devenus le jouet des vagues. Sortis de la fontaine baptismale, nos néophytes ont plongé leur regard sur cette eau purifiante, et ils y ont vu leurs péchés, ennemis plus redoutables que Pharaon et son peuple, submergés pour jamais.
Alors Israël s'est avancé joyeux vers cette terre bénie que Dieu a résolu de lui donner en héritage. Sur la route, il entendra la voix du Seigneur qui lui donnera lui-même sa loi ; il se désaltérera aux eaux pures et rafraîchissantes qui couleront du rocher à travers les sables du désert, et il recueillera pour se nourrir la manne que le ciel lui enverra chaque jour. De même, nos néophytes vont marcher d'un pas libre vers la patrie céleste qui est leur Terre promise. Le désert de ce monde qu'ils ont à traverser sera pour eux sans ennuis et sans périls ; car le divin Législateur les instruira lui-même de sa loi, non plus au bruit du tonnerre et à la lueur des éclairs, comme il fit pour Israël, mais cœur à cœur et d'une voix douce et compatissante, comme celle qui ravit les deux disciples sur le chemin d'Emmaûs. Les eaux jaillissantes ne leur manqueront pas non plus ; il y a quelques semaines, nous entendions le Maître, parlant à la Samaritaine, promettre qu'il ouvrirait une source vive à
320 Le Mercredi de Pâques.
ceux qui l'adoreraient en esprit et en vérité. Enfin une manne céleste, bien supérieure à celle d'Israël, car elle assure l'immortalité à ceux qui s'en nourrissent, sera leur aliment délectable et fortifiant.
C'est donc ici encore notre Pâque, le Passage à travers l'eau dans la Terre promise ; mais avec une réalité et une vérité que l'ancien Israël, sous ses grandes figures, n'a pas connue. Fêtons donc notre Passage de la mort originelle à la vie de la grâce par le saint Baptême ; et si l'anniversaire de notre régénération n'est pas aujourd'hui même, ne laissons pas pour cela de célébrer cette heureuse migration que nous avons faite de l'Egypte ilu monde dans l'Eglise chrétienne; ratifions avec joie et reconnaissance notre renoncement solennel à Satan, à ses pompes et à ses œuvres, en échange duquel la bonté de Dieu nous a octroyé de tels bienfaits.
L'Apôtre des Gentils nous révèle un autre mystère de l'eau baptismale qui complète celui-ci, et vient se fondre pareillement dans le mystère de la Pâque. Il nous enseigne que dans cette eau nous avons disparu comme le Christ dans son sépulcre, étant morts et ensevelis avec lui. {Rom. vi, 4.) C'était notre vie d'hommes pécheurs qui prenait fin; pour vivre à Dieu, il nous fallait mourir au péché. En contemplant les fonts sacrés sur lesquels nous avons été régénérés, pensons qu'ils sont le tombeau où nous avons laissé le vieil homme qui n'en doit plus remonter. Le baptême par immersion, qui fut longtemps en usage dans nos contrées, et qui s'administre encore en tant de lieux, était l'image sensible
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de cet ensevelissement ; le néophyte disparaissait complètement sous Teau ; il paraissait mort à sa vie antérieure, comme le Christ à sa vie mortelle. Mais de même que le Rédempteur n'est pas demeuré dans le tombeau, et qu'il est ressuscité à une vie nouvelle ; de même aussi, selon la doctrine de TApôtre (^Col. ii, 12), les baptisés ressuscitent avec lui, au moment où ils sortent de l'eau, ayant les arrhes de l'immorjalité et de la gloire, étant les membres vivants et véritables de ce Chef qui n'a plus rien de commun avec la mort. Et c'est encore ici la Pâque, c'est-à-dire le Passage de la mort à la vie.
A Rome, la Station est dans la Basilique de Saint-Laurent-hors-les-Murs. C'est le principal des nombreux sanctuaires que la ville sainte a consacrés à la mémoire de son plus illustre Martyr, dont le corps repose sous r^autel principal. Les néophytes étaient conduits en ce jour près de la tombe de ce généreux athlète du Christ, afin d'y puiser un sincère courage dans la confession de la foi et vine invincible tidélité à leur baptême. Durant des siècles entiers, la réception du baptême fut un engagement au martyre ; en tout temps, elle est "un enrôlement "dans la milice du Christ, que nul ne peut déserter sans encourir la peine des traîtres.
Le Mercredi de Pâques.
A LA MESSE
L'introït est formé des paroles que le Fils de Dieu adressera à ses élus au dernier jour du monde, en leur ouvrant son royaume.
L'Eglise les applique à ses néophytes, élevant ainsi leurs pensées vers le bonheur éternel dont l'attente a soutenu les Martyrs dans leurs combats.
VENlTE, benedicti Patris mei ; percipite regnum, alléluia : quod vobis paratum est ab origine mundi. Alléluia, alléluia, alléluia.
Ps. Cantate Domino canticum novum : cantate Domino omnis terra. Gloria Patri. Venite.
VENEZ, les bénis de mon Père ; possédez le royaume, alléluia , qui a été préparé pour vous dès l'origine du monde. Alléluia, alléluia, alléluia.
Ps. Chantez au Seigneur un cantique nouveau : toute la terre , chantez au Seigneur. Gloire au Père.
Venez.
Dans la Collecte, l'Eglise rappelle à ses enfants que les fêtes de la sainte Liturgie sont ^un moyen d'arriver aux fêtes de l'éternité. C'est la pensée et l'espérance qui dominent dans toute cette Année liturgique. Il nous faut donc célébrer la Pàque du temps, de manière à mériter d'être admis aux joies de la Pâquc cicrnellc.
COLLECTE
DEi!S, qui nos resurrcctionis Dominiez aiinua solcmnitate \xûficas : concède propitius, ut per temporalia festa
Dieu qui, chaque année, nous accordez les joies de la résurrection du Seigneur; faites, dans votre bonté, que ces i^êtes que nous
A la Messe.
célébrons dans le temps nous servent pour arriver aux félicités éternelles. Par le même Jésus-Christ notre Seigneur, Amen.
quas agimus , pervenire ad gaudia asterna mereamur. Per eumdem Dominum nostrum Jesum Christum. Arnen.
A la première jusqu'à la lin de
Collecte, l'Octave
Oraisons suivantes.
l'Eglise ajoute l'une des deux
Comre les persécuteurs de V Eglise
DAIGNEZ, Seigneur , vou laisser fléchir par le
prières de votre Eglise, afin que, toutes les adversités et toutes les erreurs ayant disparu, elle puisse vous servir dans une paisible liberté. Par Jésus-Christ notre Seigneur.
ECCLESi.E tuaï, qucesumus Domine, preces placatus admitte : ut.
destructis adversitatibus et erroribus universis , secura tibi serviat libertate. Per Dominum nostrum Jesum Christum.
Amen.
Pour le Pape.
ODiKU, qui êtes le Pasteur et le Conducteur de tous les fidèles , regardez d'un œil propice votre serviteur iV., que vous avez mis à la tête de votre Eglise en qualité de Pasteur ; donnezlui, nous vous en supplions.
d'être utile par ses paroles et son exemple à ceux qui sont sous sa conduite , afin qu'il puisse parvenir à la vie éternelle avec le troupeau
3ui lui a été confié. Par ésus-Christ notre Seigneur.
Amen.
DEUS,omniumfidelium Pastoret Rector, famulum tuum N. quem Pastorem Ecclesiœ tuae prœesse voluisti, propitius respice : da ei, quassumus, verbo et exemplo, quibus prœest, proficere ; ut ad vitam, una cum grege sibi credito perveniat sempiternam. Per Dominam nostrum Jesum Christum. Amen.
Le Mercredi de Pâques.
Lectio Actuum Aposto-
lorum. Cap. ni.
I N diebiis illis : Ape- 1 riens Petrus os suum, dixit: Viri Israelitœ^ et qui timetis Deiim, nudité : Deus Abraham, et Deus Isaac, et Deus Jacob, Deus patrum nostrorum glorificavit Filium suum Jesum, quem vos quidem tradidistis, et negastis ante faciem Pilati, judicantc ilio dimitti.
Vos autem sanctum et justum negastis, et petistis virum homicidam donari vobis : auctorem vero vitae interfecistis, quem Deus suscitavit a mortuis, cujus nos testes sumus. Et nunc fratrcs, scio quia per ignorantiam fecistis , sicut et principes vestri. Deus autem, quœ prasnuntiavit per os omnium Prophetarum, pati Christum suum, sic implevit. Pœnitemini igitur, et convertimini , ut deleantur peccata vestra.
Lecture des Actes des Apôtres. Chap. III.
EN ces jours-là, Pierre ouvrant la bouche , dit :
Hommes Israélites, et vous qui craignez Dieu, écoutez.
Le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob, le Dieu de nos pères a glorifié son Fils Jésus, que vous avez livré et renié devant Pilate, qui avait juge qu'il devait être renvoyé absous. Mais vous , vous avez renié le Saint et le Juste; vous avez demandé que l'on vous accordât la grâce d'un homicide, et vous avez fait mourir l'auteur de la vie. Mais Dieu l'a ressuscité d'entre les morts , et nous en sommes témoins. Cependant , mes Frères, je sais que vous l'avez fait par ignorance, aussi bien que vos princes. Mais c'est ainsi que Dieu a accompli ce qu'il avait prédit par la bouche de tous les Prophètes, e le Christ devait souffrir, tes donc pénitence ; et convertissez-vous , afin que vos péchés soient effacés.
I^ait
Nous entendons encore aujourd'hui la voix du Prince des Apôtres proclamant la résurrection de l'Hommc-Dieu. Lorsqu'il prononça ce discours, il était accompagne de saint Jean , et venait d'opérer, à l'une des portes du temple de Jérusalem, son premier
A la Messe. 32 b
miracle, la guérison d'un boiteux. Le peuple s'était attroupe autour des deux disciples» et c'était la seconde fois que Pierre prenait la .parole en public. Le premier discours avait amené trois mille nommes au baptême; celui-ci en conquit cinq mille. L'Apôtre exerça véritablement dans ces deux occasions la qualité de pêcheur d'hommes que le Sauveur lui assigna tout d'abord, lorsqu'il le vit pour la première fois. Admirons avec quelle charité saint Pierre appelle les Juifs à reconnaître en Jésus le Messie qu'ils attendaient; ces mêmes Juifs qui l'avaient renié, comme il cherche à les rassurer sur le pardon, en mettant une partie de leur crime sur le compte de leur ignorance ! Ils ont demandé la mort de Jésus faible et abaissé ; qu'ils consentent du moins, aujourd'hui qu'il est glorifié, à le reconnaître pour ce qu'il est, et leur péché sera pardonné. En un mot, qu'ils s'humilient, et ils seront sauvés. Dieu appelait ainsi à lui les hommes droits, les hommes de bonne volonté; et il continue de le faire de nos jours. Jérusalem en fournit un certain nombre; mais la plupart repoussèrent l'invitation. Il en est de même en nos temps; prions, et demandons sans cesse que la pêche soit toujours plus abondante, et le festin de la Pàque toujours plus nombreux.
C'est le jour que le Seigneur a fait : passons-le dans les transports de l'allégresse.
f. La droite du Seigneur
H^C dies quam fecit Dominus : exsultemus et lastemur in ea.
H^. Dextera Domini fe-
cit virtutem , dextera Domini cxaltavit me.
Alléluia, alléluia, j^. Surrcxit Dominiis verc, et apparuit Petro.
a signalé sa force : la droite
du Seigneur m'a élevé en
gloire.
Alléluia, alléluia. j
,^. Le Seigneur est vrai-'
ment ressuscité , et il est
apparu à Pierre.
On chante ensuite la Séquence de la Messe du jour de Pâques, Victimœ Faschali, page 2IQ.
ÉVANGILE
Sequentia sancii Evangelii secundum Johannem. Cap. xxi.
IN illo tempore: Manifestavit se iterum Jésus discipulis ad marc Tiberiadis, Manifcstavil autem sic. Erant simul Simon Petrus, et Thomas, qui dicitur Didymus, et Nathanael, qui erat a Cana Galilœa:, et filii Zebedœi, et alii ex discipulis ejus duo. Dicit eis Simon Petrus :
Vadopiscari. Dicunt ei :
Venimus et nos tecum.
Et exierunt, et asccnderunt in navim : et illa noctenihil prendiderunt, Moneautcm facto, stetit JesMs in littore : non tamen cognoverunt discipuli quia Jésus est. Dixit ergo eis Jésus : Pueri, numquid pulmentarium habetis ? Kesponderunt ei : Non, Dicit eis: Mit-
La suite du saint Evangile selon saint Jean, Chai\