‹ L'Année liturgique (volume 3)Chapitre 24 sur 123 · LA SAINTE MESSE AU TEMPS PASCAL · texte numérisé non relu

LA SAINTE MESSE AU TEMPS PASCAL

ANS les jours de la douloureuse Passion de notre Rédempteur, lorsque nous assistions au saint Sacritice, nous avions en vue l'immolation sanglante de l'Agneau ; nous entourions, comme un nouveau Calvaire, cet autel inondé de son sang; et toute notre attention se concentrait sur l'auguste victime égorgée pour notre rachat. En ces jours de "^la Pâque, l'Agneau se montre à nous sous un autre aspect ; il est vivant, il est glorieux, il est vainqueur. Il daigne s'immoler encore ; mais c'est pour nous convier à un festin joyeux, au festin de la Pâque, dans lequel il nous donne à manger sa chair immortelle. Dans les chants qui accompagnent ce sacritice, l'Eglise ne cesse de répéter le cri de V Alléluia; elle baise avec amour les plaies de son céleste Epoux, qui ne sont plus douloureuses, mais qui

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lancent les rayons d'une gloire éblouissante. Son autel est le trône du divin ressuscité ; elle en approche sans terreur ; car le vainqueur de la mort, tout élevé en gloire qu'il est, n'a rien perdu de son ineffable bonté. On dirait mcnie qu'il se montre à elle plus tendre et plus condescendant que jamais.

Une autre cause augmente encore la joie de rFglisc en présence du saint autel : c'est l'afllucnce des tidèlcs qui arrivent de toutes parts pour s'asseoir au festin pascal de l'Agneau. Chaque temple, en ces jours, est un'^Cénacle où Jésus fait la Pàque avec ses disciples. La table sainte n'est plus dressée dans la solitude ; les conviés accourent et viennent s'y presser. Kn ces jours s'accomplit, en s'évanouissant, la grande iîgurc de la loi ancienne. « C'est à cette table du nouveau Roi que la Pâque nouvelle de la nouvelle loi met fin à l'ancien rite. L'élément nouveau chasse l'antique observance; l'ombre fuit devantla réalité, la nuit dcvantla lumière'. » Nous sommes les enfants de la promesse, nous qui n'avons pas renié le Christ comme les Juifs, mais qui l'avons reconnu pour notre roi, lorsque son peuple infidèle le traînait à la mort; en retour, il nous a invités à sa Pâque; et là, il est notre convive et notre nourriture.

Le saint Sacrifice, au Temps pascal, nous offre donc, d'une manière plus particulière, ces deux aspects : une victime ressuscitée et immortelle, dont l'immolation est non san-

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